Christophe Guibert

  • La recherche académique en France dont l'objet porte sur le surf débute dans les années 1990 à la faveur des travaux coordonnés par Jean-Pierre Augustin (Surf Atlantique, les territoires de l'éphémère, paru en 1994). Si, progressivement, les recherches se multiplient et les regards disciplinaires sont de plus en plus variés (géographie, sociologie, anthropologie, économie notamment), il est utile de « faire le point », plus de deux décennies après les travaux initiaux évoqués. Actuellement dispersée, que ce soit en termes de thématiques ou d'équipe plus ou moins formalisée de chercheurs, la recherche en sciences sociales portant sur le surf est néanmoins dynamique et les collaborations à l'international se développent de manière régulière. À l'aune d'enquêtes de terrains variées (c'est le parti-pris ce cette publication collective) et de méthodologies de recherche combinées, cet ouvrage dirigé par Christophe Guibert entend questionner les systèmes de représentations qui entourent le surf - dépassant ou débordant la simple activité sportive -, rendre compte des usages sociaux et des modes d'engagement ou encore faire le point sur les régulations politiques et économiques. C'est donc interroger Les mondes du surf dont il est question dans cet ouvrage, tant il est illusoire, d'une part, d'uniformiser ce domaine de recherche mais, d'autre part, stimulant de tenter de l'aborder comme un « fait social total ».

  • Le surf est systématiquement présent dans les dynamiques d'identification régionale en Aquitaine. En fait, comme le montre cet ouvrage, la malléabilité des représentations liées à ce sport et à ses pratiquants en permet une utilisation multiple, en fonction des intérêts politiques locaux, qui veillent à en exploiter les retombées économiques, médiatiques, touristiques et sociales. A rebours d'une image idyllique, le surf se révèle une ressource politique décisive pour les institutions locales.

  • "Le tourisme se constitue comme un objet de recherche de plus en plus légitime dans les sciences sociales. Néanmoins, certaines disciplines ont, historiquement, questionné les phénomènes touristiques avant d'autres. Il résulte de ce constat des écarts entre les sciences sociales, que ce soit d'un point de vue théorique, de la diversité des recherches menées ou du volume de productions scientifiques. Quels que soient les ancrages théoriques ou disciplinaires convoqués dans cet ouvrage, l'objet consiste à renforcer la compréhension scientifique des pratiques et des représentations propres au tourisme."

  • Terme provocateur, objet sulfureux, concept et mot d'ordre à la fois, « mot obus » mais aussi obtus, la décroissance est une notion piège et s'y intéresser une prise de risque. Pourtant, la crise environnementale et économique fait naître des interrogations sur les limites de la croissance et le besoin d'un nouveau projet de société. Il ne s'agit pas d'être pour ou contre la décroissance ; il ne s'agit pas de dresser un inventaire critique exhaustif de la pensée et des pratiques de ses partisans. Il s'agit de tenir compte du questionnement qu'elle porte et de trouver ainsi une occasion de préparer l'alternative à gauche.

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