Presses De Sciences Po

  • Ce numéro est entièrement consacré à l'oeuvre scientifique et politique de William Edward Burghardt Du Bois (1868-1963), l'une des plus grandes figures de l'histoire noire américaine. Premier Noir à obtenir un doctorat à Harvard, il est à l'origine des premières recherches sociologiques et historiques sur la communauté afro-américaine.
    Ce numéro étudie la façon dont Du Bois a pensé et travaillé la relation entre question raciale et sciences sociales. À partir de six articles originaux, ce dossier met en lumière les instruments de connaissance des mécanismes de domination sociale et raciale mis au point par Du Bois en faveur de la justice, de l'action et de l'émancipation politiques.

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  • La démocratie délibérative s'est désormais imposée comme le courant dominant dans la théorie politique anglo-saxonne. Sa réception en France commence à peine. Le présent dossier en présente un panorama critique, s'attachant à montrer les forces de ce paradigme, mais aussi les paradoxes auxquels il est confronté - en particulier dans la tentative d'articuler une théorie normative de la délibération avec une conceptualisation réaliste de la société et de la politique. Les articles de ce volume s'attaquent à des questions politiques centrales : comment concevoir la délibération politique ? Comment passer d'une délibération de qualité mais à petite échelle de « mini-publics » à la démocratisation de l'espace public élargi ? Les échanges communicationnels sont-ils plus à même que l'action collective de promouvoir le changement social, et comment articuler les deux ? Dans quelle mesure les intérêts particuliers et les rapports de pouvoir sont-ils intriqués avec les dynamiques délibératives ? En quoi la démocratie délibérative se différencie- t-elle de l'autogouvernement républicain ?

  • DOSSIER : POURQUOI LA PROPRIETE PRIVEE ? LES POLITIQUES DE LA PROPRIETE ET LEURS ALTERNATIVES Dossier coordonné par Pierre Crétois, Éric Fabri, Maxime Lambrecht et Victor Mardellat.
    La propriété privée est l'un des quelques axiomes sur lesquels reposent les démocraties libérales contemporaines. Elle semble tellement évidente qu'elle est rarement questionnée. Pourtant, l'histoire politique de la modernité montre que cette évidence, ce « droit naturel », a donné lieu à de nombreux débats et conflits. Dans un contexte social caractérisé par une répartition très inégale de la propriété du capital, de nombreux penseurs du XIX e siècle, de Mill à Marx et Proudhon, ont dénoncé les dérives abusives de ce droit « absolu » que les propriétaires ont sur leur propriété.
    Introduction, Pierre Crétois, Eric Fabri, Maxime Lambrecht Back to John Locke on private property. How to justify the right to exclure?, Jean-Fabien Spitz Absolute Dominium, Fiduciary Property Rights, and Citizenry, Bru Laín Escandell Good fences make good neighbours, Hillel Steiner Hugo Grotius and the Mystery of Ownership, William Christmas Negative Economic Liberty and the Idea of Quasi-Private Ownership, Gavin Kerr Contractualism and the Moral Limits of Private Property Rights, Victor Mardellat An Introduction to Justice as the Pursuit of Accord, Karl Widerquist Un texte, un auteur Entretien de David Smadja avec Bruno Karsenti et Cyril Lemieux autour de leur ouvrage Socialisme et sociologie (Éditions de l'EHESS, 2017).

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  • Anthropocène : une réalité, une politique, une notion, un concept ? Le terme fait désormais partie de notre vocabulaire à la fois savant et ordinaire, il suscite pourtant des interrogations et des controverses. Si l'urgence d'agir n'est pas contestée, les modalités de l'action ne font pas consensus. L'état de la recherche sur l'Anthropocène est foisonnant. Raisons politiques a sollicité des spécialistes pour en rendre compte et a donné la parole à deux chercheurs, Dominique Bourg et Erle C.
    Ellis, pour confronter leurs interprétations.

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  • DOSSIER: JUDITH BUTLER ET LES POLITIQUES DU SUJET SENSIBLE.
    Sous la direction d'Amélie Bescont et Adrien Estève.
    Les travaux récents de Judith Butler, qui forment un ensemble relativement peu étudié en France en comparaison du poids accordé à l'auteure depuis Gender Trouble dans les études de genre et les cercles féministes, constituent autant d'essais de reformulation des enjeux politiques et éthiques du vivre ensemble, sur la base d'une refonte du sujet politique. Cette refonte, initiée dans Frames of War, a pour objectif de prendre en considération la dimension incarnée du sujet, au-delà des dichotomies classiques des théories de la démocratie - pour qui seul relève des affaires publiques le sujet compris comme individualité souveraine, maîtresse d'elle-même, indépendante et rationnelle.
    Ce numéro réfléchit à la pertinence des stratégies de subversion et d'émancipation proposées par Butler dans ses derniers textes, et plus largement de saisir les effets et les enjeux des « politiques du sujet sensible », c'est-à-dire, non seulement des visions du politique fondées sur une prise en considération de la sensibilité des individus, mais aussi des tentatives visant depuis elle, à altérer ou bouleverser structurellement les régimes dans lesquels nous vivons.
    « Bodies that still matter », Judith Butler.
    « On Judith Butler's «ontological turn» », Arto Charpentier.
    « Countering the «social weightlessness» of radical democracy theories through ontological thinking - Judith Butler and the sensate genesis of the political subjectif », Lucile Richard.
    « Institution de la vulnérabilité, politique de la vulnérabilité », Estelle Ferrarese.
    « Precarious Borders : The Governmentality of Migration and the Potentiality of Affect », Hannah Voegele.
    « Against the Frames of the Mexican War on Drugs: Towards a melancholic political résistance », Josemaría Becerril Aceves.
    « The Apparitions of Emotion: Toward a Performative Affect Theory of Political Assembly », Katie B. Howard.
    Lecture critique par Guillaume Le Blanc des thèses déployées par Judith Butler concernant les rapports entre vulnérabilité et politique.

  • Les prétentions à incarner la communauté politique ou des groupes particuliers se multiplient. Elles s'expriment au sommet des institutions représentatives, mais aussi dans les mouvements sociaux contestataires. Elles sont portées autant par les leaders autoritaires que par les mouvements libertaires. Les articles ici rassemblés entendent éclairer ces phénomènes à l'aide de la notion de la représentation-incarnation. Cet idéaltype désigne une relation où l'entité représentante tend à être identifiée à l'entité qu'elle prétend incarner, sans que ce lien repose sur un mandat ou une volonté explicite. Cette relation contribue de façon décisive à forger l'identité et l'unité du groupe représenté. La représentationincarnation plonge ses origines dans la théologie chrétienne comme dans la philosophie et le droit public du Moyen Âge, avec la notion de représentation-identité. Sécularisée, elle se retrouve sous des formes diverses dans les parlements d'Ancien régime, dans les controverses opposant Hobbes et les parlementaires anglais, dans les conflits de légitimité de la révolution de 1848, chez Edmund Burke, Carl Schmitt ou les théoriciens du populisme. La force des régimes politiques modernes a reposé sur leur capacité à fusionner la légitimité donnée par le mandat électoral et celle qui découle de l'incarnation de la communauté politique dans les représentants élus. Cette articulation est aujourd'hui remise en cause: la crise des systèmes représentatifs s'approfondit tandis que fleurissent des prétentions alternatives à incarner le peuple. Il est temps de se donner les moyens conceptuels de distinguer ces deux sources de légitimité.

  • S'émanciper, être plus libre, avoir moins de choix, refuser trop de laisser-faire : l'idée que la liberté se décline en quantités est souvent présente dans les discours publics.
    Mais comment mesurer la liberté ? Doit-on simplement se fier aux différentes organisations qui proposent aujourd'hui des indicateurs de liberté et classent les pays en conséquence ? Si ces indicateurs ne prennent en compte qu'un type spécifique de liberté - liberté de la presse, liberté économique, liberté politique - pourrait-on définir un indicateur de la liberté globale ? Et comment comparer la liberté des uns à celle des autres ? Depuis deux décennies, la théorie politique propose un ensemble de conditions pour définir et comparer la liberté individuelle.
    Les contributions de ce dossier, signées par des protagonistes de ce champ de recherche, raniment le débat.

  • Dans ce numéro, "Raisons Politiques" explore un domaine inédit : non pas tant "la mort" que "les morts" et ce qu'il en reste. S'intéresser à la façon dont les restes humains et les fragments de corps morts sont traités et qualifiés dans différents contextes permet de porter un regard original sur le statut de la personne humaine dans différentes sociétés, et en particulier sur ce qui distingue le corps humain d'une simple chose selon les systèmes juridiques et politiques. Sont tour à tour examinés les cas des charniers en Ex-Yougoslavie, des attentats du 11 Septembre à New York, des reliques de sainte Thérèse, du devenir des cendres après crémation en France, et du sort des cadavres en Mongolie. Le dossier se clôt par un entretien avec Marcel Détienne, qui revient sur la place des morts dans la Grèce antique et sur l'intérêt d'une démarche comparatiste, telle qu'elle est mise en oeuvre par ce dossier.

  • On ne saurait dénoncer les graves injustices que sont l'esclavage ou l'exploitation d'autrui sans supposer que chacun de nous est le véritable propriétaire de sa personne et de son travail.
    Mais si cela est vrai, comment justifier les politiques redistributives qui visent à corriger d'autres injustices liées aux inégalités sociales ? Le libertarisme de gauche est une théorie politique normative qui cherche à résoudre cette tension, en nous rendant chacun doublement propriétaire : de notre propre personne et d'une part égale des ressources du monde. Michael Otsuka, l'un des plus égalitaires défenseurs contemporains de ce courant, signe ici un article inédit qui suscite la réaction de nombreux auteurs francophones.

  • L'idée de nation repose sur la capacité des membres d'une communauté à dire " nous " - " nous, le peuple des Etats-Unis ", comme l'a proclamé, de manière performative, la Déclaration d'Indépendance en 1776.
    Au moment de la formation de la nation américaine, les pères fondateurs savent qu'il est fondamental que les Américains, peuple issu de treize colonies indépendantes, se façonnent et imaginent une histoire commune à partir d'éléments culturellement disparates et politiquement controversés. Cette mise en discours de la nation américaine est perpétuelle : les récits fondateurs des nations ne sont jamais clos et les nations ne cessent de se fonder.
    A travers l'étude des récits passés et présents de fondation, de ce qu'ils tentent d'effacer de l'histoire politique commune, mais aussi à travers l'étude de récits hétérodoxes, ce dossier se propose d'exhumer une tradition philosophique et politique héritée des pères fondateurs refoulés de la nation américaine.

  • Alors que les systèmes politiques européens voient leur légitimité s'amenuiser, il importe de repenser la représentation politique pour mieux analyser cette crise et penser les évolutions en cours. Contrairement à une opinion répandue, la représentation est loin de se réduire à un mandat entre des gouvernants élus et les citoyens. C'est à l'exploration de la pluralité des significations du terme qu'est consacré ce numéro.
    Il puise dans la théorie politique anglo-américaine d'un côté, dans l'histoire conceptuelle et la théorie politique allemandes de l'autre, proposant des traductions de quatre textes fondamentaux peu ou pas connus en France. Des dimensions sous-estimées de la légitimité des élus, comme la ressemblance sociologique entre ces derniers et les électeurs, ou la façon dont ceux-ci contribuent à créer les groupes qu'ils sont censés représenter, y sont interrogées.
    Au - delà, les articles ici rassemblés permettent de mieux appréhender l'ensemble des situations dans lesquelles des personnes parlent et agissent au nom d'autrui, et la façon dont la représentation peut favoriser la citoyenneté active. Ils ouvrent ainsi sur des usages de la représentation qui dépassent le cadre du gouvernement représentatif et des formes instituées de délégation.

  • A la suite des attentats du 11 septembre 2001, le thème de la guerre juste est revenu sur le devant de la scène.
    Il a suscité d'intenses débats et de nombreux travaux. Le but de ce dossier est de revenir sur ces controverses et de penser le concept de "guerre juste" avec les outils de la théorie politique. Les contributions de ce dossier remontent le fil de l'histoire en montrant comment la tradition philosophique a traité le problème de la guerre juste. Elles s'attachent par ailleurs à faire ressortir la centralité de la guerre juste comme problème politique pour des Etats qui cherchent à justifier l'usage de la force.
    La rencontre des approches théoriques et empiriques de la guerre juste permet ainsi d'adosser les questionnements philosophiques, éthiques et juridiques à une réflexion sur les problèmes actuels de la guerre. Penser la guerre juste, c'est s'interroger sur les traditions qui fondent les conceptions éthiques et juridiques de l'action militaire, mais c'est aussi réfléchir sur les motifs qui l'orientent.

  • A la Renaissance, Florence invente les principes républicains modernes en même temps que la perspective en art. Un courant humaniste théorise la florentina libertas, dont les principes connaîtront une diffusion énorme en Occident. Pour la première fois, les trois textes politiques majeurs du fondateur de l'humanisme civique, Leonardo Bruni, sont livrés réunis en français.

    L'a/ter ego de Machiavel, Francesco Guicciardini, oppose tirage au sort et gouvernement représentatif pour désigner les titulaires des charges publiques tandis que Quentin Skinner analyse les débats des Niveleurs dans l'Angleterre du 17e siècle. Couplés à l'étude des controverses historiographiques autour de l'humanisme civique, ces textes démontrent que la tradition républicaine est plurielle et contribuent à éclairer l'un des enjeux du présent : comprendre comment différents républicanismes ont émergé depuis les origines de la pensée politique moderne, et quels sont les ressorts de leurs oppositions.

  • Partant du constat de l'état de grande pauvreté dans lequel se trouve 1 milliard d'individus, du renforcement des institutions et de l'émergence d'une réélle capacité d'action, ce dossier présente les divers points de vues et développements des théoriciens politiques sur le devoir de justice sociale.

  • Dérouler le fil de la pensée d'un chercheur. Le suivre sur les traces de son écriture. Lire avec lui et dévoiler ses intentions. Tel est l'objectif de cette nouvelle rubrique « Un texte, un auteur ». Une occasion pour les lecteurs de Raisons Politiques d'assister à la fabrique de la recherche.

    Dans ce numéro, nous visiterons celle du sociologue Nicolas Dodier. Dans « Transformations des langages et du travail critique des sciences sociales », Nicolas Dodier tente d'évaluer le rapport à la normativité des chercheurs. Il le fait en analysant non seulement les paradigmes dominants (ici dans la recherche sur les questions médicales), mais surtout les « langages des sciences sociales », qui sont une mise en récit de la recherche, engageant à la fois le savant et les attentes du monde social. Le « langage du pluralisme », qui a sa préférence, serait un mode de réhabilitation d'une démarche critique attentive aux différences des acteurs, à la dynamique des interactions, et un moyen de renouer un dialogue rompu au sein de la profession entre sociologie critique et sociologie de la critique.

  • Savants qui l'ont accompagnée. Les interrogations et les spéculations invitaient à s'interroger sur une notion centrale du féminisme, le consentement - concept par ailleurs au fondement des théories politiques libérales. Ce numéro s'intéresse plus précisément à l'idée du consentement en matière de sexualité, dont l'émergence est le produit d'une histoire occidentale qui définit la sexualité, normativement et culturellement, comme une action réciproque.
    Dans les années 1980, le consentement a été l'un des terrains de l'affrontement des féminismes, autour de la sexualité prise comme un lieu de libération ou au contraire comme un lieu d'oppression. Si la domination masculine est la structure de pouvoir fondamentale, que vaut le consentement ? Relève-t-il de la fausse conscience ? Une séduction sans domination est-elle possible ? Raisons politiques fait ici une large place aux débats américains en proposant notamment une traduction inédite d'un texte de Catharine MacKinnon et un Parcours de recherche avec Gayle Rubin.

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