Nil éditions

  • Écrivain et académicien dans le Paris de l´avant-guerre, Paul-Jean Husson s´est désormais retiré dans une petite ville de Normandie pour se consacrer à son oeuvre, émaillée d´un antisémitisme « patriotique ». Lorsque la guerre éclate et que son fils Olivier rejoint la France libre, il prend en charge la protection de sa belle-fille, Ilse, une Allemande aux traits aryens et à la blondeur lumineuse. Sa beauté fait surgir en lui un éblouissement bientôt en contradiction avec toutes ses valeurs, car il découvre qu´Ilse est juive, sans toutefois parvenir à brider l´élan qui le consume. Peu à peu, l´univers si confortable du grand écrivain pétainiste, modèle de bon bourgeois enkysté dans ses ambivalences, vacille. Les secrets de familles sortent comme autant de cadavres de leurs placards et à l'heure où son existence torturée est percée à jour par une Occupation aux effets ontologiques imprévisibles, seule une lettre adressée au commandant de la Kreiskommandantur peut permettre à Husson de sauver la face.C´est en salaud imaginaire que Romain Slocombe porte en lui une lettre jamais écrite, une lettre de délation ; il prouve ainsi que la part la plus vile de l´âme humaine ne trouve de meilleure place où se révéler que dans le genre épistolaire.

  • 0300 Mais même le silence contribue à forger un récit qui donne des contours à cette petite fille morte. Car forcément, elle joue un rôle dans l´identité de l´auteur. Les quelques mots, terribles, prononcés par la mère ; des photographies, une tombe, des objets, des murmures, un livret de famille : ainsi se construit, dans le réel et dans l´imaginaire, la fiction de cette « aînée » pour celle à qui l´on ne dit rien. Reste à savoir si la seconde fille, Annie, est autorisée à devenir ce qu´elle devient par la mort de la première. Le premier trio familial n'a disparu que pour se reformer à l´identique, l´histoire et les enfances se répètent de manière saisissante, mais une distance infranchissable sépare ces deux filles. C´est en évaluant très exactement cette distance que l´auteur trouve le sens du mystère qui lui a été confié un dimanche de ses dix ans.
    0400LA COLLECTION « LES AFFRANCHIS » Kafka n´est pas encore écrivain lorsqu´il rédige sa fameuseLettre au pèreavant de la ranger dans son tiroir. La lettre, qui ne parviendra jamais à son destinataire, était pourtant le seul et unique moyen, pour le jeune Kafka, de communiquer avec un homme qui le pétrifiait. En certaines occasions de la vie, seule une lettre peut permettre de dire les choses, de démêler les écheveaux d´incompréhension qui s´accumulent dans une relation. Mais passer à l´acte est difficile, risqué, pénible. C´est d´autant plus vrai aujourd´hui, puisque la correspondance est un exercice oublié : les volumineux échanges que pouvaient entretenir un Voltaire ou un Flaubert avec leur entourage n´auront pas d´équivalent dans la postérité. Il serait tout de même dommage que nos plus grands écrivains ne laissent pas dans leur oeuvre un témoignage de l´écriture épistolaire. Écrire une lettre, une seule, mais longue et dense, c´est donc la possibilité de tordre le cou à une vieille histoire et de s´en affranchir, mais aussi renouer avec une tradition littéraire et explorer la singularité de l´écriture à la deuxième personne. La collection « Les Affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : « Écrivez la lettre que vous n´avez jamais écrite. »

  • "J'ai retrouvé une photo de ces années-là. C'est une photo en noir et blanc, nous y figurons tous les trois, Olga, toi et moi. Assis au centre sur la moquette blanche, tu regardes droit dans l'objectif avec une sorte de détermination joyeuse dans les yeux. À genoux à côté de toi, indifférente au photographe, j'ai le visage tourné vers le chat que tu tiens dans tes bras. Sur la gauche de la photo, adossée à des coussins, Olga sourit, la tête renversée en arrière. Au premier plan trône Oxana, le vieux berger belge et son museau blanchi. Derrière nous, le paysage lacustre de la tapisserie d'Aubusson. Je détaille la jeune fille agenouillée à tes côtés, vêtue d'une blouse blanche brodée et d'un jean. Elle a le regard songeur. Je me demande à quoi elle pense, ce dont elle rêve. Je l'ai perdue de vue. "
    Avec Belle-fille, Tatiana Vialle signe un récit romancé adressé à celui qui fut son beau-père. D'une écriture aérienne, elle livre le portrait sensible d'un monstre sacré du cinéma et celui d'une femme courageuse qui n'a eu de cesse de se réinventer une famille. Une lettre en forme d'hommage qui interroge la figure paternelle.

  • L´essai d´Élisabeth Badinter intituléLe Conflitsoulignait, l´an passé, la dureté de l´injonction faite aux femmes par l´obligation non seulement d´être mères, mais de l´être absolument, dans un fantasme de perfection typique d´une société où la sphère privée est devenue un spectacle permanent. En écrivant à l´enfant qu´elle a choisi de ne jamais concevoir, Linda Lê s´affranchit du monde en général pour poser un regard strictement personnel sur sa volonté de ne pas devenir mère. Ce travail autobiographique lui permet d´éclairer les premiers jalons qui, dans l´enfance, préparent l´expression de sa liberté d´adulte. La figure étouffante de la mère et une adolescence passée dans un monde exclusivement féminin contribuent à forger un désir de soi, aussi évident que douloureux à porter dans le regard de l´autre, et plus particulièrement de cet homme, S. Car l´homme qu´elle aime veut avoir des enfants. Chaque jour il tente de lui montrer que son refus se fonde sur l´erreur : erreur d´analyse, trop intellectuelle ; erreur ontologique d´un égocentrisme qui aurait mal tourné ; erreur personnelle, d´une peur jamais confrontée, etc. La narratrice, elle, en lieu et place d´idées toutes faites, voit défiler de simples images, précises et palpables : celle d´un enfant qu´elle ne saurait pas aimer, quelle que soit son identité, et celle d´un écrivain qui perdrait forcément la sienne à l´éduquer. « On ne part pas à la conquête du Graal avec une poussette », écrivait Karen Blixen. Et là où l´expression de la liberté devient intolérable aux yeux des notaires de ce monde exigeant une conversion systématique au modèle de la famille, la narratrice écarte toute forme de dureté, toute prétention à une règle édifiée à d´autres qu´elle-même. Bien au contraire, c´est toute la douceur de son amour qu´elle offre à cet enfant qui n´existera jamais, mais vit sans cesse, à chaque seconde, dans l´imaginaire lumineux de sa conceptrice.

  • Fut un temps où tout était permis. Où tous les plus grands philosophes français, de Deleuze à Foucault, en étaient convaincus. Ce n'était pas il y a trois siècles. C'était hier ; ici, à Vincennes.0300 Bien sûr, au-travers de ce portrait vif et tapageur, la morne résignation de notre temps n´en est que plus frappante, mais cette lettre sans regrets ni amertume transmet tant d´énergie que l´on pourra y croire : le cadavre bouge encore !
    0400LA COLLECTION « LES AFFRANCHIS » Kafka n´est pas encore écrivain lorsqu´il rédige sa fameuseLettre au pèreavant de la ranger dans son tiroir. La lettre? qui ne parviendra jamais à son destinataire, était pourtant le seul et unique moyen, pour le jeune Kafka, de communiquer avec un homme qui le pétrifiait. En certaines occasions de la vie, seule une lettre peut permettre de dire les choses, de démêler les écheveaux d´incompréhension qui s´accumulent dans une relation. Mais passer à l´acte est difficile, risqué, pénible. C´est d´autant plus vrai aujourd´hui, puisque la correspondance est un exercice oublié : les volumineux échanges que pouvaient entretenir un Voltaire ou un Flaubert avec leur entourage n´auront pas d´équivalent dans la postérité. Il serait tout de même dommage que nos plus grands écrivains ne laissent pas dans leur oeuvre un témoignage de l´écriture épistolaire. Écrire une lettre, une seule, mais longue et dense, c´est donc la possibilité de tordre le cou à une vieille histoire et de s´en affranchir, mais aussi renouer avec une tradition littéraire et explorer la singularité de l´écriture à la deuxième personne. La collection « Les Affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : « Écrivez la lettre que vous n´avez jamais écrite. »

  • " Pas mal , n'est-ce pas ? Cela vaut largement certaines niaiseries qu'on lit dans la NRF en tout cas. " Il y a quinze ans que Gérard J. attendait ce courrier. Quinze ans, et enfin la sixième version du manuscrit auquel il aura consacré tous ses efforts lui vaut un billet manuscrit de Philippe Sollers. Après les lettres types d'une politesse glacée, après les rapports de lecture aussi malhonnêtes qu'impitoyables, le plus illustre éditeur de Paris a donc consenti à répondre lui-même à cet éternel candidat à la " Blanche ". Il était temps : la négligence d'un seul homme ne privait-elle pas des millions de lecteurs du plus grand roman écrit depuis un demi-siècle ? Hélas, l'injustice et la mauvaise foi sont encore au rendez-vous... La maison Gallimard ne semble toujours pas prête à faire rayonner l'astre littéraire Tyrannicide ! Consterné par l'arrogance désinvolte de son interlocuteur, Gérard J. ne se résoudra pas à ce sixième refus sans exprimer une fureur et une frustration trop longtemps contenues. L'éditeur comprend-il bien qu'il lui a volé rien moins que sa vie ? Qu'il a condamné un immense écrivain, promis à une palpitante existence parisienne, à moisir dans un lycée technique de Pau ? À rester un vieux garçon offrant le plus clair de son temps à sa mère handicapée ?... Non, bien sûr. C'est pourquoi Gérard J. se voit contraint, dans une lettre à la férocité légitime, de lui exposer ses propres idées sur la notion de crime littéraire.
    Tout en jouant habilement avec les clichés qu'entretiennent " écrivains provinciaux en herbe " et " intellectuels parisiens " les uns au sujet des autres, Giulio Minghini propose, avec Tyrannicide, une désopilante partie d'échecs ; un duel entre pouvoir et talent, interprété sur une gamme d'ironie et de sarcasmes où s'éclairent définition et destin d'une oeuvre littéraire.

  • " Les gens dans leur bon droit sont dangereux. " Un ciel bleu, une église, un mariage, une foule rassemblée pour célébrer l'amour, la montée vers l'autel, une mariée souriante... Une mariée aux yeux brouillés de larmes qui s'enfuit, laissant derrière elle l'homme de sa vie. C'était un an plus tôt, et la narratrice n'a plus jamais revu celui qu'elle a choisi de ne pas épouser. Elle souffre : il lui manque, elle lui écrit. Malgré son apparence criminelle, cette fuite devait sauver un homme et une femme de ce qu'ils repoussaient tous deux au début de leur passion : les conventions, les automatismes, la résignation. Elle se croyait aimée et donc comprise ; mais en cours de route, rattrapé par les réflexes du conformisme, il a oublié qu'elle ne lui avait jamais demandé de quitter sa femme, qu'elle aimait être sa maîtresse, qu'elle ne voulait pas d'enfant, et que l'amour qu'elle lui portait était absolu, puisqu'il était aussi amour de sa liberté. Or, la liberté semble demeurer le plus encombrant des cadeaux... À force d'entendre les héritières du féminisme décréter qu'une femme n'est jamais " complète " si elle ne devient pas épouse et mère, un homme peut-il admettre un discours différent de la part de celle avec qui il souhaite partager sa vie ? N'a-t-il pas, d'ailleurs, été forgé, éduqué, dressé par sa propre mère à ne jamais concevoir aucune autre représentation de la femme ?
    Avec l'originalité qui la caractérise, Pia Petersen pénètre dans la grande tragédie de l'incompréhension entre hommes et femmes pour observer le sentiment amoureux et son asservissement aux moeurs d'une époque. Depuis les paradoxes d'un temps où " le mariage et les enfants pour tous " se cogne à la valse des divorces et au surpeuplement, jusqu'aux vices cachés des esthétiques littéraires féminines, elle mène une savoureuse exploration de nos instincts primaires.

  • Molière vient de monter Le Misanthrope. Alceste est furieux, humilié, déshonoré. Lui, l´être au goût exquis, le véritable aristocrate du savoir, le défenseur des vertus foulées au pied par flatteurs et courtisans, le gentilhomme infiniment supérieur aux petits marquis que cette diablesse de Célimène a le culot de lui préférer... Voilà qu´on ose le railler sur scène ? Hésitant toujours à partir au désert, Alceste se tourne, en désespoir de cause, vers son maître en misanthropie - un maître éternel, qui a tout vu, tout entendu, tout senti, et de tout temps - sans deviner que ses jérémiades vont provoquer un torrent de fureur. Outré par les simagrées de son ancien élève, Maxence Caron s´énerve et songe d´abord à les ignorer : après tout, pourquoi un misanthrope émérite viendrait-il au secours de qui que ce soit ? Difficile, cependant, de ne pas saisir cette trop belle occasion de dire à un disciple en herbe ce qu´est la misanthropie, loin de toute caricature. Il est temps de montrer à ce pauvre Alceste que le monde est encore plus ridicule, corrompu, encore plus nigaud que la cour de paons désignée par Molière, et que le désert ne peut servir de refuge à celui qui ne renonce pas à croire en l´humanité. Car tout est là : un misanthrope, un vrai, ne déteste les siens que parce qu´il conserve préalablement en lui la plus haute idée de l´esprit humain, une foi en la beauté, la douceur, l´harmonie et la sagesse.

    Pour parvenir à retrouver cette image de la perfection humaine, à comprendre d´où elle provient, le misanthrope devra regarder droit dans les yeux les horreurs de la société où il est né. En somme, pour accéder au Paradis, encore faut-il avoir désigné où se situe l´Enfer et s´être patiemment imbibé de l´enseignement d´un purgatoire. Prenant Alceste par la main, Maxence Caron le mène dans une nuit de Walpurgis où défilent les figures grimaçantes d´artistes, d´écrivains ou d´hommes politiques infiniment plus nocifs que ceux qu´Alceste a condamnés sur la scène du Misanthrope. Une fois décillé, Alceste sera prêt à comprendre le rôle élévateur de la musique et à s´approprier ses symboles, pour savoir entendre et écouter d´invisibles beautés, grâce à Liszt, Schubert, Beethoven et Bach, qui réconcilient l´entendement et la sensibilité dans l´âme du misanthrope le plus aguerri. Alors seulement, la misanthropie devient un art, un exercice humaniste hors des circonstances, parfaitement ontologique, et même un droit divin. Car en profondeur, la joie et la misanthropie ne sont pas opposées.



    Lettre leçon, lettre roman d´initiation, lettre à la circularité proustienne et à la structure de Divine Comédie, lettre de flamboiement stylistique étourdissant, lettre fleuve sur la nécessité de s´élever misanthrope - et non de tomber misanthrope - afin de savoir encore entendre, apercevoir, aimer ce qui est beau, ce qui mérite notre dévotion, cet extraordinaire opus des « Affranchis » s´adresse bien sûr, à travers la figure d´Alceste, à un destinataire que nous connaissons très bien : nous.

  • Désespéré, à bout de nerfs, un bloc de papier posé en équilibre sur son sac à dos, Benjamin R. Ford aurait voulu éviter de devoir brosser son propre portrait... A cinquante-trois ans, il a aussi prodigieusement raté sa carrière de poète que réussi celle d´alcoolique ; ses nuits héroïques de mondanité littéraire ne peuplent que ses rêves sur canapé clic-clac, il survit dans un trois-pièces sordide grâce à ses traductions, et les femmes de sa vie ont toutes claqué la porte, sauf sa mère, qui est schizophrène, impotente et sous sa responsabilité ! Benjamin R. Ford, dit Bennie, aurait également souhaité ne pas rendre de comptes sur le voyage qu´il entreprend, de New York à Los Angeles, mais le vol en correspondance étant retardé depuis des heures, il est bloquéà l´aéroport de Chicago, bouillant de colère et de frustration : cette fois, si sa dernière chance de ne pas complètement rater sa vie est en train de lui filer sous le nez, c´est uniquement la faute d´American Airlines, et par conséquent, il va le leur faire savoir ! Le retard de cet avion n´est pas un contretemps : c´est un drame, une tragédie aux conséquences irrattrapables. Car assister à la cérémonie de mariage de sa fille, Stella, était le seul espoir de Bennie d´établir enfin un semblant de relation avec elle, de se faire pardonner son absence, d´assumer son rôle de père avec une bonne vingtaine années de retard, de devenir enfin un homme, de prendre un nouveau départ... Or, précisément, ce départ est déprogrammé par la scandaleuse incompétence d´une compagnie aérienne ! Ce qui commence comme une lettre de réclamation pour obtenir le remboursement d´un billet à 392,68$ prend peu à peu la forme d´une confession emportée, furieuse et drôlissime, où tous les échecs d´une vie dansent une bacchanale frénétique pour être revisités dans une ultime tentative de libération.



    Jouant cartes sur table, Jonathan Miles n´a pas choisi d´écrire un roman sous forme de lettre, mais une lettre sous forme de roman : il est hanté par la question de la temporalité, de l´utilité du courrier, du mystérieux accueil que lui réservera son destinataire. Son style chaloupé, coupé dans son premier élan, et reprenant résolument sa verve dans de longues phrases aux incises rythmiques, passe du registre littéraire soutenu au dialogue le plus aérien. La mise en abîme de l´écriture épistolaire dans le travail de traduction de Bennie surprendra le lecteur par son habileté et son originalité. Miles nous prouve, dès ce premier roman, qu´il écarte d´emblée toute facilité : courrier administratif détourné, Dear American Airlines montre comment l´écriture romanesque la plus créative a tout à gagner d´une forme épistolaire ici exploitée avec une imagination, une verve et une énergie exceptionnelles.

  • « A tout à l´heure mon petit chat », lance gaiement un père à sa fillette de neuf ans, qui ne le reverra jamais. Un mystère tombe et ne quittera plus la narratrice : la mort. Alors que les adultes font entendre leurs sanglots, un étrange silence se fait en elle, celui du bruit des clefs que son père lançait à l´entrée de la maison. Sans ce tintement familier qui rythmait l´enfance, il faudra donc faire résonner dans la vie une autre musique... Anne invente la sienne, discrète et entêtée, à mesure que se succèdent les disparitions. Elle relève le défi qui lui est lancé, regarde le passé de toute une famille éteinte droit dans les yeux, apprend comment les siens ont été broyés par la Shoah et découvre, dans le même temps, la force de son legs. De la merveilleuse imprimerie de l´oncle Léon, située passage de l´Espoir, rien n´a été sauvé de la barbarie nazie... Sauf, peut-être, l´éternité de l´espoir. Libre d´être seule, solitaire dans l´exercice de cette liberté, Anne peut retrouver une enfance idéale dans ce que son père a créé : les aventures d´un Gaulois, les facéties d´un écolier prénommé Nicolas, et l´affection immense que portent à ces personnages des millions de lecteurs dont les yeux pétillent dès qu´ils voient apparaître sur une couverture le nom du père d´Anne - ce nom qui est aussi le sien, Goscinny. Mais pour se le réapproprier pleinement, encore faut-il bâtir une passerelle vers un imaginaire plus intime, cristallisé en un lieu dérobé, là où se recueillent les quelques souvenirs fragiles d´un amour fou entre père et fille. Ce sont ces images-là, nichées dans le secret de sa mémoire, que l´auteur rassemble dans une quête fondamentale, avec l´aide de tous les pères de substitution qui l´ont suivie pas à pas.

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