Presses universitaires de Perpignan

  • L'oeuvre : Moins de 200 films en un peu plus d'un siècle, 134 pour la période du cinéma parlant, la silhouette ouvrière n'est pas très fréquente dans le cinéma français. Cet ouvrage est né d'un choc : le retour en force des ouvriers à l'écran dans les années 90. En même temps que l'on annonçait partout la mort programmée de la classe ouvrière dans la vie réelle, voilà que, sous les traits de Dominique Blanc, d'Ariane Ascaride ou Elodie Bouchez, les ouvrières crevaient l'écran. Ce décalage entre un discours généralement admis et la vigueur d'une représentation cinématographique a été une invitation à interroger sur la longue durée l'identité d'une représentation, à en traquer les constances et à en marquer les ruptures. Enraciné dans la conviction que le cinéma interpelle l'historien des sociétés et informe l'histoire, cet ouvrage a pour principale ambition d'offrir au lecteur quelques clés pour mieux comprendre une France où, réelle ou mythifiée, la classe ouvrière fut au coeur de la vie politique. La vérité de Clio est parfois de l'autre côté du miroir.

  • L'ouvrage présente dix-neuf articles sur les communautés juives actuelles des Pays Catalans (retour et re-création des communautés, question linguistique, patrimoine...) ; sur des problématiques du judaïsme contemporain (diversité des courants religieux,

  • Et si l'histoire des régions frontalières n'était pas seulement dictée par la frontière ? Partagée entre la France et l'Espagne lors du traité des Pyrénées (1659), la Cerdagne est au centre de cette recherche sur les relations entre société et territoires. Mais, cette enquête va bien au-delà du cadre géographique et chronologique imposé par la frontière. En effet, les sources documentaires sont plurielles et invitent sans cesse à changer de rythme, d'échelle, de postes d'observation et de formes de récit pour saisir les changements dans la longue durée. Des paradoxes y apparaissent d'abord comme autant d'énigmes laissées sur le chemin. Trois acteurs y jouent les premiers rôles. En premier lieu, une ville perchée au coeur de ces montagnes domine et façonne du haut de ses privilèges et de ses prétentions cette région ; elle finit pourtant à bout de souffle et à la traîne d'une croissance rurale et régionale. La seigneurie apparaît ensuite comme un horizon du quotidien. Elle n'est pas ce monstre avide et aveugle si souvent décrié, mais elle permet, bien au contraire, l'exploitation du territoire par les paysans. Enfin, les « maisons », véritables archétypes du monde pyrénéen, sont représentées par un héritier unique chargé de conserver un patrimoine réputé inaliénable et indivisible. Pourtant, elles n'en participent pas moins à un marché foncier qui renforce la concentration des terres au profit d'une minorité. Par ailleurs, le régime de l'héritier universel est également censé freiner l'apparition de nouvelles cellules domestiques. Or, cela n'empêche pas le nombre de maisons de tripler entre la fin du XVe siècle et la fin du XVIIIe siècle. L'ensemble de ces contradictions apparentes ne trouve de solutions que dans l'analyse serrée des relations successives que noue une société avec ses espaces, pour exploiter et réinventer ses territoires.

  • Abondamment illustré, cet ouvrage constitue les Actes du Colloque de Perpignan qui a réuni, en septembre 2010, les meilleurs spécialistes français et étrangers s'étant intéressés à la signification des sarcophages romains, païens et chrétiens. À côté d'une approche germanique bâtie essentiellement sur l'identification des personnages et des thèmes mythiques, le colloque a ainsi affirmé l'originalité d'une approche anthropologique des images romaines développée autour des travaux de Richard Brilliant, Paul Zanker ou Robert Turcan. C'est aussi en hommage à ce dernier, présent à Perpignan, que les collègues du monde entier se sont déplacés, et pour faire le point, soixante ans après sa mort, sur les théories du grand savant belge Franz Cumont.

  • Les Jeux olympiques ont conquis la planète. Comment s´est opérée cette universalisation du sport ? Quels en sont les enjeux territoriaux ? Universitaire, expert ou journaliste, une dizaine d´observateurs portent le regard du géographe sur les impacts géopolitiques et territoriaux du phénomène olympique, de l´échelle mondiale au local. À l´heure des Jeux de Londres (2012) et de l´échec d´Annecy 2018, ils proposent un ouvrage très documenté et vivant, reposant sur des études de cas précis issues de recherches originales, des témoignages et des enquêtes de terrain.

  • « Le Colloque pluridisciplinaire et international, " l'Esclavage de l'Africain en Amérique du 16e au 19e siècle : les Héritages " a été organisé par l'Association Dodine les 19, 20 et 21 avril 2011 à Fort-de-France. Ce n'était pas, comme d'aucuns pouvaient d'emblée le penser, un colloque de plus eu égard aux multiples rencontres antérieures relatives à l'Esclavage vu du continent européen. La visée ici était tout autre. L'objet assigné se voulait différent, novateur : un colloque axé sur « Les Héritages », à savoir, « les créations des peuples nègres issus des abolitions de l'esclavage au 19e siècle en Amérique. » D'où la définition et la délimitation d'un champ d'interrogations et d'investigations ouvert sur les domaines de l'activité humaine. La manifestation, labellisée « 2011 Année des Outre-Mer Français » a vu ses travaux se dérouler dans d'excellentes conditions. La trentaine de communications fut déclinée en six sessions de demi-journées, animées par des modérateurs avertis. Elles reçurent un écho très favorable d'un public attentif, curieux, de plus en plus nombreux et motivé dans l'échange. En relation avec le colloque, le Vernissage de l'exposition « Prismes d'Artistes ». à l'initiative des Artistes Peintres de l'Association Martiniquaise PABE (Plastik Art Band Experimental) ». E.A « Quel grand honneur que celui d'avoir participé à ce colloque de très haut niveau et de penser qu'il est une graine qui va fertiliser de futurs projets entre nous tous ! » E.T « Je ne connais pas une seule personne qui n1ait parlé de sa satisfaction totale à la fin de la conférence. » M.B

  • Cet ouvrage rend compte en premier lieu des travaux présentés aux XXIIes Rencontres de Béziers (Béziers, 19 novembre 2011), tenues au Centre Du Guesclin, site biterrois de l'Université Paul Valéry-Montpellier III sur le thème « Du taureau et de la tauromachie, hier et aujourd'hui ». Outre quatre des contributions présentées à cette occasion ce volume recueille trois autres études apportant des regards complémentaires sur la thématique retenue. L'ensemble des analyses ici développées vise à considérer le taureau (de combat) et la tauromachie comme des objets d'étude au sens que donnent à cette qualification les sciences humaines et sociales. Et à proposer un questionnement pluri-focal concernant une matière complexe, observable sur un espace discontinu (discontinu en Espagne, mais aussi dans le Sud de la France et jusqu'aux Amériques). Une matière dont le traitement requiert bien évidemment une perspective historique mais également sociologique, géographique, esthétique, sémiotique. Dans les limites qui lui sont imparties, ce recueil propose un parcours transdisciplinaire cohérent.

  • Las Casas est sans conteste l'une des « figures coloniales » les plus passionnantes et controversées dans le champ de études hispaniques, latino-américaines et caribéennes. Les motifs généralement associés à Las Casas sont aussi divers que variés ; ils portent en creux des enjeux tout à la fois épistémologiques, politiques et imaginaires : antiespagnol, défenseur des Indiens (et selon certain-e-s des Noirs), anticolonialiste avant la lettre, représentant frustré d'une véritable rencontre entre l'Europe et le « Nouveau mondes », colonialiste à visage faussement humain, illuminé... À cela s'ajoute la question (polémique) de sa responsabilité dans la mise en esclavage néfaste des Noir-e-s, suite à la formulation de son Onzième Remède/solution en 1516. Le présent ouvrage, transdisciplinaire et international, vise à revenir, partiellement mais rigoureusement, sur les circonstances historiques, politiques, économiques et imaginaires qui ont présidé à la dite proposition naguère faite par Las Casas, ainsi que, finalement, d'autres avant ou en même temps que lui. Par ce biais, son souci à lui était de libérer les Indiens des affres de l'exploitation espagnole qu'ils subissaient cruellement tout en se gardant de mettre en péril les intérêts de la couronne espagnole et des « colons missionnaires » engagés dans l'entreprise coloniale. Mais il s'agit aussi, dans cet ouvrage d'affranchir Las Casas de l'emprise des lectures purement historiennes qui en revendiquent le monopole, en examinant comment son itinéraire (formation, combats et conversions, publications, sa figure devenue mythique, etc.) est transcrit dans d'autres productions discursives et symboliques contemporaines.

  • Dès l´origine, les mouvements fascistes connaissent une marge qui se veut européenne et socialiste. N´ayant pu jouir du pouvoir, ayant souvent été éliminée, elle a toutefois su inventer des discours et des idées pour la construction d´une Europe nationaliste. Ceux-ci ont largement contribué à la formation de la propagande des États fascistes après 1942, mettant en exergue l´édification d´un « Nouvel ordre européen ». Après la Seconde Guerre mondiale, et particulièrement avec la phase de décolonisation, puis post-1968, le néo-fascisme a redéployé ces éléments dans le cadre de ce qu´il est convenu d´appeler le nationalisme révolutionnaire. Ayant placé l´unité européenne en horizon d´attente, ces fascistes oeuvrent à la constitution d´une action et d´une idéologie internationales. Ils participent dès lors à de nombreux champs politiques, nationaux et internationaux, et y entreprennent des tactiques différentes de l´un à l´autre. Leurs idées européistes les entraînent ainsi non seulement dans une élaboration post-moderne du politique, n´hésitant pas à puiser aussi bien dans les signes gauchistes que moyen-orientaux, mais les poussent à des réorientations géopolitiques éclairant l´évolution du monde des lendemains de la Première guerre mondiale à ceux du 11 septembre. De là, ce sont l´histoire et la nature du phénomène fasciste qui sont revisitées.

  • L'ouvrage que vous avez entre vos mains explore le terrain de l'enseignement-apprentissage du catalan en Catalogne du Nord dans un contexte européen d'éducation plurilingue. Dans sa première partie, l'étude dresse un état de la question. Dans un deuxième temps sont présentées les options méthodologiques à la base d'une approche ethnographique. Cette enquête est accompagnée d'observations de classe afin d'étudier, dans la pratique, les formes de traitement intégré de la langue et d'autres contenus scolaires. Enfin, les résultats académiques des élèves bilingues sont comparés avec ceux des élèves de la voie générale unilingue. Les conclusions, examinées à la lumière des perspectives ouvertes par le Conseil de l'Europe, permettent d'établir des propositions pour une évolution de l'enseignement bilingue à parité horaire et par immersion vers un enseignement plurilingue inclusif.

  • Cette publication reprend les communications du colloque « Images de guerre, guerre des images, paix en images » organisé, au sein du 134e Congrès du CTHS (Comité des Travaux Historiques et Scientifiques) de mai 2011, par le CRHiSM (Centre de Recherches Historiques sur les Sociétés Méditerranéennes). Son objectif était d'analyser les images produites à l'occasion des conflits, civils comme internationaux, et, autre face du même, celles qui sont créées lors des moments de paix, tant dans un but d'affirmation des sociétés sortant d'un conflit que franchement pacifistes. Sous le signe de Janus donc, sont convoquées les images de toutes périodes, de tout pays et de tous types, sculptures, ensembles architecturaux, vitraux, peintures, gravures, photographies, films, émissions de télévision, jeux vidéo. Regroupant des auteurs divers, chercheurs confirmés, jeunes docteurs et doctorants, cet ouvrage se caractérise par une dynamique parfois iconoclaste, bousculant les certitudes, faisant de tout « objet d'art », du plus sacré au plus trivial, un moyen de compréhension de l'histoire pas simplement comme récit mais comme analyse du regard porté par les hommes sur leur temps, du regard de l'autre. Il s'inscrit clairement dans une histoire des représentations qui entend transcender, sans croire réinventer Clio, les frontières arbitraires qui parfois séparent histoire et histoire de l'art.

  • Actuellement en exercice à l'Université de Perpignan Via Domitia, Monsieur le Professeur Victorien Lavou Zoungbo fonda en 1997 le Groupe de Recherche et d'études sur les Noir-e-s d'Amérique Latine (GRENAL). Ce groupe, dont il est le coordinateur principal, intègre différent-e-s chercheur- e-s, dont certain-e-s ont une réputation nationale et internationale attestée et reconnue, s'occupe principalement, mais non exclusivement, des représentations hégémoniques des Afro-descendant-e-s dans les récits pédagogiques nationaux (Homi K. Bhabha) des Amériques/Caraïbes : littératures, discours, manuels scolaires, discours ontologiques sur les identités nationales imaginées, etc. À partir des présupposés théoriques et critiques sur lesquels s'appuie le GRENAL (Cultural studies, Subaltern studies, Postcolonial studies, etc.), l'auteur, comme dans ses ouvrages précédents, continue d'interroger les rapports contradictoires que les imaginaires collectifs de ces « Régions du monde » (é. Glissant) entretiennent, malgré des mutations incontestables lors de ces dernières décennies, avec ce qu'il désigne comme la « présence-histoire » noire : cultures, langues, religions, sexualités, identités chromatiques, combats pour un accès véritable la citoyenneté politique, auto-représentation politique, poétiques, pratiques contre hégémoniques, mémoires de l'esclavisation transatlantique, etc.

  • L'un des avantages incontestables de cet ouvrage est d'avoir rassemblé des contributions émanant, en majorité, des chercheur-e-s et activistes Afro-descendant-e-s, originaires de Limón. Son objectif principal est de dévoiler la « face cachée » du Costa Rica, celle qu'on ne perçoit généralement pas de l'extérieur, celle qui n'est pas forcément représentée par/dans les récits pédagogiques nationaux de ce pays. Quant elle vient à l'être c'est toujours au prix d'une stéréotypie tenace ou encore cela engendre des discordances, des failles dans la projection du « Soi » national imaginé. De ce point de vue, l'ouvrage fait le point sur certains trajets de représentations imaginaires hégémoniques, tout comme il met l'accent sur les parcours de résistances, d'auto-affirmation et d'auto-représentation des Afro-descendant-e-s de Limón, à travers leurs propres productions à travers leur propre capacité d'agir.

  • L'originalité de cet ouvrage tient dans l'approche croisée des relations qu'entretient la société avec ses jeunes. Le constat de discrimination est flagrant. Une situation paradoxale car aucune société ne pourrait se développer sans sa jeunesse censée représenter l'avenir. La discrimination à l'encontre des jeunes est bien présente et ce problème social ne peut plus être considéré comme un phénomène d'exception. Ce livre, aux entrées multiples, permet de comprendre le fonctionnement des mécanismes pluriels et insidieux de la discrimination que subissent les jeunes générations. Les recherches présentées ici à l'échelle européenne définissent avec précision les domaines, parfois insoupçonnés, qui affectent cette catégorie d'âge.

  • Transmettre, échanger : des actes, des manières de faire si quotidiens, si multiformes qu'on n'y prête guère attention. Ces processus de transmission sont omniprésents dans la société moderne (XVIe-XVIIIe siècle) où une minorité d'individus parvenaient à l'âge adulte, constamment à l'oeuvre. Ils concernent autant les biens, les savoirs, les métiers, que les offices publics, l'art, et même des institutions où ils étaient en principe exclus comme à la cour souveraine de justice du Roussillon (le Conseil souverain) créée en 1660. Étudier les moyens, les stratégies employés par les individus, les familles, les groupes sociaux, pour assurer leur succession, se maintenir dans un métier ou une fonction, informe toujours beaucoup sur une société et une époque, sur les comportements, les sensibilités. Les études de cas réunies dans ce volume associent les approches d'historiens, d'historiens du droit et des institutions, d'historiens de l'Art ; portent sur le Languedoc, province intégrée depuis longtemps dans le royaume de France, et sur le Roussillon conquis beaucoup plus tard ; permettent des comparaisons suggestives, ce qui confère aux observations et aux conclusions qui peuvent en être tirées une portée plus générale.

  • L'Université de Perpignan, fondée en 1350, est une des plus anciennes universités d'Europe. Le présent ouvrage, richement illustré, présente les grandes étapes de son histoire dans une langue accessible à tous et sans jargon inutile. Interrompue en 1793, comme toutes les universités de France, l'université de Perpignan renaît au milieu du xxe siècle et connaît rapidement un essor important.

  • Ce livre s'inscrit dans les débats actuels sur la laïcité, les rapports entre religion et politique. Les premières décennies de la IIIe République dans les Pyrénées-Orientales voient s'opposer cléricaux et anti-cléricaux au sujet de la laïcisation de la vie publique et de l'éducation, de la place du fait religieux dans la cité et des problèmes de coexistence entre croyances ou incroyances. Les conflits au sujet des processions, des mariages, des enterrements civils, des manuels en usage dans les écoles publiques se multiplient. Cette période mal connue est celle où se prépare la loi de la Séparation des Églises et de l'État de 1905. La question religieuse est particulièrement vive dans les Pyrénées-Orientales, région annexée tardivement à la France, et qui a conservé une tradition catholique forte. Le combat pour ou contre la laïcisation de la vie publique est un des moyens par lequel se fera l'intégration de ce département excentré à la vie politique française.

  • Relativement délaissés par la recherche historique depuis quelques lustres, sauf sur des points très particuliers, métiers et gens de métiers sont un des socles les plus solides et les plus représentatifs des sociétés préindustrielles. Par eux se transmettaient les savoir-faire, se forgeaient des identités fortes. L'ouvrage, à travers des études de cas portant sur le Languedoc et le Roussillon, étudie la formation des gens qui relevaient des « arts mécaniques », l'accès à la maîtrise, la localisation des artisans dans les paroisses et les rues, l'intérieur des habitations, le recrutement, l'esprit de corps facteur d'identité, gage de pérennité, parfois aussi de repli sur soi et d'affadissement de l'élan créateur, ce que l'on découvre en Roussillon avec les peintres et les sculpteurs au XVIIIe siècle après un demi-siècle étonnant par la qualité de ses productions artistiques. Cet ouvrage, attentif à montrer que dynamiques économique, urbaine, sociale, sont intimement liées, ainsi que les courants de la vie matérielle, artistique et spirituelle, tend à combler une lacune dans la bibliographie méridionale. Il intéressera d'autant plus qu'il ne se limite pas à l'étude des artisans, mais aussi aux métiers de la santé, de la justice, voire à des nouveaux venus comme les marchands juifs au XVIIIe siècle.

  • Les recherches du géographe Numa Broc ont imposé leur auteur comme un spécialiste internationalement reconnu d'histoire et d'épistémologie de la géographie. Les éditions successives et les traductions de ses livres, l'analyse de ses travaux dans des publications comme Isis, la grande revue américaine d'histoire des sciences, ou dans des journaux scientifiques non moins réputés au plan international - Archivo Storico Italiano, Erdkunde, Francia, Imago Mundi, les Mittelungen der Österrischen Geographischen Gesellschaft, Regio Basiliensis, la Rivista Geographica Italiana, Taxon, Terrae Incognitae, ou The Geographical Journal - témoignent du large rayonnement d'une oeuvre aux multiples facettes. Né en 1934, agrégé de géographie en 1960, Numa Broc a reçu la formation classique - sous ses trois composantes : géographie physique, humaine, régionale - de l'Homo geographicus de l'entre-deux-guerres, dont il s'est plu à dresser le portrait en 1993. Cette vaste formation généraliste jointe à une culture étendue autant qu'à une intense curiosité pour les montagnards et les explorateurs explique que l'auteur se soit toujours intéressé aux acteurs et aux thèmes de la géographie physique : Buache, Ramond de Carbonnières, Schrader, de Lapparent, Davis, de Martonne, la haute montagne, la mer, la géologie, la géomorphologie. L'ouvrage magistral que nous donne ici Numa Broc tourne à l'évidence autour de la grande figure d'Emmanuel de Martonne, dont le Traité de Géographie physique paru en 1909 a dominé la géographie francophone jusqu'au début des années soixante. Le Livre I, Dans le sillage de Humboldt, traite de l'émergence des concepts de la géographie physique pendant la première moitié du XIXe siècle. Le Livre II montre comment et pourquoi, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, se mettent en place des courants de recherche mais aussi des forces et des mécanismes qui font passer la géographie physique De la dispersion à l'unification. Le Livre III, La géographie physique universitaire ou le règne de De Martonne, couvre le début du XXe siècle, un Premier âge post-vidalien au cours duquel la géomorphologie est devenue volens nolens la pierre angulaire de toute la géographie française. Le parti pris de conserver dans le livre IV - Menaces d'explosion et recentrage - l'unité de la complexe période qu'a constitué le XXe siècle après 1945 est un gage d'optimisme. Face au renouveau des sciences géographiques et aux mutations de la société, la géographie physique se transforme, tant dans ses contenus et ses modèles que dans ses méthodes et ses conditions d'exercice. La recherche se démocratise, les enseignements supérieur et secondaire s'ouvrent à de larges couches d'une société qui rajeunit, s'urbanise, consomme et voyage. La demande sociale s'est profondément modifiée, le monde lui-même a beaucoup changé. La vision synthétique que propose Numa Broc d'un Deuxième âge post-martonnien de la géographie universitaire en France permet de comprendre dans quelles conditions la biogéographie, la climatologie, la géomorphologie et l'hydrologie ont peu à peu cessé d'être exclusivement séparatives pour devenir un vigoureux système de sciences : une géographie physique renouvelée, largement recentrée sur l'inter­face des thématiques sociétales et environnementales. La post-face, rédigée par Marc Calvet et Christian Giusti, propose in fine un état des lieux de la Géographie physique française au début du vingt et unième siècle.

  • L'approche des tourismes présentée dans cet ouvrage qui recueille les communications des participants au colloque Tourismes Patrimoines Identités et Territoires, organisé par l'Université de Perpignan Via Domitia, fait une large place aux facteurs humains souvent négligés au profit d'un raisonnement réduit à l'économie. Les territoires y sont pensés comme des espaces dotés d'identités que les patrimoines illustrent et les coprésences liées aux tourismes permettent en remettant souvent en cause le mythe d'autochtonie ou le « noble mensonge » de Socrate c'est à dire la croyance des « dirigeants eux-mêmes et (des) militaires, ensuite (du) reste de la cité, qu'ils avaient été modelés sous la terre et qu'une fois que leur fabrication avait été terminée, la terre, qui est leur mère, les avait mis au monde ; et qu'à présent ils doivent délibérer au sujet du pays où ils sont, et le défendre contre quiconque l'attaque, comme si c'était là leur mère et leur nourrice, et penser aux citoyens comme à des frères nés comme eux de la terre ». Ils apparaissent comme un compromis entre un aspect affectif et un aspect rationnel : tout à la fois espaces fonctionnels, et lieux de pouvoir. L'ouvrage s'adresse aux étudiants des différentes filières de formation aux métiers du tourisme et à l'ensemble des acteurs du secteur touristique soucieux de développement durable, respectueux des identités et des patrimoines.

  • Dans la première partie de cet ouvrage, neuf contributions de géologues, préhistoriens, archéologues, numismates et historiens dressent un inventaire des occupations humaines de la vallée de Tautavel-Vingrau, depuis la Préhistoire ancienne à la Caune de l'Arago jusqu'à la fin du Moyen Âge. Une seconde partie réunit quatre études qui évoquent le déroulement des fouilles à la grotte, puis la communication et la mise en valeur de ces découvertes exceptionnelles, une richesse patrimoniale qui a bénéficié à toute la vallée de Tautavel.

  • On s'habitue - presque - à tout, même à la violence ! On s'exaspère de tout, parfois des livres sur la violence ! On se proclame expert en tout, surtout quand il s'agit de dénon­cer la violence ! On se veut cynique en tout, plus spécialement quand on administre la violence ! On se fatigue de tout, surtout des pratiques et représentations de la violence. Celle-ci est un défi à l'intelligence, à l'éthique et au sens de la responsabilité. Les formes de violence des histoires postcoloniales et leur perpétuation nous poussent à les (re)lire et à y traquer les confusions, les manipulations et les maquillages. Affectant l'histoire et la géographie, le physique et le mental, les individus et les communautés, les États et les sociétés civiles, le sacré et le profane, le local et le global, les contemporains et leurs aïeux, les violences nous récitent non seulement le chapelet de la construction de l'absurdité de l'existence postcoloniale, mais aussi l'injustifiable permanence de l'injustice. La violence révèle le fonds bestial qui sommeille en nous, chaque fois que, ivres de notre puissance ou de notre échec, nous mettons nos intelligences et nos responsabilités en veilleuse.

  • L'objet du colloque tenu à Béziers les 12 et 13 octobre 2007 sur la révolte du Midi viticole en 1907 était d'aller au-delà de ses aspects événementiels aujourd'hui bien connus. Tout d'abord situer la question dans son contexte national et international, mesurer l'impact de cet extraordinaire mouvement dans l'opinion publique française aussi bien dans la presse, auprès des grandes forces politiques, religieuses ou encore culturelles, en voir aussi le retentissement dans les autres régions viticoles, préciser les conditions dans lesquelles le gouvernement a été amené à faire intervenir les forces de l'ordre, voir le cheminement du mythe des soldats du 17e mutinés et enfin mesurer le souvenir de ces événements dans la mémoire collective d'aujourd'hui. Et c'est le sujet de la première partie du présent ouvrage intitulée « La France face à la révolte du Midi ». Ensuite, porter le regard sur une grande ville située au coeur de l'événement d'où la seconde partie de ce colloque : « La capitale du vin et la révolte vigneronne. Béziers et sa région en 1907 ». Il s'agit alors de montrer non seulement l'extraordinaire prospérité de la région apportée ici par la viticulture industrielle et l'originalité de la vie artistique et culturelle qu'a permis cette richesse viticole mais aussi, en matière politique, l'hégémonie du parti radical, la présence de l'armée dans la ville et enfin la place que les Biterrois ont tenu dans la protestation viticole.

  • L'expression détaillée des recommandations du Sommet mondial pour le développement durable, qui s'est tenu à Johannesburg en 2002 et de celles du Congrès mondial sur les parcs de Durban en 2003 souligne l'indispensable association de toutes les parties prenantes aux différentes étapes de la constitution et de la mise en oeuvre d'une aire protégée, ...

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