Sciences humaines & sociales

  • Que le rêve soit le seul lien, par delà l'oubli, avec l'enfance, éclaire d'un jour nouveau un fait étrange : que le refoulement de l'affect, lié au deuil en particulier, passe toujours par le refoulement de la fonction onirique. Sans rêves en effet, la situation de perte est tout à fait neutralisée, réduite. C'est précisément tout cet aspect de l'expérience humaine, qui touche si près à des impasses précoces, que le travail relationnel sur les rêves est en mesure de réactiver. Le thérapeute de l'adolescent est celui qui est en relation avec le rêve et l'affect, par rapport à lui-même et à l'autre. D'aucune manière, il ne cherche à neutraliser la relation en neutralisant ses propres affects. Ceux-ci doivent être là, mais libres, au cours d'un face à face à raison d'une fois par semaine. Or, c'est cette relation affective, que toute la technique psychanalytique s'emploie à éliminer, en laissant d'ailleurs en suspens toute la problématique de l'affect.
    Sami-Ali

  • Très différents les uns des autres, appartenant à d'autres espaces et à d'autres temps, comme simultanément, à plusieurs champs de savoir, les thèmes traités dans le présent ouvrage, par leur convergence, s'emploient en fait à saisir la réalité humaine dans certaines de ces manifestations les plus significatives, à travers l'opposition fondamentale entre pathologie et création, imaginaire et banal, rêve et adaptation. Chaque thème se trouve alors exploré dans une perspective globale, alors que s'élabore une véritable pensée de la relation en prenant appui, dans le cas de la pathologie notamment, sur le passage du conflit à l'impasse, loin de la psychogenèse et de la causalité linéaire, afin de faire ressortir l'unité dans la diversité, selon une démarche formulée en ces termes par le grand peintre chinois Chi-Tao : Par l'Un, maîtriser la multiplicité ; à partir de la multiplicité, mâitriser l'Un.

  • L'espace, le temps et des mots pour désigner les choses suffisent pour constituer les fondements du monde dans lequel nous vivons. Sans doute faut-il aussi ajouter les liens affectifs qui donnent à ce monde sa dimension proprement humaine. Et c'est précisément tous ces repères essentiels qui se trouvent frontalement attaqués par la maladie d'Alzheimer dans laquelle tout peut finir par s'effacer, sauf peut-être l'attachement.
    Considérée comme une pathologie neurologique à l'étiologie mystérieuse, la maladie d'Alzheimer est traitée exclusivement à coup de psychotropes qui s'avèrent parfois excessifs, voire dangereux, au détriment d'autres options possibles dont, en premier lieu, la psychosomatique relationnelle qui déplace l'intérêt de la maladie au malade. C'est cette démarche novatrice que Leila Al-Husseini a choisie, envers et contre tout, pour acquérir finalement une longue expérience clinique de cette pathologie dont le texte "Mémoire de l'oubli" rend compte.
    Et c'est encore ce travail très spécial, qui place tout le processus de création dans la relation, qui se retrouve dans la très belle observation que Chantal Gombert rapporte ici. Il s'agit d'une femme poète et écrivain de langue bretonne qui émerge d'un long silence se confondant avec la perte inéluctable de la langue. Fins dernières d'un poète qui vont au-delà de la mort pressentie, qui traverse le silence ultime.

  • Quelle est la place de la psychothérapie dans la thérapeutique du cancer ?
    Ce livre aborde, d'une part, la question des limites du cancer et de la place de la psychothérapie dans sa thérapeutique, et, par ailleurs, présente des travaux de recherche sur les impacts du cancer sur différentes approches relationnelles.
    Les propos des patients sont essentiels, le cancer est une situation limite, dans laquelle l'affect, l'image du corps et l'identité sont essentiels. Sont soulevés également les problèmes des soins palliatifs et du suivi des patients.
    L'impasse est un concept issu de la clinique, qui renvoie à la clinique, pour la rendre plus efficace et plus pertinente. Le thérapeute aide à sa compréhension et à son incidence par le patient sur la pathologie.
    Conçue dans cette optique, l'action thérapeutique exige qu'aucune obstruction ne vienne empêcher le thérapeute d'accéder librement à la vie relationnelle onirique et affective, la sienne autant que celle de l'autre, ensuite, que l'affect et la représentation ne sauraient être traités séparément, parce qu'ils sont l'avers et l'envers du même phénomène.
    C'est autour de cette thématique que se situent les travaux de recherche autour du cancer en psychosomatique relationnelle.

  • Une douzaine de communications qui ont été proposées à l'occasion des 40 ans de l'Université Paris Ouest Nanterre-La Défense, par le LASI (le Laboratoire des Atteintes Somatiques et Identitaires dirigé par Mme le Pr Dominique Cupa) développait une réflexion pluridisciplinaire afin de penser la question de la cruauté comme décharge d'une violence intrusive remettant en cause le devenir de l'homme en annihilant ses potentialités d'être pensant et ses capacités d'être.

  • Pour accéder à la perspective théorique ici développée, il ne faut pas perdre de vue que la psychosomatique ne s'y définit pas comme une spécialité distincte de la psychanalyse, d'une part, de la médecine, de l'autre, mais comme la possibilité de penser simultanément le psychique et le somatique dans l'ensemble de la pathologie humaine, fonctionnelle et organique. La théorie relationnelle nous en donne les moyens, en nous permettant d'envisager autrement les différentes pathologies, en même temps que les méthodes thérapeutiques mises en oeuvre. Tel est en effet le dessein du présent ouvrage dont les contributions, par leur diversité même, font mieux ressortir l'unité d'une inspiration susceptible de renouveler toute réflexion concernant l'âme et le corps.

  • Ce qui est malade ce n'est pas le corps, ce n'est pas l'esprit, c'est la personne. Un être humain n'est pas non plus divisé selon l'âme et le corps. L'âme et le corps ne sont pas deux réalités , ce sont deux concepts que nous vous inventons pour rendre compréhensible l'unité. On est toujours obligé de faire des divisions, de distinguer des choses, alors que dans la réalité tout cela est uni. Et toute la théorie relationnelle est en fait une pensée de l'unité. Le corps peut donc traduire des conflits en montrant un dysfonctionnement. Le conflit ne reste pas dans les sphères psychiques mais il est traduit en terme de dysfonctionnement corporel. Il n'y a pas de fonctionnement sans situation relationnelle, ni situation relationnelle sans fonctionnement. On peut bien sûr scinder les deux et c'est comme cela que la psychanalyse a développé une théorie du fonctionnement sans relation, c'est-à-dire ramenée à des processus mentaux : comme s'il y avait des processus internes et des pulsions à l'intérieur du sujet sans relation.

  • L'affect est une relation à l'autre qui passe par le corps, par le langage et par la projection. Relation et affect ont un fondement biologique qui ramène au psychosomatique.
    Cet ouvrage met l'accent sur ce fait psychosomatique fondamental qu'est l'affect.
    À partir de l'affect refoulé et de l'affect libéré, il souligne l'envers et l'avers du même phénomène. Il situe son importance pour la psychosomatique relationnelle. Il montre également qu'il n'y a pas d'affect sans représentation, ni de représentation sans affect et place l'affect - son refoulement ou sa libération - dans une réalité relationnelle et corporelle.

  • Toute psychothérapie, qui touche à l'âme et au corps et qui se veut novatrice, doit entraîner une autre vision de la thérapeutique.

    Cet ouvrage entend montrer qu'à partir de la relation donnée, il est possible de créer des méthodes psychothérapiques nouvelles pour prendre soin des personnes présentant une pathologie psycho- somatique à un moment crucial de leur vie. Psychothérapies qui ne s'avèrent efficaces que parce qu'elles constituent avant tout des moyens de faire des découvertes, dans le sens de la connaissance de l'autre. Disons-le clairement il ne s'agit pas ici d'appliquer une méthode, au risque de s'enfermer dans la redondance, mais plutôt de créer pour que chacun, selon ce qu'il fait, ce qu'il est, apporte librement sa contribution. Et il est important que tout cela aboutisse à un ensemble où peuvent se reconnaître l'unité et la diversité d'une seule et même situation relationnelle.

    Si, d'un bout à l'autre de ces travaux, l'affect et la pathologie psychosomatique constituent le fil conducteur de toute visée thérapeutique, il y a là comme une manière de restituer à la relation et à la conscience onirique une place qui doit lui revenir, mais que ne cesse d'occulter une adaptation s'effectuant à l'intérieur d'un contexte socioculturel marqué par le banal.

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