René Rémond

  • Sous la pression de l'histoire qui continue de se faire, et qui revendique sa place dans l'enseignement, la IIIe République ne cesse de céder du terrain devant les périodes plus récentes et l'irruption des civilisations étrangères. En l'absence d'un enseignement raisonné, le sentiment, le préjugé envahissent le champ de la conscience et peuplent la mémoire. Quelques épisodes surnagent du naufrage et prennent une dimension mythique : l'affaire Dreyfus, à laquelle l'intensité des controverses actuelles sur l'antisémitisme confère une importance disproportionnée, le 6 Février, le Front populaire... Quelques noms demeurent : Léon Gambetta, Jules Ferry, Jean Jaurès, Léon Blum, Georges Clemenceau, Raymond Poincaré...
    Et pourtant ces soixante ans de République méritent infiniment mieux que l'oubli, l'indifférence, le discrédit ou cette histoire qui retourne à la friche. Non seulement son intérêt propre est grand : c'est une leçon de choses qui n'a pas perdu toutes ses vertus. Mais nous en restons tributaires : elle nous lègue tout un héritage dont nous devons faire l'inventaire ; nous tenons d'elle des idées, des pratiques, des habitudes, des traditions sans lesquelles notre vie politique aujourd'hui ne serait pas ce qu'elle est. On comprendrait mal ce que celle-ci est présentement en ignorant la IIIe République. En inventorier l'héritage, retrouver les traces de ses apports, tel est le propos de ce livre, et telle est l'une de ses raisons d'être.
    R.R.
    Membre de l'Académie française, président de la Fondation nationale des sciences politiques, René Rémond est le maître incontesté de l'histoire de la France au xxe siècle. Parmi ses nombreux ouvrages sur ce sujet, il faut citer au moins Les Droites en France (1982), Notre siècle, 1918-1995 et L'Anticléricalisme en France (nouv. éd., 1999).

  • L'Ancien Régime et la Révolution (1750-1815)Comprendre son temps est impossible à qui ignore tout du passé ; être un contemporain c'est aussi avoir conscience des héritages, consentis ou contestés. Étudier hier en fonction d'aujourd'hui - et même de demain - tel est précisément le propos de ce livre, tiré d'un cours professé à l'Institut d'études politiques. Quelle est la définition du despotisme éclairé ? Quelles sont les causes de la Révolution française ? Que doit-on retenir de cette période dramatique qui, de 1789 à Waterloo, a changé la face du monde ? À ces questions et à cent autres, ce premier volume apporte des réponses claires et rigoureuses. Sans préoccupation érudite, cet ouvrage permettra à chacun de réviser des notions demeurées imprécises et d'acquérir les bases historiques indispensables à l'intelligence de notre époque.René RémondMembre de l'Académie française, historien, politologue et président de la Fondation nationales des sciences politiques, il a publié de nombreux ouvrages sur l'histoire politique, religieuse et intellectuelle de la France contemporaine.

  • L'historien livre un ensemble de réflexions autour du thème de l'identité catholique.

  • La décision de faire figurer dans les manuels d?histoire une mention sur le rôle « positif » de la colonisation, puis la mise en accusation de l?historien Pétré-Grenouilleau pour son livre sur les traites négrières, au nom de la « loi Taubira », ont mis au jour le très difficile problème posé par les lois qui prétendent statuer sur des questions historiques. La première de cette espèce ayant été la « loi Gayssot », faisant du négationnisme à l?égard de la Shoah un délit.
    Un collectif d?historiens prestigieux, présidé par René Rémond, ont signé une pétition demandant l?abrogation de ces textes de loi et la restauration de l?entière liberté de recherche. Cette pétition a eu des effets immédiats : outre la réaction enthousiaste de Bruno Gollnisch, lui-même sous le coup d?une accusation de négationnisme, elle a suscité une seconde pétition, récusant l?amalgame entre toutes ces lois et insistant sur la nécessité de conserver la loi Gayssot.
    Ce problème est au carrefour de plusieurs questions tout à fait actuelles :
    - les revendications mémorielles et le besoin de reconnaissance des minorités ;
    - la qualification de crimes contre l?humanité de délits autrefois passibles de prescription ;
    - la question de savoir jusqu?à quel point l?enseignement d?Etat est libre ou s?il doit être encadré.
    C?est sur tout cela que René Rémond tâchera de faire le point, avec la mesure et le sens des responsabilités qu?on lui connaît et qui lui a valu de présider plusieurs commissions « difficiles ».

  • Bien qu'il ne repose pas sur un véritable corps de doctrine, l'anticléricalisme est bien une idéologie politique et sa permanence dans la vie politique française depuis deux siècles au moins montre sa vitalité. Il vit son âge d'or durant la Révolution française, rebondit sous la Restauration et la Monarchie de Juillet en réaction aux excès cléricaux, revient sur le devant de la scène sous la IIIe République et connaît jusqu'à nos jours des poussées dont certaines sont inattendues (dans les années 1990, l'opposition au foulard islamique a partie liée avec lui) et d'autres plus classiques, comme le rejet de l'abrogation de la loi Falloux ou la dénonciation du voyage du pape à Reims en 1996 par le réseau Voltaire.
    Composante inséparable de l'histoire des idées, au début du XIXe siècle et à la fin du XXe siècle, l'histoire de l'anticléricalisme en France est aussi celle de la culture, de la religion et du pouvoir.
    Membre de l'Académie française, président de la Fondation nationale des sciences politiques, professeur émérite à l'université de Paris-X-Nanterre, René Rémond est historien du XIXe et du XXe siècle. Parmi ses très nombreux ouvrages, on peut citer deux grand classiques : Les Droites en France (1982), Notre siècle (avec la collaboration de Jean-François Sirinelli, Fayard, nouv. éd., 1997, tome 6 de l'Histoire de France dirigée par Jean Favier), qui a connu un très grand succès, et en dernier lieu Religion et société en Europe (1998).

  • Rien ne manque à ce qu'on pourrait qualifier, si le sujet n'était pas si grave et si douloureux, de roman-feuilleton politico-administratif : à la tradition quasi séculaire du secret, ont succédé des demi-vérités, auxquelles se sont surajoutées des erreurs d'appréciation, relayées par une surmédiatisation, dans un climat devenu passionnel. Grâce à ce travail de recherche exemplaire, mené pendant quatre ans selon les méthodes éprouvées des historiens, la commission a pu, à la fois établir l'historique de la persécution des juifs entre 1940 et 1944, celui des avatars administratifs des fichiers, et des enjeux de mémoire qu'il implique encore aujourd'hui.

  • 3 septembre 1944: à la libération de Lyon, le chef milicien Paul Touvier disparaît. 24 mai 1989: il est arrêté dans un prieuré intégriste à Nice. Entre ces deux dates, une longue cavale, ponctuée de deux condamnations à mort, d'une arrestation et d'une évasion, d'années partagées entre la réclusion volontaire et l'errance, de démarches sans nombre conduites avec l'aide d'une constellation de prélats, de prêtres, de religieux, le tout débouchant sur une grâce présidentielle, bientôt suivie d'un scandale public et d'une inculpation pour crimes contre l'humanité.
    C'est pour faire la lumière sur ce soutien apporté par des milieux d'Eglise multiples que le cardinal Decourtray a chargé une commission d'historiens présidée par René Rémond de procéder à une investigation approfondie, afin de comprendre comment et pourquoi Paul Touvier a bénéficié d'autant de concours ecclésiastiques durant si longtemps. Faut-il invoquer la charité chrétienne? Le droit d'asile? Les connivences idéologiques vichyssoises? Le manque de discernement de tant de pasteurs? C'est à ces questions que tente de répondre le rapport remis au cardinal Decourtray par les membres de la commission et que l'archevêque de Lyon a choisi de rendre public au moyen de ce livre.
    Les auteurs
    René REMOND, président de la Fondation nationale des sciences politiques - Jean-Pierre AZEMA, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris - François BEDARIDA, directeur de recherche au CNRS - Gérard CHOLVY, professeur à l'université Paul-Valéry, Montpellier - Bernard COMTE, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Lyon - Jean DUJARDIN, supérieur général de l'Oratoire - Jean-Dominique DURAND, professeur à l'université de Lyon-III - Yves-Marie HILAIRE, professeur à l'université de Lille-III

  • Le XXe siècle de 1914 à nos joursComprendre son temps est impossible à qui ignore tout du passé ; être un contemporain, c'est aussi avoir conscience des héritages, consentis ou contestés.Étudier hier en fonction d'aujourd'hui - et même de demain -, tel est précisément le propos de ce livre, tiré d'un cours professé à l'Institut d'études politiques. Quelle est l'importance de la guerre de 1914 ? Qu'est-ce que le fascisme ? Quelles sont les origines de la guerre froide ? Qu'est devenu le monde au XXe siècle ? À ces questions et à cent autres, ce troisième volume apporte des réponses claires et rigoureuses.Sans préoccupation érudite, cet ouvrage permettra à chacun de réviser des notions demeurées imprécises et d'acquérir les bases historiques indispensables à l'intelligence de notre époque.René Rémond (1918-2007)Membre de l'Académie française, historien, politologue et président de la Fondation nationale des sciences politiques, il a publié de nombreux ouvrages sur l'histoire politique, religieuse et intellectuelle de la France contemporaine.

  • Les rapports entre religion et société constituent un chapitre essentiel de l'histoire européenne : peu de questions ont tenu pareille place dans les controverses idéologiques et les affrontements politiques. C'est aussi un domaine où les changements ont été radicaux avec le passage de sociétés sacrales à la sécularisation. Ce livre retrace cette évolution sur deux siècles et à l'échelle de l'Europe. De s'inscrire dans le longue durée et sur tout le continent, cette histoire révèle des convergences insoupçonnées, comme si s'ébauchait un modèle propre à l'Europe des relations entre religion et société.

  • Dans cet ouvrage, René Rémond se propose de retracer l'évolution, dans la première moitié du 19e siècle, des relations entre la France et les Etats-Unis, en s'intéressant à la représentation que l'opinion française se fait de ce pays.
    A sa parution en 1962, la méthode adoptée pour cette étude fut considérée comme très novatrice. L'ouvrage est désormais une référence dans son domaine.

  • Les années d'après guerre ont été marquées en France par une évolution rapide dans les rapports entre les faits religieux et les faits politiques.
    Cette évolution a été étudiée, de manière systématique, au cours d'un colloque tenu à Strasbourg en mai 1963. Le présent ouvrage recueille les rapports et le compte rendu des discussions de ce colloque.
    Après avoir analysé l'éthique politique du catholicisme, du protestantisme et du judaïsme, l'ouvrage passe en revue les partis politiques, les mouvements de jeunesse, les syndicats et la presse, en liaison avec les forces religieuses ; la question scolaire et les facteurs religieux de la politique extérieure font l'objet d'un examen particulier.
    D'importantes annexes présentent les documents collectifs de l'épiscopat relatifs aux questions temporelles et fournissent des indications bibliographiques détaillées.

  • Il n'y a pas, en France, une droite mais trois : droite légitimiste, orléaniste et bonapartiste. Enoncée par René Rémond en 1954 dans la Droite en France, cette distinction est devenue classique, et le titre du présent ouvrage prend acte de cette acceptation. Mais, depuis, la France a changé ; les familles politiques aussi. La distinction est-elle encore valable ? La division droite-gauche elle-même a-t-elle encore un sens ? Qu'en est-il de l'extrême-droite ? Comment se situe le gaullisme par rapport à ces trois traditions ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles, dans cette étude qui se prolonge jusqu'au lendemain des présidentielles de 1981, René Rémond s'attache à répondre. Loin d'être périmée par l'actualité, sa thèse éclaire en fait le sens des événements les plus récents : en retour, leur déchiffrement projette une lumière nouvelle sur les périodes plus lointaines : l'historien est conduit à faire une lecture neuve du bonapartisme, du boulangisme et des ligues. En outre, tout un chapitre a été consacré au fascisme français et à l'examen des causes de sa faible pénétration.
    René Rémond, qui enseigne à l'université de Nanterre dont il a été le premier président, et à l'Institut d'Etudes Politiques, conjugue la discipline de l'historien et l'approche du politiste. Convaincu de la constance propre et de l'autonomie des faits de culture, il s'intéresse depuis longtemps à la continuité des idées politiques et aux manifestations de l'opinion publique.
    Les Droites en France est désormais un ouvrage classique de l'historiographie politique française.

  • Au moment où le XXe siècle basculait dans le passé, René Rémond jetait un regard en arrière et tentait d'apprécier ce que celui-ci avait apporté à l'humanité.Voici un siècle de fer où l'horreur a atteint par moments des proportions inouïes : deux conflits mondiaux, le génocide du peuple juif, l'univers du goulag, le discrédit des idéologies qui avaient la prétention de révéler le sens de l'histoire, la prolifération des régimes totalitaires.Mais ce siècle se réduit-il à cette énumération accablante de crimes et d'atrocités ? Il est aussi le siècle où l'homme a conquis l'espace, découvert les secrets de la matière, exploré le génome, allongé la durée de la vie. Il s'est achevé sur le triomphe de la démocratie dont les principes paraissent bénéficier, désormais, d'un consentement presque universel. À l'échelle de la planète, le sentiment de la responsabilité de la communauté mondiale tend à l'emporter sur la souveraineté des États. La conscience morale, devenue plus exigeante, condamne aujourd'hui ce qu'elle tolérait hier et légitimait avant-hier.Les attentats du 11 septembre 2001 et les guerres d'Afghanistan et d'Irak auraient-ils remis en question cette vision optimiste ? Non, affirme René Rémond dans une postface écrite pour cette nouvelle édition.

  • La démarche est novatrice et féconde : une rencontre entre des historiens - auxquels se joignent des spécialistes de droit public et des politologues - et Valéry Giscard d'Estaing. N'est-ce pas la première fois qu'un président de la République accepte le principe d'un tel dialogue ?
    De cette rencontre est sorti ce livre dont les divers chapitres concernent une période capitale de notre histoire politique récente. A bien des égards, il s'agit du troisième tournant de la Ve République. 1962 avait introduit une première césure, fondamentale. 1969 avait répondu à la question essentielle de la survie du régime au départ de son fondateur ; et la victoire de Georges Pompidou avait levé une seconde hypothèque : le gaullisme, en tant que force politique, survivait lui aussi. Cela confère indirectement plus de sens encore à la victoire de Valéry Giscard d'Estaing : avant même 1981, 1974 représente une première forme d'alternance politique. Celle-ci étant interne à la majorité de l'époque, elle frappa moins que l'issue du duel Mitterrand-Giscard du second tour. Elle fut pourtant réelle et explique largement les escarmouches et les tensions croissantes, au fil du septennat, entre les deux branches de la majorité, dont l'une avait perdu la magistrature suprême au profit de l'autre.
    La période 1974-1978, déjà dense en elle-même - et cette densité explique que l'on se soit tenu ici à la première législature, commencée avant même le changement de Président -, est aussi à replacer dans une temporalité plus ample, qui rythme l'histoire des formations et celle des cultures politiques. On a réuni ici, outre l'acteur principal - dont le témoignage est essentiel -, des « grands témoins » et des chercheurs, à l'initiative du Centre d'histoire de l'Europe du vingtième siècle et de l'Institut pour la démocratie en Europe. Le lecteur est convié à un contact direct avec la matière de l'histoire, et se trouve invité dans le laboratoire de l'historien.
    Collection
    Nouvelles études contemporaines
    sous la direction de Serge Berstein et Pierre Milza

  • L'abstentionnisme électoral a longtemps été négligé par la science politique. L'école française d'étude des élections s'est curieusement désintéressée de ce phénomène, tenu sans doute pour négatif et par nature peu politique.
    L'ouvrage d'Alain Lancelot est ainsi la première étude d'ensemble qui lui soit consacrée. Etude historique qui fait appel à toutes les expériences électorales que la France a connues depuis la Révolution, étude géographique qui complète un atlas départemental par une analyse cantonale détaillée, étude sociologique utilisant les résultats des sondages d'opinion, étude juridique enfin, ce travail ne voudrait laisser dans l'ombre aucun des aspects de l'abstentionnisme.
    Or ce phénomène est divers : la typologie qui termine le volume permet de distinguer des catégories d'abstentionnistes dont le nombre, l'évolution et les motivations sont fort différents. Pour les uns l'abstentionnisme est purement accidentel, pour d'autres c'est une attitude politique conditionnée par la conjoncture électorale du moment, pour d'autres enfin il s'agirait plutôt d'une norme culturelle traduisant un défaut d'intégration à la société.
    Illustré par beaucoup de graphiques et de cartes, dont six cartes hors texte par canton, et complété par de nombreuses annexes (textes, statistiques, bibliographie), ce livre constitue également un ouvrage de référence pour l'étude des élections françaises.

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