Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX)

  • La plupart des interdits alimentaires retenus par la loi musulmane ont trait au régime carné, la raison étant que toute nourriture influence physiquement et spirituellement celui qui l'absorbe : manger certaines catégories animales revient à prendre le ri

  • Propose une comparaison systématique de trois entreprises, dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, visant à résoudre le problème de la scission genèse-histoire : le tableau historique français, l'histoire naturelle écossaise de l'humanité et la théodicée allemande de l'histoire.

  • Dans Les stratégies de l'embryon l'auteur qui dirige une des équipes françaises se consacrant à l'étude du développement du système nerveux, s'est fixé trois objectifs : - Esquisser l'histoire de l'embryologie à partir de son conflit initial avec l'évolutionnisme de Haeckel ; - Présenter au grand public les notions fondamentales et les acquisitions récentes de la biologie du développement ; - Engager la réflexion épistémologique sur les perspectives d'unification que la découverte des "gènes de développement" ouvre aux trois domaines de la génétique, de l'embryologie et de l'évolutionnisme. Quelles sont les parts du génétique et de l'épigénétique dans le développement de l'individu ? Comment conçoit-on aujourd'hui l'unité de la nature ? L'homme est-il en train d'acquérir la capacité de créer de nouvelles espèces et d'en diriger l'évolution ? Autant de questions dont cet ouvrage nous permet de saisir les termes et de mesurer les enjeux.

  • Le récit biblique de la Genèse fait à ce point partie intégrante de notre culture que, le plus souvent, on se garde bien de l'interroger. L'homme de foi se satisfait de l'interprétation traditionnelle qu'en propose son Église, le mécréant n'en retient que des fables dramatiques ou plaisantes où il est question de paradis perdu, de fratricide et d'inceste, de déluge... et de plat de lentilles. Et chacun de faire fi de ce que le récit prétend rapporter l'histoire de l'humanité ; étant entendu qu'en la matière seule « la science » a compétence. Toutefois, si l'on accepte l'hypothèse selon laquelle les mythes d'origine relatent la (pré-)histoire des peuples qui les ont élaborés, l'analyse de la Genèse, sa confrontation avec les travaux des préhistoriens et des anthropologues, la recherche de sa cohérence disparue derrière l'incohérence apparente du texte actuel (pourquoi deux créations par exemple) nous réservent des surprises. Et il se pourrait bien que les exclus de l'Histoire, les Ève, les Caïn, les Cham, y fassent un retour en force ; et que quelques théories démodées (celle du communisme primitif ou du matriarcat) y retrouvent leur verdeur.

  • Une vague de libéralisme économique (« laissez faire, laissez passer »), venue des États-Unis et de Grande-Bretagne, a submergé la pensée, et ébranlé les politiques économiques. Keynes s'est trompé. Marx est mort. Vive Milton Friedman ? Le « marché efficient » des doctrines orthodoxes, censé corriger lui-même ses fluctuations, est présenté comme la référence obligée de la bonne gestion, et son extension comme issue à la crise. D'où la dénonciation de l'« État-Providence » et des « corporatismes », qui feraient obstacle à la libre circulation des capitaux et des travailleurs. L'intervention de l'État devrait se soumettre à une « règle d'or » inspirée du monétarisme. Ce libéralisme ne permet pas de comprendre le monde contemporain : rôle du salariat ouvrier, fonction de la monnaie, crise. Les nouvelles interventions de l'État sont liées à la dépréciation du travail et à la division des travailleurs. Ainsi qu'à la domination du dollar, et aux difficultés de l'émergence de « pays en voie de développement » comme sujets financiers. L'analyse d'un marché plein « de bruit et de fureur » s'inscrit dans celle du capitalisme. Par contre, la vérité du « Big Market » est à l'opposé de son discours théorique.

  • Entre le rationalisme philosophique et l'extase mystique, la voie est étroite. C'est pourtant celle que Maïmonide choisit, pour proposer un rationalisme spécifiquement religieux. Dieu y apparaît non comme le point de fondation d'une métaphysique, mais comme l'horizon du savoir : comme un maître-signe, lieu inaccessible de la maîtrise du langage qui réconcilie désir et Loi. La religion se trouve définie comme une symbolique qui dit la vie sociale comme vie inter-individuelle. Aussi Maïmonide fournit-il une théorie critique du langage religieux qui peut nous aider à comprendre, au moment où l'on parle de retour du religieux, qu'il n'avait jamais quitté la scène ; mais qui renouvelle aussi notre conception des idéologies en exhibant de l'intérieur leur nature symbolique de mimésis des rapports sociaux.

  • A travers la pensée épistémologique de ce philosophe, c'est toute l'histoire intellectuelle du XIXe siècle qui se dessine, dans un parcours qui invite à croiser sans cesse sciences de la nature et sciences de l'homme. Dans une telle perspective, l'économie politique devient le double analogique d'une vaste économie naturelle, et Cournot, un précurseur inattendu des questionnements écologiques.

  • Histoires de Dinosaure : ce titre évoque les chroniques données en 1992 à la revue Futur Antérieur, pivot du présent ouvrage. Mariant l'érudition et l'ironie, dans l'esprit des considérations intempestives, elles s'efforçaient de prouver qu'on peut encore penser librement à propos des discours réactifs, et probablement éphémères, du retour au sujet, à la raison et à la sagesse, c'est-à-dire à l'ordre, que promeut désormais l'empire de la communication. Mais, à condition de disposer d'un certain recul : celui que procure l'expérience de celui qui a traversé quelques ruptures, et su les mettre à profit pour enrichir cette opération sur soi, cette pratique, au sens fort du terme, que constitue la philosophie. Althussérien de la première heure et critique précoce du structuralisme, maoïste de pensée mais non d'organisation, spinoziste à l'écart des querelles d'exégèse, professeur sans chaire mais non sans disciples au long des années d'enthousiasme et de désenchantement envers le primat de la politique dans la théorie, théoricien des philosophies littéraires, Pierre Macherey a su trouver la distance à soi qui permet la critique et l'autocritique, mais bannit le ressentiment. Il n'a cessé d'approfondir les deux questions, corrélatives l'une de l'autre, des conditions institutionnelles de la pratique philosophique et de la matérialité propre à la pensée, dès lors qu'elle ne se réduit pas au savoir dont, pourtant, elle dépend toujours. Douze études composées entre 1965 et 1997 sont ainsi éditées ou rééditées et mises en perspective, par la délimitation de leurs présupposés et la réactivation de leurs intentions, au moyen d'un commentaire continu à la fois conceptuel et personnel, de façon à faire saisir, autant que possible, l'articulation du temps de la philosophie et du temps de l'histoire contemporaine.

  • Lethnicisation des rapports sociaux, si facilement invoquée pour stigmatiser les bandes ethniques ou les sauvageons de banlieue, n'est pas perçue comme la source même des inégalités subies par les groupes et les individus privés de leur humaine universalité. Face à un ordre social raciste, la réponse officielle se cantonne généralement à la réaffirmation de l'égalité de chaque individu devant la loi et par la loi. D'un côté, s'en tenir à ce rappel à la loi revient à occulter les discriminations racistes et à les cautionner de fait. De l'autre, l'expérience des États-Unis montre que les politiques de lutte contre ces discriminations peuvent, en définissant des groupes défavorisés sur des critères univoques, contribuer au durcissement des frontières raciales comme à la fragmentation sociale. La voie entre ces deux écueils est donc étroite et suppose que le racisme en acte - ségrégations et discriminations - ne soit pas traité comme un problème à part, grave certes, mais sans rapport direct avec les autres processus inégalitaires. Elle exige d'inscrire la lutte contre le racisme dans une politique plus générale d'égalisation des chances qui maintienne le cap d'une perspective universaliste. Cette question concerne l'ensemble de la population de la France et doit donc être posée publiquement comme un problème politique global. Elle relève de ce que le Conseil d'État nomme l'intérêt général, et William J. Wilson un problème d'organisation sociétale.

  • La présidence de F. Mitterrand et l'action d'un gouvernement de gauche semblent, a priori, très favorables au développement du syndicalisme. En France, celui-ci a une tradition de lutte et l'ambition de contribuer à transformer la société. Pourtant, la CGT n'est visiblement pas en état de prendre l'initiative, de faire progresser un projet de transformation par l'engagement conscient et actif de la masse des travailleurs. La division syndicale est installée. Les progrès antérieurs de l'unité, de l'autonomie du mouvement syndical, d'une ouverture à la démocratie de masse, de l'approche des transformations dans la production elle-même et la perspective des conseils d'atelier ont-ils disparu ? J.-L. Moynot entreprend une analyse des limites et de la crise du syndicalisme en prenant du recul, par l'approche de la crise économique et de société, des perspectives de transformation, de la relation du mouvement social au cadre politique en France et à l'échelle internationale. Il parle en tant que communiste et dirigeant syndical. Il trace des orientations qui marqueront certainement les débats en cours dans la CGT.

  • Dès la fin de la guerre civile en 1921, l'intelligentsia soviétique est invitée par le Parti à se mobiliser sur le troisième front de la lutte des classes : il faut unifier la théorie marxiste, chasser l'idéalisme de ses derniers réduits, consolider l'acquis et former les nouvelles générations dans l'esprit du matérialisme militant. En philosophie, ce programme se heurte dès le départ à de profondes dissensions parmi ceux-là mêmes qui se réclament du marxisme : tout au long des années 20, liquidationnistes, mécanistes, dialecticiens et bolchevisateurs s'affrontent sur le statut et le contenu de la dialectique, ainsi que sur les rapports entre le marxisme et le développement de l'URSS. Peu à peu se dégagent les lignes de force qui aboutiront en 1931 à l'apparition d'une idéologie d'État sous le couvert de l'étape léniniste du marxisme. Le lecteur trouvera dans ce livre composé par René Zapata les textes majeurs qui ont scandé ces discussions. C'est la première fois qu'ils sont traduits en français. Grâce au grand appareil de notes historiques et bibliographiques, de notices sur les hommes et les institutions rédigées par le traducteur, c'est tout un pan de l'histoire de l'Union soviétique et du marxisme qui s'ouvre à l'analyse historique. Est-il nécessaire, ainsi que le fait remarquer Dominique Lecourt dans l'avant-propos, de souligner que cette histoire importe à notre présent le plus brûlant ?

  • Restitue de façon vivante les débats intellectuels et politiques autour du réalisme, et exhume des oeuvres et des auteurs oubliés. S'adresse aux étudiants en lettres comme aux professeurs de lettres.

  • Indépendamment des agréments qu'elle procure à ses lecteurs, la littérature dispense-t-elle des enseignements philosophiques ? En s'appuyant sur l'analyse d'oeuvres empruntées au domaine et à l'âge de la littérature, signées des noms de Sade, de Mme de Staël, de Sand, de Hugo, de Flaubert, de Bataille, de Roussel, de Céline et de Queneau, le présent livre répond positivement à cette interrogation. Car la littérature est aussi un opérateur spéculatif, une véritable machine à penser, dont le fonctionnement répond à des enjeux qui ne sont pas seulement esthétiques. À côté de l'idée, déjà largement accréditée, d'une philosophie scientifique, il faut faire place à celle d'une philosophie littéraire, dont le style produit, à sa manière, des effets de vérité.

  • Un guide pour la compréhension du système contemporain de la guerre et de la paix, mais constitué de références prises dans l'histoire ancienne.

  • Au lendemain même de la mort de Louis Althusser, qui était passée presque inaperçue, l'Université de Paris VIII à Saint-Denis (ex-Vincennes) décidait, à l'instigation de Sylvain Lazarus, d'organiser autour de son oeuvre un Colloque d'hommage et de discussion... Discrètement annoncé, ce Colloque n'en réunit pas moins les 29 et 30 mars 1991 un auditoire attentif d'enseignants et d'étudiants. On put constater, ce qui n'allait pas de soi, que l'intérêt était vif pour la trajectoire intellectuelle de ce représentant d'une philosophie et d'une politique aujourd'hui réprouvées : le marxisme, qui plus est le marxisme structuraliste ! Cette curiosité n'excluait aucunement le désir d'approcher, avec terreur et pitié, les énigmes d'une vie achevée dans l'horreur qu'elle avait côtoyée depuis longtemps. Mais elle allait, avant tout, aux questions posées dans la théorie et dans la pensée de la politique, aux concepts proposés pour renouveler le statut de la philosophie et l'arracher à l'académisme.

  • Cet ouvrage fouille les doctrines et les programmes de la deuxième Internationale et débouche sur une réflexion théorique portant sur les notions de mythe et d'utopie, sur le caractère antinomique des idéologies modernes et sur la nature de la foi militante.

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