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  • Une vie

    Simone Veil

    C'est un événement. Simone Veil accepte enfin de se raconter à la première personne. 
    De son enfance niçoise dans une famille juive complètement assimilée, et de sa déportation à Auschwitz avec sa mère et l'une de ses soeurs en mars 1944, jusqu'à ses fonctions les plus récentes, elle a su s'imposer comme une figure singulière et particulièrement forte dans le paysage politique français. Femme libre s'il en est, elle a exercé le pouvoir sans jamais le désirer pour lui-même mais pour améliorer, autant qu'elle l'a pu, les conditions de vie de ses concitoyens : à l'administration pénitentiaire, puis au ministère de la Santé dans le gouvernement Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing - c'est là qu'elle fait voter, contre son camp, la loi sur l'IVG ; à la présidence du Parlement européen, où elle se montre capable de tenir tête au Premier Ministre français, Raymond Barre ; comme ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement dirigé par Balladur et présidé par François Mitterrand ; au Conseil constitutionnel ainsi qu'à la Fondation pour la mémoire de la Shoah. 
    Fidèle à ce qu'elle estime être la fonction des rescapés des camps de la mort, elle a témoigné, chaque fois qu'elle l'a pu, en France comme partout, de son expérience d'Auschwitz. 
    Mais cette femme de mémoire n'est jamais nostalgique, jamais passéiste, elle n'a souci que du monde de demain, celui qu'elle lèguera à ses petits-enfants et à ses arrière-petits enfants dont la place est grande dans sa vie. 
    Elle a beaucoup voyagé, rencontré la plupart des « grands » de ce monde, vécu de près les événements majeurs du XXe siècle. Elle en parle sans forcer sa voix, mais on l'entend.

  • « "Sois raisonnable et humain !" m'a lancé Jean Kahn, mon père, avant de se donner la mort. Ai-je bien suivi ce fil d'Ariane qui m'a été offert ? Lorsque beaucoup du ruban de la vie a déjà été déroulé, on se retourne parfois pour en juger l'aspect. J'en ai ressenti le besoin pour apprécier la cohérence d'un parcours, confronté aux questions, situations, dilemmes, engagements et combats auxquels j'ai été mêlé. Encore en cette année 2020, j'ai eu à prendre position et à analyser la crise sanitaire de la Covid-19. En tant que Président de la Ligue nationale contre le cancer, mobilisé pour la protection des personnes malades et spécialiste du sujet. Et en tant que citoyen engagé et attentif, explorateur anxieux de la  "voie bonne"  en tout domaine : la politique, la violence, le Progrès, les technologies, la vie humaine...
      La route a déjà été longue, semée d'embûches comme toute existence, souvent contournée, presque un labyrinthe. Cependant, j'avais, comme Thésée, mon fil d'Ariane. À moi aussi, il a été confié par amour. L'ai-je toujours tenu ? »
      Axel Kahn

  • « Nous sommes entrés dans l'âge de l'après-littérature. Le temps où la vision littéraire du monde avait une place dans le monde semble bel et bien révolu. Non que l'inspiration se soit subitement et définitivement tarie. De vrais livres continuent d'être écrits et imprimés, mais ils n'impriment pas. Ils n'ont plus de vertu formatrice. L'éducation des âmes n'est plus de leur ressort. Ils s'adressent à des lecteurs qui, avant même d'entrer dans la vie, refusent de s'en laisser conter et regardent l'Histoire et les histoires avec la souveraine intelligence que la victoire totale sur les préjugés leur confère. Rançon de cette outrecuidance, le faux prend possession de la vie.
    Non seulement le présent règne sans partage mais il s'imagine autre qu'il n'est.  À  force de se raconter des histoires, il se perd complètement de vue. Les scénarios fantasmatiques qu'il produit en cascade lui tiennent lieu de littérature. Néoféminisme simplificateur, antiracisme délirant, oubli de la beauté par la technique triomphante comme par l'écologie officielle, déni de la contingence tout au long de la pandémie qui nous frappe : le mensonge s'installe, la laideur se répand, l'art est en train de perdre la bataille.
    C'est un crève-coeur. »Alain Finkielkraut

  • Affronter Nouv.

    «  Être utile pour un ancien président, c'est être libre.
    Libre de s'appuyer sur son expérience pour juger de la situation du pays et de l'état du monde. Libre de penser sans fard, sans désir de plaire, sans crainte de déplaire et sans rien rechercher pour lui-même.
    Libre, surtout, d'alerter les Français sur la gravité des choix qui les attendent. Pour affronter la mutation écologique, pour affronter ce monde de plus en plus dangereux, pour affronter les divisions qui fracturent la nation, je veux ici ouvrir une voie nouvelle.  »F. H. 
    Dans ce livre écrit avec la vivacité et la sagacité qu'on lui connaît, François Hollande passe en revue, au fil de portraits acérés, les prétendants déclarés dans la campagne présidentielle la plus cruciale de la Ve République. Il détaille les défis majeurs que la France doit affronter dans les cinq ans qui viennent, et expose les solutions originales qui permettront au pays de surmonter les multiples crises qui l'assaillent.
     
    Un guide brillant, réfléchi et indispensable pour s'y retrouver avant le scrutin de 2022.

  • Macron, les leçons d'un échec : comprendre le malheur français II Nouv.

    Le « dégagisme » qui s'est exprimé avec l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République a résulté de la prise de conscience d'une impasse française imputée à ses prédécesseurs et concurrents. Il a incarné la promesse d'y échapper. Cela donne au bilan de son action une portée particulière. Dans quelle mesure est-il parvenu à se saisir des causes de ce malaise et à y remédier ?Dans la ligne de l'analyse développée dans  Comprendre le malheur français, ce livre analyse les réussites et les échecs d'un quinquennat pas comme les autres.

  • Claude Chabrol est un cinéaste à la fois célèbre et méconnu. Il fut, jusqu'à sa disparition en septembre 2010, un personnage public pendant un demi-siècle et il a, de lui-même, façonné un portrait de bon vivant gourmand, joyeux ou sarcastique. Il a attiré dans les salles françaises près de cinquante millions de spectateurs - ils ne sont pas nombreux à pouvoir en dire autant. Pourtant, son oeuvre proliférante - cinquante-sept films, vingt-trois téléfilms - n'a jamais permis à Chabrol d'entrer au Panthéon culturel du cinéma français. Aucun César, aucun prix au Festival de Cannes. Il faut donc redécouvrir Chabrol, immense metteur en scène, auteur d'une oeuvre, bien sûr inégale, mais beaucoup plus profonde et cohérente que sa réputation n'a bien voulu la dire.
      Claude Chabrol adorait les entretiens ; il parlait de lui, de son travail et de ses films mieux que personne, de manière juste et subtile, sans s'aveugler ni s'envoyer des fleurs. Loin de tout narcissisme et de toute mythomanie, il a toujours voulu dire la vérité. Pour un biographe, ces confessions forment un trésor. « J'ai trois masques, disait-il, derrière lesquels je me cache. D'abord le masque de bon vivant, puis celui de vieux rigoriste, enfin celui de l'intellectuel. » En reconstituant ces trois Chabrol, en tissant ensemble ces trois fils, cette biographie dessine un portrait de la France sur trois quarts de siècle. Chabrol a filmé sa « comédie humaine », comme il en avait l'ambition en regard de ses maîtres et alter ego, Balzac, Flaubert,  Maupassant, Simenon.

  • Réaliste : soyons logiques autant qu'écologiques Nouv.

    Non, la sauvegarde de notre planète ne relève pas forcément de l'exercice d'auto-flagellation. Non, la préservation de notre espace naturel ne se réduit pas obligatoirement à une accumulation de sacrifices. Renversons plutôt la tendance et proposons une logique contraire. Oublions une fois pour toute l'impasse que nous promettent - avec une obstination qui confine à l'aveuglement - les partisans de la décroissance. Croire qu'il est possible de motiver les bonnes volontés en amputant d'emblée leur confort, leur mobilité ou leur niveau de vie est un combat perdu d'avance. Mais les solutions pour sortir de cette supposée et inéluctable fatalité existent bel et bien. La Fondation Solar Impulse en propose 1 000 qui toutes fonctionnent. Nous les avons testées et labélisées. Elles prouvent non seulement que la croissance qualitative n'est pas un leurre, mais qu'elle est, au contraire, capable de créer de la richesse et de l'emploi. Remplacer ce qui pollue par ce qui protège l'environnement, c'est ça, le marché de l'avenir. Ne soyons pas pessimistes, pas même optimistes, soyons tout simplement réalistes !

  • Nous n'avons jamais été des enfants : 1939-1945, une enfance cachée Nouv.

      « Six jours par semaine, six heures par jour, souvent le matin, Berthe accueille les visiteurs dans le grand hall d'entrée de Yad Vashem. Debout. 
    Elle s'adresse à eux en hébreu, français, anglais et allemand pour guider, proposer des audioguides, des plans du mémorial... ou des mouchoirs en papier pour essuyer les larmes à l'issue de la visite.
    Toute sa vie, Berthe s'est tenue debout. En Savoie quand il fallait vivre cachée. À Lyon après-guerre quand elle a dû repartir de zéro avec ses parents. Aujourd'hui encore, à peine tassée, toujours vive et lumineuse, Berthe a pris le temps de s'asseoir avec moi pour me raconter cette incroyable vie commencée il y a presque 90 ans. Elle n'a oublié aucune date, aucun nom, aucun lieu. De la Pologne à Israël en passant par Lyon et la Savoie, je chemine dans des mondes qui n'existent plus : l'Israël des pionniers des années cinquante, la Savoie paysanne des années quarante, la Lyon ouvrière et industrieuse des années trente, le shtetl polonais du début du XXe  siècle englouti par l'Holocauste. Sa vie est aussi une leçon de vie. »Frédéric  Métézeau
    1941, Berthe Badehi, 9 ans, juive, doit quitter Lyon et ses parents pour aller se cacher dans un village de Savoie. Avec en poche rien d'autre qu'un faux certificat de baptême, rédigé par un curé ami de son père, elle trouve refuge dans une ferme tenue par une femme qui la protégera envers et contre tout. 
    Après cette enfance cachée, Berthe rentre à Lyon retrouver ses parents. C'est l'après-guerre, l'étrange retour à la « normale », l'attente de ceux qui ne reviendront pas des camps. Puis l'amour, le mariage et le départ en Israël. Une nouvelle vie, un nouveau pays, de nouvelles guerres aussi. 
    Un récit de vie extraordinaire et lumineux, à la première personne coécrit avec Frédéric Métézeau.

  • Chemins

    Axel Kahn

    Marcher n'est pas une activité pour Axel Kahn, c'est une manière d'être. Il se définit comme un homme qui marche, un chemineau de la vie. Au rythme de son pas, sur les chemins et les sentiers, sur les pavés parfois, il a pensé, cherché, douté, le cas échéant, trouvé. Il a aimé, aussi, passionnément. Son ouvrage est un hymne à l'esprit, à la beauté et à la liberté. Un hymne à l'amour. L'existence d'un homme en chemin, au fil de ses souvenirs de l'enfance à la vieillesse. Cent cinquante ans après Julien et André dans Le Tour de la France par deux enfants, Axel Kahn, marcheur obstiné et attentif, peint de ce pays un tableau émerveillé mais lucide.

  • C'est l'histoire d'un prof de maths, « normal et Monsieur Tout-le-monde » comme il aime à se définir, mais allant au bout de sa passion : la voile. Derrière l'homme affable - voix de stentor et rire communicatif - se cache un redoutable compétiteur ayant attendu trente ans pour remporter son premier tour du monde en course, et pas n'importe lequel. À 73 ans, celui que l'on surnomme « VDH » a gagné en février 2019 et en 211 jours la Golden Globe Race, une course autour du monde en solitaire à l'ancienne sur des bateaux hors d'âge, sans GPS ni moyens de communication modernes, où l'on se positionne exclusivement à l'aide d'un sextant et des astres... comme au bon vieux temps.
    Sur ce robuste voilier de croisière de dix mètres, le colosse barbu qui aurait pu interpréter au cinéma Ernest Hemingway dans « Le vieil homme et la mer » est atypique, au temps de la technologie triomphante et du « voileux » à boucles d'or ! 
    Qui est VDH ? Il se confie ici pour la première fois sans fard et fait l'éloge de la lenteur quand les multicoques de course effectuent le même parcours en cinq fois moins de temps. Adolescent, envouté par les récits de mer des précurseurs tels Gerbault, Moitessier ou Tabarly, il découvre le large.
    Dans ce livre-confession, outre le Neptune Vintage, l'on découvre un homme rationnel, pragmatique, épicurien, bienveillant et tolérant, qui exprime ses doutes sur la religion, l'enseignement, la politique, la préservation de la planète, et assume son amour du rock.

  • Réparer l'eau Nouv.

    Qui ignore ce qu'est l'eau  ? Chacun a une connaissance intime et immédiate de cet élément frais, liquide, miroitant et irrésistiblement attiré vers le bas. Comment en sommes-nous arrivés, dès lors, à laisser cet élément premier, si présent dans notre expérience de tous les jours, si prégnant dans notre imaginaire, si riche de symbolique, être défini par la laconique formule chimique H2O  ? Que perdons-nous dans cette opération  ?
    La science moderne s'est édifiée en répudiant les sensations, les impressions immédiates, au profit de la raison et des mesures  : notre rapport au monde en a été bouleversé. Précisé à bien des égards, appauvri à d'autres. À présent qu'une chose aussi simple que l'eau devient une affaire d'analyse chimique et une ressource à gérer, on peut se demander  : la science a tenu sa promesse de dévoiler le monde dans sa vérité  ? Nous en a-t-elle rapproché, ou éloigné  ?
    Dans cet essai brillant et sensible, Olivier Rey s'attache à retrouver ce que, chemin faisant, nous avons perdu de l'eau. De Léonard de Vinci à Bachelard et Ponge, en passant par Courbet, il remonte son cours, afin de rendre à l'eau sa dignité, et nous faire éprouver, grâce à elle, ce qui ne se laisse pas mettre en formule  : la poignante volupté d'être au monde.

  • « Partant de l'expérience vécue de la maladie, je voudrais montrer en quoi cette crise sanitaire est révélatrice d'un état problématique de notre société. La pandémie introduit sournoisement, massivement, l'angoisse de la maladie et de la mort ; elle fait apparaître la fragilité de la vie individuelle autant que collective, et notre relative impuissance devant un virus mal connu et contagieux.Face à cette épreuve, un président déclare le pays  "en guerre", des médias tournent en boucle, des médecins se disputent sur les plateaux... Des courants idéologiques gauchisants, des écologistes fondamentalistes, tout comme un courant de droite réactionnaire qui rêve de revenir en arrière en ont profité pour faire valoir leurs thèses : "On vous l'avait bien dit !" Les polémiques et les oppositions sommaires incitant les citoyens à choisir leur camp ont repris de plus belle. Comment s'y reconnaître dans tout ce fatras ?Nous vivons une pandémie anxiogène et bavarde qui nous a plongés dans un monde étrange où il est devenu difficile de démêler le réel de la bulle médiatique qui l'enveloppe. Le confinement nous a plongés dans une sorte de tunnel dont on ne voyait pas le bout  -  en sommes-nous vraiment sortis ou bien un nouveau mode de vie va-t-il s'installer durablement ?Le personnel soignant s'est trouvé confronté à l'épreuve du tragique. Il subissait depuis des années des restrictions budgétaires enveloppées dans une incroyable logomachie managériale sur la "performance" et ses multiples "boîtes à outils". Malgré la bureaucratie, le manque de protection et de moyens, il a su y faire face de manière exemplaire. La pandémie a révélé une société malade et fracturée, en même temps qu'elle a fait apparaître des "réserves d'humanité" qu'on aurait pu croire disparues à l'heure du repli individualiste et communautariste. Un tel élan est-il temporaire ou se prolongera-t-il par-delà le choc de la pandémie ? »

  • Le féminisme se porte-t-il sur un t-shirt ?  Kim Kardashian est-elle un objet sexuel ou une femme puissante ?  La série  Grey's anatomy  peut-elle changer la vie des femmes ?Dans un essai à la première personne documenté, passionné et engagé, Jennifer Padjemi, journaliste spécialiste questions de société, explore l'alliance, pour le meilleur et pour le pire, du féminisme et de la pop culture. En reprenant le fil des mouvements féministes modernes, de l'émergence d'un féminisme intersectionnel au mouvement « body positive » en passant par Me too et en se basant sur son expérience de femme noire, elle décortique le rapport que nous entretenons avec les objets culturels les plus populaires. Biberonnée  aux clips vidéo, chansons grand public et maintenant aux séries TV, notre consommation de divertissement façonne, accompagne, et parfois challenge notre vision du monde.  En utilisant la pop culture comme un miroir de notre société mondialisée, l'auteure questionne à travers elle le féminisme, le genre, la sexualité, l'intersectionnalité.Jennifer Padjemi interroge les liens d'interdépendance entre consommation de masse et idéologie progressiste, et jette un regard joyeux et lucide sur nos divertissements, sans concession au patriarcat.Un livre à mettre entre toutes les mains !

  • « Drôle, intelligent, poignant et historiquement fascinant. »The Times  Comme tant d'autres en Grande-Bretagne, la vie de la jeune Alathea Fitzalan Howard a été bouleversée par le début de la Seconde Guerre mondiale. Pour échapper aux bombardements qui menacent Londres, elle est envoyée chez son grand-père dans son domaine de Cumberland Lodge, à quelques pas du célèbre château de Windsor. Enfant solitaire et mélancolique, Alathea trouve l'affection dont elle rêvait grâce à son amitié privilégiée avec ses nouveaux voisins : les jeunes princesses, Elizabeth et Margaret, et leurs parents, le roi George VI et son épouse. Ensemble, les adolescentes aimeront les fêtes, les soirées cinéma et les pique-niques. Mais la guerre n'est jamais loin. Leur quotidien est rythmé par les sirènes nocturnes, le souvenir des jeunes gens envoyés au front qui n'en reviendront jamais et l'hôpital de campagne où Alathea travaille comme bénévole.
      Dans ses journaux intimes, Alathea a tout consigné : les détails à la fois profondément sincères et fascinants de sa vie avec la famille royale, ses moments d'angoisse et de peur face cette époque troublée qu'est la Seconde Guerre mondiale, mais aussi ses rêves et espoirs de devenir une femme de demain.
      Publié pour la première fois,  Dans l'intimité des  Windsor  dévoile un portrait franc et plein de vie de la famille royale et de la princesse Elizabeth, jeune fille si chaleureuse et pourtant très discrète, déjà en route vers son destin : la Couronne.  Traduit de l'anglais par Nathalie Azoulai

  • Tout commence au petit matin en lisant les gros titres du journal et l'annonce d'une lune de sang. Jamy décide d'aller observer le phénomène rarissime. On le suit toute une journée et chaque étape est prétexte à la découverte d'un phénomène naturel de notre quotidien ou l'explication d'une technologie. Depuis les différentes phases de la lune à l'eau qui coule au robinet en passant par le fonctionnement du télescope, du moteur à explosion, l'effet de serre, la rosée du matin, l'âge des arbres, les orages ou le fonctionnement du téléphone portable.
    Cette aventure pleine de rebondissements entraîne Jamy dans des situations cocasses où il ne sépare jamais de son animal de compagnie préféré, un poulpe doué d'une intelligence supérieure avec qui il dialogue dans  un jeu de questions réponses où  l'humour pimente  une mine d'informations et  d'explications limpides.
    Toujours enthousiaste, et dans le même temps d'une grande justesse pédagogique, Jamy comme toujours sait raconter, expliquer, transmettre...
    On retrouve avec plaisir les dessins de Leslie Plée qui illustrent avec complicité et humour les histoires de Jamy.

  •   L'historienne Annette Wieviorka, spécialiste émérite de la Shoah, est, en 1970, une jeune militante maoïste. Dans l'enthousiasme de Mai 1968 et de la Révolution culturelle, les intellectuels français sont pris de passion pour la Chine communiste (dont Philippe Sollers, Julia Kristeva ou Roland Barthes, qui en rapportent des écrits fortement empreints d'idéologie). 
      Avec son mari et son petit garçon, Annette Wieviorka s'installe pour deux ans à Canton comme professeure de français. Dans le « laboratoire de l'homme nouveau », ils s'attendent à apprendre du réveil des masses et du modèle démocratique chinois. À la place, ils découvrent la pauvreté des Chinois et le vert des rizières, la surveillance constante, la soif de camaraderie mêlée à l'isolement dans une société collective.
      Dans ce récit où se croisent la fraîcheur de notes prises sur le vif et le regard rétrospectif de l'historienne, les rencontres, les paysages et les questions se succèdent au son des chants révolutionnaires et de l'opéra chinois. Devant « l'impossibilité de saisir autre chose que la surface de la société chinoise », quel sens donner à ce qui est vécu ?
      De ces années chinoises se dégage une « passion douloureuse, passion louche, passion déchirante » pour un pays, une époque et des idéaux. 

  • On ne compte plus les critiques de l'ère numérique. Mais elles ont en commun de ne pas voir la nouveauté d'un monde où, pour la première fois, le capital et la technologie se confondent absolument, obéissant à la même croissance exponentielle, avec la même visée de tout réduire à un objet de calcul.
      Ainsi le regard humain est-il devenu pour le capital la matière première la plus recherchée. Surtout depuis que la production et la reproduction des images sont redéfinies par la révolution que représente l'instantanéité de leur distribution. Aussitôt produite, toute image peut être immédiatement diffusée par n'importe quel possesseur de smartphone - autrement dit, tout le monde. 
      En une dizaine d'années, la distribution s'est imposée au coeur d'une nouvelle économie du regard, où il n'est aucune image qui ne soit en même temps objet de profit et moyen de contrôle.
      Il en résulte une complète reconfiguration de notre perception. N'existe plus que ce qui est rendu visible par la technologie. Rien n'échappe à cette dictature de la visibilité, qui nous empêche de voir à quelle modélisation nos vies sont continuellement soumises, en fonction d'algorithmes envahissant tous les domaines, scientifique, politique, esthétique, éthique, érotique... Persuadés d'être de plus en plus libres, nous nous sommes bâti  la plus inquiétante prison d'images.
      Comme d'autres ont autrefois réussi à sortir du labyrinthe qui les retenait en en reconstituant les plans, notre seule chance est d'essayer de comprendre quelle sombre histoire se trame entre image, regard et capital. En dépend le peu de liberté qui nous reste.

  • Que reste-t-il d'un pays disparu depuis plus de vingt-cinq ans et dont l'effacement est toujours un enjeu social et politique ? Sur les tables des videgreniers, par terre dans les hangars ou dans les entreprises délaissées, la République Démocratique Allemande (RDA, 1949-1990) est aujourd'hui un pays à la brocante, un pays à l'horizontal.
    Ce livre invite à un voyage sur les traces de ce pays disparu. Dans les usines ou les écoles à l'abandon, il arrive que l'on récupère des dossiers individuels, des empreintes des vies de l'époque. Les traces ce sont aussi les milliards d'objets du temps du socialisme qui ont connu de nouveaux destins depuis la chute du Mur. L'enquête suivra ceux qui célèbrent, aujourd'hui, le souvenir de la RDA, et ceux qui veulent la faire revivre un peu.
    À travers tous ces chemins, à travers la pratique de l'exploration urbaine (Urbex), l'historien raconte les expériences sensorielles et personnelles de ces troublantes rencontres avec un monde disparu, toujours porté par ceux qui l'ont vécu, proposant ainsi une ample réflexion sur les traces et la mémoire.

  • Quand le candidat François Hollande a déclaré que toute sa politique serait jugée à l'aune de « l'inversion de la courbe du chômage » et non à la diminution du nombre de chômeurs ; quand, pour la première fois dans l'histoire avec le traité de Maastricht, les États se sont liés autour de grandeurs chiffrées, on a compris que les statistiques sont devenues la clé de nos sociétés. Courbes, indices, graphiques, taux nous disent ce qu'il faut penser de la réalité.La statistique est devenue aujourd'hui un « fait social total » : elle concerne la totalité de la société et de ses institutions, et affecte, de manière directe ou indirecte, la vie sociale sous tous ses aspects.
    Ces nouveautés ne sortent pas de nulle part : elles sont l'aboutissement d'un mouvement qui, né avec la modernité,a connu un essor extraordinaire et décisif durant la première moitié du XIXe siècle. À la place des anciens régimes, balayés par la révolution industrielle et les tempêtes politiques, ont émergé ces objets étranges, inconnus jusqu'alors : les grandes sociétés d'individus. Les nations sont devenues des mystères pour elles-mêmes. C'est dans l'espoir de sonder ce mystère qu'une avalanche de nombres, qu'un torrent statistique se sont mis à déferler sur l'Europe. Nous sommes les héritiers de cette dynamique. Dès lors, si nous voulons nous faire une idée juste de ce qui nous arrive, et nous donner une chance de relâcher les noeuds qui nous enserrent, il est nécessaire de remonter à ce moment où les choses se sont nouées : comprendre pourquoi et comment le monde s'est fait nombre.

  • Comme en 2013, Axel Kahn a parcouru au printemps 2014 la France en diagonale : depuis la Pointe du Raz, en Bretagne, jusqu'à Menton et la Méditerranée, cette fois.
    Tout diffère cependant entre ces deux périples, à commencer par la difficulté du second, qui s'est apparenté à une épreuve physique que le marcheur n'a pas toujours été certain de mener à son terme. Il a parcouru, souvent hors tout chemin balisé, 2 057 km, et, surtout, il a gravi 43 000 m... et descendu autant ! Cette fois, le périple a été un vrai « voyage au bout de soi », que des genoux douloureux et une épaule déboîtée ne sont pourtant pas parvenus à écourter. Un voyage intérieur, aussi.
    /> Par ailleurs, les régions traversées cette année sont apparues moins éprouvées par les crises que celles du nord-est de la France, leur dynamisme mieux conservé semblant aller de pair avec la vigueur de l'attachement des habitants à l'identité de leurs territoires.
    Comme Pensées en chemin, Entre deux mers est un récit de voyage passionnant, poétique et drôle, celui d'un marcheur épris de beauté. Axel Kahn ne manque aucune occasion de rencontres et de débats, à chaque étape. Son livre est riche de réflexions politiques sur la France réelle, celle des gens, ses difficultés mais aussi ses atouts et ses espoirs.

  • « Vingt regards sont braqués sur moi. Ils m'écoutent, tous, et je me demande ce que je fous là, avec l'impression d'être une mauvaise comédienne dans le remake sans le sou d'une série judiciaire américaine.
    Vingt personnes, des dossiers de vingt pages photocopiés trois fois, une heure de temps de vie multipliée par vingt individus multipliée par les heures de préparation desdits dossiers, les échanges par mail, par courrier et par téléphone.
    Tout ça pour régler au millimètre les conditions d'entrée de ma fille à l'école de la République.
    Ma petite Louise, trois ans, deux bras, deux jambes et toujours ce foutu chromosome en plus. »
    Quatre ans après La vie réserve des surprises, Caroline Boudet prend de nouveau la plume et revient sur les mois qui ont précédé l'entrée en maternelle de sa fille Louise, porteuse de trisomie 21. Des mois lourds, difficiles, souvent ubuesques : un véritable parcours du combattant pour elle et ses proches.
    Dans ce récit émouvant et drôle, l'auteure raconte la lutte sans répit pour la scolarisation de Louise. Elle en profite aussi pour dire ce qui est souvent tu, pour montrer ce qui est caché, par pudeur ou par gêne, concernant le handicap et le quotidien qui en découle (un autre bébé ou pas, et le grand frère ?, et le couple dans tout ça ?, le syndrome de stress post-traumatique après l'annonce du handicap d'un enfant, rester une femme quand on est « mère courage »...) Avec, en filigrane, ce tourbillon d'émotions - dont le rire, omniprésent dans les pires situations -  qu'est la vie avec un chromosome en plus.

  • 4 h 30 du matin, deux réveils résonnent, et tant pis pour les voisins. Pourquoi ? Laetitia Bernard est journaliste sportive à la matinale de France Inter et de France Info. Elle n'allume pas sa lumière pour se lever, se doucher et démarrer. Pourquoi ? Laetitia Bernard est aveugle de naissance. Certes elle ne deviendra jamais actrice, mais sa vie devient un sport d'équipe : aidée de ses parents, des enseignants, des bonnes copines, des chevaux, et avec un mental à toute épreuve, elle s'intègre parmi les écoliers et collégiens valides, jusqu'au bac obtenu avec mention bien.Le mental ? c'est l'allié des sportifs de haut niveau. Laetitia va le devenir : championne de France en sauts d'obstacle handisport, elle noue avec les cavaliers qui l'accompagnent des relations exceptionnelles.Ce que Laetitia nous raconte dans ces chapitres fascinants, c'est tout ce que l'on peut faire, avec un handicap, plutôt que de s'arrêter à ce que l'on ne peut pas faire. Qui lui aurait prédit qu'elle intègrerait Sciences-Po à Strasbourg, qu'elle passerait une année Erasmus à Berlin, qu'elle poursuivrait dans la meilleure des écoles de journalisme (le CFJ) ? Elle est là pour témoigner, avec un souci de la vérité, avec un humour joyeux, avec une intelligence des situations tels qu'on aimerait, à son tour, faire équipe avec elle. 

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    Karine Lacombe nous ouvre les portes de son service d'infectiologie à l'hôpital Saint-Antoine. Depuis mars, elle et son équipe sont confrontés à un virus qu'ils n'avaient jamais vu sous leur microscope : le Covid-19. Comment se prépare-t-on au combat ? Comment organise-t-on son service ? Quelles sont les péripéties du quotidien ? Y-a-t-il une différence quand on trouve un article défini au féminin devant le nom de sa profession, médecin ?
    Grâce au trait franc et spontané de Fiamma Luzzati, nous suivons caméra à l'épaule Karine Lacombe dans ses réflexions, son quotidien de soignante dans un hôpital sous haute tension. Un reportage dessiné incarné, pédagogique et informatif pour mettre en perspective la crise du coronavirus et celle de l'hôpital public.

  • « Décidément, on ne se comprend pas du tout... c'est comme si l'on ne parlait pas la même langue ! »
    C'est, à peu de chose près, en ces termes que s'achèvent bon nombre de discussions entre hommes et femmes.
    Finalement, nous réalisons, une fois la crise passée, que malgré notre amour, notre bonne foi, et nos efforts, il s'agissait, bien entendu, d'un énorme... malentendu.
    C'est justement pour essayer de dissiper ce malentendu, parce que nous sommes un homme et une femme ami(e)s de longue date, l'un médecin, l'autre psychologue, que l'envie nous a pris d'essayer d'apprendre à nous connaître, afin d'avoir une vraie chance de mieux comprendre le langage de l'autre malgré nos évidentes différences.
    Nous avons cherché, dans nos pratiques respectives, ce qui pouvait expliquer d'un point de vue psychologique ou médical, les différences de comportement.
    Nous avons également enquêté autour de nous et en particulier auprès de la jeune génération car nous voulions comprendre en quoi leur vision du monde différait de la nôtre.
    Que ce livre vous fasse sourire ou vous étonne, sachez que nous n'avons rien travesti, ni rien exagéré des confidences reçues. Et si vous y découvrez le moyen de vivre à deux en harmonie malgré vos dissonances, en confiance et en toute complicité, faites-le-nous savoir... Nous serions vraiment heureux d'apprendre que nous aurions, en quelques pages, résolu un problème vieux de plusieurs milliers d'années ! »Michel Cymes  et Patricia Chalon

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