Dominique Cupa

  • L'Université française se devait de recevoir et d'honorer André Green, reconnu par ses pairs comme l'un des plus grands psychanalystes actuels et l'auteur d'une oeuvre considérable. Cet hommage lui a été rendu lors d'un colloque dont il avait lui-même choisi le titre par les enseignants-chercheurs de psychopathologie psychanalytique de l'Université Paris X et des membres de la Société psychanalytique de Paris. Pourquoi ce thème ? Parce que la place du père ne va pas de soi dans notre société tout comme elle ne va pas de soi dans la psyché. Les questions traitées dans cet ouvrage, au regard du travail d'André Green, concernent différentes cliniques du père aujourd'hui, l'évolution de l'imago paternelle, la fonction tierce du père... La diversité des contributions, de psychanalystes français et étrangers, démontre l'importance de la pensée analytique constamment renouvelée d'André Green.

  • Le clinicien ne peut que s'incliner devant la réalité contraignante de la destructivité. Intrapsychique ou intersubjective, s'exprimant somatiquement ou psychiquement, souvent énigmatique, elle questionne et fait théoriser nous laissant dans de nombreuses incertitudes. La névrose traumatique et son syndrome central : la compulsion de répétition. Les résistances dans les cures sans fin et l'observation d'un enfant qui joue en mettant en scène la disparition de sa mère constituent les hypothèses cliniques qui vont permettre à Freud d'introduire en 1920 le concept de pulsion de mort qu'il nomme d'emblée pulsion de destruction. Tout au long de son travail, il insistera de plus en plus sur l'importance de cette pulsion. Ainsi écrit-il dans « Le malaise dans la culture » ; « Je ne peux pas comprendre comment nous avons pu négliger l'universalité de l'agression non érotique et de la destruction».
    La pulsion de mort est alors définie comme une manifestation de la tendance à la réduction absolue des tensions, au retour vers l'état inorganique, vers la mort et rend compte de la compulsion de répétition dans la vie psychique qui se place « au-delà du principe de plaisir ». Elle représente ce qu'il y a en nous de plus originaire, d'élémentaire et de pulsionnel. Elle pousse à la déliaison, à la séparation. Elle sera aussi considérée par Freud comme pulsion d'emprise et volonté de puissance. Partant de cette conceptualisation, des cliniciens, pour la plupart psychanalystes, s'interrogent sur la destructivité psychique. Serait-elle un représentant de la pulsion de mort, un signe de désintrication pulsionnelle , une marque de l'agressivité primaire ? Les auteurs de cet ouvrage (Dominique Arnoux, Maurizio Balsamo, Dominique Cupa, Bernard Golse, Sylvain Missonnier, Denys Ribas, Jean-François Saucier, Claude Smadja) proposent différentes réponses et en tirent les conséquences pour leur pratique.

  • Ll est suffisamment rare qu'un ouvrage soit le premier dans son champ de recherche à être publié pour ne pas le souligner. Psychologie en néphrologie est en effet la première publication consacrée à l'approche psychopathologique en néphrologie. Dirigé par D. Cupa, professeure de psychopathologie et directrice de l'Unité de psycho-néphrologie de l'AURA, ce livre rassemble des textes concernant des recherches récentes sur la souffrance psychique, sur les appréhensions et les craintes, ainsi que sur la qualité de vie des patients dialysés ou transplantés. Réalisés par des néphrologues, transplanteurs et une généticienne, des psychiatres, psychologues et une psychanalyste, ces travaux établissent que somaticiens et psy peuvent travailler, voire créer ensemble. Mieux, ils démontrent qu'en psycho-néphrologie, seul un travail élaboratif entre somaticiens, psychiatres et psychologues permet aux patients d'être reconnus dans leur réalité somato-psychique douloureuse. De fait cliver corps et psyché revient à produire chez ces malades des effets délabrants confirmant que qualité des soins et qualité de vie des patients ne sont pas dissociables.

  • En psychiatrie comme en psychologie clinique, le patient ne se réduit pas à ses symptômes ni à sa maladie qui ne peuvent pas être compris dans leur seule dimension négative et «  handicapante  » : ils ont un sens au regard de l'histoire du sujet relevant de diverses formes de conflits, de blessures psychiques, de traumatismes et de systèmes défensifs.
    Les auteurs reprennent ici la description des grands syndromes psychiatriques actuels en leur apportant l'éclairage de la métapsychologie freudienne et postfreudienne ainsi que celui de la psychopathologie psychanalytique et transculturelle d'aujourd'hui, sans ignorer l'apport des neurosciences.
    Ces approches théoriques de la clinique apparaissent indispensables à une compréhension contemporaine des troubles psychiques et psychiatriques. Elles donnent les moyens de saisir ce qu'aucun scanner ni aucune statistique ne peuvent montrer, à savoir les dynamiques, les conflits et les déchirures psychiques sous-jacents à l'expression de ces troubles.

  • En inventant il y a plus de trente ans la métaphore du Moi-peau, Didier Anzieu a instauré la question des limites au centre de la psychanalyse, sur la base d'une entité mixte psychique et corporelle, dont la clinique vérifie la puissance. Il a éprouvé cette notion dans des dispositifs exploratoires aux limites des pratiques centrales de la psychanalyse, et il n'a pu le faire que suffisamment assuré dans ses propres enveloppes psychiques, suffisamment travaillé par ses failles. A l'occasion du 20e anniversaire de la parution de son livre Le Moi-peau, cet ouvrage interroge et approfondit la pensée de Didier Anzieu, sur la créativité, le transfert et la méthode analytique : une mise à l'épreuve du Moi-peau dans la clinique psychanalytique actuelle.

  • Une douzaine de communications qui ont été proposées à l'occasion des 40 ans de l'Université Paris Ouest Nanterre-La Défense, par le LASI (le Laboratoire des Atteintes Somatiques et Identitaires dirigé par Mme le Pr Dominique Cupa) développait une réflexion pluridisciplinaire afin de penser la question de la cruauté comme décharge d'une violence intrusive remettant en cause le devenir de l'homme en annihilant ses potentialités d'être pensant et ses capacités d'être.

  • Les addictions interrogent les cliniciens par leur situation au carrefour du soma et de la psyché, car elles détournent les fonctions physiologiques, les sensations et les émotions de leurs conduites de régulation pour des conduites d'excès. Pour certains, ces conduites dont la source d'excitation est externe, ou du moins perçue comme telle tant le sujet semble soumis à la contrainte, ont pour but de combler un besoin primordial ou de relayer les défaillances internes liées au vécu d'une absence de l'objet primaire. La remise au goût du jour par la psychanalyse du vieux terme d'addiction a permis de souligner l'importance de la composante corporelle de ces manifestations en même temps que l'avancée de la connaissance des neuro-transmetteurs, des mécanismes neurophysiologiques et de la psychologie cognitiviste est venue affiner la connaissance des mécanismes psychologiques. Ces différents cheminements cliniques, théoriques, thérapeutiques, mais aussi administratifs et politiques créent les conditions d'un débat fructueux, sans oublier que les addictions peuvent être considérées comme sources de création en permettant la libération d'états émotionnels et leurs mises en représentations. Le tissage agencé entre le soma et la psyché où s'entremêlent ubris et procédés auto-calmants, telle est la trame de cet ouvrage organisé selon le double paradigme de l'addictologie bio-psycho-sociale et de la psychanalyse. Des cliniciens et chercheurs de ces deux champs ont croisé leurs expériences cliniques et leurs hypothèses afin de repérer les possibles stratégies thérapeutiques avec ces sujets.

  • Qu'en est-il du sexuel aujourd'hui ? Dans la perspective psychanalytique, sexualité et organisation du psychisme sont consubstantielles. Plus précisément, la théorie des pulsions place la sexualité au centre du psychisme, ce qui constitue la révolution copernicienne initiée par Freud. La sexualité est la condition même du devenir humain, c'està- dire du développement du psychisme et de la culture dans la mesure où il n'y pas de sexualité sans culture, ni de culture sans fondement pulsionnel. La problématique abordée dans ce livre est celle de la nécessité structurale de la reconnaissance de la différence des sexes, qui s'articule en aval à la différence moi/non-moi et en amont à la différence des générations. Avec la question du genre, les théories « queer » s'y opposent : elles remettent en cause les distinctions proposées en avançant qu'elles sont imposées par l'ordre social et sa répression, et elles prônent les bienfaits de la désexualisation.

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