Fayard

  • Alexandra Kollontai : la Walkyrie de la Révolution Nouv.

      Alexandra Kollontaï, quelle femme  ! Et quel destin  !
    Aristocrate russe, elle rejette très tôt son milieu, son pays et choisit la révolution et le monde. Révolution de 1905, exil, prison, agitation clandestine, et, en 1917, elle est avec Lénine dans la révolution. Elle fait partie de son premier gouvernement, ministre - commissaire du peuple - alors qu'en Europe les femmes n'accéderont, et rarement, à la fonction de ministre qu'après la Seconde Guerre mondiale. Puis, cinq ans plus tard, première femme ambassadeur que l'histoire ait connue.
    Mais Alexandra Kollontaï, qui parle plusieurs langues, remarquable oratrice, sera aussi un tribun célèbre, s'adressant avec facilité aux ouvriers américains, aux socialistes allemands, aux marins révoltés de Kronstadt ou aux femmes musulmanes de l'Asie centrale, partout électrisant les auditoires fascinés.
    Kollontaï est aussi une féministe passionnée, théoricienne de l'amour  libre, combattant pour l'émancipation et les droits des femmes. Et encore une amoureuse dont les amours tumultueuses choquent Lénine, ce qui ne l'empêche pas d'être une mère attentive à son fils.
    Autre Kollontaï, l'écrivain dont les écrits politiques, les romans, le journal tenu tout au long d'une vie constituent une oeuvre remarquable dont la qualité littéraire est unanimement reconnue.  
    Cette existence multiforme, si dense n'a pas empêché Alexandra Kollontaï de s'imposer à l'attention de ses contemporains par sa beauté inaltérable et une élégance constante, saluée toujours par la presse qui la présenta comme un modèle, préfigurant ainsi les «  icones  » médiatiques du XXe siècle.
    Enfin, et ce n'est pas le moindre de ses exploits, Alexandra Kollontaï sortit victorieuse de la folie destructrice de Staline. Alors que Staline déshonora et extermina toute la vieille garde bolchevique, Kollontaï échappa au sort tragique de tous ses camarades de combat et vécut, indemne et active, à quelques mois près, aussi longtemps que Staline.
    Pour retracer ce destin incroyable et comprendre cette personnalité hors du commun et le demi-siècle qu'elle aura marqué, l'auteur a rassemblé une documentation considérable - archives, écrits de Kollontaï, mémoires de bolcheviks présents à l'époque - et des études historiques qui y sont consacrées.
    Historienne de la Russie, auteur de L'Empire éclaté, Hélène Carrère d'Encausse, membre depuis 1991 de l'Académie française dont elle est Secrétaire perpétuel depuis 1999, a notamment publié aux Editions Fayard Le Malheur russe, Nicolas II, Lénine, Les Romanov, Six années qui ont changé le monde, 1985-1991, Le Général de Gaulle et la Russie, La Russie et la France.

  • Bertrand Du Guesclin (1320-1380) est un des personnages les plus importants de l'histoire de Bretagne, de France, et même de l'Europe occidentale.
    On pourrait croire qu'on connaît tout sur lui. En réalité, les recherches les plus récentes au sein des archives permettent d'en dresser une biographie renouvelée. Héros pour beaucoup, traître pour d'autres, Du Guesclin ne laisse pas indifférent. Né dans une grande famille bretonne, seigneur de moyenne envergure, il devint deux fois connétable, de France et de Castille, deux fois duc, deux fois comte, et peut-être roi. Chevalier, chef routier et même entrepreneur de guerre, il fut tout cela à la fois, à la croisée des chemins d'une Europe en pleine transition.
    Dans un récit haut en couleur, Frédéric Morvan retrace le destin flamboyant de ce grand conquérant aux méthodes parfois discutables, mais mû par l'idéal chevaleresque de son temps.
     
    Professeur agrégé d'histoire, docteur en histoire médiévale, Frédéric Morvan est spécialiste de la féodalité bretonne et de la guerre au Moyen Âge en Bretagne. Il est président du Centre d'Histoire de Bretagne/Kreizenn Istor Breizh. Il a notamment publié La chevalerie de la Bretagne au Moyen Âge (Presses universitaires de Rennes, 2009), Les Bretons. L'esprit valeureux et l'âme fière (1870-1970) (Michel Lafon, 2014) ou encore Bretagne, l'histoire confisquée (Cherche Midi, 2017) et dirigé plusieurs volumes aux éditions Encyclopédie de la Bretagne.

  • L'histoire de l'empire romain a tout pour séduire le lecteur moderne, qui pourra puiser dans son récit bien des leçons sur le temps présent  : des personnages hors norme, des portraits de «  monstres  » façonnés par une historiographie hostile, mais aussi une capacité de résilience qui a permis à un État, né d'une cité installée sur les bords du Tibre, d'imposer sa domination pendant plusieurs siècles et d'assurer à une partie du monde une période de paix qu'elle n'a jamais connue depuis lors.
    Mieux appréhender l'histoire de l'empire romain de l'avènement du principat (29/27 av. J.-C.) jusqu'à l'édit de Milan (313), en mettant en particulier en exergue les ressorts de son gouvernement qui ont alimenté ses capacités de conquête, de résistance et de résilience dans des circonstances parfois difficiles, tel est l'enjeu de ce livre. Il dévoile ce qui fit la force de cet empire mondial, le premier de ce genre, aux limites jusqu'alors inégalées, des extrémités des Îles britanniques aux bordures du Caucase et du plateau iranien, des rives de l'Atlantique à celles de la Caspienne et de la mer Rouge, des bords du Danube aux confins du désert saharien. Ses relations avec le monde extérieur, considéré comme «  barbare  », un temps contenu au-delà d'une ligne de défense, un limes mouvant, puis sans cesse renforcé, constituèrent une préoccupation des princes qui se succédèrent, soucieux d'assurer la protection de l'empire et de son coeur, l'Italie.
    Dans ce livre aux multiples facettes, quatre des meilleurs spécialistes de l'histoire de Rome dressent un portrait vivant de cet empire qui domina le monde. Le lecteur croisera au fil des pages empereurs, princes, membres de la famille impériale et «  maréchaux  » que les sources littéraires, tout empreintes de la pensée sénatoriale, se sont plu à distinguer ou à proscrire, mais aussi, au travers de la documentation épigraphique, d'autres moins illustres, qui ont voulu, de même, laisser une trace de leur existence.
     
    Michel Christol est professeur émérite d'histoire romaine à l'université de Paris-1. Pierre Cosme est professeur d'histoire ancienne à l'université de Rouen depuis 2010. Frédéric Hurlet est professeur d'histoire romaine à l'université Paris Nanterre et membre de l'Institut universitaire de France. Jean-Michel Roddaz est professeur émérite d'histoire romaine à l'université Michel de Montaigne
     
     

  • Charles de Gonzague-Clèves (1580-1637), duc de Nevers, de Rethel puis de Mantoue, est l'archétype de ces princes du début du xviie siècle qui se heurtent aux mutations de leur temps.
    Alors que s'affirment partout en Europe les aspirations d'États forts, chacun cherche les moyens de s'imposer. De jeune guerrier, fin stratège, meneur d'hommes sur les champs de batailles, Charles devient calculateur, posant ses pions, nouant des alliances. Engagé dans de multiples projets, de la fondation de Charleville à la reconquête de la Grèce contre les Turcs, protégé par Henri IV, haï par Marie de Médicis, ses liens de parenté lui offrent un destin européen exceptionnel, des bords de la Meuse au duché de Mantoue.
    À partir d'archives inédites dispersées dans de nombreux pays ainsi que d'un millier de lettres, Claude Grimmer nous immerge, chose rare, dans l'intimité familiale d'un homme aussi soucieux de protéger les siens que d'arriver à ses fins  : jouer un rôle en Europe.
     
    Claude Grimmer est maîtresse de conférences honoraire en histoire moderne à l'université Clermont-Auvergne. Chercheuse associée au Centre Roland Mousnier (Sorbonne-Université), elle participe actuellement à l'enquête Charleville  : Connexions Carolopolitaines, Espace, Population, Patrimoine. Spécialiste de l'histoire de la famille, elle a publié de nombreux ouvrages dont La Femme et le bâtard (Presses de la Renaissance, 1983).

  • «  Une enquête a été faite contre [...] Dante Alighieri, du  sestiere  de Saint Pierre majeur [...]   pour établir s'il a commis  des «  barateries  », des injustes extorsions et des gagnes illicites en argent ou en nature  »
    Cante Gabrielli da Gubbio, podestat de Florence, 27 janvier 1302.
     
    «  Je tiens pour un honneur l'exil qui m'est donné  : car [...] tomber avec les bons reste digne de louange.  »
    Dante Alighieri,  Tre donne,  vers 1302-1308.
     
     
    Écrire une biographie de Dante est un défi auquel se sont confrontés nombre de chercheurs. Tandis que les archives se taisent le plus souvent sur la vie du Florentin ou sont d'interprétation délicate, son oeuvre contient tant de passages personnels qu'elle pourrait aisément se lire comme une autobiographie. Mais naïve serait la démarche qui prendrait Dante pour un témoin fidèle de sa vie.
    Dans une enquête conduite à quatre mains, où documents et oeuvre littéraire se font écho, Elisa Brilli et Giuliano Milani renouent les fils de ce destin singulier. Celui d'un homme aux prises avec les bouleversements politiques de son temps, à la charnière des xiiie et xive siècles, et dont les expériences, horizons et réactions changent en fonction des contextes qu'il traverse (municipal, seigneurial, impérial, courtisan)  ; celui d'un homme qui tenta à plusieurs reprises de façonner sa vie par l'écriture, inventant une forme de récit de soi, aux contenus toujours changeants, entre mémoire individuelle et universelle.
    Là est sans doute la contribution essentielle de Dante à la culture occidentale.
     
     
    Elisa Brilli est professeure de littérature italienne médiévale à l'université de Toronto depuis 2015. Ses recherches portent sur Dante et l'histoire culturelle médiévale. Elle a notamment publié Firenze e il profeta. Dante fra Teologia e Politica (Rome, 2012), dirigé le «  Forum  » sur les études biographiques de Dante (dans Dante Studies, 136 en 2018) et fondé avec J. Steinberg et W. Robins le International Seminar on Critical Approaches to Dante.
     
    Giuliano Milani est professeur d'histoire médiévale à l'université Gustave Eiffel. Il s'intéresse à l'histoire politique et institutionnelle des communes italiennes. Il est notamment l'auteur de L'homme à la bourse au cou (Rennes, 2019)  ; il a dirigé avec A. Montefusco Dante attraverso i documenti (Florence-Berlin, 2016-2020) et il a édité avec T. De Robertis, L. Regnicoli et S. Zamponi le Codice diplomatico dantesco (Rome, 2016), la collection des documents sur la vie de Dante et de la famille Alighieri.

  • Jésus est le personnage le plus connu de l'histoire universelle. Près d'un tiers de l'humanité, à des degrés divers, se réclame de lui, de son enseignement spirituel ou de son message éthique. La fascination du public - croyant ou incroyant - à son égard est telle que, chaque année, de nombreux livres lui sont consacrés. Mais, à côté de textes de catéchèse ou de théologie, ce sont souvent d'austères études s'adressant à des spécialistes. En quelques décennies, les progrès de la recherche ont été considérables, aussi bien en histoire, en archéologie qu'en exégèse biblique (manuscrits de la mer Morte, fouilles archéologiques en Israël, reliques de la Passion, etc.). On connaît infiniment mieux aujourd'hui l'enracinement historique et religieux de Jésus et son environnement palestinien. L'originalité du présent ouvrage, destiné à un large public, est d'intégrer ces données dispersées dans un récit biographique, clair, alerte et fluide, s'efforçant de reconstituer le plus exactement possible la vie et le caractère du « Jésus de l'Histoire ». Que sait-on de lui ? Comment était-il perçu par ses contemporains ? Un prophète, un réformateur juif, le Messie attendu par Israël ? Pour quelle raison a-t-il été exécuté ? Quelle responsabilité les occupants romains et les autorités officielles du Temple de Jérusalem ont-ils eue dans sa mort tragique ? Il s'agit donc ici de donner le point de vue de l'historien, rationnel, mais non rationaliste, qui, tout en s'appuyant sur des recherches scientifiques rigoureuses, reste ouvert sur le mystère de la foi chrétienne.

  • L'auteur de Philippe le Bel s'attache aujourd'hui à ce long siècle qui suivit la mort des derniers Capétiens. Mais fallait-il écrire l'histoire d'une guerre? Jean Favier montre que ce conflit n'est pas seulement phénomène en soi, il exprime les mouvements profonds qui animent la société médiévale: par-delà les batailles _ où il arrive que le sort d'un royaume se joue en quelques quarts d'heure _, la guerre devient facteur déterminant des infléchissements de l'histoire dès lors que le noble et le clerc, le bourgeois et le paysan pensent et se comportent en fonction de cette guerre. Qu'elle soit réelle ou supposée, proche ou lointaine, voilà qui change peu cet horizon mental qu'est la guerre pour cinq générations qui ont su qu'elle faisait partie de leur vie.
    La guerre de Cent Ans a été le lot commun des individus comme des groupes humains, celui des féodaux encore pris dans leurs fidélités contractuelles, celui des officiers royaux découvrant le service de l'Etat à mesure qu'ils le conçoivent, celui de maîtres de l'Université que leurs engagements intellectuels mènent à des conflits qui n'étaient point les leurs.
    En un étonnant contrepoint où passent les visages renouvelés d'un Charles le Mauvais, d'un Bertrand du Guesclin, d'un Pierre Cauchon et de bien d'autres, Jean Favier fait jouer les thèmes divers qui s'appellent le nationalisme naissant, la réforme de l'Etat et l'unité de l'Eglise, le prix du blé et le salaire du maçon, l'influence parisienne et la force provinciale, le métier des armes et la volonté de paix.
    Jean Favier est né en 1932. Membre de l'Institut, directeur général des Archives de France, il est aussi professeur à l'université de Paris-Sorbonne et directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. Il s'est fait connaître par de nombreux travaux sur les finances médiévales et sur les structures économiques et sociales de Paris à la fin du Moyen Age. Ses livres Philippe le Bel, François Villon, De l'or et des épices ont tous connu un grand succès. Il dirige l'Histoire de France (Fayard) dont il a lui-même écrit le tome II, Le Temps des principautés.

  • Rabat 1
    «  J'ai défendu la République dans ma jeunesse, je ne l'abandonnerai pas dans ma vieillesse... je ferai volontiers le sacrifice de ma vie, si, par ma mort, je puis réaliser pour les citoyens le rétablissement de la liberté...  »
    Cicéron, Philippiques, II, 118.
     
    Rabat 2
    «  Cicéron...Ce n'est pas le nom d'un orateur, c'est le nom de l'éloquence...  »
    Alphonse de Lamartine, Vies de quelques hommes illustres, Cicéron, 1863.
     
     
     
    Cicéron est, à plus d'un titre, une figure exceptionnelle. Nul auteur, nul homme politique romain n'offre la même possibilité de compréhension de son temps. Un temps qui, dans une République à l'agonie, vit les Romains se partager violemment entre tenants du mouvement, les populares, et partisans de l'immobilisme, les optimates, pour finir par s'affronter les armes à la main. Cicéron, qui n'avait que sa voix, pensait, fort peu modestement, que sa parole suffirait à redresser une situation désespérée. Pouvait-il cependant croire que, sans l'appui de légions ou d'importantes clientèles, une troisième option politique, réformatrice sans être révolutionnaire, avait vocation au succès  ? Il le crut et ce fut son drame. Il devait finir sauvagement assassiné sur ordre de Marc Antoine en 43 av. J.-C., laissant derrière lui une oeuvre immense.
    En suivant sur le temps long le devenir de Cicéron et la postérité de son oeuvre, Yves Roman nous plonge au coeur de la compréhension d'une démarche politique, rhétorique et philosophique, pour saisir toute la complexité d'un homme.
     
    Professeur d'histoire romaine à l'université Lyon 2 de 1981 à 2010, Yves Roman est l'un des grands spécialistes d'histoire ancienne en France. Ancien président de la Sophau (Société des Professeurs d'Histoire Ancienne de l'Université) et lauréat de l'Académie française, il a notamment publié avec Danièle Roman une Histoire de la Gaule (Fayard, 1997) qui est aujourd'hui encore une référence.
     

  • Les incessantes révisions qu'opère l'égyptologie _ une discipline somme toute récente _ sont parfois longues à sortir du milieu des spécialistes. Ainsi, pour la plupart, avons-nous, de la civilisation du Nil, une vision quelque peu traditionnelle et conventionnelle, le plus souvent tributaire de découvertes et de travaux remontant aux années 50 et 60, alors que des avancées décisives ont eu lieu depuis.
    De ces acquis anciens et nouveaux un égyptologue propose ici une synthèse à la fois vivante et savante portant sur l'ensemble de l'histoire de la terre des Pharaons (depuis la préhistoire jusqu'à la conquête d'Alexandre). Etayée sur la chronologie la plus sûre à ce jour et nourrie des informations livrées par un matériel archéologique de plus en plus abondant, elle fait une large part _ et c'est là l'une de ses principales nouveautés _, à l'économie, à la linguistique, à l'anthropologie, etc. _ à côté d'approches plus classiques comme le récit des événements et l'évocation des figures marquantes.
    Abondamment illustré et enrichi de nombreux textes égyptiens, cet ouvrage ambitionne de donner à l'honnête homme de notre temps, au voyageur, à l'étudiant une connaissance approfondie de la plus ancienne et assurément de la plus prestigieuse des civilisations du Bassin méditerranéen.
    Né en 1948, directeur de l'IFAO du Caire, professeur à l'université de Paris-Sorbonne, Nicolas Grimal a jusqu'à présent publié essentiellement des articles et des ouvrages universitaires. Il est notamment l'auteur d'une thèse d'Etat sur Les Termes de la propagande royale du Nouvel Empire à la conquête d'Alexandre (1986).

  • «  Sa finesse d'esprit est remarquable pour son âge et une fois qu'elle a décidé de faire quelque chose, elle s'efforce d'y parvenir par n'importe quel moyen et à n'importe quel prix.  »
    Érasme Brasca, ambassadeur de Venise
     
    Si elle est devenue une reine aux contours parfois insaisissables, c'est parce qu'Anne de Bretagne a servi trop de maîtres après sa mort. On la voudrait fidèle à la France parce qu'elle fut reine, fidèle à la Bretagne parce qu'elle est née bretonne, fidèle à son père parce qu'elle lui promit de ne jamais assujettir son duché, fidèle à son peuple qui comptait sur elle, fidèle à son époux - mais lequel  ? Charles VIII ou Louis XII -, fidèle à ses fils morts trop jeunes, fidèle à ses filles, comme elle éloignées du trône. Sa vie intense et fascinante, ses voyages et ses pèlerinages symboliques, contribuèrent à élaborer ce personnage mythique.
    Il est temps de retracer le portrait intime de cette femme de tête entourée d'hommes de pouvoir. Car, reine et duchesse, Anne de Bretagne fut aussi et d'abord une femme de son temps.

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    Charles IV (1316-1378) fut le roi et l'empereur d'une chrétienté en crise au xive siècle, déchirée par la peste, la guerre de Cent Ans et les débuts du schisme pontifical. Issu de la dynastie des Luxembourg, il est né à Prague, a été élevé à Paris, fit ses premières armes en Italie, devint roi des Romains, roi de Bohême, roi des Lombards, roi d'Arles et ceignit enfin la couronne impériale à Rome. Il parlait, lisait, écrivait le tchèque, le français, l'allemand, le latin, l'italien. Collectionneur passionné de reliques et d'oeuvres d'art, notamment de ses propres portraits, il est l'auteur, fait rarissime, d'une autobiographie qui raconte son enfance, ses rêves, ses doutes à la première personne. Il est aussi le père de la Bulle d'Or de 1356, une Constitution qui ordonne l'élection et les institutions du Saint Empire jusqu'en 1806, établit un équilibre fédéral et territorial à l'allemande, d'une certaine manière toujours actuel.
    Constructeur de châteaux, marié quatre fois, grand lettré, inlassable voyageur, Charles  IV fut un roi et empereur à la fois médiéval et moderne, au carrefour des langues et des cultures européennes.
     
     
    Directeur d'étude à l'EHESS, Adjunct Professor de l'université Goethe de Francfort/Main, Pierre Monnet dirige l'Institut franco-allemand de sciences historiques et sociales de Francfort/Main. Spécialiste de l'histoire politique et sociale de la fin du Moyen Âge, il est l'auteur de nombreux ouvrages et a notamment édité avec Jean-Claude Schmitt la Vita de Charles IV (Belles Lettres, 2010).

  • Germaine de Staël est aujourd'hui une illustre inconnue. Pourtant elle a côtoyé toute l'Europe des Lumières, exaspérée Napoléon par sa lucidité politique, connu la gloire littéraire de Vienne à Rome et Londres, fait chavirer les coeurs, de Benjamin Constant au prince de Prusse ou aux hussards de 30 ans. Cette vie à bride abattue, Michel Winock lui rend justice dans un récit troussé comme un film. Celui-ci commence sur les genoux du grand Necker, son père, banquier puis ministre de la dernière chance de Louis XVI, et dans le salon de sa mère où tout ce qui passe pour avoir de l'esprit à Paris, donc dans le monde, vient. Sur fond de Révolution, d'exils à répétition en Suisse, à Weimar ou à Vienne, d'espions du Directoire, de Bonaparte et de Louis XVIII, Michel Winock montre à la fois comment on devient une tête politique, une femme du monde, une amoureuse insatiable (d'abord d'elle-même et de l'image paternelle) et, ce qui n'est pas rien, un grand écrivain. Madame de Staël est au carrefour des idées modernes et leur porte-voix : ennemie des despotes, avocate des libertés - à commencer par celle des femmes -, Germaine de Staël devient, grace à Michel Winock, l'archétype de la femme romantique.

  • Robespierre, c'est la Révolution, son souffle épique, et son soufre aussi. L'homme est chargé de tous les maux et couvert de tous les éloges avant même son élection au Comité de salut public, en juillet 1793. Aujourd'hui, beaucoup lui associent la Terreur et les massacres de Vendée ; d'autres soulignent son combat pour le suffrage universel, sa dénonciation de la peine de mort et de l'esclavage, sa défense d'un pays menacé, son rêve d'une république qui offre à tous une égale dignité. Comment dépasser ce paradoxe ?
    Hervé Leuwers s'est lancé sur les traces de l'enfant d'Arras devenu mythe, en véritable historien, bousculant les présupposés, analysant des sources jusqu'à aujourd'hui inédites, creusant les archives pour faire jaillir le portrait d'un juriste et homme de lettres, d'un orateur hors pair, d'un politique intransigeant et désintéressé. Un homme d'état, certes, comme la France en a peu connu dans son histoire, mais aussi une personnalité complexe, dérangeante, et pourtant souvent généreuse. Cette biographie de référence invite à redécouvrir un homme d'exception qui fascine dans le monde entier. Professeur à l'université Lille 3, Hervé Leuwers est spécialiste de la Révolution française et de la société judiciaire des xviie et xviiie siècles. Il a notamment publié Un juriste en politique : Merlin de Douai (APU, 1996), L'Invention du barreau français (Éd. de l'EHESS, 2006, prix Limantour) et La Révolution française et l'Empire (PUF, 2011).

  • À première vue, on pourrait douter qu'il soit seulement possible de dire quelque chose de neuf sur Napoléon : n'avance-t-on pas qu'il s'est publié à son sujet plus de livres qu'il ne s'est écoulé de jours depuis sa mort ? Quant à Jean Tulard, lui qui règne sur les études napoléoniennes depuis quarante ans, qui sait tout d'elles, qui a écrit et dirigé plusieurs dizaines d'ouvrages fondamentaux, il s'est longtemps attaché à comprendre le « mythe du sauveur » (Fayard, 1977), à cerner l'oeuvre politique et administrative, à décrire la société française, à esquisser les traits de quelques-uns des participants de l'épopée. Manquait à son oeuvre le grand livre qui nous montrerait comment cet incontestable surdoué que fut Napoléon a conduit (ou non) son destin personnel.
    C'est maintenant chose faite. Le tour de force est à la hauteur et de l'auteur et du sujet : s'écartant des voies classiques d'un récit pointilliste, l'historien a choisi d'évoquer le fabuleux destin de Napoléon en s'arrêtant sur chacun des moments où l'Histoire a hésité. Parmi les épisodes de toute sorte qui ont tissé cette vie incroyable, certains étaient bien connus mais pâtissaient d'un éclairage insuffisant, d'autres étaient omis ou traités cavalièrement. Rarement, en tout cas, on les avait rassemblés et liés les uns aux autres avec une telle agilité, jamais l'exclamation du principal intéressé à Sainte-Hélène (« quel roman que ma vie ! ») n'a été aussi vraie que dans les 50 chapitres de Jean Tulard.
    Combien de fois le talent, l'imagination, l'audace, le courage, la ruse, la baraka, la fidélité ne l'ont-il pas servi, combien d'autres fois la présomption, le cynisme, la mesquinerie, la malchance, la trahison ne l'ont-il pas mené près de sa perte - avant de l'emporter ? Les triomphes et les échecs, mais aussi la légende prennent chez le jeune opportuniste politique, chez le général, chez le consul et chez l'empereur, chez le proscrit de Sainte-Hélène un relief extraordinaire. À la mesure du génie et de la volonté de puissance d'un personnage comme l'humanité n'en avait jamais connu.

  • Oeuvre d'historien, ce livre se lit comme un roman. Le lecteur est entraîné sur les pas de Champollion, erre comme lui dans l'aventure du déchiffrement des hiéroglyphes ; il a les yeux de Champollion sur le monde, partage ses rêves, ses doutes et les affres de sa santé précaire, sillonne des contrées lointaines en sa compagnie, réagit aux attaques des jaloux qui lui contestent la gloire de sa découverte. Cette somme révèle des épisodes jusqu'ici inconnus de la vie du savant, notamment les années passées à Grenoble où les guerres napoléoniennes et la Restauration eurent un fort retentissement.

  • Qui était Friedrich-Wilhelm Krüger  ? Un officier allemand idéaliste qui entra à vingt ans dans la Première Guerre mondiale. Un soldat qui vécut le déshonneur de la défaite. Un homme nommé à la tête de la Pologne occupée en 1939, au service d'Heinrich Himmler et d'Adolf Hitler. Un bourreau dont les historiens n'avaient pas expliqué jusqu'ici le rôle majeur joué dans l'extermination de deux millions de juifs polonais. Le chef suprême de la police et de la SS, qui fit construire les camps de Be ec, de Sobibór, de Treblinka  ; coordonna la destruction du ghetto de Varsovie  ; organisa la destruction de la résistance polonaise...
    Comment ce jeune homme enthousiaste a-t-il pu devenir, en deux décennies, l'un des pires bourreaux de la Seconde Guerre mondiale  ? Dans cette biographie captivante, Nicolas Patin convoque le Journal intime inédit de Krüger, des archives allemandes, polonaises, américaines, pour restituer le parcours nuancé d'un bourreau ordinaire, sculpté par trente ans de violence, d'une guerre à l'autre.

  • Après tant de livres et d'études consacrés à Cicéron, est-il possible de dire sur lui quelque chose de nouveau? C'est ce qu'a tenté l'auteur, relevant le défi porté autrefois par un illustre philologue allemand, prétendant qu'il était impossible d'écrire un Cicéron. P. Grimal, bien qu'il ait enseigné la littérature latine en Sorbonne pendant de nombreuses années, et répudiant toute prudence, a voulu écrire sur l'illustre Romain un ouvrage qui puisse être lu. Il a relevé ce défi à l'impossible et gagné son pari. Voici un Cicéron qui essaie non pas de porter un jugement de l'extérieur, et, à travers l'épaisseur des siècles, sur l'homme, ou le consul, ou l'orateur, mais qui s'attache à comprendre le personnage lui-même dans sa complexité, ce qu'il a été simultanément.
    C'est le moment où Rome devient sensible à la philosophie, et en élabore une qui lui est propre. Le moment où naît l'Empire sur les ruines de la vieille cité-Etat, où la culture, l'éloquence, la préoccupation de la beauté vont devenir le ciment de l'Empire. Cette création, spirituelle autant que politique, a eu pour artisan celui que certains de ses contemporains appelaient avec dédain " l'homme d'Arpinum ". Déchiré, en contradiction parfois avec lui-même, il avait ses racines dans le plus lointain passé, mais ce qu'il apporta au monde devait vivre jusqu'à nous.
    Le Cicéron, extraordinairement vivant et attachant, que nous offre P. Grimal, est un témoignage sur une époque, mais avant tout sur un homme que des générations ont caricaturé et défiguré de mille manières.

  • Il y a un paradoxe Lafayette  : héros à la réputation quasi immaculée outre-Atlantique, il reste un mal aimé de l'histoire de France. Lafayette est souvent résumé par un cliché   le «  héros des deux mondes  »  ou réduit à une caricature, celle d'un personnage vain et naïf, voire d'un traître.
    Au-delà des apparences et des procès d'intention, Laurent Zecchini restitue la dimension et la complexité d'un homme au destin épique  : après avoir joué un rôle si singulier dans la naissance des États-Unis d'Amérique, il a été un personnage central des deux révolutions françaises (1789 et 1830), l'artisan de l'abdication de Napoléon, puis le porte-drapeau des luttes d'émancipation en Europe
    Grâce à une approche inédite des archives françaises et américaines, l'auteur dévoile un Lafayette débarrassé de la diabolisation et de l'idéalisation qui ont si longtemps brouillé son image. Certes soucieux de sa gloire, il a été avant tout le héraut de la liberté, dans les combats de la guerre d'indépendance américaine comme dans le maelstrm de 1789 et au cours des Trois Glorieuses. Par les valeurs qu'il a défendues, il incarne quelque chose de plus vaste que lui-même, des idées qui sont d'une surprenante modernité.
     
     
    Journaliste pendant plus de quarante ans, dont trente-cinq ans au journal Le Monde, Laurent Zecchini a été correspondant dans de nombreuses capitales (New  Delhi, Londres, Washington, Bruxelles, Jérusalem), avant de se consacrer pendant quatre ans et demi à cette biographie de Gilbert de Lafayette.
     

  • L'Ancien Régime et la figure de Louis XIV fascinent. Comment un royaume en guerre six ans sur dix a pu fonctionner  ? Parce que Richelieu, puis Mazarin et surtout Colbert ont fédéré autour de leur personne les grandes familles fortunées, répond Daniel Dessert. Sans ces grands financiers, il n'y aurait pas eu de monarchie absolue  : l'État, c'est eux  !
    Colbert est la dernière incarnation de ce système corrompu fondé sur ce qu'on appellerait aujourd'hui le pouvoir des lobbies et reposant sur des solidarités de clan. Esprit froid, minutieux et calculateur, excellent organisateur, mais cupide et amoral. Le Rémois a su léguer à la postérité l'image ambiguë de ce que ses successeurs nommeront avec ravissement un «  grand homme d'État  ». Lui qui exercera le pouvoir réel quand le roi n'en aura plus que l'apparence.
    Il aura fallu trente ans à Daniel Dessert pour restituer un fonctionnement fisco-financier complexe, dont Colbert fut l'héritier, puis le praticien le plus redoutable.
     
    Disciple de Pierre Goubert, Daniel Dessert est spécialiste de la finance et des financiers sous l'Ancien Régime. Il a notamment publié l'ouvrage classique sur le sujet  : Argent, pouvoir et société au Grand Siècle (Fayard, 1984, Pluriel, 2018), et plus récemment L'Argent du sel, le sel de l'argent (Fayard, 2012).

  • Originaire d'une famille de modestes marins et lui-même marin, Garibaldi a choisi tout jeune de consacrer sa vie à la cause de la liberté. En Amérique latine d'abord où il a combattu pendant près de quinze ans au service des démocrates du Rio Grande do Sul et de l'Uruguay, puis en Italie où ce guérillero désintéressé a achevé de bâtir sa légende. Personnage aux multiples visages, immortalisé par la chemise rouge qui fait de lui une cible vivante et que portent également ses compagnons d'armes, Garibaldi restera jusqu'à sa mort, et longtemps après encore le « héros des Deux-Mondes », l'homme qui le plus a oeuvré pour l'émancipation et pour l'unité de l'Italie, avant de militer pour la paix entre les peuples et pour plus de justice sociale. Fidèle à ses engagements et désireux d'acquitter la « dette » qu'il dit avoir contracté envers la France, à demi-infirme et souffrant de douloureux rhumatismes articulaires, il débarque à Marseille avec quelques centaines de « chemises rouges » pour apporter « ce qu'il reste de lui » au gouvernement de la République et remporter, à Dijon, l'un des rares combats victorieux livrée aux Prussiens par l'armée de la Défense nationale. C'est ce personnage de légende, sans doute celui dont la notoriété dépasse celle de tous les « grands hommes » du XIXe siècle, dont Pierre Milza retrace dans ce livre le destin héroïque.

  • Le combat de Martin Luther (1483-1546) contre les dérives de l'Église de son temps a été à l'origine d'un renouveau de la piété, mais aussi de la fracture de la chrétienté occidentale qui perdure jusqu'à aujourd'hui.
    À l'occasion du 500e anniversaire de la Réforme, Matthieu Arnold suit Luther à travers l'ensemble de sa vie et de son oeuvre  : ses grands traités, sa traduction de la Bible, sa correspondance, ses catéchismes, ses cantiques, ses prédications ou encore ses Propos de table. Il nous fait découvrir ainsi un personnage plus riche et plus complexe que le pourfendeur de la papauté ou l'adversaire d'Érasme : le porte-parole d'un message réconfortant et le génial inventeur de la langue allemande ; un mari facétieux, promoteur de l'instruction des femmes ; un homme d'une intense sensibilité religieuse, qui fut appelé à s'exprimer aussi dans le domaine de l'éducation, de l'économie et de la politique. Grâce à l'étude des écrits de ses contemporains, Matthieu Arnold resitue Luther dans son époque pour mieux en mesurer l'influence, dans tous les milieux sociaux.
     
    Professeur à la Faculté de théologie protestante de l'Université de Strasbourg, membre honoraire de l'Institut universitaire de France, Matthieu Arnold est le premier historien à avoir consacré une étude systématique à l'immense corpus des lettres de Luther. Il a notamment édité Martin Luther, Les Quatre-vingt-quinze thèses (Olivétan, 2014), et il co-dirige l'édition des OEuvres de Luther dans la Bibliothèque de la Pléiade (t. I, 1999  ; t. II sous presse). 

  • La vie de Lénine, mort en 1924 à cinquante-quatre ans, couvre deux périodes distinctes. D'abord vingt ans d'exil passés à rêver la révolution et à forger son instrument : le Parti bolchevique. En Février 1917, le rêve débouche sur un échec : la révolution russe se fait sans lui. Mais, en octobre, elle prend le visage de Lénine. Ce dernier s'empare du pouvoir. En l'espace de seulement quatre ans au cours desquels il parvient à se maintenir contre toute une société qui le rejette, il édifie un Etat tout-puissant, reconstruit l'Empire, crée le Parti mondial de la révolution, installe le communisme dans l'histoire pour soixante-dix ans.
    Comment expliquer, dans un pays d'alors cent quarante millions d'habitants, la conquête puis la conservation du pouvoir à l'aide d'un parti qui ne compte à l'origine que quelques milliers de membres ? Comment expliquer la pérennité et le rayonnement mondial du léninisme ?
    En dépit du bilan terrible du régime qu'il a institué - plus de cent millions de morts -, le constat s'impose : génie politique, Lénine a été l'inventeur d'un système de pouvoir sans équivalent dans l'histoire de ce siècle.
    Historienne de la Russie, Hélène Carrère d'Encausse, membre de l'Académie française depuis 1991, a notamment publié chez Fayard La Gloire les nations, Victorieuse Russie, Le Malheur russe, et une biographie de Nicolas II.

  • En 1613, les Romanov ont été portés sur le trône de Russie à l'issue desiècles tragiques où le pouvoir a été transmis ou conquis par le meurtre. De 1613 à 1917, quinze souverains donttrois femmes ont incarné la dynastie. Les Romanov ont gouverné un empire devenu le pays le plus étendu du monde - ce qu'il est encore en 2013. Cette dynastie exceptionnellement brillante, certains empereurs - Pierre le Grand, Catherine II, Alexandre II - comptent parmi les plus hautes fi gures de l'histoire universelle, a permis à la Russie de devenir une très grande puissance européenne puis mondiale. Pourtant, le sang n'a cessé de couler au pied du trône. De là, trois questions, l'histoire russe a-t-elle créé les conditions de cette violence ininterrompue? Le destin tragique de cette dynastie était-il écrit dans son passé: invasions, cultures, religions diverses qui se mêlaient sur la terre russe? Ce rapport inédit du pouvoir légitime et de la violence conduisaient-ils inéluctablement à la tragédie fi nale et au système totalitaire dont la capacité de durer et la violence furent non moins exceptionnelles ? Historienne de la Russie, Hélène Carrère d'Encausse est membre de l'Académie française depuis 1991 où elle a été élue Secrétaire perpétuel en 1999. Elle a reçu le prix Aujourd'hui pour L'Empire éclaté (Flammarion) en 1978, le prix Louise-Weiss en 1987, et le prix Comenius en 1992 pour l'ensemble de son oeuvre. Sa biographie de Nicolas II (Fayard 1996) a obtenu le prix des Ambassadeurs en 1997.

  • Le Yémen a longtemps fasciné bien des voyageurs, parfois illustres, d'Ibn Battuta à Arthur Rimbaud et André Malraux. Il apparaît comme l'incarnation d'une authenticité tant arabe que musulmane. Toutefois, bien que pris dans les soubresauts de l'histoire mondiale (colonisation, guerre froide et terrorisme) et occupant une place stratégique à la croisée des continents, il reste mal connu et perçu comme marginal et passif.
    Patrie d'origine de la famille Ben Laden, lieu où l'attentat contre Charlie Hebdo a été commandité, le Yémen a émergé en tant que menace à la sécurité internationale dans le contexte de la guerre mondiale contre le terrorisme et a vu son image se détériorer. L'offensive armée saoudienne lancée en mars 2015 en a fait une victime directe de la lutte entre puissances régionales.
    L'ambition de cet ouvrage est de dépasser ces perceptions catastrophistes et cette lecture purement sécuritaire pour s'intéresser aux modes d'intégration du Yémen dans les relations internationales. Il s'agit, à partir de figures et d'interactions spécifiques (du diplomate au terroriste en passant par le migrant et l'artiste), d'analyser la place qu'occupent cet État et cette société dans les enjeux contemporains.
    Car le Yémen, loin d'être une marge, se trouve au coeur de processus fondamentaux qui ont trait aux flux transnationaux, aux mécanismes de domination et aux résistances qu'ils engendrent. Mieux le comprendre, c'est aussi mieux appréhender un Moyen-Orient et un monde en crise.

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