Presses universitaires François-Rabelais

  • Le projet en urbanisme, et plus largement le projet de territoire, sont souvent analysés au prisme du jeu des acteurs qui les prennent en charge. Par contrepoint, le postulat de ce livre repose sur une double idée. En premier lieu, ne pas prendre en compte les acteurs du projet en vue de renouveler le regard. En second lieu, envisager que c'est le projet qui porte les acteurs, et non l'inverse. Le projet apparaît alors comme un système complexe, c'est-à-dire auto-éco-réorganisé, selon l'expression forgée par Edgar Morin, disposant d'une certaine autonomie, d'une dynamique propre. La notion d'incertitude est ainsi centrale dans ce qui est considéré comme le mode principal de gestion des processus de transformation intentionnelle des espaces. Le projet est une tentative de réduction de sa propre incertitude et de celle de son environnement. Ce livre est une contribution à une théorie du projet, saisi comme processus, reposant essentiellement sur sa structure, sur le plan temporel comme sur le plan organisationnel. Ce faisant, l'acteur du projet n'est plus central dans l'analyse du projet ; il prend sa véritable place qui est celle d'élément, parmi d'autres, d'un système complexe.

  • En 1949, les éditions Cocorico lancent sur le marché de l'édition pour la jeunesse une collection de petits albums colorés et bon marché qui vont enchanter les enfants du baby-boom : les « Petits Livres d'or », des importations américaines aux couleurs chatoyantes et aux histoires positives et enjouées. Plébiscités par les enfants, les albums connaissent un succès immédiat, et la collection est rapidement imitée par la concurrence. Inaugurant l'usage de l'offset dans l'édition pour la jeunesse, les Petits Livres d'or insufflent à la création d'albums un souffle nouveau. C'est aussi un nouveau circuit économique qu'explore la collection populaire, faisant entrer l'édition française pour la jeunesse dans une logique internationale. L'accueil critique est pourtant contrasté : enthousiaste au lancement de la collection, il est bientôt marqué par l'anti-américanisme d'une partie du monde éducatif. Qui se cache derrière la société « Cocorico », et quels rôles jouent respectivement les maisons Flammarion (éditrice des célèbres « Albums du Père Castor » depuis 1931) et Hachette (l'éditeur de Mickey) dans l'histoire de cette collection ? Quels enjeux porte le livre pour enfants dans la France de la guerre froide ? De l'immédiat après-guerre au milieu des années 1960, l'aventure des Petits Livres d'or fait entrer l'édition pour la jeunesse dans une nouvelle ère, de l'artisanat vers la société des loisirs et de la production de masse.

  • L'immigration constitue un paradoxe : à la fois invisible à plusieurs égards et hyper-visible depuis quelques décennies, notamment dans son traitement politique et médiatique. Partant d'objets du quotidien, évoquant souvenirs et parcours personnels, ce livre propose un itinéraire informatif et sensible à travers des témoignages d'individus déracinés. Par le biais d'un tel cheminement qui mène de l'invisible au visible et de l'intime au public, le lecteur appréhende le processus migratoire de l'intérieur.

  • Les séries TV ont un début... mais ont-elles toujours une fin ? Que se passe-t-il dans les derniers instants d'un programme de plusieurs dizaines d'heures de fiction ? Comment les auteurs ont-ils résolu la délicate équation de la satisfaction du public et de leur propre projet ? La fin des séries polarise les passions. Elles sont le fruit d'une attente proportionnelle aux heures passées à la redouter. Ce livre propose de mettre en lumière les ultimes moments des séries télévisées en apportant une compréhension de l'architecture qui les façonne. Visitant des séries aussi fameuses que Lost ou Six Feet Under, le lecteur est invité à un cheminement historique autour de la conclusion narrative, et à des réflexions esthétiques et théoriques sur notre propre rapport à la finalité. Mastodonte narratif, la série semble ne jamais devoir connaître de point final jusqu'à ce qu'une fin s'impose. Catharsis émotionnelles, révélations en cascade, disparitions des personnages bien aimés, épilogues d'une aventure humaine marquée par le sceau du temps, lâcher-prise... La fin regorge d'outils et de mécanismes que le lecteur découvrira pour ne plus regarder les fins comme une limite indépassable, mais comme le début d'autre chose.

  • Le Familistère de Guise. Les poêles Godin. Deux expressions qui nous semblent familières, mais dont beaucoup ignorent quels liens les unissent. Les deux sont en effet l'oeuvre d'un même industriel nommé Jean-Baptiste André Godin, qui rêvait de sortir définitivement l'ouvrier de la misère et de l'exploitation sociale. Le « Familistère » qu'il fit construire à Guise (Aisne, France) était ainsi un Palais offert à ses ouvriers, lieu de vie mais aussi d'initiation à la solidarité, au mutualisme et à la gestion d'une entreprise dont ils devaient progressivement devenir les uniques propriétaires, héritant de l'ensemble de l'oeuvre à la mort de Godin, en 1888. Et ensuite ? La Société du Familistère de Guise, fruit du socialisme utopique autant que du réformisme républicain, réussit à survivre aux guerres mondiales et aux crises économiques, s'adaptant aux évolutions du marché et à la modernisation de l'industrie, pour finalement s'effondrer, épuisée par les difficultés internes, en plein coeur du printemps 1968. La vie de Godin fut indiscutablement une « success story » édifiante, qui ne cesse d'impressionner aujourd'hui par le courage, l'inventivité et l'altruisme qui furent nécessaires pour constituer cet héritage. Mais ce n'est pas son histoire qui est contée ici : c'est celle de ses héritiers, ces ouvriers qui, pendant 80 ans, assumèrent cette oeuvre qui se voulait un modèle de coopération intégrale et firent mentir ceux qui n'y voyaient qu'une utopie sans avenir ni postérité.

  • Durement touchée par la guerre de Cent Ans, la Normandie connaît un tel renouveau à partir de la fin du XVe siècle qu'elle devient le premier gisement fiscal du royaume, ce qui conduit le roi à accroître sa tutelle sur elle au cours du siècle suivant. Dans ce climat hautement favorable à l'activité architecturale, nombre de gentilshommes - parmi lesquels le célèbre armateur dieppois Jean Ango et le futur amiral de France Claude d'Annebault - reconstruisent, agrandissent ou embellissent leurs demeures campagnardes, et renouvellent radicalement le paysage monumental de la province. Fondé sur l'analyse approfondie de près de quatre-vingt petits châteaux et manoirs, ce livre retrace les rebondissements de l'histoire dont la Normandie fut le théâtre. Si la méthode adoptée privilégie l'analyse archéologique des bâtiments, elle y associe une approche comparative avec les réalisations nationales, les modèles graphiques et les traités « rustiques » contemporains (Androuet du Cerceau, Estienne, Liébault, Serres), qui proposent souvent des usages déjà répandus. Il permet non seulement de comprendre le fonctionnement, les particularismes et l'évolution des manoirs haut-normands entre 1450 et 1600, mais il révèle aussi une capacité des architectes oeuvrant dans la province à innover, avec l'apparition précoce du plan double en profondeur, du vestibule à l'antique ou encore de la fenêtre à meneau en bois, expérimentations qui, en raison des guerres civiles, ne seront pleinement exploitées qu'au siècle suivant. Après l'étude pionnière sur Le Manoir en Bretagne, 1380-1600 (Inventaire général, Paris, 1993), ce livre offre un nouveau point de comparaison solide pour d'autres études régionales des « maisons aux champs » de la noblesse française.

  • L´espace urbain a toujours été le lieu de la manifestation d´utopies ou d´expérimentations qui sont la traduction de recherches prospectives quant à l´habiter, de la demeure individuelle ou collective, aux édifices publics, religieux ou profanes. Ces prospectives dans lesquelles l´esprit et l´art des lieux s´affirment par une forte identité sont aussi souvent liées à des mouvements artistiques et/ou des avantgardes d´idées. Par définition, elles sont porteuses d´intentions fortes qui suscitent une interrogation sur leurs sens multiples, alimentant un débat public intense. L´argumentaire mis au jour à cette occasion constitue une part importante de leur communication-médiation.

  • LA GALICIE, territoire annexé par la monarchie autrichienne à la faveur des partages de la Pologne (de 1772 à 1795), fut à la fois une terre de conflits (répression du mouvement national polonais dans la première moitié du XIXe siècle, tensions entre Polonais et Ruthènes ou Ukrainiens à l'époque de l'Empire libéral, antisémitisme, problèmes sociaux liés à la légendaire misère galicienne...) et un microcosme pacifié et « civilisé » par la politique habsbourgeoise. Le « mythe habsbourgeois » de la coexistence harmonieuse des peuples, des langues et des confessions, dont le romancier Joseph Roth donnera rétrospectivement une des versions les plus nostalgiques, a transfiguré la réalité historique. La civilisation multiculturelle de la Galicie a été détruite par les deux guerres mondiales, par la shoah, puis par le stalinisme, mais ce territoire aujourd'hui partagé entre la Pologne et l'Ukraine est un lieu de mémoire toujours vivant et fascinant de l'Europe centrale.

  • Récemment, la promulgation des lois françaises pour la mémoire des Juifs en 2000, des Arméniens et des descendants d'esclaves en 2001, des harkis et des rapatriés en 2005, ont mis au premier plan la force des mobilisations mémorielles de « communautés » marquées au fer rouge par leur histoire migratoire. Ce livre aborde les migrations par le biais de ses mémoires, approchées de manière à la fois diachronique et synchronique. Diachronique, en saisissant l'évolution des mémoires de migration depuis une trentaine d'années, mais aussi en enquêtant sur des périodes plus anciennes. Synchronique, en montrant la diversité des contextes d'émergence de ces mémoires et en constatant que les usages du passé et la patrimonialisation accompagnent désormais bien des politiques publiques portant sur l'immigration. Les migrations sont plurielles, selon la diversité des pays d'origine et des sociétés d'installation, selon l'hétérogénéité des expériences migratoires, selon la variété des raisons du départ, ou encore selon les époques. Plurielles sont les mémoires, depuis les souvenirs individuels de l'expérience jusqu'aux politiques mémorielles et aux processus de patrimonialisation. Plurielles enfin sont les formes de la mémoire, les vecteurs qui les portent et les acteurs mobilisés.

  • Quino doit sa grande popularité à la création de son personnage fétiche, Mafalda, héroïne du comic strip éponyme. Les aventures de cette fillette, aussi attachante que contestataire, ne représentent, cependant, qu'un pan de la production de l'humoriste, qui s'est adonné à la création de nombreuses formes brèves - vignettes, strips, planches et dessins uniques. Cette oeuvre est à considérer dans son ensemble si l'on veut comprendre les motifs politiques et poétiques qui la traversent ainsi que la dynamique de répétition et de variation qui révèle sa cohérence. Cette étude se centre sur la période 1954-1976 pendant laquelle le dessinateur travaille depuis et pour l'Argentine, avant de quitter le pays tombé sous le coup de la dictature militaire. Comment a-t-il su naviguer dans les eaux troubles de ce contexte politique, pris entre les attentes d'une communauté de lecteurs et la menace constante de la censure ? Comment son humour a-t-il évolué au fil des collaborations à différents journaux qui ont forgé l'opinion argentine de ces années ? Qu'est-ce que ces formes brèves, à la fois fugaces et mémorables, disent des tourmentes de la société et du rôle de l'humoriste ? Retracer cet itinéraire éditorial permet de révéler les traits distinctifs et permanents d'une poétique de la brièveté qui fait oeuvre et inscrit Quino au rang des classiques.

  • Professeur de littérature comparée, critique et écrivain, Philippe Chardin (1948-2017) avait fait sienne la célèbre formule de Robert Musil, « Vivre comme on lit ». Son enseignement et ses livres ont fait rayonner sa confiance passionnée dans les pouvoirs de la littérature. Ce volume lui rend hommage. Parcourant les genres, les époques et les cultures européennes, cet ouvrage interroge les représentations changeantes du livre et de la lecture et revient sur la notion de réception créatrice chère à Philippe Chardin : ce mystérieux processus qui « transforme, de manière diffuse, dans un inconscient littéraire d'écrivain, de la lecture en écriture ».

  • Deux Symposiums internationaux ont eu lieu, à Graz en octobre 1998 et à Joensuu en septembre 1999 sur le thème du développement régional durable, avec le soutien de la Commission européenne sous les présidences européennes respectives de l'Autriche et de

  • Comtesse puis duchesse d'Angoulême, Louise de Savoie (1476-1531) n'est pas seulement la mère de deux enfants illustres, Marguerite (future reine de Navarre) et François (futur François Ier). Avant l'avènement de son fils, elle est l'une des familières de Louis XII et de sa cour ; une fois son « César » devenu roi de France, elle est omniprésente : nommée régente à deux reprises (en 1515 puis de 1524 à 1526), elle exerce une influence considérable sur le Conseil ; elle reçoit les ambassadeurs, négocie avec les princes et les princesses du temps, fait et défait des lignages et des carrières. Amatrice d'objets et d'oeuvres d'art mais aussi bibliophile avertie, elle protège encore les artistes et les poètes, soutenant ainsi, voir suscitant, la création artistique et littéraire des quinze premières années du règne de François Ier. Si Louise de Savoie est l'une des personnalités les plus fascinantes de la première Modernité européenne, aucune monographie récente ne lui a été consacrée. Cet ouvrage rassemble un ensemble de textes, qui se proposent de traiter les aspects politiques, religieux et culturels de la vie de la mère de François Ier. Dans une première partie, les contributions abordent le parcours qui a mené la duchesse d'Angoulême de la Savoie à la cour de France. Un deuxième chapitre évoque Louise en tant que mère du roi et régente. La troisième section explicite le lien étroit que la comtesse et duchesse d'Angoulême a entretenu avec les arts. Enfin, l'enquête se conclue avec des études dédiées à l'intérêt de Louise pour les Lettres.

  • Ève-Marie Fell est arrivée à l'Université de Tours en octobre 1968, peu de temps après la création du département d'Espagnol. Elle y est restée trente ans au cours desquels elle a joué un rôle particulièrement important et fructueux, notamment, bien entendu, dans le domaine des études latino-américaines qu'elle a très longtemps contribué à animer, participant, en outre, à la naissance et à l'activité du CIREMIA. Il n'était donc que justice que celui-ci lui rende publiquement hommage. Les trente-huit contributions qui figurent dans ce volume ont été regroupées suivant trois axes qui tentent de refléter le champ des recherches couvert par celle à qui nous rendons hommage: «Identités culturelles», «Modèles et constructions pédagogiques» et «Univers fictionnels». Figurent parmi les collaborateurs d'anciens collègues et amis, d'anciens élèves, des spécialistes de l'Amérique latine et de l'Espagne (culture, littérature et histoire), du Siècle d'Or à nos jours, en passant par la période de la Conquête et de la colonisation de l'Amérique.

  • Game of Thrones n'est pas une série comme les autres, comme le montre son succès planétaire. Chaque nouvelle saison suscite un intérêt mondial que la puissante campagne de communication organisée par HBO ne saurait suffire à expliquer. Histoire, géographie, politique, moeurs et monstres, tout semble à des années-lumière de nos repères culturels habituels dans ces royaumes en guerre dont la chronique est adaptée des livres de George R. R. Martin. Et pourtant... Les querelles de famille, les luttes acharnées pour le pouvoir, les haines recuites, les angoisses métaphysiques et les passions mêlées qui se développent au fil des épisodes rencontrent notre temps et nos obsessions. L'illusion magistrale de l'actualité suscite en nous le sentiment d'une inquiétante proximité qui nous fascine. Le présent volume, premier ouvrage de synthèse en français sur cette série-monde à l'identité visuelle savamment construite, propose d'aider le téléspectateur à pénétrer plus avant dans les rouages de cette épopée au souffle puissant pour en comprendre les enjeux et discerner les modalités de sa création. Parcours thématiques, portraits de héros et d'héroïnes alternent ici avec de courtes synthèses sur l'historique de la série, des réflexions esthétiques, des propositions théoriques, afin de donner des pistes pour se repérer dans cette fresque foisonnante, à la frontière entre littérature et cinéma. Produit inclassable, qui sait jouer à merveille des contraintes de l'industrie, la série est déjà devenue une référence du genre et, alors que la quatrième saison s'est achevée, le lecteur pourra trouver ici de quoi entretenir son intérêt.

  • Au commencement était l'Image, fiat lux de la mémoire. Alors que la critique a fait la part belle à la place qu'occupe le cinéma dans la production narrative de Juan Marsé, figure majeure du roman espagnol contemporain, prix Cervantès 2008, cet essai démontre avec une minutie « détectivesque », la dynamique de l'écriture qu'instaure la présence d'images fixes - affiches de cinéma, bandes dessinées, photographies, dessins... - clichés dérisoires ancrés dans la mémoire et renvoyant au temps de l'enfance et de l'après-guerre civile à Barcelone. Images rebuts qui n'avaient en leur temps aucune valeur culturelle, leur mise en contexte se fait soit sur le modèle d'une main qui les dessine ou les retouche, instituant une sorte de work in progress, soit sur le modèle du regard qui les capte. Au plaisir que prend l'auteur à jouer mentalement avec l'image décrite à la loupe, manipulée et recyclée, détruite ou restaurée, contemplée ou consommée, répond une lecture qui prend l'image fixe au pied de la lettre imprimée, démontrant ainsi à quel point elle est le lieu d'un investissement imaginaire irriguant le texte littéraire et toute ses strates - structure, construction des personnages, jeu des points de vue et des voix, dimension spéculaire.

  • Un aliment sain dans un corps sain : au coeur des préoccupations actuelles, les liens qu´entretiennent le corps, l´alimentation et la santé ont une longue histoire. Souvent considérées sous leurs rapports antagonistes, dans le cadre (réel ou supposé) des

  • L'image, présentée de façon autonome, ou associée à d'autres éléments, constitue un vecteur de plus en plus pratiqué et privilégié dans la transmission des savoirs, des connaissances et des informations. S'il est presque impensable de concevoir une image seule, le texte qui l'accompagne lui donnant son sens ou du moins un sens par la légende ou le commentaire, il est de plus en plus difficile d'offrir un texte sans image, du moins dans le champ de la communication. Pour couvrir ce champ nouveau, aux spécialistes qui se sont depuis toujours intéressés à l'image : historiens de l'art, de l'histoire religieuse, du cinéma, de la télévision, se sont donc joints des chercheurs spécialistes de linguistique, de sociologie, d'histoire, de littérature, de politique. Tous envisagent les rapports qui peuvent et doivent s'établir entre texte et image, dans les champs pluridisciplinaires suivants : médias, cinéma, outils pédagogiques, fiction littéraire, discours politiques et identitaires, chroniques. Ces trente-cinq contributions concernent aussi bien l'image fixe (peintures, gravures, enluminures, illustrations de manuels scolaires, bandes dessinées, publicités, graffiti) que mobile (cinéma, télévision) dans les mondes hispaniques et hispano-américains, du Moyen Âge à nos jours.

  • Les analyses comparatives montrent qu´entre la Convention de Vienne des Nations Unies sur les contrats de vente internationale de marchandises et le droit vietnamien de la vente, il existe un nombre significatif de règles identiques. Le rapprochement de la législation vietnamienne de la CVIM a été plus affirmé après la récente réforme du droit des contrats au Vietnam, marquée par la promulgation des nouveaux Code civil et Loi commerciale en 2005. Toutefois, les différences n´en sont pas moins importantes. L´analyse théorique et jurisprudentielle permet de faire des constats intéressants. Le droit uniforme de la vente internationale prévoit des solutions plus souples et plus précises que le droit vietnamien. Il est également à remarquer que la mise en oeuvre des règles est très différente d´un système à l´autre. Un examen historique et philosophique des deux systèmes permet de comprendre cette différence. En effet, en droit vietnamien, les conceptions conservatrices affirmées dans l´ancien régime de l´économie planifiée ont beaucoup limité les efforts de réforme du législateur. Il faut prendre aussi en considération l´influence d´autres valeurs culturelles et juridiques présentes dans l´histoire du Vietnam, comme celles du confucianisme.

  • La « réforme fiscale » de l'empereur Dioclétien inaugure un changement majeur qui provoque, tout au long du IVe siècle, une série de pratiques cadastrales et fiscales nouvelles, interférant sur les questions foncières de façon décisive. Mais justement, en quoi consiste la réforme ? Ce livre est le récit des changements qu'a connus la fiscalité personnelle et foncière, nommée souvent « capitation », à partir de la réforme fiscale de Dioclétien. Le lien est fait entre la documentation des arpenteurs sur le cadastre et le bornage d'une part, et les textes juridiques d'autre part. L'auteur peut ainsi décrire, pour la première fois, le mécanisme complet qui conduit de l'évaluation des terres et des hommes sur le terrain, à la définition et à la répartition de l'impôt. Pour permettre la gestion, on a institué des circonscriptions nommées fundus, praedium, casa, au sein desquelles on a regroupé les exploitations, fixé les hommes par l'enregistrement obligatoire (adscriptio), réuni les terres désertées aux terres productives. Les arpenteurs ont défini différents codages permettant de passer du terrain aux archives. Un dictionnaire de 1600 termes et expressions complète le livre et fournit un précieux outil de travail.

  • Observateur à l'insatiable curiosité et inventeur génial, Léonard de Vinci parsème ses feuillets autographes de dessins qui combinent de façon inventive des vis, des leviers, des plans inclinés, des poulies et des treuils pour créer des machines d'avenir : treuil puissant à trois vitesses, grue tournante à base annulaire, grue encablée, grue à loquet, grue pour vider les fossés, charriot élévateur à plateforme basculante... Les manuscrits de Léonard offrent la possibilité d'entrer dans la technologie médiévale et renaissante. Ils constituent le point de départ pour parcourir l'histoire des machines de chantier. Le livre part de l'Antiquité, depuis le moment où, dans les mécaniques attribuées à Aristote, l'Homme a commencé à codifier des machines simples ou les premiers moteurs (levier, plan incliné, coin, vis et poulie), bâtissant les principes de la mécanique classique et les instruments opératoires des ingénieurs pour élaborer les machines complexes. L'ouvrage retrace ensuite l'histoire des engins de construction depuis leur introduction et codification à la Renaissance, autour de quelques chantiers majeurs comme la construction de la coupole du Dôme de Florence, la tentative de fusion du monument équestre à la gloire de Francesco Sforza, ou encore le projet plus ambitieux qu'eut la république florentine de dévier l'Arno. Ce livre propose quinze fiches techniques de machines de chantier de Léonard de Vinci avec leur reconstitution en 3D associée à une analyse technologique de leur fonctionnement.

  • Dernière série en date créée par Aaron Sorkin, The Newsroom (HBO, 2012-2014) se construit comme une utopie, assumant et entérinant un nouveau classicisme télévisuel. Comme The West Wing en son temps, la série se propose de réenchanter une institution qui a perdu son aura. Elle dépeint un monde d'idéalistes dévoués à une noble cause, où des journalistes abandonnent la course à l'audimat pour produire « le meilleur journal de toute la télévision ». Avec des dialogues virtuoses, cette série utopiste entièrement placée sous le signe de Don Quichotte promeut l'élitisme au rang de nouvel humanisme. Comment cette série se distingue-t-elle par son approche et sa représentation du métier et quels ressorts utilise-t-elle ? En quoi la figure de Don Quichotte a-t-elle marqué le créateur de la série et comment permet-elle de la décrypter ?

  • Il y a 80 ans, le Front populaire. 1936, un jeune ministre radical incarne deux des plus grandes ambitions de la gauche au pouvoir : démocratiser l'Éducation nationale, donner accès à tous à la culture, sous toutes ses formes. Détesté par Pétain, condamné à la « mort civile » comme Dreyfus, assassiné à 40 ans par la milice de l'État français après le Débarquement, Jean Zay entre au Panthéon en 2015, tardive reconnaissance de son oeuvre innovante et de son parcours républicain exceptionnel. À côté d'ouvrages biographiques et d'histoire politique, ce livre offre un regard nouveau et complémentaire sur l'apport de Jean Zay à la culture de son temps. L'originalité du parcours du fondateur de la Phonothèque nationale, du Musée des arts et traditions populaires, du CNRS, de l'ENA et du Festival de Cannes est ici restituée par les regards croisés des sciences humaines. Jean Zay, homme d'État, ministre novateur de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts, a su réinventer les relations des acteurs de la culture et des arts au pouvoir politique. À l'opposé des censures et de l'art officiel, il a oeuvré afin que la nation s'approprie de manière nouvelle son patrimoine et ses réalisations, en respectant la liberté de création et l'indépendance de la fonction publique. Pour la première fois, les sources familiales et les traces locales de ce « Résistant de la veille » sont revisitées grâce au témoignage inédit de ses deux filles, Catherine et Hélène.

  • Née à la fin de la première grande conflagration mondiale, morte à la seconde, la Société des Nations (1919-1946) fut la première organisation internationale d'envergure, fruit de l'espoir utopique d'un monde apaisé. Sa mémoire est frappée d'une légende noire car, dans l'imaginaire collectif, la SdN est coupable d'avoir échoué à enrayer la marche vers la seconde guerre mondiale. Accusée d'inertie bureaucratique, vilipendée pour son incapacité à imposer des règlements pacifiques, la SdN a été désignée comme bouc émissaire des échecs de la sécurité collective. Cette SdN ridiculisée et honnie est pourtant mère de l'ONU. La SdN a-t-elle été un échec ou une réussite ? La réponse est loin d'être évidente. Son échec résulte des contradictions et de l'irrésolution du monde de l'entre-deux-guerres, les États membres n'ayant pas su s'entendre ou ayant privilégié un nationalisme étroit. En revanche, la SdN a largement contribué au renouveau des relations internationales en s'employant à créer une diplomatie ouverte. Son oeuvre technique, d'une très grande variété, est une incontestable réussite, et le prélude aux organisations internationales contemporaines. Ce livre propose pour la première fois une synthèse complète de la genèse et de l'histoire de la SdN (1919-1946), sujet majeur pour la connaissance des relations internationales du XXe siècle.

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