Sciences humaines & sociales

  • La nature et la fonction de la royauté dans l'Etat sont des questions qui traversent tous les grands débats de société en Angleterre, Le présent volume étudie les représentations de la royauté anglaise, de la Renaissance à la fin-du XVIIe siècle. Shakespeare place la crise de la royauté au coeur de ses deux tétralogies historiques qui brossent une vaste fresque de l'histoire nationale. À récrire l'histoire pour la rendre plus spectaculaire encore, il donne au drame de la déposition du roi une dimension personnelle, religieuse et politique. Il dépeint la constitution d'une identité nationale acquise au prix de la sueur, du sang et des larmes. Le jugement, la condamnation et l'exécution du roi Charles Ier signent la fin de la vision élisabéthaine du monde. La royauté cesse de faire question. Elle n'est plus affaire de croyance mais de convenance. Les rois qui règneront désormais gouverneront de moins en moins.

  • Le mot "Renaissance" est une source intarissable de malentendus. Il suggère, tout à la fois, une ère nouvelle et le rétablissement d'une situation antérieure, la métamorphose et le retour du même. De là découlent des ambiguïtés que rien ne souligne mieux que les multiples façons dont l'époque qui a reçu ce nom réagit à l'idée même de la nouveauté. On serait tenté de croire qu'elle lui fit bon accueil. Il semble qu'il n'en fut rien. Placée par une longue et prestigieuse historiographie sous le signe de la découverte, la Renaissance fut plutôt vécue comme redécouverte, dans un climat peu favorable, sinon hostile à la novation. Quand on y eut le sentiment exalté d'entrer dans un monde différent, ce fut en prenant soin de s'adosser à une certaine tradition. Pourtant, l'idée d'une période ayant marqué la fin d'un long épisode de stagnation et le commencement d'un cycle de progrès ne fut-elle qu'un mythe élaboré par les Lumières en quête d'une généalogie légitimatrice ? Ce mythe eût-il connu pareille fortune s'il n'avait reposé sur quelques solides fondements ? Les études réunies ici tentent de répondre à ces questions et complètent celles du volume Esthétiques de la nouveauté à la Renaissance.

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