La découverte

  • Les articles et lettres qui composent ce recueil de textes (articles, correspondances) illustrent en cinq rubriques chacune des facettes de la personnalité et de l'activité de l'intellectuel engagé que fut Paul Nizan. La " correspondance d'Aden ", tout d'abord, forme un contrepoint à Aden Arabie, éclairant d'un jour bien différent ce qui, dans le pamphlet, n'apparaîtra que sous la forme de la révolte et du dégoût. " L'écrivain et le critique " précise la théorie de la littérature, nécessairement engagée, que Nizan mettra en oeuvre et en acte. " Le philosophe " présente sous une forme durcie les thèses qu'il défendra tout au long de sa vie et notamment dans Les chiens de garde. " Le journaliste " témoigne du caractère inséparable de l'écriture et du militantisme dans l'oeuvre de Nizan au cours d'événements majeurs tels que la Guerre d'Espagne. " La correspondance de guerre ", enfin, permet de préciser les raisons profondes de sa rupture avec le Parti communiste et trace un tableau des conditions de la " drôle de guerre " qui scellera prématurément le destin de l'écrivain.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la nouvelle édition de 2001.)

  • Publié en 1993, cet essai réagissait à une investigation frauduleuse sur Jean Moulin, premier président du Conseil national de la Résistance, mort sous la torture en juillet 1943. Ce journalisme à scandale affirmait alors que Jean Moulin, héros national inhumé au Panthéon, avait été un agent soviétique dès le début des années trente. De nombreux intellectuels ont répondu à cette accusation absurde. Mais cette affaire soulève d´autres questions que Pierre Vidal-Naquet analyse ici : peut-on, et surtout, a-t-on le droit de critiquer nos héros nationaux ? Quel sens confère-t-on au Panthéon ? Pourquoi la critique du « mythe Jean Moulin » par la résurrection d´un autre mythe - celui de Jean Moulin communiste - a-t-elle eu un impact aussi fort ? Remontant à l'Antiquité et à la création du Panthéon sous la Révolution française pour retracer la longue histoire qui va des héros aux saints, l'auteur décrit le processus de construction du mythe. Et il explique la démarche erronée qui transforme Jean Moulin en « homme du Parti communiste », mythe créé dès 1950 par Henri Frenay.

  • Paru en 1989, ce petit texte pédagogique qui présentait le travail de pensée accompli par la Revue du MAUSS, a peu à peu pris des allures de livre culte et exercé une influence souterraine sur des pans importants de la sociologie, de l'anthropologie, de la science économique ou de la philosophie morale et politique. C'est que l'objectif premier du MAUSS -; " Montrer que l'obstacle principal sur lequel bute la pensée moderne est celui de l'économisme, [...] que c'est lui qui souffle l'essentiel des réponses et qui limite abusivement le champ du possible et du concevable " -; est devenu chaque jour plus actuel. Aujourd'hui, nous y sommes en plein. Ce n'est plus seulement la pensée qui se dissout dans l'économisme, c'est le rapport social lui-même qui se dilue dans le marché. D'où la nécessité urgente de chercher des ressources théoriques et pratiques qui permettent de sauvegarder l'essentiel, la civilité ordinaire et le goût de ce qui fait sens par soi-même, à commencer par celui de la démocratie. Épuisé depuis plusieurs années, ce livre est réédité avec un avant-propos et une postface inédits qui permettent également d'introduire le lecteur aux analyses ultérieures du MAUSS sur la genèse de l'utilitarisme (et donc de l'économisme) et sur le paradigme du don.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 2e édition de 2003)

  • Ce dialogue est, sous forme de récit, l'histoire de la relation établie entre deux femmes : une ethnologue qui travaille au Maghreb, particulièrement dans les montagnes où l'on parle berbère, et une Algérienne de Kabylie, émigrée à Paris. Au cours de leurs entretiens hebdomadaires et durant sept années, elles ont appris à se connaître mutuellement, mais aussi elles se sont influencées, modifiées réciproquement, en échangeant leurs expériences, leurs savoirs. Ce récit est un double témoignage : sur les rapports de deux femmes différentes par leurs cultures d'une part, sur l'importance qu'il convient d'accorder à la " relation ethnologique " d'autre part, celle qui est établie, dans l'exercice de cette discipline, entre l'enquêteur et l'enquêté.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition de 2002)

  • Le banquet grec, lié à la cité, associe, sous le patronage de Dionysos, le plaisir et la loi. On voit se constituer, dans ce lieu pourtant privé, des discours publics : l'élégie, le dialogue philosophique et, notamment, le banquet socratique. Dans la Rome impériale, les banquets sont des dénominations trompeuses pour ces festins et ces spectacles que le pouvoir et la richesse offrent au peuple. Plaisir de consommation d'un côté, plaisir de domination de l'autre : telle est la part du festin. Mais seul le Banquet, légué par les Grecs, paraît honorable aux Romains. Le Festin quant à lui est toujours représenté comme parodie ou échec du Banquet. Ainsi de Pétrone : mais le Festin de Trimalchion est sans doute le seul texte où Rome passe aux aveux. Affranchi monstrueux, Trimalchion est un fantasme culturel représentant la non-citoyenneté absolue, le corps réduit à lui-même face à la richesse, dans une impossibilité de jouissance conviviale. Le Festin de Trimalchion est lu par Florence Dupont dans son rapport avec le Banquet de Platon. De Rome à la Grèce, quelle est la fonction et la signification de ce que l'on appelle l'imitation ? Le tourment de Rome fut d'avoir hérité de représentations inadéquates, mais de vouloir fonder sa légitimité sur cet héritage.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2002.)

  • De 1880 à 1940, le mouvement ouvrier juif fut une force généralement décisive dans la vie et l´évolution des communautés juives européennes. Nathan Weinstock, en une vaste fresque, en a restitué la diversité des organisations, partis, syndicats et journaux. Sa connaissance du yiddish, langue dans laquelle pour l´essentiel s´exprimaient les revendications des artisans et des travailleurs, lui a permis d´exhumer des textes qui sont autant de facettes d´une foisonnante activité ouvrière. Dans l´Empire russe d´avant 1914, la prépondérance du Bund, le grand parti socialiste juif, et sa farouche autonomie face aux bolcheviks et aux mencheviks ne sauraient faire oublier les autres organisations : les Poaley-Tsiyon, les territorialistes et les sejmistes. Ni occulter que les débats au sein du mouvement ouvrier juif ne reflétaient pas seulement des querelles théoriques, mais répondaient à des urgences pratiques : que faire face à la vague d´antisémitisme populaire et de répression policière qui déferlait dans l´Empire jusqu´à la veille de la Grande Guerre ?

  • En apparence, rien n'est plus " naturel " que les systèmes de mesure du temps : le décompte des jours à partir de l'an 1 de l'ère chrétienne, l'année de 365 jours en douze mois, la semaine de sept jours... Et pourtant... Pourquoi le calendrier révolutionnaire de 1793 ne parvint-il pas à s'imposer ? Pourquoi les bolcheviks russes échouèrent-ils à instaurer la semaine de cinq jours ? En tentant de répondre à ces questions, l'auteur propose une enquête passionnante sur les querelles temporelles qui agitèrent les grandes religions au cours des siècles : la fixation de l'origine de l'" ère vulgaire ", l'établissement de la date de Pâques, le découpage de la semaine. Pour Ali Magoudi, s'il n'existe pas d'ordonnancement laïc du temps, si tous les systèmes de " comput temporel " se rattachent in fine à la religion, c'est parce que les mots pour " dire le temps " constituent une institution politique fondamentale intimement liée aux dogmes symboliques.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 2e édition de 2001)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le totalitarisme - nazi et stalinien - est le fait majeur du XXe siècle. Il ne saurait, toutefois, occulter que, dans l'Europe des années vingt et trente, une diversité de régimes fleurirent - autoritaires, réactionnaires, fascistes. Par commodité de langage, le plus souvent dans l'urgence politique des combats, la résistance à ces pouvoirs ne fit guère la différence et se proclama antifasciste. Jacques Droz s'attache ici à retracer la diversité des régimes, et celle des résistances qui tentèrent de les combattre. Car, derrière l'unité d'action d'hommes qui luttèrent dans les geôles, dans les rues, en exil ou aux parlements, ce fut le plus souvent trop tard, sous la pression d'événements subis, que l'antifascisme afficha une fragile unité. Comment, en effet, le combat pouvait-il être mené en commun par des chrétiens, des libéraux, des socialistes ou des communistes, bien souvent ennemis de la veille ? Publié pour la première fois en 1985, pour combler le vide que constituait l'absence de synthèse historique sur cette question, ce livre est aujourd'hui une référence incontournable, pour l'analyse des mouvements antifascistes européens.

  • C'est à une relecture originale et stimulante de la pensée économique que François Fourquet nous invite dans ce livre. Son hypothèse est que l'analyse de la valeur, au coeur de l'économie, doit dépasser l'étude du comportement d'un Homo oeconomicus plus ou moins fictif. Elle exige une approche plus large, non académique, prenant en compte la volonté de puissance des acteurs collectifs, et en particulier des États, considérés à l'échelle du monde où ils s'affrontent pour conquérir l'hégémonie. Pour vérifier cette hypothèse, l'auteur nous propose une plongée dans l'âge classique (XVIe- XVIIIe siècles), qui a vu naître l'économie politique : il nous raconte d'une façon très vivante l'histoire du couple " richesse et puissance ", en déployant, à l'instar de Fernand Braudel, les différentes temporalités (économique, politique, culturelle...) dans l'espace géographique du monde. Cette " généalogie de la valeur " est donc à la fois une histoire du monde et une histoire de la manière dont les économistes ont perçu ce monde, et créé la science économique. Elle propose une vue neuve de l'histoire du " capitalisme " et de ses rapports avec l'État.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 2e édition de 1989)

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