Collège de France

  • Ce que peut l'histoire

    Patrick Boucheron

    • Collège de france
    • 25 May 2016

    Nous avons besoin d'histoire car il nous faut du repos. Une halte pour reposer la conscience, pour que demeure la possibilité d'une conscience - non pas seulement le siège d'une pensée, mais d'une raison pratique, donnant toute latitude d'agir. Sauver le passé, sauver le temps de la frénésie du présent : les poètes s'y consacrent avec exactitude. Il faut pour cela travailler à s'affaiblir, à se désoeuvrer, à rendre inopérante cette mise en péril de la temporalité qui saccage l'expérience et méprise l'enfance. "Étonner la catastrophe", disait Victor Hugo ou, avec Walter Benjamin, se mettre à corps perdu en travers de cette catastrophe lente à venir, qui est de continuation davantage que de soudaine rupture.

  • Europe : le mythe comme métaphore

    Alberto Manguel

    • Collège de france
    • 16 February 2022

    Le mythe est, essentiellement, un déplacement, une métaphore, une traduction, une parole qui signifie «  emporté d'un lieu à un autre  ». Les mythes sont transformés, altérés, renouvelés pour correspondre aux besoins d'un temps et d'un lieu. Ils restent néanmoins eux-mêmes, n'étant pas créés en tant que fabrications de l'imagination humaine mais comme des manifestations concrètes de certaines intuitions primordiales.
    Pour inaugurer la chaire annuelle L'invention de l'Europe par les langues et les cultures du Collège de France, créée en partenariat avec le ministère de la Culture, Alberto Manguel analyse dans l'espace et le temps le mythe d'Europe, dont le contenu pourrait constituer la pierre de touche qui donne aux peuples européens une identité commune intuitive.
    Romancier, essayiste, éditeur, critique littéraire et traducteur de renommée internationale, Alberto Manguel est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment Une histoire de la lecture (prix Médicis Essai, 1998). Actuellement directeur du Centre de recherche sur l'histoire de la lecture (Lisbonne), il est également professeur invité au Collège de France pour l'année académique 2021-2022.

  • La révolution, une espérance

    Yadh Ben Achour

    • Collège de france
    • 16 February 2022

    Le mot révolution, comme l'a bien remarqué Alain Rey, «  est devenu très actif dans la mémoire collective des francophones depuis la fin du xviiie  siècle  ». Yadh Ben Achour examine la révolution tunisienne en la replaçant tout d'abord dans son cadre historique, au regard de la théologie politique islamique classique et sous l'angle de l'anthropologie historique, puis en étudiant l'ambiguïté de son déroulement dans le contexte des récentes révolutions arabes.
    Yadh Ben Achour est juriste universitaire et professeur spécialisé en droit public interne et international, ainsi que dans la théorie politique islamique. Après la révolution tunisienne, il a été désigné président de la Haute Instance de réalisation des objectifs de la révolution. Actuellement membre du comité des droits de l'homme des Nations unies, il est professeur invité au Collège de France sur la chaire annuelle Mondes francophones (2019-2020), créée en partenariat avec l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF).

  • Ce n'est ni en défaisant l'État social ni en s'efforçant de le restaurer comme un monument historique que l'on trouvera une issue à la crise sociale et écologique. C'est en repensant son architecture à la lumière du monde tel qu'il est et tel que nous voudrions qu'il soit. Et, aujourd'hui comme hier, la clé de voûte sera le statut accordé au travail. Face à la faillite morale, sociale, écologique et financière du néolibéralisme, l'horizon du travail au xxie siècle est celui de son émancipation du règne exclusif de la marchandise. Comme le montre le cas du travail de recherche, les statuts professionnels qui ont résisté à la dynamique du Marché total ne sont donc pas les fossiles d'un monde appelé à disparaître, mais bien plutôt les germes d'un régime de travail réellement humain, qui fasse place au sens et au contenu du travail - c'est-à-dire à l'accomplissement d'une oeuvre.

  • Lettres noires : des ténèbres à la lumière

    Alain Mabanckou

    • Collège de france
    • 20 April 2016

    L'Afrique a pendant plusieurs siècles été vue, imaginée, fantasmée par les Européens comme un continent sauvage, ténébreux, matière première des récits d'aventures et d'exploration, teintés d'exotisme, qui ne laissaient pourtant entendre qu'une seule voix, celle du colonisateur. Il faut attendre le milieu du xxe siècle pour qu'une littérature écrite par et pour les Africains se révèle. De la négritude à la « migritude », il appartient aux écrivains noirs d'aujourd'hui de penser et de vivre leur identité artistique en pleine lumière.

  • Le reveil geopolitique de l'europe

    Luuk Van Middelaar

    • Collège de france
    • 31 January 2022

    Quelle place l'Europe occupe-t-elle sur la scène internationale ? Et quelle voix est-elle prête à faire entendre pour rester maîtresse de son destin ? Alors que la pandémie de Covid-19 rebat les cartes de l'ordre mondial en frappant jusqu'aux plus grandes puissances, l'heure de la métamorphose géopolitique de l'Union européenne semble avoir sonné. Tel est du moins le constat fait par Luuk van Middelaar dans cet ouvrage qui réunit ses quatre conférences prononcées au Collège de France durant le printemps 2021. Après une tentative de définition du concept de « géopolitique », y sont tour à tour analysés les événements survenus depuis 2014 qui ont contribué au « réveil » du Vieux Continent : les crises russo-ukrainienne et turco-grecque, qui ont ébranlé notre vision des frontières ; la crise sanitaire, qui a agi en révélateur de l'hégémonie chinoise ; la crise transatlantique, qui rend de plus en plus manifestes des divergences entre les intérêts des États-Unis et les nôtres. Interrogeant les réactions de l'Europe face à ces chocs successifs, l'auteur conclut que seul un récit commun, dépassant le cadre des valeurs qu'elle s'est donné pour mission de défendre après 1945, pourra aboutir à une Union confiante et respectée.

  • La littérature, pour quoi faire ?

    Antoine Compagnon

    • Collège de france
    • 14 October 2013

    Auprès de la question théorique ou historique traditionnelle : « Qu'est-ce que la littérature ? », se pose avec plus d'urgence aujourd'hui une question critique et politique : « Que peut la littérature ? » Quelle valeur la société et la culture contemporaines attribuent-elles à la littérature ? Quelle utilité ? Quel rôle ? « Ma confiance en l'avenir de la littérature, déclarait Calvino, repose sur la certitude qu'il y a des choses que seule la littérature peut nous donner. » Ce credo serait-il encore le nôtre ?

  • Gagner la sortie

    Antoine Compagnon

    • Collège de france
    • 14 September 2021

    « Je ne savais pas comment nommer cette dernière leçon, oscillant entre les deux voies que je me suis efforcé de suivre tout au long de ce dernier cycle de cours et durant l'avant-dernière heure encore : une tentation mélancolique, celle des artistes qui réclament une "seconde chance" pour réaliser enfin leur chef-d'oeuvre, et une espérance rédemptrice, chez ceux qui acceptent de n'être rien de plus que l'avatar d'une lignée. Polarité qui ne concerne pas seulement les créateurs, mais peut-être bien aussi les professeurs. » Dans sa quête d'un titre pour sa leçon de clôture prononcée au Collège de France en janvier 2021, Antoine Compagnon convoque ses auteurs de prédilection - de Montaigne à Proust, en passant par Chateaubriand et Baudelaire - et se livre à une série de variations sur le départ, la cessation d'activité, l'immortalité.

  • De l'inégalité des vies

    Didier Fassin

    • Collège de france
    • 30 September 2020

    « Il y a, d'un côté, la vie qui s'écoule avec un commencement et une fin, et de l'autre, la vie qui fait la singularité humaine parce qu'elle peut être racontée. On pourrait ainsi parler de vie biologique et de vie biographique. L'espérance de vie mesure l'étendue de la première. L'histoire de vie relate la richesse de la seconde. L'inégalité des vies ne peut être appréhendée que dans la reconnaissance des deux. Elle doit à la fois les distinguer et les connecter. Les distinguer, car le paradoxe des femmes françaises montre qu'une vie longue ne suffit pas à garantir une vie bonne. Les connecter, car l'expérience des hommes afro-américains rappelle qu'une vie dévalorisée finit par produire une vie abîmée. C'est ainsi que se pose également la question des réfugiés et des migrants. »

  • Leçons de l'histoire de l'Afrique

    Francois-Xavier Fauvelle

    • Collège de france
    • 30 March 2020

    S'il n'est jamais superflu de rappeler que les sociétés africaines sont faites de la même étoffe historique que toutes les sociétés, c'est parce que les passés de l'Afrique sont restés longtemps méconnus. Être historien ou archéologue de l'Afrique, dès lors, consiste à désencombrer le passé autant qu'à en saisir la diversité : richesse de la littérature orale et de la documentation écrite, pluralité des langues et des religions, inventivité technique et sociale, cohabitation des formes politiques. Attentif aux multiples trajectoires historiques qui s'y manifestent, François-Xavier Fauvelle invite à écouter ce que nous apprend l'histoire de l'Afrique.

  • Le processus de mondialisation ouvre des possibilités inédites, mais suscite aussi des menaces pour l'être humain et l'ensemble de l'écosystème, provoquant ainsi un repli souverainiste dans un monde de plus en plus « déboussolé ». Quelle place, donc, pour un humanisme juridique au sein de la gouvernance mondiale ? Mireille Delmas-Marty confronte au récit de l'effondrement celui de la mondialité, communauté de destin unie et solidaire dans sa pluralité. Au croisement des droits nationaux et du droit international, elle revisite trois voies qu'elle avait explorées près de dix ans auparavant : résister à la déshumanisation, responsabiliser les acteurs globaux et anticiper les risques à venir. Ponctuée de nouveaux commentaires, et relue sous l'angle d'une « boussole des possibles », cette leçon de clôture prononcée en 2011 se révèle d'une actualité saisissante.

  • Noeuds - figures de l'essentiel

    Carlo Ossola

    • Collège de france
    • 31 March 2021

    Du Moyen Âge à l'époque moderne, du moins jusqu'à Érasme, la tradition latine repose sur le principe des universels. Au temps de la mondialisation et de la globalisation, ce legs nous invite, plus que jamais, à renouer avec des valeurs fondamentales qui puissent être reconnues par tous et partout - l'universel - et partagées - l'essentiel. Dans cet ouvrage issu de sa leçon de clôture, Carlo Ossola déroule le fil de ses vingt ans d'enseignement au Collège de France. Mais plus encore, il suggère quelques points à partir desquels notre condition humaine d'abalietas (« abaliété »), constitutive de chacun de nous, peut nous montrer la voie à suivre en lui donnant un sens qui soit véritablement orienté vers autrui.

  • Le développement de l'historiographie de l'art, durant le XIXe siècle, a été grandement favorisé par l'invention de la photographie. Peu à peu, les chefs-d'oeuvre de la peinture, de la sculpture et de l'architecture ont fait l'objet de campagnes photographiques au sein des grandes collections publiques et sur les sites monumentaux. L'enseignement de l'histoire de l'art a profité de cette documentation grâce aux projections lumineuses qui, à partir des années 1890, l'accompagnent d'abord en Allemagne, puis dans les autres pays européens, modifiant les comportements de l'orateur et du public, et redéfinissant certaines orientations de la discipline. Roland Recht consacre sa leçon de clôture aux projections lumineuses utilisées depuis plus d'un siècle dans tous les enseignements d'art ou d'archéologie. Cette leçon est augmentée d'un texte écrit en 2020, dans lequel l'auteur retrace son parcours de chercheur à la curiosité insatiable.

  • La diversité biologique chez l'être humain est immense : de notre apparence physique à nos capacités à digérer certains aliments, en passant par nos relations avec les pathogènes ou nos vulnérabilités à certaines maladies. Mais quels sont les origines et les facteurs qui façonnent cette diversité ? Quelle est la contribution de l'environnement et de la génétique à la diversité phénotypique observée chez les humains d'aujourd'hui ? Comment l'histoire démographique de notre espèce et la sélection naturelle façonnent-elles la diversité génétique des populations humaines ? Ma leçon inaugurale a pour objet de montrer comment toutes ces questions sont abordées dans mes recherches sous l'angle de l'évolution et de la génomique humaine.

  • Vivre dans la bibliothèque du monde

    William Marx

    • Collège de france
    • 7 October 2020

    « Notre amour historiquement situé de la littérature nous impose paradoxalement, comme premier devoir, de nous arracher à l'historicité de cette même littérature. C'est au nom de la littérature que nous devons nous détacher de celle-ci. Voilà pourquoi il nous faut d'un seul mouvement construire et explorer la bibliothèque mondiale ou totale - et je dis bien bibliothèque mondiale, et non pas littérature mondiale. On lit la littérature mondiale, mais on lit dans la bibliothèque mondiale, on vit dans la bibliothèque du monde : deux attitudes radicalement différentes. »

  • Bientot deux siecles

    Nicolas Grimal

    • Collège de france
    • 19 May 2021

    À l'orée du bicentenaire de la découverte de Champollion, en 2022, Nicolas Grimal dresse le bilan de vingt années d'enseignement et de recherche au Collège de France, et évoque cette science jeune et complexe qu'est l'égyptologie, alliant archéologie, philologie et histoire. Tout en rappelant les grandes thématiques auxquelles furent consacrés ses cours (la géopolitique égyptienne au IIe millénaire av. J.-C., à propos de la salle hypostyle de Soleb, les temples de l'enceinte d'Amon-Rê à Karnak et la littérature égyptienne) et ses séminaires (les Annales de Thoutmosis III et les textes philosophiques connus par le papyrus Prisse), il rend hommage au travail de toute une équipe, à la fidélité de son public, et à une ouverture vers des horizons plus larges qui semble de bon augure pour l'avenir de sa discipline.

  • En 2019, Kazuyoshi Yoshikawa achevait la troisième traduction japonaise d'À la recherche du temps perdu, fruit d'une aventure éditoriale de près de dix ans. Comment rendre accessible ce monument de la littérature française au public nippon ? Et que peut apprendre l'exercice de la traduction sur l'oeuvre ? S'appuyant sur de nombreux exemples, l'auteur nous livre les secrets de sa traduction, des méthodes mises en oeuvre aux choix adoptés pour conjuguer lisibilité du discours et restitution du sens. Mais au-delà des principes d'établissement du texte, l'expérience du traducteur se révèle d'une incroyable fécondité : elle éclaire l'oeuvre sous un jour nouveau. Kazuyoshi Yoshikawa dévoile ainsi des réflexions inédites sur divers pans du roman, comme la mondanité et le modernisme, la judéité et l'homosexualité, ou encore le sadomasochisme. Cet ouvrage donne à lire le cycle de quatre conférences que le spécialiste japonais de Proust a commencé de prononcer au Collège de France en mars 2020, avant d'être interrompu par la vague pandémique, et qui est présenté ici dans son intégralité.

  • Littérature haïtienne : urgence(s) d'écrire, rêve()s d'habiter

    Yanick Lahens

    • Collège de france
    • 24 October 2019

    « Dire Haïti et sa littérature autrement, c'est se demander, à travers les mots de ses écrivains et de ses écrivaines, quel éclairage peut apporter aujourd'hui au monde francophone, sinon au monde tout court, l'expérience haïtienne. Comment, à partir d'un fait historique de l'ordre de l'impensable, à savoir une révolution victorieuse, menée dès la fin du xviiie siècle par des hommes et des femmes transplantés d'Afrique en Amérique et réduits en esclavage, se met en place une civilisation dont la littérature sera un élément majeur. Comment, dans l'impasse qui suit cette révolution, ces hommes et ces femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement, n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible. »

  • Tu aimeras tes microbes comme toi-meme

    Philippe Sansonetti

    • Collège de france
    • 19 November 2020

    Si l'histoire de la microbiologie a prouvé que l'existence de « bulles » sans microbes était possible, à quoi ressemblerait un monde sans microbes ? Entre représentations utopiques et faits scientifiques, Philippe Sansonetti retrace l'épopée des microbes, de leur découverte en 1674 jusqu'à nos jours, et invite à réfléchir sur le regard que nous portons sur ces êtres vivants apparus il y a 3 milliards et demi d'années. Paraphrasant l'Évangile selon saint Matthieu - tu aimeras tes microbes comme toi-même -, il nous alerte sur les dangers de l'appauvrissement en cours de la diversité microbienne. S'il faut maîtriser les microbes pathogènes, il faut également préserver les microbes indispensables à l'équilibre du vivant et de la planète. Cette perspective nécessite des changements drastiques dans nos approches médicales, vétérinaires et environnementales.

  • Grandeur et misère de l'Etat social

    Alain Supiot

    • Collège de france
    • 24 May 2013

    L'histoire juridique de l'édification de l'État social donne une idée de sa grandeur. Mais ce souverain débonnaire, tolérant la contestation et répondant du bien-être de ses sujets, semble aujourd'hui frappé de misère. Exposé par l'ouverture de ses frontières commerciales à des risques financiers systémiques, il voit ses ressources s'effriter et ses charges augmenter. D'inquiétants docteurs se pressent à son chevet. Certains lui prescrivent saignée sur saignée, tandis que d'autres dressent déjà son acte de décès. Plutôt que de cette médecine létale, c'est d'un diagnostic précis de l'État social dont nous avons besoin.

  • Migrations et sociétés

    François Héran

    • Collège de france
    • 10 December 2019

    Les migrations internationales, au-delà des épisodes spectaculaires qui polarisent l'attention et soulèvent les passions, sont une composante ordinaire de la dynamique des sociétés, mais continuent de faire l'objet de visions très contradictoires. Si l'analyse démographique permet de cerner l'ampleur des migrations, il faut mobiliser d'autres disciplines pour saisir toutes leurs dimensions - géopolitique, historique, anthropologique, économique, mais aussi juridique et éthique. Car les migrations, liées à l'origine aux besoins des économies nationales, sont de plus en plus alimentées par la logique des droits universels. Une mutation à la fois décisive et fragile.

  • Reconstruire l'ordre institutionnel international

    Samantha Besson

    • Collège de france
    • 1 June 2021

    Les États n'agissent plus seuls sur la scène internationale. Interviennent désormais à leurs côtés, voire parfois à leur place, d'autres institutions comme les organisations internationales, les entreprises multinationales, les organisations non gouvernementales, les régions, ou encore les villes globalisées. Or, on ne dispose d'aucune indication claire, et encore moins d'un « droit international des institutions », permettant de répondre aux trois questions essentielles de l'organisation sociale et politique que sont la représentation, la règlementation et la responsabilité. Quelles institutions peuvent agir pour qui sur le plan international ? À quelles conditions leurs décisions peuvent-elles prétendre lier juridiquement, et avoir la légitimité de le faire ? Et, quelles institutions doivent répondre envers qui, et comment, de la violation du droit international ? Le temps est venu de reconstruire l'ordre institutionnel international.

  • Symétrie et gravitation

    Marc Henneaux

    • Collège de france
    • 21 May 2021

    En suivant deux fils rouges, l'histoire des grandes révolutions de la physique au xxe siècle et l'abstraction progressive du concept de symétrie, de son usage ordinaire en géométrie à son application aux lois de la physique, cette leçon inaugurale aborde un des défis majeurs de la physique actuelle, celui de réconcilier la relativité d'Einstein et la mécanique quantique, théories amplement vérifiées empiriquement et pourtant incompatibles. C'est peut-être dans une symétrie immense, décrite en théorie des groupes par des groupes très particuliers, que réside la clé pour formuler cette théorie plus fondamentale de la gravitation, qui pourrait permettre la grande synthèse avec la mécanique quantique.

  • Le problème de notre temps n'est pas de choisir entre globalisation et repliement identitaire : on ne peut ignorer ni la diversité des pays, ni leur interdépendance croissante face aux périls écologiques et sociaux qui les affectent tous. La langue française permet de dépasser ce faux dilemme avec la distinction qu'elle autorise entre globalisation et mondialisation. Globaliser, c'est oeuvrer au règne du Marché, de la croissance illimitée, de la flexibilisation du travail et de l'hégémonisme culturel. Mondialiser consiste à établir un ordre mondial respectueux de notre écoumène, du travail humain et de la diversité des peuples et des cultures. Le présent ouvrage explore cette perspective à la lumière de l'oeuvre visionnaire de Simone Weil. Il revisite ses réflexions sur l'enracinement, la liberté et l'oppression, pour penser tour à tour notre « milieu vital » (dont la destruction s'accélère aujourd'hui), le concert des civilisations, les conditions d'un travail non servile, ainsi que les bons et mauvais usages du droit.

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