Presses universitaires de Perpignan

  • L'oeuvre : Moins de 200 films en un peu plus d'un siècle, 134 pour la période du cinéma parlant, la silhouette ouvrière n'est pas très fréquente dans le cinéma français. Cet ouvrage est né d'un choc : le retour en force des ouvriers à l'écran dans les années 90. En même temps que l'on annonçait partout la mort programmée de la classe ouvrière dans la vie réelle, voilà que, sous les traits de Dominique Blanc, d'Ariane Ascaride ou Elodie Bouchez, les ouvrières crevaient l'écran. Ce décalage entre un discours généralement admis et la vigueur d'une représentation cinématographique a été une invitation à interroger sur la longue durée l'identité d'une représentation, à en traquer les constances et à en marquer les ruptures. Enraciné dans la conviction que le cinéma interpelle l'historien des sociétés et informe l'histoire, cet ouvrage a pour principale ambition d'offrir au lecteur quelques clés pour mieux comprendre une France où, réelle ou mythifiée, la classe ouvrière fut au coeur de la vie politique. La vérité de Clio est parfois de l'autre côté du miroir.

  • L'ouvrage présente dix-neuf articles sur les communautés juives actuelles des Pays Catalans (retour et re-création des communautés, question linguistique, patrimoine...) ; sur des problématiques du judaïsme contemporain (diversité des courants religieux,

  • Les Jeux olympiques ont conquis la planète. Comment s´est opérée cette universalisation du sport ? Quels en sont les enjeux territoriaux ? Universitaire, expert ou journaliste, une dizaine d´observateurs portent le regard du géographe sur les impacts géopolitiques et territoriaux du phénomène olympique, de l´échelle mondiale au local. À l´heure des Jeux de Londres (2012) et de l´échec d´Annecy 2018, ils proposent un ouvrage très documenté et vivant, reposant sur des études de cas précis issues de recherches originales, des témoignages et des enquêtes de terrain.

  • Dès l´origine, les mouvements fascistes connaissent une marge qui se veut européenne et socialiste. N´ayant pu jouir du pouvoir, ayant souvent été éliminée, elle a toutefois su inventer des discours et des idées pour la construction d´une Europe nationaliste. Ceux-ci ont largement contribué à la formation de la propagande des États fascistes après 1942, mettant en exergue l´édification d´un « Nouvel ordre européen ». Après la Seconde Guerre mondiale, et particulièrement avec la phase de décolonisation, puis post-1968, le néo-fascisme a redéployé ces éléments dans le cadre de ce qu´il est convenu d´appeler le nationalisme révolutionnaire. Ayant placé l´unité européenne en horizon d´attente, ces fascistes oeuvrent à la constitution d´une action et d´une idéologie internationales. Ils participent dès lors à de nombreux champs politiques, nationaux et internationaux, et y entreprennent des tactiques différentes de l´un à l´autre. Leurs idées européistes les entraînent ainsi non seulement dans une élaboration post-moderne du politique, n´hésitant pas à puiser aussi bien dans les signes gauchistes que moyen-orientaux, mais les poussent à des réorientations géopolitiques éclairant l´évolution du monde des lendemains de la Première guerre mondiale à ceux du 11 septembre. De là, ce sont l´histoire et la nature du phénomène fasciste qui sont revisitées.

  • Les recherches du géographe Numa Broc ont imposé leur auteur comme un spécialiste internationalement reconnu d'histoire et d'épistémologie de la géographie. Les éditions successives et les traductions de ses livres, l'analyse de ses travaux dans des publications comme Isis, la grande revue américaine d'histoire des sciences, ou dans des journaux scientifiques non moins réputés au plan international - Archivo Storico Italiano, Erdkunde, Francia, Imago Mundi, les Mittelungen der Österrischen Geographischen Gesellschaft, Regio Basiliensis, la Rivista Geographica Italiana, Taxon, Terrae Incognitae, ou The Geographical Journal - témoignent du large rayonnement d'une oeuvre aux multiples facettes. Né en 1934, agrégé de géographie en 1960, Numa Broc a reçu la formation classique - sous ses trois composantes : géographie physique, humaine, régionale - de l'Homo geographicus de l'entre-deux-guerres, dont il s'est plu à dresser le portrait en 1993. Cette vaste formation généraliste jointe à une culture étendue autant qu'à une intense curiosité pour les montagnards et les explorateurs explique que l'auteur se soit toujours intéressé aux acteurs et aux thèmes de la géographie physique : Buache, Ramond de Carbonnières, Schrader, de Lapparent, Davis, de Martonne, la haute montagne, la mer, la géologie, la géomorphologie. L'ouvrage magistral que nous donne ici Numa Broc tourne à l'évidence autour de la grande figure d'Emmanuel de Martonne, dont le Traité de Géographie physique paru en 1909 a dominé la géographie francophone jusqu'au début des années soixante. Le Livre I, Dans le sillage de Humboldt, traite de l'émergence des concepts de la géographie physique pendant la première moitié du XIXe siècle. Le Livre II montre comment et pourquoi, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, se mettent en place des courants de recherche mais aussi des forces et des mécanismes qui font passer la géographie physique De la dispersion à l'unification. Le Livre III, La géographie physique universitaire ou le règne de De Martonne, couvre le début du XXe siècle, un Premier âge post-vidalien au cours duquel la géomorphologie est devenue volens nolens la pierre angulaire de toute la géographie française. Le parti pris de conserver dans le livre IV - Menaces d'explosion et recentrage - l'unité de la complexe période qu'a constitué le XXe siècle après 1945 est un gage d'optimisme. Face au renouveau des sciences géographiques et aux mutations de la société, la géographie physique se transforme, tant dans ses contenus et ses modèles que dans ses méthodes et ses conditions d'exercice. La recherche se démocratise, les enseignements supérieur et secondaire s'ouvrent à de larges couches d'une société qui rajeunit, s'urbanise, consomme et voyage. La demande sociale s'est profondément modifiée, le monde lui-même a beaucoup changé. La vision synthétique que propose Numa Broc d'un Deuxième âge post-martonnien de la géographie universitaire en France permet de comprendre dans quelles conditions la biogéographie, la climatologie, la géomorphologie et l'hydrologie ont peu à peu cessé d'être exclusivement séparatives pour devenir un vigoureux système de sciences : une géographie physique renouvelée, largement recentrée sur l'inter­face des thématiques sociétales et environnementales. La post-face, rédigée par Marc Calvet et Christian Giusti, propose in fine un état des lieux de la Géographie physique française au début du vingt et unième siècle.

  • L'expression détaillée des recommandations du Sommet mondial pour le développement durable, qui s'est tenu à Johannesburg en 2002 et de celles du Congrès mondial sur les parcs de Durban en 2003 souligne l'indispensable association de toutes les parties prenantes aux différentes étapes de la constitution et de la mise en oeuvre d'une aire protégée, ...

  • La période moderne (entre la fin du XVe et le début du XIXe siècle) n´avait jusqu´ici fait l´objet pour le Roussillon, autrement désigné Comtés ou Catalogne du nord, que d´assez rares travaux orientés surtout vers 1659 et l´annexion au royaume de France.

  • C. S. Peirce, (1839-1914), philosophe et logicien américain, est l'un des grands penseurs du XXe siècle. À la recherche d'une méthode est l'un des nombreux projets de livres que Peirce soumit à ses éditeurs. Il en établit le texte en 1893, il y a tout juste cent ans. et jusqu'en 1907 ne cessa d'envisager corrections et modifications dont les articles du Monist de 1905 tiennent compte en très grande partie. C'est ce texte, qui n'a jamais paru en anglais sous cette forme, que nous publions en traduction française. D'autres projets qui ne virent pas non plus le jour se rapportaient aux innovations que Peirce avait introduites en logique. À la recherche d'une méthode est à la fois traité de l'interprétation, discours de la méthode et méditation philosophique. Sa modernité est frappante, qu'il s'agisse de la nouvelle liste de catégories, que Peirce substitue à celle de Kant, ou de la méthode pragmatique, qu'il développe pour remplacer le doute méthodologique de Descartes, et de la métaphysique scientifique qu'il en dégage, et dont on appréciera l'actualité : l'architecture triadique des théories, la critique de la doctrine de la nécessité, la loi de l'esprit, l'essence biologique de l'homme et la nouvelle philosophie politique que Peirce propose à l'homme de la "seconde moitié du XXe siècle", autrement dit tout ce qui est en jeu dans la philosophie pragmaticiste.

  • Cette publication est l'aboutissement d'un programme collectif de recherche (PCR), engagé de 1997 à 2000, afin d'étudier et de compiler les différentes études anthropologiques menées sur quelques sites du Haut Moyen Âge du grand Sud-Ouest de la France. Elles permettent de caractériser ces populations, encore mal connues pour cette époque et cette région. Les textes ont été finalisés en 2002, l'introduction a été révisée en 2012 et un complément bibliographique a été inséré à la fin de la bibliographie d'origine.

  • Cet ouvrage présente les actes du colloque « Héros voyageurs et constructions identitaires », organisé à l'Université de Perpignan et au Centre Culturel de Cabestany en novembre 2012, par deux équipes de Recherche de Perpignan (EA 2983 VECT et EA 2984 CRHiSM), soutenues par l'Institut des Méditerranées, et qui a bénéficié du soutien du Labex ARCHIMEDE au titre du programme « Investissement d'Avenir » ANR-11- LABX-0032-01. L'enjeu est de réfléchir sur la notion de héros, transmise par les mythes dans la littérature et l'iconographie antiques, et en particulier sur ses relations avec le voyage, propice à l'affirmation ou à la construction des identités. Le but ne consiste pas à proposer d'emblée une définition du héros mais à convoquer quelques grandes figures mythologiques marquées par le voyage (Ulysse, Héraclès, Jason, Dioméde, Hélène, Enée...), afin de mettre en évidence les variations opérées selon les types de voyages accomplis et les spécificités de chaque personnalité. Le « héros voyageur » n'apparaît pas alors comme une catégorie homogène, et pourtant son appropriation par les sociétés, le pouvoir en place ou les créateurs, fait de lui un modèle qui fonctionne et nourrit l'imaginaire, depuis la période archaïque jusqu'à nos jours, comme le démontre la richesse des productions littéraires et visuelles : c'est ce processus qu'analysent les articles rassemblés dans ce volume.

  • Par quoi les écrivains sont-ils habités ? Souvent par d´autres écrivains. Pas seulement parce qu´ils s´influencent ou s´inspirent les uns les autres mais parce que parfois ils écrivent à l´ombre de l´oeuvre d´un autre, à la lumière du rayonnement laissé par un confrère célèbre, vivant ou mort, qu´ils admirent, qu´ils fuient, qui les enrichit ou les entrave. Ils écrivent alors en contrepoint de l´oeuvre d´un autre, en dialogue ou en résistance. Ils sont travaillés par la présence d´un aîné ou d´un contemporain qui est pour eux une autorité à honorer, à dépasser, à combattre. Ce rapport à l´écrivain est une occasion de fécondité, de rivalité, au pire un véritable empêchement. Dans tous les cas, cette intime obsession, cette hantise les oblige à trouver leur propre voix, chercher leur propre espace et plus largement, décider du sens qu´ils donnent à leur propre quête. Ces fantômes d´écrivains sont donc bien ce qui hante leur création : ils la visitent et l´inquiètent, la rendent plus vivante, plus personnelle, la forcent à affirmer ses contours, fût-ce dans la destruction de cette figure intérieure qu´elle porte en elle et que tout à la fois elle enfouit et exhibe. Il s´agissait donc de traquer les fantômes dont est peuplée la littérature... Les articles de ce recueil explorent divers cas de relation intime entre un écrivain et un autre, diverses conditions singulières de création « hantée ».

  • Le modèle d´autonomie sociopolitique, culturelle et linguistique qu´est, vue de l´extérieur, la Catalogne, « nation sans état » arc-boutée contre l´Espagne à laquelle elle inspire toujours défiance, est aujourd´hui en proie au doute. À vingt-trois ans de

  • À partir de l´analyse du Livre Vert, inventaire synthétique des biens et droits des archevêques de Narbonne, rédigé à l´initiative de Pierre de La Jugie (1347-1375) et de celle des fragments de comptabilités originales conservés aux Archives secrètes du Vatican, cet ouvrage dévoile, par un véritable travail de détective sur le fond et la forme des documents, comment les archevêques du XIVe siècle géraient leur patrimoine et quels étaient les revenus assurant leur train de vie princier. Les détails pittoresques des sources rendent cette visite dans le passé très vivante et permettent de croiser des personnages attachants.

  • La forte augmentation de la part des « vieux » - en particulier des « très vieux » dans la population totale alimente la croissance des activités de service à la personne et favorise la création en nombre d´emplois salariés caractérisés par une féminisation très élevée et une précarité notoire (importance du temps partiel subi, faible niveau des rémunérations...). Quels sont les savoir-faire et être, non officiellement reconnus en tant que qualifications, mis en oeuvre dans le « travail en train de se faire » pour accompagner les plus âgés d´entre nous dans les actes de la vie quotidienne qu´ils ne peuvent plus réaliser seuls ? Que se passe-t-il de significatif au plan sociétal dans les échanges singuliers qui, à cette occasion, se nouent entre des travailleuses salariées réputées peu qualifiées et des retraités âgés ayant besoin d´être aidés ? Plus précisément encore, qu´en est-il des tâches comme « passer du temps à se parler sur la fin de vie et la mort », non officiellement identifiées en tant que telles, mais très récurrentes dans les interventions salariées auprès de personnes âgées en perte d´autonomie, qu´elles soient maintenues à domicile ou placées en institution ? À quelles conditions ces tâches peuvent-elles accéder à la qualification au regard de l´efficacité sociale qu´elles contribuent à produire ? Les différentes contributions composant l´ouvrage s´efforcent de préciser les implications de ces questions et d´y apporter des éléments de réponse. À l´échelle des territoires, la connaissance des modalités et des enjeux du travail des uns dans la vieillesse des autres peut venir en appui aux décisions relatives à la prise en charge des difficultés liées à l´avancée en âge comme aux orientations politiques générales qui la fondent. Dans ses ressorts économiques, sociaux et culturels, cette connaissance donne notamment des repères pour étayer l´alternative actuellement en jeu autour des rapports entre générations dans notre société : d´un côté, poursuivre en l´amplifiant la solidarité salariale via la cotisation sociale ou, de l´autre, encourager la responsabilité individuelle via l´épargne complétée, si nécessaire, par une solidarité/assistance à minima palliant ses défaillances.

  • Malgré le succès persistant du latin et du grec au niveau collège, où le quart des élèves étudiaient l´une de ces deux langues à la rentrée 2010, l´enseignement des langues anciennes a considérablement décliné au niveau du lycée et de l´université. Il a décliné du point de vue du nombre des étudiants, mais aussi de leurs compétences en langue. Répondant à l´ouvrage de Heinz Wismann et de Pierre Judet de la Combe, L´Avenir des langues, paru en 2004, Olivier Rimbault explique comment l´esprit du « collège unique » et du « Nouveau Lycée », mais surtout les méthodes didactiques en vigueur entraînent ces résultats décevants et leurs conséquences. S´appuyant sur les données de la psychologie et les méthodologies de l´imaginaire, l´auteur montre les limites épistémologiques de ces méthodes. À l´enseignement de langues mortes, il propose de substituer un enseignement de langues tout à la fois mortes, anciennes, vivaces et même vivantes. Un recueil de poésies néolatines personnelles vient illustrer sa démonstration.

  • L´espace public, c´est la chance que l´on donne aux possibilités de rencontres, de reconnaissances, d´interpellations, de conflits, éventuellement, mais aussi de constructions collectives, de transactions ou de régulations faute desquelles se développent

  • Au départ est la cellera. Ce noyau originel des villages n'est rien d'autre que l'espace sacré entourant l'église, de forme le plus souvent circulaire, de trente pas de rayon, incluant donc le cimetière et servant d'asile aux habitants des campagnes en période de violences. En ce sens, la cellera roussillonnaise semble s'identifier formellement à la sagrera de la Catalogne du Sud. De fait, l'origine est la même, mais l'évolution fut divergente : c'est ce qu'établit magistralement cet ouvrage et c'est ce qui fait en grande partie l'originalité des villages roussillonnais. Aymat Catafau devient, dès ce premier livre, un spécialiste incontesté de l'histoire du Roussillon. Mais au-delà, par l'exemple qu'il a développé, par les perspectives qu'il ouvre, il apporte une contribution d'importance à notre connaissance de la vie des campagnes médiévales. Aussi bien sait-on depuis longtemps qu'il n'est pas de hiatus entre histoire générale et histoire locale.L'une vit de l'autre». Pierre Bonnassie, professeur à l'Université de Toulouse-Le Mirail. « En mariant la dimension diachronique et thématique, Aymat Catafau restitue deux mouvements simultanés : la création d'un réseau villageois (par une sorte de sélection darwinienne) et la création d'un tissu villageois (par cernes de croissance autour de la cellera primitive). Paradigme du village ecclésial, thème de recherche majeur de cette dernière décennie, la cellera a bien trouvé son historien ». Benoît Cursente, directeur de recherches au CNRS. « Une étude très fine des documents relatifs aux celleres roussillonnaises, étayée par une exploration très minutieuse des plans anciens et des morphologies villageoises actuelles a permis de développer et d'étayer une thèse originale : les celleres ont joué un rôle essentiel entre l'église et le castrum dans la genèse du village roussillonnais. C'est une vision dynamique, neuve et séduisante du village roussillonnais au Moyen Âge ». Pierre Toubert, professeur au Collège de France.

  • Au fil des enquêtes de Nicolas Le Floch, J.-F. Parot met en scène la capitale française dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Historien de formation, il fonde son récit sur une documentation très diverse et exceptionnellement fournie. Il restitue donc

  • Il y a peu un iconologue américain de renom nous promettait un "tournant pictural" alors que l'un de ses collaborateurs, médiologue français de mauvais augure, nous annonçait déjà la mort de l'image. Illustration saisissante du statut épistémologique imprécis de l'image dans notre culture censément "visuelle" et du trop-plein d'images qu'on lui reproche de véhiculer. C'est dans le contexte confus de ce prétendu excès de visuel qui affligerait notre société contemporaine que le livre aborde le problème posé par l'image à partir de la théorie sémiotique du philosophe américain Charles Sanders Peirce. Alors que la plupart des autres ouvrages consacrés à l'image sont issus d'une théorie du signe linguistique, la présente étude se fonde sur un choix épistémologique tout autre et partant sur une conception du signe totalement neutre, multimodal, à l'égard du texte et de l'image. Comme le suggère son titre à première vue paradoxal (Regards sur le poème muet), le thème principal qui apparaît en filigrane au cours des chapitres du livre, porte sur la capacité des signes purement picturaux à nous communiquer des informations, et un objectif majeur de l'ouvrage vise à isoler cette spécificité informative en l'opposant au signe verbal. Abondamment illustré, le livre montre comment les images fixes de toute sorte sont capables de nous informer sur notre monde tout en restant en quelque sorte "muettes". C'est au moyen de trois des systèmes de classification établis par Peirce que le livre isole la nature exacte de ces informations et les différentes manières dont elles nous sont communiquées.

  • Comment vivaient-ils ? Combien gagnaient-ils ? Comment devenait-on "homme politique" ? Fallait-il suivre un cursus, de la réussite scolaire aux succès électoraux ? Et d'ailleurs la politique était-elle un véritable "métier" ? À la fin du XIXe siècle, la politique était restée une affaire de notables, souvent fortunés et disponibles, qui concevaient cette pratique comme une seconde activité, plus sérieuse qu'un hobby, mais en aucun cas comme une profession. Elle ne leur rapportait rien et même leur coûtait de l'argent. C'était une aventure individuelle plutôt que l'affaire d'un groupe ou d'un parti ; ceux-ci, d'ailleurs, n'existaient guère avant 1900. La Troisième République (1875-1940) est justement la période de la transformation de la pratique politique en un véritable métier. On suit désormais un cursus honorum, avec ses formations universitaires spécifiques, ses voies d'accès à l'engagement et aux candidatures. L'acclimatation des Français au suffrage universel a changé la relation entre l'homme politique et ses électeurs. Un nouveau personnel est apparu, d'origine sociale plus diverse, qui conçoit la politique comme un métier, un travail à plein temps ou presque, une activité dont on doit au moins pouvoir vivre décemment, la carrière d'une vie et non un passe-temps éphémère. Ce livre décrit cette professionnalisation de la politique.

  • Omniprésentes dès l'origine dans la mythologie et les arts, les figures du passeur, « l'homme-nef », ont traversé toutes les époques et essaimé tous les domaines des sciences humaines, de la culture et de la technique. Plus que jamais d'actualité, du fait de la période que nous traversons, cette antique notion est devenue un des grands vecteurs de la médiation ; c'est aussi une des figures clés de l'anthropologie, entendue comme pensée de la relation et de la traduction, et de la médiologie, qui s'intéresse aux modes de transport des messages et des hommes à travers l'espace et le temps. Archétype du corps conducteur, le passeur est sans conteste une des figures emblématiques d'une (post)modernité placée sous le signe de la communication, de la circulation de l'information et des échanges les plus divers ; il était donc opportun de s'y intéresser. Dans les vingt-deux contributions réparties en trois chapitres (I. Transitions, Transactions, Transgressions ; II. Initiations, Transformations, Transmutations ; Transferts, Traductions, Trans-culturations) de cet ouvrage collectif, le lecteur découvrira des données originales concernant le passeur, entité protéiforme et exemple rare sinon unique de figure mythologique et archétypale acquérant, après s'être sécularisée et banalisée, la pertinence et la polyvalence d'un principe explicatif.

  • L´objectif de cette recherche sur la lutte contre la corruption est de démontrer que le délit de corruption présente un caractère mutant qui lui permet de changer radicalement de forme au gré des domaines auxquels il s´attaque. Ainsi, il ne revêt pas la même forme quand il se développe dans les domaines des marchés publics, des délégations de service public, de l´urbanisme commercial, de l´immobilier, du commerce international, du sport, de la publicité ou du financement de la vie politique. Ce constat du caractère mutant du délit permet de mieux comprendre les difficultés qu´a pu rencontrer le législateur dans la lutte contre la corruption et l´échec des réponses étatiques qui ont été données jusque-là. Dès lors, une adaptation de la lutte contre la corruption au caractère mutant du délit s´avère nécessaire, elle implique une double adaptation d´une part, une adaptation spatio-temporelle, et d´autre part une adaptation relative aux interventions. Les adaptations spatio-temporelles imposent de tenir compte non seulement des insuffisances et de l´inadaptation dans le temps des mesures prises jusque là mais également de la politique menées par les autres États ainsi que des perspectives d´harmonisation et de leurs obstacles. Les adaptations relatives aux interventions conduisent, elles, à prendre en compte d´une part, l´émergence, à côté des intervenants traditionnels, de nouveaux intervenants dans la lutte contre la corruption (citoyens, ONG, associations, presse) et d´autre part, la nature et les limites juridiques, criminologiques, sociologiques et éthiques de ces adaptations. Enfin, pour conclure, une série de propositions sont formulées dans le cadre d´une approche multidisciplinaire du délit dans le but d´améliorer la lutte contre la corruption en tenant compte de cet aspect nouveau du délit : son caractère mutant.

  • Edmond PASCUAL, né à Oran (Algérie) en 1928, est agrégé de Lettres modernes. Successivement instituteur, inspecteur primaire, chargé de cours à la Faculté des Lettres de Grenoble, chargé de cours à la Faculté de Lettres de Perpignan, inspecteur d´Académie, il a exercé ces fonctions pendant 17 ans dont 5 à Perpignan (1975- 1982). Enseignant à l´Université d´été de Perpignan il a contribué au lancement du cours de « français langue diplomatique » en 1989. Il encadre depuis, chaque année, des promotions de diplomates et d´étudiants étrangers. « Le français langue diplomatique » est la synthèse rapide de son travail et de sa démarche pédagogique au sein de l´Université d´été depuis 1989. Ce travail est d´abord un inventaire des textes en usage dans la diplomatie, textes issus des diverses situations de communication propres à cette activité. Un rappel des outils linguistiques les plus utiles à l´approche de ces textes précède l´analyse d´un corpus d´énoncés caractéristiques. La portée des textes diplomatiques est ensuite abordée du double point de vue du droit et de la pragmatique. Le dernier chapitre est consacré à une réflexion sur une hypothétique langue diplomatique et sur la « société de discours » que constitue l´ensemble du corps diplomatique à travers le monde.

  • Pour le profane comme pour le juriste le sujet de cette étude évoque le mariage d'une figure familière du vocabulaire juridique, le dommage, avec une notion économique et juridique, la concurrence, qui à défaut d'être parfaitement connue n'en est pas moins entrée dans le langage courant. Cependant, sitôt cette intuition commune dissipée, si le profane risque d'être dérouté par le contenu du tableau, le juriste, espérons-le, y trouvera son compte. L'étude est un triptyque. Le premier volet est consacré, d'une part, à l'examen du domaine du dommage concurrentiel au travers du prisme de l'ensemble des règles législatives et jurisprudentielles qui envisagent, principalement ou incidemment, la notion de dommage concurrentiel dans ses deux acceptions d'atteinte à la concurrence et d'atteinte aux concurrents et, d'autre part, à l'analyse du champ concurrentiel. Le panneau central tente de montrer que si le préjudice concurrentiel est un élément second de la responsabilité concurrentielle, en revanche, l'atteinte au processus concurrentiel représente un élément essentiel de la qualification délictueuse de l'ensemble des comportements de marché. Ainsi, la preuve de ce dommage au processus concurrentiel, qui dans le domaine des pratiques anticoncurrentielles fonde les délits d'ententes illicites et d'abus de position dominante, semble aussi pertinente dans la qualification des autres comportements délictuels de marché que le droit de la concurrence appréhende sous les noms de pratiques restrictives de concurrence, de pratiques déloyales, ou d'agissements parasitaires. Le seconde volet, consacré aux sanctions, referme l'étude sur la confirmation de l'identité de vue qui irrigue l'ensemble des sanctions du dommage concurrentiel, lesquelles cherchent avant tout à rétablir et à sauvegarder le mécanisme concurrentiel.

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