Seuil

  • Le coeur synthétique

    Chloé Delaume

    • Seuil
    • 20 August 2020

    PRIX MEDICIS 2020

    Adélaïde vient de rompre, après des années de vie commune. Alors qu'elle s'élance sur le marché de l'amour, elle découvre avec effroi qu'avoir quarante-six ans est un puissant facteur de décote à la bourse des sentiments. Obnubilée par l'idée de rencontrer un homme et de l'épouser au plus vite, elle culpabilise de ne pas gérer sa solitude comme une vraie féministe le devrait. Entourée de ses amies elles-mêmes empêtrées dans leur crise existentielle, elle tente d'apprivoiser le célibat, tout en effectuant au mieux son travail dans une grande maison d'édition. En seconde partie de vie, une femme seule fait ce qu'elle peut. Les statistiques tournent dans sa tête et ne parlent pas en sa faveur : « Il y a plus de femmes que d'hommes, et ils meurent en premier. »
    À l'heure de #metoo, Chloé Delaume écrit un roman drôle, poignant, et porté par une écriture magnifique.

  • Journal de nage Nouv.

    Journal de nage

    Chantal Thomas

    • Seuil
    • 24 May 2022

    Il existe depuis toujours des Journaux de voyage, de rêve, de deuil, mais pas de nage. Pourtant, quoi de plus fragile et puissant, éphémère et total, sensuel et inspirant que le plaisir du bain ? En tenant le Journal de son été 2021 à Nice, Chantal Thomas innove, et poursuit l’entreprise paradoxale entamée avec Souvenirs de la marée basse, portrait de sa mère en nageuse : doter d’une mémoire ce qui, se traçant sur l’eau, se jouant dans un effet de lumière, est voué à l’effacement.« Comme sont loin de moi par exemple les muscles de mes bras. » Cette phrase de Kafka, véritable fil conducteur, a été le déclic à partir duquel il lui a semblé essentiel, au sortir du confinement, de célébrer le chemin flottant d’un retour à soi, d’une harmonie retrouvée avec son corps et avec le monde.

  • Lettres a un jeune poete

    Rainer Maria Rilke

    • Seuil
    • 8 October 2020

    Un élève officier de l'armée austro-hongroise, aspirant écrivain, adresse ses tentatives poétiques à Rainer Maria Rilke et sollicite son avis. De 1903 à 1908, en quelque dix lettres, le jeune homme, alors à la croisée des chemins, hésitant entre la voie toute tracée de la carrière militaire et la solitude aventureuse de la vie d'écrivain, confie à son aîné admiré ses doutes, ses souffrances, ses émois sentimentaux, ses interrogations sur l'amour et la sexualité, sa difficulté de créer et d'exister. Le poète lui répond. Une correspondance s'engage. Refusant d'emblée le rôle de critique, Rilke ne dira rien sur ses vers, mais il exposera ce qu'implique pour lui le fait d'écrire, de vivre en poète et de vivre tout court.

    Publié pour la première fois dans son intégralité, cet échange intime ne permet pas seulement de découvrir enfin le contrechamp de lettres qui furent le bréviaire de générations entières, il donne au texte de Rilke une puissance et une portée nouvelles, et invite à repenser la radicalité de son engagement esthétique, mais aussi la modernité frappante de sa vision de la femme.

    Édition établie par Erich Unglaub.

  • - 46%

    Café vivre ; chroniques en passant

    Chantal Thomas

    • Seuil
    • 28 May 2020

    Des chauffeurs de taxi, des héroïnes de faits divers, des amoureux qui enferment leur cœur au cadenas traversent ces pages. Ils croisent tout naturellement Colette, Roland Barthes, Patti Smith, Voltaire ou Corto Maltese, sans oublier quelques figures chères de mon enfance, ma mère nageuse, mon grand-père bien-aimé... On peut dès lors lire ces Chroniques en passant comme un journal de voyage, si l'on croit que chaque matin contient une occasion de départ et une chance d'aventure, émotive, intellectuelle – la quête d'une certaine qualité de vibrations.
    Ce qui a piqué mon attention relève d'un intérêt essentiellement subjectif. Les rencontres, les lectures, les images et incidents qui m'inspirent et me donnent à rêver n'entrent pas dans un cadre préétabli. Ils participent de moments fugitifs, du charme de l'instant.
    J'ai écrit les textes ici réunis de 2014 à 2018, au rythme d'une chronique par mois, pour le journal Sud Ouest. Et à la fin, en me retournant, j'ai senti qu'ils formaient un livre. Le voici.
    C.T.

  • Peste & choléra

    Patrick Deville

    • Seuil
    • 23 August 2012

    " Ce n'est pas une vie que de ne pas bouger. "
    Parmi les jeunes chercheurs qui ont constitué la première équipe de l'Institut Pasteur créé en 1887, Alexandre Yersin aura mené la vie la plus mouvementée. Très vite il part en Asie, se fait marin, puis explorateur. Découvreur à Hong Kong, en 1894, du bacille de la peste, il s'installe en Indochine, à Nha Trang, loin du brouhaha des guerres, et multiplie les observations scientifiques, développe la culture de l'hévéa et de l'arbre à quinquina. Il meurt en 1943 pendant l'occupation japonaise. Pour raconter cette formidable aventure scientifique et humaine, Patrick Deville a suivi les traces de Yersin autour du monde, et s'est nourri des correspondances et documents déposés aux archives des Instituts Pasteur.
    PRIX DU ROMAN FNAC 2012
    PRIX FEMINA 2012
    Réécoutez l'entretien de Patrick Deville par David Collin dans l'émission "Entre les lignes"

  • Petit piment

    Alain Mabanckou

    • Seuil
    • 20 August 2015

    Jeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution placée sous l'autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. Arrive bientôt la révolution socialiste, les cartes sont redistribuées. L'aventure commence. Elle le conduira notamment chez Maman Fiat 500 et ses dix filles, et la vie semble enfin lui sourire dans la gaité quotidienne de cette maison pas si close que ça, où il rend toutes sortes de services. Jusqu'à ce que ce bonheur s'écroule. Petit Piment finit par perdre la tête, mais pas le nord : il sait qu'il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin.
    Dans ce roman envoûté et envoûtant, l'auteur renoue avec le territoire de son enfance, et sait parfaitement allier la naïveté et la lucidité pour nous faire épouser le point de vue de ses personnages.
    Finaliste du Man Booker Prize International 2015, Alain Mabanckou est l'auteur d'une dizaine de romans dont Verre Cassé (2005) et Mémoires de Porc-épic ( prix Renaudot 2006 ). Son œuvre est traduite dans une vingtaine de langues. Il enseigne la littérature francophone à l'Université de Californie-Los Angeles (UCLA).

  • Amazonia

    Patrick Deville

    • Seuil
    • 14 August 2019

    Avec Amazonia, Patrick Deville propose un somptueux carnaval littéraire dont le principe est une remontée de l'Amazone et la traversée du sous-continent latino-américain, partant de Belém sur l'Atlantique pour aboutir à Santa Elena sur le Pacifique, en ayant franchi la cordillère des Andes. On découvre Santarém, le rio Negro, Manaus, Iquitos, Guayaquil, on finit même aux Galápagos, plausible havre de paix dans un monde devenu à nouveau fou, et qui pousse les feux de son extinction.
    Le roman remonte jusqu'aux premières intrusions européennes, dans la quête d'or et de richesses, selon une géographie encore vierge, pleine de légendes et de surprises. Plus tard, les explorateurs établiront des cartes, mettront un peu d'ordre dans le labyrinthe de fleuves et affluents. Des industriels viendront exploiter le caoutchouc, faisant fortune et faillite, le monde va vite. Dans ce paysage luxuriant qui porte à la démesure, certains se forgent un destin : Aguirre, Fitzgerald devenu Fitzcarrald, Darwin, Humboldt, Bolívar.
    Ce voyage entrepris par un père avec son fils de vingt-neuf ans dans l'histoire et le territoire de l'Amazonie est aussi l'occasion d'éprouver le dérèglement du climat et ses conséquences catastrophiques.

  • Les choses sont contre nous

    Ellmann Lucy

    • Seuil
    • 4 March 2022

    Dans cet ensemble de textes féministes au vitriol, les cibles principales sont le patriarcat et l’Amérique la plus réactionnaire. En quatorze chapitres, dans l’esprit de Virginia Woolf mais avec l’humour décapant d’un Jerome K. Jerome, Lucy Ellmann s’insurge, s’énerve, se défoule. Qu’il s’agisse des méfaits perpétrés par « ce gros nul » de Trump, du bilan désastreux de la domination masculine, du partage des tâches domestiques, d’un film de Hitchcock, ou de la tyrannie du soutien-gorge, elle n’a pas son pareil pour brosser un tableau à la fois pertinent et chaotique du monde tel qu’il ne va pas, tout en proposant quelques solutions qui en dérangeront plus d’un et en feront rêver plus d’une : organiser une grève du sexe, passer La Petite Maison dans la prairie au tamis féministe, etc. Ellmann sait toucher où ça fait mal tout en maniant l’arme rebelle par excellence : le rire.Tout ce dont nous avons besoin pour nous guider à travers ces temps agités et incertains.

  • Dejima

    Stéphane Audeguy

    • Seuil
    • 7 January 2022

    À travers les métamorphoses successives d’une femme, Mabel, arrivée jeune mariée à Kyoto en 1902, revenue veuve en 1946 à Tokyo, et jusqu’au passage d’une jeune Française dans le monde de l’art contemporain, sur l’île de Naoshima, c’est une vaste histoire du Japon qui se déroule. Des grandes étapes du développement économique au tournant des xixe et xxe siècles à la modernité dernier cri en passant par la douloureuse et longue occupation américaine de 1945 à 1952 ou les ravages paradoxaux des Jeux olympiques de 1964, on découvre un pays complexe et souvent contradictoire.

    Ce récit déploie une formidable érudition, toujours parfaitement accessible, et aussi une grande liberté d’écriture, touchant au merveilleux fantastique, où les femmes s’enfuient pour être libres, et connaissent dès lors d’étranges métamorphoses, en renarde, alouette ou luciole, jusqu’à l’avènement d’une nouvelle apparition, désirable et désirante.

    Dejima, qui donne son titre au roman, est le nom d’une île artificielle construite par les Japonais dans la baie de Nagasaki afin de pouvoir commercer avec les Hollandais sans qu’ils mettent le pied sur le sol national. Mais nous qui croyons débarquer au Japon, sommes-nous bien sûrs d’y être ?

  • Charbons ardents

    Maryline Desbiolles

    • Seuil
    • 4 February 2022

    En 1983 a lieu la « Marche pour l'égalité et contre le racisme », de Marseille à Paris avec quelques détours. Ce mouvement non-violent, initié notamment par Christian Delorme, curé engagé de la banlieue de Lyon, réunit des filles et des garçons dont Toumi Djaïdja qui fut gravement blessé d'une balle tirée par la police. On tabasse aux Minguettes comme dans tout le pays où on ne compte plus les agressions contre les « Arabes », les meurtres. La décolonisation décidément ne passe pas.

    En évoquant ce moment de notre histoire, Maryline Desbiolles interroge sans merci notre relation à l'autre, et plus particulièrement notre rapport convulsif à l'Algérie. C'est un livre d'indignation. Il s'élève contre ce qui nous gangrène, le refus de l'étranger. Il est porté par une langue puissante, parfois litanique, comme un chant.

  • Sous d'autres formes nous reviendrons

    Claro

    • Seuil
    • 1 April 2022

    Le 7 février 1497, le moine Savonarole fait édifier à Florence un immense bûcher, dans lequel sont jetés oeuvres d'art et accessoires frivoles ; le même jour, Josquin Des Prés compose un lamento à la mémoire du maître de chapelle Johannes Ockeghem. Là où l'un décompose, l'autre propose ; d'un côté les flammes rageuses de la destruction, de l'autre l'eau vive de la déploration.

    Partant de ces deux conceptions opposées de la vanité humaine, Sous d'autres formes nous reviendrons déroule un fil, celui qui va de la reconnaissance d'un vide en nous à notre rapport ambigu face à la mort. Qu'il s'agisse des ensevelis de Pompéi, de l'enfant pétrifié de Sens, des amphithéâtres d'anatomie, des peintures de vanités flamandes, du film La Momie de Karl Freund, ou bien d'événements intimes comme la mort du père, Claro s'interroge - et interroge la poésie - sur le lien qu'entretient l'écriture avec le célèbre adage memento mori - qu'il conviendrait de traduire ainsi : n'oublie pas de mourir.

  • Histoire d'amour

    Stéphane Audeguy

    • Seuil
    • 2 January 2020

    Les histoires d'amour ne se ressemblent pas.
    Cependant elles entretiennent des correspondances secrètes à travers le temps et l'espace.
    Alice et Vincent s'aiment, aujourd'hui, à Paris : ils ont l'art et l'érotisme en partage. Leur passion entre mystérieusement en résonance avec d'autres amours, des collines de Rome aux rivages du Brésil, et jusque dans la Grèce antique.
    Dans cette chasse éperdue où l'on ne sait plus qui fuit et qui assaille, on croise Piero di Cosimo, l'énigmatique peintre de la Renaissance, Diane et Actéon, chasseurs illustres, Ariccia et Philippe, égarés en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale, et bien d'autres amants pris dans les tumultes de l'Histoire.

  • Les lionnes

    Lucy Ellmann

    • Seuil
    • 20 August 2020

    « L'un des plus grands livres du siècle. » The Irish Times
    Une femme, mère au foyer, vit l'essentiel du quotidien dans sa cuisine. L'âge est venu, elle a surmonté un cancer, et dans sa tête elle rumine le monde, ses folies, ses dangers, les fusillades dans les écoles, la crise économique qui fait toujours payer les mêmes, la pauvreté, l'angoisse du lendemain, les équilibres plus que précaires, sa mère décédée d'une longue maladie. Ça se passe dans l'Ohio. Et ça nous parle, au plus profond, de tout, partout. Cette femme pense aux diverses tâches domestiques qui l'attendent, nécessaires à faire tourner le ménage. Elle s'indigne, contre Trump, ce président terrifiant, ou face au dérèglement de la planète, mais aussi contre la domination patriarcale, l'asservissement des femmes ou l'extermination des Amérindiens. Tout cela roule dans sa tête. Et c'est parti pour une formidable aventure narrative, en une coulée pleine de rebondissements, scandée par une formule litanique - « le fait que » - qui vous emporte dans une apnée littéraire exceptionnelle.
    Dans ce livre finaliste du Booker Prize et salué par une presse dithyrambique, Lucy Ellmann réussit le miracle de nous faire toucher à l'universel par le biais du plus intime et du plus infime. Par son humour corrosif, elle mène une charge impitoyable contre l'Amérique et le monde d'aujourd'hui, et dresse un admirable portrait de femme - de toutes les femmes.

    Traduit de l'anglais par Claro

  • Une éclosion continue : temps et photographie Nouv.

    Une éclosion continue : temps et photographie

    Bailly J-C.

    • Seuil
    • 24 May 2022

    Le temps, nous ne le voyons de face qu’au moment de mourir mais la photographie nous a donné le pouvoir étrange de le saisir par des coupes qui l’interrompent et le suspendent. Chacune de ces coupes agit comme une césure et comme une éclosion : par le choix de l’instant et du cadre, une éruption de sens est délivrée chaque fois. Ce pouvoir, que l’exubérante quantité d’images disponibles dissimule, Une éclosion continue cherche à le comprendre, et de deux manières : tout d’abord par des réflexions de portée générique qui recoupent des problématiques liées à l’histoire de la photographie, puis en faisant la part belle à l’expérience vécue par des photographes d’aujourd’hui.

  • Personne ne sort les fusils

    Sandra Lucbert

    • Seuil
    • 20 August 2020

    Prix Les Inrockuptibles Essai 2020

    De mai à juillet 2019 se tient le procès France Télécom - Orange. Sept dirigeants sont accusés d'avoir organisé la maltraitance de leurs salariés. Parfois jusqu'à la mort.

    On les interroge longuement, leur fait expliquer beaucoup. Rien à faire : ils ne voient pas le problème. Le P-DG a un seul regret : " Cette histoire de suicides, c'est terrible, ils ont gâché la fête. "

    Il y avait donc une fête ? Parlons-nous la même langue ?

  • Mes bien chères soeurs

    Chloé Delaume

    • Seuil
    • 7 March 2019

    " Ceci est une adresse. Aux femmes en général, autant qu'à leurs alliés. Je vous écris d'où je peux. Le privé est politique, l'intime littérature. "
    En France, la quatrième vague féministe a fait son entrée : non plus des militantes, mais des femmes ordinaires. Qui remettent en cause les us et les coutumes du pays de la gaudriole, où une femme sur dix est violée au cours de sa vie, et où tous les trois jours une femme est assassinée par son conjoint.
    Dans ce court texte incisif qui prône la sororité comme outil de puissance virale, Chloé Delaume aborde la question du renouvellement du féminisme, de l'extinction en cours du patriarcat, de ce qu'il se passe, et peut se passer, depuis le mouvement #metoo.

  • East Village blues

    Chantal Thomas

    • Seuil
    • 18 April 2019

    Au milieu des années 1970, Chantal Thomas, qui vient juste de soutenir sa thèse, décide de partir. Loin. À New York, alors ville de tous les dangers. Elle s'installe chez une amie d'amie. Le désir circule, les fêtes s'enchaînent. Un puissant souffle d'aventure anime la ville.
    Au milieu des années 1970, Chantal Thomas, qui vient juste de soutenir sa thèse, décide de partir. Loin. À New York, alors cité de tous les dangers. Elle s'installe chez une amie d'amie. Le désir circule, les fêtes s'enchaînent. Un puissant souffle d'aventure anime la ville.
    Aujourd'hui, amenée à séjourner dans l'East Village pour un été, elle retrouve un quartier totalement changé. Seules quelques traces demeurent de la marginalité d'autrefois, des graffitis sur les rares immeubles non encore " réhabilités " et dont Allen S. Weiss, partenaire de ce livre, va extraire des images photographiques qui rappellent un temps révolu.
    Car l'East Village était un lieu d'immigration et de bohème pauvre, inventive, où tout le monde se rêvait poète, où se rencontraient Allen Ginsberg, William Burroughs, Herbert Huncke, et les fantômes bien vivants d'Andy Warhol, de Lou Reed et du Velvet Underground.
    Au fil des pages, sur un mode à la fois précis et romanesque, Chantal Thomas évoque St. Mark's Church, le Chelsea Hotel, les bars, les rues, les peurs, les amours, dans un flottement des genres qu'elle restitue à plaisir, comme portée par la grâce d'une mémoire à même de revivre et faire revivre l'intensité d'une époque ouverte à tout. Par les temps qui courent, ce livre est une merveilleuse évasion, et le rappel d'une chose : la liberté est possible, elle est même un excellent principe de vie...
    I remember you well in the Chelsea Hotel
    You were talking so brave and so free...
    Leonard Cohen
    Avec des photos d'Allen S. Weiss

  • Les cigognes sont immortelles

    Alain Mabanckou

    • Seuil
    • 16 August 2018

    À Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge.
    Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.
    Alain Mabanckou est né en 1966 à Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville. Ses œuvres sont traduites dans le monde entier. Il enseigne la littérature francophone à l'Université de Californie-Los Angeles (UCLA).

  • Fenua

    Patrick Deville

    • Seuil
    • 19 August 2021

    La Polynésie se décline en un poudroiement d'îles, atolls et archipels, sur des milliers de kilomètres, mais en fin de compte un ensemble de terres émergées assez réduit : toutes réunies, elles ne feraient pas même la surface de la Corse. Et ce territoire, c'est le Fenua.

    Comme toujours chez Deville, le roman foisonne d'histoires, de rencontres et de voyages. On déambule, on rêve. On découvre les conflits impérialistes et coloniaux qui opposèrent la France et l'Angleterre, on croise Bougainville, Stevenson, Melville, puis Pierre Loti sur les traces de son frère Gustave, ou Victor Segalen et Gauguin, le peintre qui a fixé notre imaginaire de cette partie du monde, entre douceur lascive et sauvagerie. Des îles merveilleuses qui deviendront, vers le milieu du xxe siècle, le terrain privilégié d'essais nucléaires dont le plus sûr effet aura peut-être été de susciter un désir d'indépendance...

  • Poursuivre

    Alain Veinstein

    • Seuil
    • 15 April 2022

    Au lendemain d'une séparation agitée, je fus contraint de chercher un petit appartement pour y recevoir mes enfants chaque week-end. Mon choix se porta sur un modeste logement, une sorte de mansarde, rue Brézin, dans le 14e arrondissement de Paris.

    Les clefs en main, j'entrepris de rendre l'endroit un peu plus accueillant en y passant un coup de peinture. La tâche se révéla plus compliquée qu'elle n'en avait l'air. Je n'avais pas mesuré l'état catastrophique des lieux. Lorsque je passais le pinceau, par exemple, la peinture du plafond s'écaillait et tombait par pans entiers. Réputé pour ses compétences dans ce domaine, un ami, le peintre, graveur et fresquiste Joerg Ortner, accepta de me donner des conseils. Mais s'avisant très vite que je n'étais pas vraiment l'homme de la situation, il m'offrit purement et simplement de prendre en charge le chantier.

    Ce fut le début d'une aventure tumultueuse entièrement dépendante de son amour immodéré de la perfection, qui rendit la réalisation de notre projet longtemps improbable.

  • - 46%

    Souvenirs de la marée basse

    Chantal Thomas

    • Seuil
    • 17 August 2017

    Nager. Nager pour fuir les contraintes, pour échapper aux vies imposées, aux destins réduits. Nager pour inventer sa sensualité, préserver sa fantaisie. C'est ce qu'a sans doute ressenti Jackie toute sa vie, commencée en 1919 et menée selon une liberté secrète, obstinée, qui la faisait, dans un âge bien avancé, parcourir des kilomètres pour aller se baigner sur sa plage préférée, à Villefranche-sur-Mer. Entre-temps, elle s'était mariée, avait quitté Lyon pour Arcachon, puis, devenue jeune veuve, avait échangé le cap Ferret contre le cap Ferrat, avec sa mer plus chaude, son grand été.
    Qu'a-t-elle légué à sa fille Chantal ? Quelque chose d'indomptable, ou de discrètement insoumis, et cette intuition que la nage, cette pratique qui ne laisse aucune trace, est l'occasion d'une insaisissable liberté, comme lorsque jeune fille, au début des années 30, Jackie avait, en toute désinvolture, enchaîné quelques longueurs dans le Grand Canal du château de Versailles sous l'oeil ahuri des jardiniers.

  • Les adieux à la reine

    Chantal Thomas

    • Seuil
    • 1 October 2009

    Nous sommes à Vienne, en 1810, dans une ville humiliée et ruinée par la victoire de Napoléon. Une femme, Agathe-Sidonie Laborde, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient de Versailles et, plus précisément (parce que c'est pour elle une hantise), des 14, 15 et 16 juillet 1789, jours d'effondrement durant lesquels, Louis XVI ayant cédé sur tout, les intimes de la famille royale et une grande partie de la Cour se dispersent. Agathe elle-même s'est enfuie alors, dans la nuit du 16, avec la famille de Polignac.
    A travers une reconstitution minutieuse et fébrile de ses dernières heures à Versailles, Agathe découvre la force de sa fascination pour la Reine et la beauté émouvante et singulière du monde qu'elle s'était créé. Un monde placé sous le signe du luxe et de l'élégance, de l'obsession du détail, du goût des espaces protégés, un univers brillant de toutes les apparences du bonheur, sauf que le désir comme l'amour n'y avaient pas de voix pour se dire. Mais est-ce le drame de la Reine ou celui de sa lectrice ?

  • Les petits de décembre

    Kaouther Adimi

    • Seuil
    • 14 August 2019

    C'est un terrain vague, au milieu d'un lotissement de maisons pour l'essentiel réservées à des militaires. Au fil des ans, les enfants du quartier en ont fait leur fief. Ils y jouent au football, la tête pleine de leurs rêves de gloire. Nous sommes en 2016, à Dely Brahim, une petite commune de l'ouest d'Alger, dans la cité dite du 11-Décembre. La vie est harmonieuse, malgré les jours de pluie qui transforment le terrain en surface boueuse, à peine praticable. Mais tout se dérègle quand deux généraux débarquent un matin, plans de construction à la main. Ils veulent venir s'installer là, dans de belles villas déjà dessinées. La parcelle leur appartient. C'est du moins ce que disent des papiers " officiels ".
    Avec l'innocence de leurs convictions et la certitude de leurs droits, les enfants s'en prennent directement aux deux généraux, qu'ils molestent. Bientôt, une résistance s'organise, menée par Inès, Jamyl et Mahdi.
    Au contraire des parents, craintifs et résignés, cette jeunesse s'insurge et refuse de plier. La tension monte, et la machine du régime se grippe.
    A travers l'histoire d'un terrain vague, Kaouther Adimi explore la société algérienne d'aujourd'hui, avec ses duperies, sa corruption, ses abus de pouvoir, mais aussi ses espérances.
    Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi vit désormais à Paris. Après deux premiers livres, L'Envers des autres (prix de la Vocation 2011) et Des pierres dans ma poche, elle connaît un important succès avec Nos richesses (Prix Renaudot des lycéens), paru au Seuil en 2017, évocation du légendaire libraire et éditeur Edmond Charlot.

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