Langue française

  • Par rapport à l'entrée directe dans la vie dite active, le cadre des études supérieures offre la possibilité d'un espace d'expérimentation et de mise à l'épreuve entre l'adolescence et l'âge mûr. Une période plus ou moins prolongée s'ouvre ainsi, durant laquelle peut s'organiser une aire de transition, « combinaison d'immaturité prolongée et de précocité provoquée » (E. Erikson, 1972).
    Si l'université est un cadre qui présente en apparence de nombreux attraits socio-affectifs, notamment en terme de liberté, ce sentiment peut se heurter à la difficulté de maîtriser les contours propres à ce nouvel univers; véritable « passage » au sens ethnologique, avec son « temps d'étrangeté », « d'apprentissage » des règles, voire des rites, l'étudiant devra en décrypter les contours, « s'affilier », et en faire transitoirement son « métier » (A. Coulon, 1997). Dans ce contexte, l'intégration sociale reste déterminante, et le risque d'isolement et de rupture toujours possible.
    Mais que peut-on dire, spécifiquement, du phénomène de mal-être chez les étudiants ? Essentiellement, qu'il se situe dans un entre-deux : entre les manifestations symptomatiques de l'adolescence, faites d'investissements et de désinvestissements massifs, et la psychopathologie de l'adulte. Ni tout à fait l'un, ni tout à fait l'autre.
    Si notre société offre aux adolescents et jeunes adultes la possibilité d'un sas aux limites aussi floues que de plus en plus étendues, dans le même temps, le droit à l'erreur académique est limité, tout échec pouvant conduire à une sortie du système sans grande possibilité de retour ultérieur. Ajouté à cela qu'aujourd'hui les jeunes vivent dans un climat de grande liberté, avec pour consigne : « Fais ce que tu veux mais sois performant ! », et nous avons là les ingrédients d'une situation anxiogène non négligeable.

  • Depuis cinquante ans, Michel de M'Uzan occupe une place à part dans la psychanalyse française. Grand clinicien, chercheur infatigable, théoricien de la pensée freudienne, cofondateur de la psychosomatique, il n'a cessé de remettre en question les données freudiennes de base, tout en restant strictement et rigoureusement freudien. Notre ouvrage, actes d'un colloque qui a eu lieu à l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense en 2009, présente l'état des derniers débats sur les questions qui l'animent. Son texte inaugural reprend ses derniers renouvellement, tout à la fois révolutionnaires et controversés, de la métapsychologie, dont la proposition de réserver la notion de pulsion au seul ordre psychosexualité / « vital-identital », ou bien encore l'idée que la pulsion « s'invente » par l'intermédiaire de la séduction de l'infans.
    Les thèmes abordés ici (pulsion de mort, psychosomatique, organisation des névroses et des psychoses, science des limites indéfinies, etc.), se présentent sous la forme de réponses de psychanalystes d'orientations variés au texte inaugural de Michel de M'Uzan, réponses auxquelles celui-ci à son tour répond, le tout constituant, sur un mode tout à la fois familier et rigoureux, une discussion des avancées théoriques proposées par Michel de M'Uzan et le débat que ces avancées produisent chez ses collègues. Sorte donc de « work in progress » de la psychanalyse d'aujourd'hui où s'articulent clinique et métapsychologie.

  • Quelle est la place de la psychothérapie dans la thérapeutique du cancer ?
    Ce livre aborde, d'une part, la question des limites du cancer et de la place de la psychothérapie dans sa thérapeutique, et, par ailleurs, présente des travaux de recherche sur les impacts du cancer sur différentes approches relationnelles.
    Les propos des patients sont essentiels, le cancer est une situation limite, dans laquelle l'affect, l'image du corps et l'identité sont essentiels. Sont soulevés également les problèmes des soins palliatifs et du suivi des patients.
    L'impasse est un concept issu de la clinique, qui renvoie à la clinique, pour la rendre plus efficace et plus pertinente. Le thérapeute aide à sa compréhension et à son incidence par le patient sur la pathologie.
    Conçue dans cette optique, l'action thérapeutique exige qu'aucune obstruction ne vienne empêcher le thérapeute d'accéder librement à la vie relationnelle onirique et affective, la sienne autant que celle de l'autre, ensuite, que l'affect et la représentation ne sauraient être traités séparément, parce qu'ils sont l'avers et l'envers du même phénomène.
    C'est autour de cette thématique que se situent les travaux de recherche autour du cancer en psychosomatique relationnelle.

  • Ce qui est malade ce n'est pas le corps, ce n'est pas l'esprit, c'est la personne. Un être humain n'est pas non plus divisé selon l'âme et le corps. L'âme et le corps ne sont pas deux réalités , ce sont deux concepts que nous vous inventons pour rendre compréhensible l'unité. On est toujours obligé de faire des divisions, de distinguer des choses, alors que dans la réalité tout cela est uni. Et toute la théorie relationnelle est en fait une pensée de l'unité. Le corps peut donc traduire des conflits en montrant un dysfonctionnement. Le conflit ne reste pas dans les sphères psychiques mais il est traduit en terme de dysfonctionnement corporel. Il n'y a pas de fonctionnement sans situation relationnelle, ni situation relationnelle sans fonctionnement. On peut bien sûr scinder les deux et c'est comme cela que la psychanalyse a développé une théorie du fonctionnement sans relation, c'est-à-dire ramenée à des processus mentaux : comme s'il y avait des processus internes et des pulsions à l'intérieur du sujet sans relation.

  • Actes de la 46e Journe de l'Hpital Claude Bernard, Paris, le 14 novembre 2003.

  • L'Union Nationale pour la Prévention du Suicide (UNPS) a été créée il y a bientôt 10 ans, regroupant des associations de professionnels et de bénévoles à la recherche de réponses médico-psycho-sociales mieux adaptées à la souffrance et au désespoir des personnes suicidaires.
    L'UNPS a souhaité développer un axe de recherche, d'une part pour susciter des actions en fonction des résultats acquis sur un plan scientifique et, d'autre part, pour concourir à l'amélioration des connaissances, à partir des observations cliniques dans les lieux de soins et de prévention.
    - Où en est-on des données épidémiologiques qui permettent de mesurer l'ampleur du phénomène et d'en suivre l'évolution dans le temps ?
    - Que font les autres pays en matière de prévention et quelle est l'évaluation des programmes ?
    - Comment sont organisés le repérage et les soins aux suicidants dans les centres hospitaliers ?
    - Quelle est la formation des intervenants ?
    - Existe-t-il des « modèles » pour renforcer le lien social à partir de structures d'aide ? Quel est le rôle de la téléphonie sociale ?

    Ce livre pose toutes ces questions. C'est une synthèse des avancées et des hésitations dans le rapprochement entre chercheurs et acteurs de prévention et de soins. Il est donc indispensable à tous ceux qui travaillent sur ce douloureux sujet.

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