EDK Editions

  • L'espace, le temps et des mots pour désigner les choses suffisent pour constituer les fondements du monde dans lequel nous vivons. Sans doute faut-il aussi ajouter les liens affectifs qui donnent à ce monde sa dimension proprement humaine. Et c'est précisément tous ces repères essentiels qui se trouvent frontalement attaqués par la maladie d'Alzheimer dans laquelle tout peut finir par s'effacer, sauf peut-être l'attachement.
    Considérée comme une pathologie neurologique à l'étiologie mystérieuse, la maladie d'Alzheimer est traitée exclusivement à coup de psychotropes qui s'avèrent parfois excessifs, voire dangereux, au détriment d'autres options possibles dont, en premier lieu, la psychosomatique relationnelle qui déplace l'intérêt de la maladie au malade. C'est cette démarche novatrice que Leila Al-Husseini a choisie, envers et contre tout, pour acquérir finalement une longue expérience clinique de cette pathologie dont le texte "Mémoire de l'oubli" rend compte.
    Et c'est encore ce travail très spécial, qui place tout le processus de création dans la relation, qui se retrouve dans la très belle observation que Chantal Gombert rapporte ici. Il s'agit d'une femme poète et écrivain de langue bretonne qui émerge d'un long silence se confondant avec la perte inéluctable de la langue. Fins dernières d'un poète qui vont au-delà de la mort pressentie, qui traverse le silence ultime.

  • Ce qui est malade ce n'est pas le corps, ce n'est pas l'esprit, c'est la personne. Un être humain n'est pas non plus divisé selon l'âme et le corps. L'âme et le corps ne sont pas deux réalités , ce sont deux concepts que nous vous inventons pour rendre compréhensible l'unité. On est toujours obligé de faire des divisions, de distinguer des choses, alors que dans la réalité tout cela est uni. Et toute la théorie relationnelle est en fait une pensée de l'unité. Le corps peut donc traduire des conflits en montrant un dysfonctionnement. Le conflit ne reste pas dans les sphères psychiques mais il est traduit en terme de dysfonctionnement corporel. Il n'y a pas de fonctionnement sans situation relationnelle, ni situation relationnelle sans fonctionnement. On peut bien sûr scinder les deux et c'est comme cela que la psychanalyse a développé une théorie du fonctionnement sans relation, c'est-à-dire ramenée à des processus mentaux : comme s'il y avait des processus internes et des pulsions à l'intérieur du sujet sans relation.

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