Aubier

  • Depuis plusieurs années, Sylvie Le Poulichet explore la dynamique de phénomènes qu´elle a dénommés « processus limites », à l´oeuvre chez des patients ordinairement désignés comme borderline. Ces patients souffrent d´une difficulté à « habiter » leur corps, à repérer les limites entre le vivant et le mort et à s´approprier leur histoire.
    Le déploiement de la vie paraît chez eux tombé sous le coup de condamnations parentales, émanant d´événements traumatiques et de fantasmes inconscients, qui se transmettent de génération en génération. Ces sujets en viennent à sacrifier inconsciemment certaines zones de leur corps ou des aspects de leur identité sexuelle. Et des somatisations, des dépressions, des addictions (la boulimie, par exemple), des états de figement affectent souvent leur devenir.
    /> Dans cet ouvrage, on voit se déployer les mouvements de la démarche analytique : l´auteure relate des séquences de cure où l´analyse de rêves et la traversée de fantasmes permettent de recomposer les figures du corps en souffrance.
    Des scènes insoupçonnées apparaissent, ayant le pouvoir de construire de nouvelles versions de la venue au monde du sujet. Et c´est lorsque s´animent les images du corps pensées par le langage du rêve que se produisent de nouvelles prises de corps. C´est lorsque sont analysées les chimères du corps - ces étranges assemblages fantasmatiques de plusieurs corps, vivants ou morts, en un seul, qui vont jusqu´à menacer la continuité d´existence - que tous les symptômes douloureux disparaissent.
    Ce livre montre quels sont les modes d´interprétation qui permettent de dissoudre les fantômes, de dénouer les forces traumatiques et de mettre en jeu des processus créateurs qui laisseront enfin surgir un nouveau champ de regard, de présence, de jeu et de désir.

  • Qu´y a-t-il dans le regard étonné que le nouveau-né pose sur le monde ? dans le « pourquoi » insistant de l´enfant ? dans la sidération de l´adulte à l´écoute d´une note, d´un rythme, d´un trait d´esprit inouïs ? dans le vol suspendu du danseur ? Le surgissement d´un nouveau radical qui va bien au-delà du renouveau lié à la remémoration d´un signifiant refoulé, tel que Freud l´avait formulé. Il est la clé d´un lieu auquel le mot ne donne pas accès et que Lacan situait « plus loin » que l´inconscient.
    Mais comment s´approcher d´un tel lieu ? L´acte de création semble y mener lorsqu´il offre à notre perception de quoi appréhender l´invisible, l´inouï. Et n´y a-t-il qu´une réponse à cet étonnement ? Quelles instances psychiques met-il en jeu ? Pour répondre à ces questions, la religion offre une piste intéressante : le choix inconscient que provoque le nouveau radical sera celui de l´hérétique (qui veut que l´étonnement subsiste) ou celui de l´inquisiteur (qui veut le voir abdiquer). C´est ainsi que certains philosophes contemporains - tel Alain Badiou - sont conduits, au nom du dogme chrétien inventé par saint Paul, à ne voir qu´une imposture dans l´étonnante universalité des lois de la Parole données par Moïse.
    L´étonnement est ce qui cesse avec le dogme : lorsqu´il est la voie par laquelle le sujet entre en résonance avec la loi et l´outrepasse ; lorsqu´il rend le complexe d´OEdipe plus complexe en le renvoyant à son ancêtre Dionysos, dieu de ce qui sonne et résonne ; lorsqu´il donne accès au nouveau absolu délivrable par le réel.

  • Aucun enfant ne grandit sans qu'à un moment ou à un autre ses parents ne craignent pour sa vie. Lorsque la peur de perdre un enfant s'impose comme une échéance, à la suite d'une maladie grave comme le cancer, le traumatisme de la perspective de la mort es

  • Ce livre met en lumière un visage inconnu de l´enfant autiste. Si cet enfant n´est jamais entré dans le « monde des gens », c´est qu´il a été frappé d´une indicible peur devant son étrangeté et médusé par sa beauté. Cette révélation rend la figure du petit garçon ou de la petite fille hors du temps et hors d´atteinte tout à coup moins énigmatique.
    C´est non seulement cette rencontre manquée avec l´Autre que Henri Rey-Flaud nous fait découvrir, mais encore les stratégies savantes mises en oeuvre par l´enfant pour ne pas être submergé par le réel, ni emporté par la dynamique du langage : ainsi Sarah accrochée à son coquillage-fétiche ou Antonio maniant son miroir, lieu de sa disparition et de sa renaissance. Que ces défenses soient insuffisantes à contenir sa peur, c´est ce dont témoigne la façon qu´il a de murer son regard, sa voix et son corps. Une rétention, quelquefois totale, difficile à soutenir pour les parents. Mais la forteresse dans laquelle il se replie n´est pas vide : un guetteur veille en permanence, attentif à l´Autre redouté et, on ne le sait pas, souvent attendu. Son visage « partagé par le milieu », selon la formule d´un patient, un oeil tourné vers l´intérieur et l´autre vers le monde, exprime cette contradiction. Le lien subtil ainsi maintenu avec la communauté des hommes montre que de telles conduites de retrait ne sont pas l´effet d´une incapacité mais d´un refus résolu qui invalide la mise en cause brutale des parents, avancée par les premiers spécialistes.
    L´enfant autiste présente une figure inédite du « non-agir » promu par les sagesses orientales, qui détermine son rapport paradoxal à la « normalité » et montre que la guérison, dans son cas, signifie rompre le charme, lever l´enchantement qui le tient prisonnier.

  • La correspondance (1907-1939) de Sigmund Freud avec ses cinq premiers enfants, Mathilde, Martin, Olivier, Ernst et Sophie ? Anna, la cadette, ayant fait l'objet d'une publication séparée ? permet de découvrir quel père a été l'inventeur de la psychanalyse et d'observer l'homme à distance de sa théorie et de sa pratique analytique.
    Freud n'était pas un père au quotidien, et son activité professionnelle l'éloignait de ses enfants. Mais il veillait à rester pour eux un soutien inaliénable, alors même qu'ils étaient devenus adultes. Il manifestait à leur égard une humanité profonde et palpable, une générosité débordante. Jamais il ne leur opposait une attitude moralisante. Au-delà de l'aide bienveillante, financière, psychologique et médicale, il contrebalançait son autorité par une écoute, une compréhension, une souplesse constantes. En patriarche, il avait « un besoin urgent à la vie à la mort » du sentiment que ses enfants « aient ce qu'il leur faut ». Au risque peut-être de les maintenir dans la dépendance.
    Certains traits de la pensée scientifique de Freud s'éclairent de ce jour nouveau. La même franchise face aux questions d'argent ou de sexualité, le même attachement à comprendre l'autre, la même tolérance envers l'humain... Aucune autre source que ces paroles paternelles n'exprime mieux la cohérence qui existe entre la personne de Freud et son oeuvre.

  • Dans ce recueil de textes, réunis après la mort de Conrad Stein, on trouvera des clés pour la conduite de la cure. Des clés pour traverser les difficultés de l'analyse et en affronter les énigmes : celle du féminin, de la séduction, du tragique... Conrad

  • Compléter des séries de chiffres, mémoriser des figures géométriques, dessiner un arbre, interpréter des taches d'encre... Les tests de recrutement sont une gymnastique à laquelle il est bon de se préparer avant d'affronter psychologues et cabinets de sélection.
    Conçu dans le même esprit que Les Tests démystifiés, dont le succès depuis vingt ans ne s'est pas démenti, cet ouvrage se veut un manuel pratique pour mieux analyser les tests et les passer avec succès.
    Parce que les données du recrutement et de la psychologie ont évolué et parce que trouver un emploi est aujourd'hui plus difficile que jamais, Les Nouveaux Tests démystifiés offrent une approche actualisée de la question et de nombreux exercices d'application.

    Couverture : illustration Christian Roux
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  • Dépression. Dans le langage courant, ce mot est utilisé sans discernement pour désigner la tristesse, l'humeur dépressive, la dépression caractérisée ou la maladie mélancolique qui peut conduire au suicide.
    Cette confusion de plus en plus fréquente entre

  • Freud a découvert des espaces inconnus où glissent et s´entrechoquent des icebergs immobiles, oscillant dans un temps qui ne passe pas : l´inconscient. Il a inventé une méthode pour en explorer les profondeurs, un discours pour le présenter. Formulant les règles de sa pratique, s´efforçant d´écrire l´événement psychique, il n´a cessé de remettre en chantier le discours de sa méthode.
    La psychanalyse est sa «création». Les uns la récusent, d´autres veulent la refonder. Des traducteurs, des psychanalystes, des philosophes et d´autres commentateurs, français, anglosaxons, germanistes, ont particulièrement interrogé durant la seconde moitié du XXe siècle la manière dont il a pensé et exposé sa théorie. Pour relever les contraintes spécifiques qui se sont imposées à son écriture, Jean-François de Sauverzac a dû relire nombre d´entre eux, écouter leurs interprétations du rêve de Freud : son désir de fonder la connaissance rationnelle de l´inconscient. D´où un retour au texte freudien, à quelques figures saillantes de la rhétorique et des stratégies mises en oeuvre, puis, par delà le mythe d´un texte originaire ou perdu, un effort pour suivre, entre concepts et signifiants, le mouvement de ce work in progress et de son éternel retour.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les psychanalystes ont une éthique. Elle répond aux exigences de leur pratique et témoigne, pour chacun d'entre eux, du sens et des enjeux de la psychanalyse. À quelles valeurs cette éthique se réfère-t-elle ? Freud ne pensait pas que les psychanalystes devaient avoir une éthique singulière. L'éthique de Dolto est autre, généreuse. Lacan, pour sa part, a recherché une éthique du désir puis une éthique du style. Le désir appelle l'éthique. Il l'interroge aussi. La psychanalyse ne doit-elle pas reconnaître qu'elle est solidaire de valeurs partagées avec d'autres et se recentrer sur les formes et les figures du désir d'analyser ?

  • Ce livre renouvelle la représentation psychanalytique du psychisme humain en corrigeant la conception classique, fondée sur le refoulement. Il jette un nouvel éclairage sur les derniers textes de Freud, en dégageant le rôle d'une opération inédite que Kant avait pressentie sous le nom de « mensonge intérieur » et que Lacan allait appeler le « démenti ».
    Ce processus, peu connu, jusqu'ici réservé à la perversion, produit chez le sujet, à l'économie de tout travail inconscient, un clivage entre sa croyance et la réalité exprimé par la phrase canonique : « Je ne comprends pas de quoi vous me parlez. » Un peu comme si coexistaient chez lui tout à la fois la folie et le bon sens, Don Quichotte et Sancho Panza. Freud, sur l'Acropole d'Athènes, fit l'expérience de ce vécu étrange d'où il tira des conclusions fascinantes qui ébranlèrent les deux piliers fondateurs de sa théorie : le refoulement et l'inconscient.
    À la lumière de cas cliniques passionnants, Henri Rey-Flaud nous entraîne au plus profond de la « crypte » obscure où se jouent ces conflits ignorés, et nous montre comment, dans l'histoire contemporaine, les relations humaines ont été affectées par cette aptitude secrète à démentir la réalité lorsque celle-ci vient menacer les enjeux vitaux de l'individu ou de la société.

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