Olivier Tesquet

  • Le récit très documenté de la manière dont la pandémie a renforcé l'économie de la surveillance, par le journaliste le plus informé de ces questions.

    " En janvier dernier, je publiais
    À la trace, une cartographie que j'espérais complète des acteurs et des enjeux de la surveillance contemporaine. Quelques mois plus tard, l'épidémie de Covid-19 offrait, à l'échelle mondiale, un cas d'usage frappant des dispositifs que je m'étais efforcé de décrire.

    On a vu des officines de toutes tailles, hier positionnées sur le juteux secteur de la sécurité, pivoter vers un nouvel impératif, celui de la traque des corps malades – un levier encore plus puissant que la lutte contre le terrorisme. Des applications de traçage, de "suivi des contacts', ont été développées un peu partout, misant sur le numérique pour endiguer la course du virus. Dans le ciel, des drones sortis d'un futur proche ont fait respecter le confinement. On a confié à des caméras le soin de s'assurer du port du masque et du respect de la distanciation sociale.

    La crise sanitaire a mis au jour la présence de ces dispositifs de surveillance toujours plus nombreux, dont elle a dans le même temps assis la légitimité et accéléré la banalisation. On me demande souvent s'il faut craindre la généralisation d'une surveillance dite de masse ; et s'il s'agissait plutôt d'une massification de la surveillance ? "

    Olivier Tesquet

  • Comment se déploie aujourd'hui la surveillance? Que sait-on de nous?
    Sur le sujet circulent, à l'heure des objets connectés, des représentations d'un autre temps. Olivier Tesquet, l'un des journalistesles mieux informés sur la question, propose de cesser considérer la surveillance de manière abstraite pour permettre au lecteur d'avoir prise sur cet enjeu fondamental.
    Quand on parle de surveillance, on ne parle pas que de grandes oreilles et de paires d'yeux dans le ciel. C'est une réalité bien plus quotidienne et moins spectaculaire que ces incantations inquiètes. Ecrasée par le vocabulaire orwellien, la réflexion sur la surveillance s'égare en mauvais diagnostics. De nos routines Instagram aux caméras intelligentes du Xinjiang, des courtiers en données discrets à nos profils Facebook, qu'est-ce qui lie nos destins - en apparence disparate - de citoyens sous contrôle ? Depuis trois siècles, les dispositifs s'éparpillent jusqu'à donner l'illusion de disparaître. Et pourtant, plus présents et intrusifs que jamais, ils font de nous des agents consentants de notre propre enfermement, modifient nos comportements et confisquent nos vies avec le sourire. Nous commandant de forger une nouvelle grammaire pour mieux saisir le monde inquiétant dans lequel nous évoluons tous : une description minutieuse, rigoureuse et à hauteur d'individu des dispositifs qui nous entourent.


  • Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, est-il l'ange de la liberté de la presse que sa pâleur christique laisse deviner ? Ou bien le démon des hackers les plus dangereux de la planète web ? « Pire que la Stasi », comme l'a imprudemment qualifié une journaliste française de la vieille garde ? Ou un espoir pour les peuples en lutte contre l'oppression ? En tout cas, l'irruption de cette organisation parfaitement inconnue jusqu'en 2010 a bouleversé le paysage médiatique mondial. Du jour au lendemain, les plus grands journaux -du New York Times au Der Spiegel, en passant par The Guardian et Le Monde- se sont mis à courtiser ce petit groupe de passionnés d'information qui partagent la culture geek.



    Pour comprendre ce mouvement qui renverse la hiérarchie de l'information et menace les intérêts de la diplomatie américaine, il fallait revenir au parcours de ces hommes et femmes, à leur idéologie et à leur méthode inédite d'activisme. Pendant des mois, Olivier Tesquet, journaliste d'OWNI.fr, a eu l'occasion de suivre la tribut d'Assange, de Londres à Berlin. De longues heures d'entretien où il a pu cerner les objectifs de WikiLeaks, la personnalité de ses principaux animateurs.
    Une plongée dans la partie la plus créative de l'univers du web qui fait tomber quelques idées reçues. En bien, comme en mal.


  • Is the founder of WikiLeaks the ministering angel of press freedom as his pale appearance might suggest? Or is he the demonic leader of the most dangerous hacker collective on the web? As one outspoken critic suggests, is he "worse than the Stasi," o r does he represent hope for those struggling against oppression? Either way, by the end of 2010 it became clear that a hitherto unknown organization had forever changed the global media landscape. Within a few months, some of the best-known newspapers - The New York Times, Der Spiegel, The Guardian, Le Monde - began to woo this small group of enthusiastic members of information transparency movement.
    To understand this movement, one that overturns the hierarchy of information and threatens the interests of American diplomacy, it's necessary to dig into the stories of these men and women, their ideology, and their unique activism. For months Olivier Tesquet, journalist at OWNI.fr, followed Assange's clan from London to Berlin. Working long hours to complete his investigation, Olivier was able to unveil WikiLeaks' goals and the personalities of its key leaders.


    His full immersion into the most creative part of the web breaks down certain misconceptions - for better or for worse.

  • Avec WikiLeaks, organisation dont il est l'incarnation médiatique, Julian Assange a publié des centaines de milliers de documents dénonçant pêle-mêle la corruption des élites, la surveillance de masse, la fraude fiscale, l'absence de transparence des institutions gouvernementales ou les horreurs des guerres menées par les États-Unis. Il est aussi devenu un ennemi public. Son objectif ? La transparence totale pour les puissants, la vie privée absolue pour les citoyens. Le moyen ? Des masses de documents confidentiels, et une stratégie médiatique offensive, qui ont fait de lui la figure - parfois répulsive - du lanceur d'alerte contemporain. 

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