Louis-Jean Calvet

  • Phénicien, araméen, hébreu, grec, latin, étrusque, berbère, arabe, turc, espagnol, italien, français : ces langues du pourtour méditerranéen nous parlent de l'histoire de ce continent liquide. Elles sont d'abord la trace des empires et puissances qui se sont succédé en Méditerranée, mais aussi celle du commerce des hommes, des idées et des denrées, qui ont constitué cet espace en un ensemble homogène. Ce livre se fondant sur une approche sociolinguistique et géopolitique, prend donc les langues, « linguae nostrae », comme le fil rouge de cette histoire. Car les langues et les mots ont une mémoire. Ils sont le témoin des interactions, des conquêtes, des expéditions, des circulations. Que ce soit dans les emprunts, la sémantique, les alphabets, ou la toponymie, les traces des échanges au sein de cette mare nostrum sont nombreuses. Du voyage d'Ulysse aux migrations d'aujourd'hui, en passant par les croisades et les échelles du Levant, ces langues ont façonné et habité la Méditerranée, au rythme des événements historiques qui l'ont marquée, et qui en font le laboratoire de l'humanité depuis plus de 3 000 ans.

  • La linguistique moderne est née de la volonté de Ferdinand de Saussure d'élaborer un modèle abstrait, la langue, à partir des actes de parole. Son enseignement insiste surtout sur le fait que « la linguistique a pour unique et véritable objet la langue envisagée en elle-même et pour elle-même ». Or les langues n'existent pas sans les gens qui les parlent. Il faudra pourtant attendre la Sociolinguistique de William Labov, en 1976, pour trouver l'affirmation selon laquelle, si la langue est un fait social, alors la linguistique elle-même ne peut être qu'une sociolinguistique.
    En quoi consiste cette conception sociale de la langue, et dans quelle mesure nous oblige-t-elle à redéfinir la linguistique elle-même ?

  • "Nous vivons depuis Ferdinand de Saussure avec une idée reçue : le signe est composé de deux éléments indissociables, un signifié et un signifiant.
    Louis-Jean Calvet, appelant à la barre des témoins aussi différents que Jacques Lacan, Bobby Lapointe, Louis Wolfson, Roman Jakobson, Georges Brassens, Sigmund Freud, Léo Ferré, Roland Barthes ou Bénabar, mène ici une enquête en quête du sens. Interrogeant lapsus et discours politiques, chansons, étymologies populaires, métaphores et métonymies, l´auteur ratisse le champ du signe pour tenter de répondre à deux questions, l´une sémiologique (comment se constitue un système de signes ?) et l´autre herméneutique (comment se construit le sens ?).
    Un roman policier au royaume des sens."

  • Conçu comme une promenade à travers les langues et les diverses questions qu´on se pose à leur sujet (quelle est l´origine des langues et est-elle unique ? Comment évoluent-elles et disparaissent-elles ? Comment se forment de nouvelles langues ?), ce livre est une petite encyclopédie des langues. Sans appareil critique qui l´alourdirait, il est un véritable éloge de la diversité linguistique, qui oblige à la traduction, et donc à la précision, permet des emprunts et constitue le socle des évolutions linguistiques. Si de nombreuses langues sont aujourd´hui menacées de disparition et ne servent plus qu´à la communication familiale de quelques rares locuteurs, d´autres ont au contraire conquis le monde. En constante évolution, les langues sont sans cesse en contact et en conflit. Elles témoignent ainsi de leur formidable plasticité qui éclate dans l´inventivité des noms de lieux et dans la richesse des jeux de mots. Cet ouvrage, à la fois rigoureux et plaisant, bourré d´anecdotes, est aussi un essai engagé en faveur d´une politique linguistique qui sache préserver la richesse des langues du monde.

  • En 1817 s´ouvre à Saint-Louis du Sénégal la première école en français. Jean Dard, l´instituteur qui en est responsable, fait le choix d´apprendre d´abord à écrire et lire aux élèves dans leur langue, le wolof. S´ensuivront de longs débats, parfois polémiques, sur la place des langues africaines dans l´enseignement et le type de pédagogie à appliquer.

    Près de deux siècles plus tard, les pays africains sont confrontés au même type de problèmes. Mais le français s´est en même temps « africanisé », il a pris des couleurs locales, tandis que certaines langues africaines s´imposaient comme langues véhiculaires et que d´autres étaient utilisées dans l´enseignement ou l´alphabétisation.

    C´est cette histoire que retrace Louis-Jean Calvet, s´appuyant aussi bien sur l´analyse de documents d´archives que sur des enquêtes de terrain, brossant le tableau d´une langue désormais partagée, en copropriété, et évoquant ses possibilités d´évolution.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Pirate ou corsaire ? Espion, héros ou négrier ? Jean Laffite est tout cela à la fois. Négociant respecté à La Nouvelle-Orléans, il dissimule des activités moins nobles à Barataria, dans les bayous de l'embouchure du Mississippi. Défiant les lois et l'autorité, il vole cependant, avec ses hommes, au secours du général Jackson en 1815, lorsque les troupes britanniques menacent d'envahir les États-Unis. Très célèbre outre-Atlantique, Laffite demeure une personnalité mystérieuse, tant il eut l'art, pendant sa vie et même plus tard, de brouiller les pistes. Après de longues recherches sur place, Louis-Jean Calvet a résolu l'essentiel de l'énigme posée par ce Français né à Biarritz à la fin du XVIIIe siècle. Barataria est ainsi un récit flamboyant sur l'ambiguïté d'un homme saisi par l'aventure, l'amour et la mort, fou de mer, d'or et de considération. C'est aussi une contribution importante à l'histoire des États-Unis et, enfin, une véritable enquête sur une mystification, car un journal qu'aurait tenu Jean Laffite a longtemps été considéré comme authentique, lui prêtant des voyages et des rencontres extraordinaires.

  • Pirate ou corsaire ? Espion, héros ou négrier ? Jean Laffite est tout cela à la fois. Négociant respecté à La Nouvelle-Orléans, il dissimule des activités moins nobles à Barataria, dans les bayous de l'embouchure du Mississippi. Défiant les lois et l'autorité, il vole cependant, avec ses hommes, au secours du général Jackson en 1815, lorsque les troupes britanniques menacent d'envahir les États-Unis. Très célèbre outre-Atlantique, Laffite demeure une personnalité mystérieuse, tant il eut l'art, pendant sa vie et même plus tard, de brouiller les pistes. Après de longues recherches sur place, Louis-Jean Calvet a résolu l'essentiel de l'énigme posée par ce Français né à Biarritz à la fin du XVIIIe siècle. Barataria est ainsi un récit flamboyant sur l'ambiguïté d'un homme saisi par l'aventure, l'amour et la mort, fou de mer, d'or et de considération. C'est aussi une contribution importante à l'histoire des États-Unis et, enfin, une véritable enquête sur une mystification, car un journal qu'aurait tenu Jean Laffite a longtemps été considéré comme authentique, lui prêtant des voyages et des rencontres extraordinaires.

  • Ce dictionnaire couvre tout ce qui, à un titre ou à un autre, concerne la chanson française des cent dernières années : les chanteurs bien sûr (qui ont au moins 3 CD à leur actif), mais aussi les auteurs, les compositeurs, les maisons de disques, les lieux où l'on chante, les chansons enfin. Cette mise en perspective critique d'un siècle de chanson est un instrument de travail sans égal. En fin d'ouvrage figurent l'index des personnes, des oeuvres et des lieux cités.
    Ce livre paru initialement au Seuil en 1972 a reparu jusqu'en 1985 en Points Seuil.

  • Les chansons ont existé bien avant l'écriture. Certaines composent à la fois notre mémoire collective et un kaléidoscope de la mémoire affective de chacun.
    Dans cette histoire de la chanson francophone du Moyen-Âge à nos jours, Louis-Jean Calvet invente une cantologie, inaugurant ainsi une façon de parler de la chanson qui prend en compte toutes ses composantes - le texte, la voix, la mélodie, l'orchestration, la scène - afin de construire un véritable discours critique.
    Il y aborde plusieurs thématiques : la chanson enfantine et ses sens cachés, qui renoue avec la tradition orale des débuts ; la chanson politique et pamphlétaire qui prend son essor au XIXe siècle ; la censure et l'ingéniosité déployée par les chansonniers pour la contourner, l'arrivée du jazz en Europe dans les années 20, l'évolution des supports et l'influence des progrès techniques sur le format et la chanson elle-même, jusqu'au grand retour ces dernières années de la « nouvelle chanson française », phénomène qui dépasse nos frontières et atteint également le reste des pays francophones.
    Un ouvrage qui prend la forme d'un voyage au sein de notre mémoire, où les chansons sommeillent, témoins de temps révolus et pouvant parfois les ressusciter.

  • On le savait peu, mais Moustaki (1934-2013) était le chanteur français le plus demandé à l´étranger. On le croyait à la retraite ou au soleil, alors qu´il n´arrêtait pas de chanter, du Japon au Canada, mais aussi de composer, d´enregistrer, de peindre et

  • Selon la Bible, il fut un temps où les humains, parlant une seule langue, entreprirent de construire une tour jusqu'aux cieux. Pour les punir de leur orgueil, Dieu sema la « confusion des langues » et les hommes, incapables de se comprendre, se dispersèrent. La langue adamique aurait donc été pulvérisée en une multitude de « confettis linguistiques » : 7 000 aujourd'hui à la surface du globe.
    De ce mythe découlent deux idées qui continuent de marquer notre vision des langues : que le plurilinguisme est une malédiction, et qu'il faut une langue commune pour mener à bien une entreprise commune. L'histoire politique des langues est liée à ces deux idées, les uns soulignant le fait que le droit à la langue, même locale et minoritaire, est imprescriptible, les autres invoquant un principe de réalité selon lequel les « grandes » langues sont incontournables.
    Cependant les « confettis de Babel » ne sont pas retombés chacun sur un territoire délimité. Les technologies de l'information et de la communication leur offrent de nouvelles possibilités de diffusion. C'est dans ce cadre qu'apparaît la notion de diversité linguistique et même d'écologie linguistique. Mais la diminution du nombre des langues met-elle en danger la survie de l'espèce humaine ?
    Qu'est-ce que la diversité linguistique ? Comment évalue-t-on le « poids » d'une langue ? Qu'est-ce qu'une langue menacée ? Peut-on parler de minorités audibles comme on parle de minorités visibles ? Toutes les langues doivent-elles être sauvegardées ? Quelles politiques linguistiques développe-t-on pour la défense de cette diversité ? Autant de questions ici abordées de façon approfondie.

  • La revue CAS commence son existence par une thématique fondamentale, liée à la tenue du Vème Colloque du Réseau Français de Sociolinguistique à Amiens en juin 2007 : un débat épistémologique sur l'étude des phénomènes linguistiques, un siècle après le Cours de Saussure : La Linguistique en question.

  • L'Enquête sociolinguistique est le premier ouvrage réalisé par des spécialistes de terrain qui répondent aux questions que se posent tous les descripteurs de langues : quelle(s) langue(s) les gens parlent-ils ? Comment les parlent-ils ? Que pensent les locuteurs de leur propre façon de parler ?

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