La découverte

  • Mai 68 a davantage marqué les comportements que produit une nouvelle culture. En effet, peu d'oeuvres s'en inspirent directement, excepté un "art" de propagande soumis à une idéologie ; par contre, l'esprit de mai, conmme si de rien n'était, a entièrement imprégné l'atmosphère de cette décennie. A droite comme à gauche, la pensée n'est plus la même après ces "événements". De nouvelles préoccupations (démocratie directe, féminisme, auto-gestion, écologie, autonomie, etc.) appellent au renouvellement des théories (psychanalyse, marxisme, structuralisme, etc.).
    Gil Delannoi, dans cet essai au ton personnel, brosse un tableau de la vie intellectuelle de cette époque, en éclairant ce que d'habitude on laisse dans l'ombre afin de magnifier ou de déprécier l'ensemble. Ces dix années sont avant tout marquées du sceau de l'utopie ; les certitudes des "contestataires" tout comme les discours défensifs des "contestés" relèvent de l'utopie. Démêler le rêve de la réalité et comprendre comment chacun joue sur l'autre constitue le fil conducteur de cet essai d'histoire politique et culturelle - où l'on retrouve Michel Foucault, Louis Althusser, Jean-Paul Sartre, mais aussi les "situationnistes" et les maoïstes de toutes tendances...
    Privilégiant les grandes idéologies - alors à l'acmé de leur influence - sans délaisser pour autant le travail solitaire de tel écrivain ou de tel cinéaste, Gil Delannoi apporte une réflexion originale sur une période trop souvent caricaturée.

  • Après la dénonciation sans appel du totalitarisme soviétique et la preuve par le goulag en 1976, puis l'écroulement du mur de Berlin en 1989, beaucoup d'intellectuels se sont trouvés désorientés, comme décrochés d'une histoire dont le sens leur échappait. Le nouveau rôle social des médias a accentué ce malaise, en excluant bien souvent les intellectuels des moyens d'expression de leur propre savoir.
    Rendre compte à chaud d'une histoire dont les effets ne sont pas totalement déployés est la gageure que tente ici Olivier Mongin. Il ne propose ni une histoire exhaustive des intellectuels ni une sociologie des clercs, mais un état des mutations de la pensée contemporaine en France, sans négliger les courants esthétiques et littéraires. Ce panorama, nourri d'une abondante bibliographie, est aussi une présentation critique des pensées novatrices qui se font jour face au scepticisme ambiant, et des écoles, des lieux où celle-ci s'élaborent et se diffusent.
    Cet essai est sous-tendu par une thèse : le désenchantement démocratique qui prévaut aujourd'hui reflète l'épuisement de la polarisation entre le singulier et l'universel, qui structurait la communauté intellectuelle française depuis la Déclaration des droits de l'homme. Sans " vision du monde ", l'intellectuel ne peut plus remplir une de ses fonctions, donner du sens à l'histoire. Est-il pour autant condamné à disparaître ? Olivier Mongin refuse cette éventualité : pour lui, la démocratie n'avance et ne se renouvelle qu'avec des idées, donc des débats et des confrontations. Et il faut pour cela des " passeurs " et des éveilleurs " : telle est la mission de la nouvelle figure que l'auteur appelle de ses voeux, celle de l'" intellectuel démocratique ".

  • Après la dénonciation sans appel du totalitarisme soviétique, et la preuve par le goulag en 1976, puis l'écroulement du mur de Berlin en 1989, beaucoup d'intellectuels se sont trouvés désorientés, comme décrochés d'une histoire dont le sens leur échappait. Le nouveau rôle social des médias a accentué ce malaise, en excluant bien souvent les intellectuels des moyens d'expression de leur propre savoir. Rendre compte, à chaud, d'une histoire dont les effets ne sont pas totalement déployés, est la gageure que tente ici Olivier Mongin. Il ne propose ni une histoire exhaustive des intellectuels, ni une sociologie des clercs, mais un état des mutations de la pensée contemporaine en France, sans négliger les courants esthétiques et littéraires. Ce panorama, nourri d'une abondante bibliographie, est aussi une présentation critique des pensées novatrices, qui se font jour face au scepticisme ambiant, et des écoles, des lieux, où celles-ci s'élaborent et se diffusent. Cet essai est sous-tendu par une thèse : le désenchantement démocratique, qui prévaut aujourd'hui, reflète l'épuisement de la polarisation entre le singulier et l'universel, qui structurait la communauté intellectuelle française depuis la Déclaration des droits de l'homme. Sans « vision du monde », l'intellectuel ne peut plus remplir une de ses fonctions, donner du sens à l'histoire. Est-il, pour autant, condamné à disparaître ? Olivier Mongin refuse cette éventualité : pour lui, la démocratie n'avance, et ne se renouvelle, qu'avec des idées, donc des débats et des confrontations. Et il faut, pour cela, des « passeurs » et des « éveilleurs » : telle est la mission de la nouvelle figure que l'auteur appelle de ses voeux, celle de « l'intellectuel démocratique ».

  • Après la dénonciation sans appel du totalitarisme soviétique, et la preuve par le goulag en 1976, puis l'écroulement du mur de Berlin en 1989, beaucoup d'intellectuels se sont trouvés désorientés, comme décrochés d'une histoire dont le sens leur échappait. Le nouveau rôle social des médias a accentué ce malaise, en excluant bien souvent les intellectuels des moyens d'expression de leur propre savoir. Rendre compte, à chaud, d'une histoire dont les effets ne sont pas totalement déployés, est la gageure que tente ici Olivier Mongin. Il ne propose ni une histoire exhaustive des intellectuels, ni une sociologie des clercs, mais un état des mutations de la pensée contemporaine en France, sans négliger les courants esthétiques et littéraires. Ce panorama, nourri d'une abondante bibliographie, est aussi une présentation critique des pensées novatrices, qui se font jour face au scepticisme ambiant, et des écoles, des lieux, où celles-ci s'élaborent et se diffusent. Cet essai est sous-tendu par une thèse : le désenchantement démocratique, qui prévaut aujourd'hui, reflète l'épuisement de la polarisation entre le singulier et l'universel, qui structurait la communauté intellectuelle française depuis la Déclaration des droits de l'homme. Sans « vision du monde », l'intellectuel ne peut plus remplir une de ses fonctions, donner du sens à l'histoire. Est-il, pour autant, condamné à disparaître ? Olivier Mongin refuse cette éventualité : pour lui, la démocratie n'avance, et ne se renouvelle, qu'avec des idées, donc des débats et des confrontations. Et il faut, pour cela, des « passeurs » et des « éveilleurs » : telle est la mission de la nouvelle figure que l'auteur appelle de ses voeux, celle de « l'intellectuel démocratique ».

  • Pressentie par les uns, redoutée par les autres, la guerre éclate en septembre 1939. Un État autoritaire remplace la République et esquisse une modernisation de la France tout en revalorisant le " travail ", la " famille " et la " patrie ". La collaboration avec les nazis se met en place sans difficulté. La résistance s'organise progressivement. La libération s'accompagne d'une épuration des intellectuels et d'une reconstruction, y compris morale.
    Au cours de cette décennie, la France a connu trois régimes politiques fort différents, mais on observe une beaucoup plus grande continuité dans le domaine des idées et des prétentions artistiques. Seuls des arts de propagandes s'accrochent désespérément à l'un ou à l'autre sans plus d 'espoir que de témoigner d'un idéal finalement fugace. Daniel Lindenberg préfère ici s'attacher au travail souterrain des idées qui caractérisent le mieux l'ensemble de cette période.
    Celle de communauté est indéniablement la plus importante : on la trouve chez le père Le Bret ou François Perroux, mais aussi à l'école de cadres d 'Uriage et à la revue Esprit. La construction de l'homme - d'un" être " moral maître de sa situation, libre des choix de son existence, acteur de l'histoire - mobilise Marcel Déat, Alexis Carrel et plus tard Raoul Dautry. Et l'identité culturelle, comme expression active d'une " unité socio-géographique ", est revendiquée aussi bien par Georges Dumézil que par Gaston Roupnel.
    Cet essai bouscule de nombreuses idées reçues tant sur Vichy que sur la Résistance, et remet en cause des points de vue admis comme " vérités historiques " en montrant à quel point ces dix années sont solidaires d'une histoire plus longue qui seule en donne la clé.

  • La France " fin-de-siècle " est loin d'être, contrairement à des clichés qui ont la vie dure, joyeuse et insouciante. La Belle époque est celle d'une société qui travaille dur, épargne et vit chichement. C'est le temps de l'inquiétude et du nihilisme. Des anarchistes et des grèves ouvrières. De l'affaire Dreyfus et de scandales politico-financiers. C'est une France hésitante entre l'industrie et l'artisanat, la ville et la campagne, la foi catholique et la laïcité, la rente et le profit, l'Empire et ses départements, etc. Pourtant, c'est elle qui enfante L' intellectuel, personnage complexe, exigeant et parfois exaspérant. En Europe, Nietzsche, Dostoïevski, Unamuno et, en France, Barrès, Gide et Claudel constatent, comme l'écrit ce dernier, que " le monde n'est pas infini, il est inépuisable ". Ce faisant, ils contestent la scientificité de la science, la rationalité de la raison et fondent leur système et leur art sur le moi, le désir, l'instant, l'opposition, l'aventure personnelle, l'acte " gratuit ",etc. Face à ces " immoralistes " volontaire, les divers académismes imperturbablement se manifestent en publiant qui un roman social, qui une philosophie de la certitude ou en peignant une nature morte aussi fidèle que possible. Christophe Prochasson, pour mieux nuancer son tableau d'une époque si contradictoire, nous guide dans les salons où l'on fait - et défait - l'art du temps, dans les revues où se publient les avant-gardes, dans les théâtres où le coquin cotoie la satire, dans les instances politiques et universitaires où s'élabore la pensée et où s'affrontent les idéologies. Ces créateurs enjambent le siècle avec la vigueur de leur jeunesse, la puissance de leur individualité et la conviction que les sentiments l'emporte sur la raison. Ils sont survoltés, y compris pour certains, dans leur désespoir : ce sont bien les années électriques.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1991)

  • Esiècle. Il prend enfin en charge les incohérences d'un temps qui vit le retour des conformismes esthétiques et des conservatismes politiques les plus décisives pour notre modernité.

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