Editions Rue d'Ulm

  • Depuis le début des années 2000, l'expression de « déserts médicaux », régulièrement utilisée par les médias et nos gouvernements successifs, décrit des situations où les populations font face à des difficultés d'accès aux soins (délai d'attente pour un rendez-vous, nombre insuffisant de médecins traitants disponibles...). Ces situations sont la conséquence, notamment, d'une raréfaction globale de l'offre de soins, plus marquée chez les médecins généralistes. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi les outils de régulation de l'offre de soins ont-ils échoué dans leur objectif : adapter cette offre aux besoins de la population ? Tous les territoires ne sont pas touchés de la même manière par ce phénomène de raréfaction. Les pouvoirs publics ont-ils mis en place ces deux dernières décennies des solutions pour améliorer l'accessibilité aux soins - et lesquelles ?

  • La fraude fiscale est un sujet qui se dérobe aux outils de l'analyse économique traditionnelle. D'une part, comme toute activité illégale, la fraude fiscale échappe à l'observation du chercheur en même temps qu'elle se dissimule aux autorités : l'analyse empirique de son ampleur, de ses déterminants et de la manière dont différents dispositifs l'affectent est nécessairement très limitée. D'autre part, sur le plan théorique, l'application simple du calcul coût-bénéfice auquel est supposé se livrer le contribuable « rationnel » conduit à un paradoxe : contrairement à une idée largement répandue, les bénéfices de la fraude fiscale sont tellement élevés, et le risque de sanction est tellement faible, que l'on peut s'étonner qu'elle soit aussi peu pratiquée dans l'ensemble des économies développées. Plutôt que la fraude fiscale, c'est donc la «soumission fiscale» qui en constitue le pendant, la disposition à payer l'impôt, qu'il convient d'expliquer pour en comprendre les déterminants.
    Le double défi que posent les décisions de fraude fiscale à l'analyse économique n'a pu être relevé que très récemment, grâce à l'émergence, au cours des vingt dernières années, d'une nouvelle approche, l'économie comportementale, qui s'appuie sur la psychologie pour mieux comprendre les comportements économiques ; et, conjointement, d'une nouvelle méthode, l'économie expérimentale, qui permet d'étudier empiriquement les comportements économiques sur lesquels il est difficile de collecter des données convaincantes.
    Cet opuscule rend compte des résultats de ces travaux et présente un panorama des outils de politique fiscale qui s'en dégagent.

  • Dans cet essai inédit en français qui est devenu un classique sur la question du traduire, Folena fait dialoguer avec les grands théoriciens de notre temps nombre d'auteurs anciens (d'Aristote à Cicéron et Jérôme, de Marie de France à B. Latini, Boccace ou L. Bruni...), sans négliger les avancées théoriques de Dante. Comment se définissait l'exercice de la traduction médiévale et humaniste ? Quels étaient ses critères ? Que visait la transposition d'une langue à l'autre ? Facteur crucial de la diffusion de la culture et de l'expérience religieuse et littéraire entre le XIIIe et le XVe siècle, la traduction s'affirme peu à peu, à travers les néologismes traducere ou tradurre, comme une pratique artistique autonome, affranchie de l'autorité des langues sources, ouverte aux échanges entre langues voisines - une nouvelle herméneutique.

    Traduction d'Anouchkka Lazarev et Lucie Marignac
    Édition de Lucie Marignac
    Postface de Christophe Mileschi

  • La France est engagée dans un cercle vicieux dont les coûts économiques et sociaux sont considérables. Depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développés révèlent qu'ici plus qu'ailleurs, on se méfie de ses concitoyens, des pouvoirs publics et du marché. Cette défiance allant de pair avec un incivisme plus fréquent.
    Or la défiance et l'incivisme, loin d'être des traits culturels immuables, sont alimentés par le corporatisme et l'étatisme du modèle social français. En retour, le manque de confiance des Français entrave leurs capacités de coopération, ce qui conduit l'État à tout réglementer et à vider de son contenu le dialogue social.
    En comparant les relations entre les performances économiques et les attitudes sociales dans une trentaine de pays du début des années 1950 à nos jours, Yann Algan et Pierre Cahuc montrent comment ce déficit de confiance réduit significativement l'emploi, la croissance et, surtout, l'aptitude des Français au bonheur.
    Préface de Daniel Cohen
    Nouvelle édition

  • La question de l'immigration fait partie des grands débats publics de la France d'aujourd'hui. Ce débat est d'autant plus vif qu'il a été ranimé, d'une part, par la « crise des migrants » que connaît actuellement l'Europe et, d'autre part, par les attentats qui ont récemment endeuillé notre pays. Si la question de l'immigration se pose avant tout en termes d'identité et de sécurité, sa dimension économique n'est pas à négliger : elle conditionne les perspectives d'intégration des immigrés présents sur le territoire national, ainsi que les degrés d'ouverture ou de fermeture auxquels seront confrontés les immigrants de demain.
    Le constat que fait ce livre est le suivant. Depuis la fin des Trente Glorieuses, et malgré sa tradition d'asile et d'accueil, la France a voulu réduire une immigration qu'elle a perçue comme un « problème » ; ce faisant, elle a accueilli une proportion d'immigrants non qualifiés plus forte que les autres pays ; les à priori négatifs des Français vis-à-vis de l'immigration s'en sont trouvés renforcés, et leurs attentes à l'égard de politiques d'immigration restrictives, renforcées. La France s'est ainsi enfermée dans un cercle vicieux : faible taille, faible qualification et faible diversité de son immigration l'empêchent de tirer parti des bénéfices économiques qu'une immigration plus importante, mieux sélectionnée sur la base de l'éducation et des qualifications, et originaire d'un champ géographique plus large et plus varié que l'ancien champ colonial, pourrait lui apporter.
    Nous devons donc repenser notre politique d'immigration en nous inspirant des résultats de la recherche et des expériences de pays disposant d'une immigration plus qualifiée et plus diversifiée, plus large et plus consensuelle à la fois.

  • Avec l'ouverture des économies et le développement des échanges internationaux croissent les craintes des consommateurs de voir arriver sur le marché national des produits de piètre qualité et potentiellement dangereux pour la santé humaine ou l'environnement. Afin d'assurer un niveau de sécurité adéquat, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) autorise les pays à mettre en oeuvre différentes normes sanitaires et techniques. Sur le principe, ces normes ne doivent pas être protectionnistes, néanmoins, certains décideurs publics peuvent être tentés de les utiliser pour protéger les producteurs domestiques de la concurrence étrangère.
    Quel est l'effet réel de ces normes sur le bien-être des consommateurs et sur les flux de commerce entre pays ? Leurs définitions et applications sont-elles influencées par certains groupes de pression pour leur propre profit ?
    À partir des résultats de recherches menées depuis près de deux décennies, l'auteure propose plusieurs pistes d'action, tant pour une meilleure coordination des réglementations entre les pays que pour une meilleure insertion des pays en développement dans la politique réglementaire internationale.

  • Bonheur, satisfaction dans la vie, confiance et optimisme : où en sont les Français ? Il existe une spécificité française en matière de bien-être et ce livre met en lumière plusieurs paradoxes.
    Les Français se disent moins heureux et plus pessimistes que la plupart des citoyens des autres pays européens ; ce mal-être concerne avant tout les questions économiques ; et c'est en France que la relation entre bonheur et argent est la plus forte. Ceci vient sans doute de leur défiance vis-à-vis des institutions : ne pouvant plus compter sur elles pour organiser leur destinée collective et les protéger contre les principaux risques de la vie, les Français se replieraient sur leurs ressources personnelles. Au malheur collectif s'oppose alors un bonheur privé.
    Mal-être et défiance se traduisent par un processus de polarisation politique, avec la montée de l'extrême droite notamment. Lors des dernières élections présidentielles, le vote en faveur d'Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen a marqué le clivage entre optimistes et pessimistes. Quelle que soit sa postérité, le sursaut d'optimisme du mois de juin 2017 montre que, même si l'état d'esprit des Français est si ancien qu'il finit par se confondre avec une attitude culturelle, il n'est pas pour autant irréversible.

  • La France a subi un changement structurel rapide au cours des trois dernières décennies. Elle n'est plus seulement spécialisée dans quelques domaines du secteur manufacturier mais s'est tournée vers celui des services : recherche et développement, activités de commerce ou du secteur financier. Le marché du travail, en accroissant la proportion des emplois à bas et haut salaire au détriment des emplois intermédiaires, s'est fortement polarisé - et la crise de 2008 a exacerbé ce phénomène, probablement lié à l'essor des nouvelles technologies et à l'élargissement de la mondialisation.
    Vecteur d'inégalités salariales, la polarisation de l'emploi ravive aussi les tensions sociales et les passions politiques. Pour autant, les effets négatifs de ces changements majeurs ne sont pas inévitables. A. Reshef et F. Tubal ouvrent ici des pistes de réflexion originales sur le devenir de l'emploi en France. Et proposent des politiques publiques d'ajustement et de formation qu'il faudrait adopter pour que les gains engendrés par le progrès économique soient mieux répartis.

  • La démocratie n'est plus une évidence. Ses dysfonctionnements remettent en cause son principe (le pouvoir du peuple) ou l'idée dérivée de représentation.
    Ce livre montre pourquoi et comment il est possible d'améliorer le fonctionnement de notre démocratie sur, au moins, un point spécifique : la technique de vote. L'élection au suffrage universel est un moment crucial pour la démocratie, or il existe des manières différentes de voter, qui portent des symboliques différentes et qui ont des conséquences différentes. Demande-t-on à l'électeur derrière quel candidat il se range, ou bien lui demande-t-on son avis sur chacun ? Favorise-t-on les candidats consensuels ou exclusifs ? Encourage-t-on le regroupement ou l'émiettement des partis ?
    Le lecteur trouvera ici une synthèse des connaissances à propos des votes « par évaluation », dont la caractéristique commune est de recueillir l'opinion de chaque électeur sur chaque candidat. Cette synthèse repose, d'un côté, sur la théorie du choix social et, de l'autre, sur de nombreuses expériences réalisées en collaboration avec le public, dans les bureaux de vote, en ligne ou en laboratoire. On y voit que certaines méthodes envisagées sont plus satisfaisantes, pour beaucoup d'électeurs, que les systèmes actuels, qu'elles pourraient être utilisées en pratique et qu'elles tendraient sans doute à favoriser les candidats consensuels.
    En s'interrogeant sur ce que pourrait être notre démocratie, ce livre nous parle aussi de ce qu'elle est actuellement, de ses petits défauts comme de ses failles plus profondes. Il apporte un éclairage original sur un objet du débat citoyen, et constitue une source d'information et de réflexion pour toute personne intéressée par l'art difficile de la décision collective.

  • Longtemps attendue, l´émergence du livre numérique annonce l´arrivée de biens et d´acteurs qui vont ébranler le secteur de l´édition et de la vente de livres. Ce secteur est-il en mesure de réagir à l´implantation d´une nouvelle chaîne

  • En France, l'emploi des seniors est en panne, tandis que nos voisins européens ont mieux réussi dans ce domaine depuis le milieu des années 1990. Existe-t-il une spécificité, voire une fatalité française, ou nos réformes sont-elles inadaptées, donc inopérantes ?Cet opuscule propose d'aller beaucoup plus loin dans les politiques d'incitation à la prolongation d'activité, encore bien timides en France. Il faut casser la norme du départ précoce en mettant en place de fortes surcotes en capital et une liberté complète dans le cumul emploi-retraite. Une telle politique aura des conséquences positives sur l'emploi après 60 ans, mais également sur celui des quinquagénaires en repoussant les effets de bord créés par l'âge de la retraite, qui freinent fortement la demande et l'offre de travail des seniors.

  • Concernant les seniors, le système français continue d´entretenir l´inactivité plutôt que l´emploi. Si les préretraites publiques ont peu à peu disparu depuis dix ans, la majorité des entreprises choisissent aujourd´hui encore d´ajuster leurs effectifs à la baisse par le départ des seniors. Et cette volonté ne rencontre guère de résistance chez les intéressés, dans la mesure où un système d´assurance chômage spécifique leur permet d´attendre la retraite dans des conditions acceptables. Nous proposons une réforme qui, en rendant plus difficile l´accès à la retraite via le chômage indemnisé, permettrait de limiter les sorties consensuelles de l´emploi par une combinaison optimale entre assurance et incitations en fin de carrière. Il faudrait compléter ce dispositif par une taxe spécifique pénalisant les entreprises qui continueront de licencier des seniors.

  • Au cours des années 1990, on a assisté à l´apparition de nouveaux instruments dans le domaine de l´action publique en matière de pollution (indice de la qualité de l´air, plans régionaux...) et à l´émergence de controverses sur les effets sanitaires des polluants atmosphériques. Ces débats ont sorti la pollution atmosphérique urbaine de l´espace étroit dans lequel l´expertise industrielle l´avait maintenue.
    Après le recours des outils mis en place par la Loi sur l´air et l´utilisation rationnelle de l´énergie (1996), se développe une approche élargissant le problème de la pollution aux espaces intérieurs et aux changements climatiques. Et cette nouvelle représentation s´opère dans le cadre d´un univers où l´action publique apparaît de plus en plus fragmentée.
    Pour réduire les polluants atmosphériques, on s´oriente vers une régulation des comportements individuels. Mais des solutions globales ont du mal à s´imposer et les différents modes de transport ne connaissent pas de réorganisations significatives.
    Préface de Corinne Lepage

  • Cet opuscule ne cherche pas à raconter la crise. Il cherche à la comprendre. Trois questions sont abordées : Pourquoi des crises financières ? Pourquoi celle-ci ? Pourquoi une telle ampleur ? Pour y répondre, un fil directeur unique :

  • Depuis le milieu du XXe siècle, les pays développés connaissent une augmentation continue des dépenses de santé et un formidable accroissement de la longévité.
    Quel est le lien entre ces deux évolutions ? Contrairement à une opinion répandue, le vieillissement ne joue qu´un rôle mineur dans la croissance des dépenses de santé. Celle-ci résulte principalement de la dynamique du progrès médical : de nouveaux produits et de nouvelles procédures apparaissent continuellement, dont la diffusion alimente la consommation de soins.
    Ces dépenses sont-elles justifiées ? Doivent-elles continuer à progresser ? Brigitte Dormont montre que leur croissance soutenue peut correspondre à un optimum collectif. Certes, le coût des soins augmente rapidement mais leur efficacité aussi. Une augmentation de la longévité, une baisse des handicaps et une amélioration de la qualité de la vie sont obtenues en contrepartie des dépenses de santé. Et la valeur de ces gains en bien-être dépasse largement le coût des soins.

  • Les réformes introduites en Russie dans les années 1990 n´ont pas seulement porté sur une libéralisation économique et politique. Pays ultracentralisé, la Russie a alors adopté une structure fédérale décentralisée. Cette expérience de décentralisation menée sous Eltsine est considérée comme l´un des facteurs de l´effondrement économique russe. Après 1999, l´ère Poutine a au contraire été marquée par une forte recentralisation.

    Revenant sur les raisons de l´échec de la décentralisation russe, et s´appuyant sur l´exemple d´autres pays où le fédéralisme s´est développé avec un certain succès (Mexique, Chine), E. Zhuravskaya montre que la centralisation actuelle est également néfaste pour la Russie. L´hétérogénéité de ce pays continent appelle à un fédéralisme qui conserverait une centralisation politique tout en garantissant à tous les niveaux (local, régional et fédéral) des élections libres dans un contexte véritablement démocratique.

  • Les filles constituent quasiment la moitié des bacheliers scientifiques et réussissent mieux à cet examen que les garçons. Pourtant les grandes écoles d'ingénieurs - qui représentent plus que jamais la voie d'accès aux positions de pouvoir - demeurent aujourd'hui des bastions masculins. C'est cette énigme apparente qu'il s'agit de résoudre : comment rendre compte de cette « disparition » des filles ? Où sont-elles passées ?
    En mobilisant un large spectre de sources statistiques et une enquête conduite auprès d'élèves de classes préparatoires scientifiques à la demande de la direction de l'École normale supérieure, ce livre propose une approche originale en considérant cette disparition comme un fait social à part entière. Comment certains parcours scolaires et certaines destinées professionnelles en viennent-ils à être reconnus comme ouverts aux femmes ? Quels mécanismes d'incitation poussent les uns plus que les autres à se sentir à leur place dans ces parcours scolaires d'excellence scientifique ? Comment les rapports aux savoirs qui y ont cours participent-ils au maintien de ces bastions masculins ?
    Cette étude pourra intéresser un large public : élèves, enseignants, parents d'élèves, conseillers d'orientation, mais aussi responsables politiques ou associatifs en charge de la promotion des carrières scientifiques féminines, ainsi que sociologues et économistes spécialistes des questions scolaires et/ou de genre.

  • Le thème de l´égalité professionnelle entre les hommes et les femmes est un vrai serpent de mer : chaque année, aux alentours du 8 mars (la « Journée de la femme »), est dénoncée l´inégalité persistante entre les hommes et les femmes sur le marché du travail ; le discours se concentre sur le contenu à donner au terme d´« égalité » ; parfois, une loi est votée. Puis rien ne semble beaucoup évoluer, jusqu´au 8 mars suivant...
    Cet opuscule commence par retracer les progrès accomplis en matière d´égalité hommes/femmes dans les dernières décennies. Pourtant, alors que désormais les femmes sont plus éduquées que les hommes, les inégalités professionnelles demeurent marquées. L´analyse de leurs déterminants et des politiques publiques - notamment des expériences étrangères - montre que pour résorber des inégalités de salaire persistantes, il faudra mettre en place des politiques de longue haleine. Elles seules pourront avoir des effets durables, en affectant les comportements individuels et les normes sociales.

  • Malgré les multiples politiques conduites depuis près de trente ans pour venir en aide aux habitants des ghettos urbains que sont devenues certaines banlieues françaises, la situation y demeure extrêmement difficile. Pauvreté, chômage, échec scolaire, faible accès aux soins, violence : comment enrayer la spirale négative dans laquelle sont entraînés les quartiers dits « prioritaires » ?
    Les évaluations dont nous disposons concordent pour montrer que plusieurs « politiques zonées » emblématiques n'ont pas obtenu les résultats escomptés, en particulier les zones franches urbaines (ZFU), basées sur des allègements de charges et d'impôts offerts par les pouvoirs publics aux entreprises localisées dans les quartiers « prioritaires ». L'évaluation de dispositifs similaires mis en oeuvre aux États-Unis ou au Royaume-Uni conforte cette conclusion. La surreprésentation de populations fragiles amplifie les handicaps sociaux dont souffrent les habitants de ces quartiers, rendant ces politiques souvent inopérantes.
    Cette situation appelle des politiques plus radicales, combinant mixité sociale, mixité scolaire et accompagnement individualisé : discrimination positive sur le marché du travail, « emplois francs », pénalités renforcées pour les communes qui ne respectent pas la part de logements sociaux prévue par la loi ou encore dispositifs de busing inspirés des États-Unis. Autant de politiques qui pourraient utilement venir compléter la boîte à outils du gouvernement.

  • Drames privés ou question publique ? De quoi et de qui parle-t-on quand on parle de dépendance ? Le terme, d´origine médicale, désigne l´incapacité à accomplir sans aide les actes essentiels de la vie quotidienne, qui touche les handicapés, les malades chroniques, les vieillards infirmes ou déments. La réforme de la dépendance, promesse électorale depuis trois campagnes présidentielles, devrait donner une base cohérente aux politiques visant à compenser ces difficultés, pour assurer la survie et promouvoir l´autonomie des personnes concernées. Au-delà des débats sur le financement de cette nouvelle protection sociale, ce petit livre éclaire les enjeux humains d´une réforme attendue en tentant de faire entendre les points de vue des personnes handicapées elles-mêmes, de leurs familles et des professionnels de l´aide. Il plaide pour la suppression de la barrière des 60 ans entre handicap et dépendance, ainsi que pour la construction d´un nouveau secteur professionnel de l´aide, à domicile et en institution.

  • Les excès récemment observés dans le niveau de salaire de certains grands patrons suggèrent l´existence, au sein des entreprises, de dysfonctionnements importants dans les politiques de rémunération. Cet opuscule a un double objectif. Il analyse tout d´abord les contrats dont bénéficient les dirigeants d´entreprise et propose des changements pour que leurs rémunérations soient plus directement liées à leurs performances et à leur action. Il étudie ensuite le fonctionnement des organes de décision qui attribuent ces contrats - les conseils d´administration. Comment modifier la composition et le fonctionnement des CA pour qu´ils soient plus indépendants vis-à-vis des PDG et que les contrats de rémunération octroyés aient les effets souhaités ?

  • Dans de nombreux pays du Sud, le travail des enfants est un phénomène de grande ampleur. Pour les en protéger, faut-il tenter de l?interdire, en faisant au besoin pression de l?extérieur sur les échanges internationaux de certains biens manufacturés ? L?impact d?un tel boycott sera-t-il nécessairement bénéfique pour les enfants ? Sinon, quels sont les autres types d?interventions possibles ?Cet opuscule s?attache à restituer la réalité du travail des enfants dans le monde, parfois bien éloignée des clichés. Si l?on veut agir efficacement, il faut identifier correctement les enfants concernés et se demander quels seraient leurs activités et leur niveau de vie s?ils ne travaillaient pas. En discutant la pertinence des différentes politiques visant à réduire le travail enfantin, C. Dumas et S. Lambert suggèrent que la piste la plus prometteuse serait la mise en place de transferts de revenu conditionnels à la scolarisation des enfants.

  • Le 12 juillet 2005, le gouvernement a labellisé 67 « pôles de compétitivité » ? ou clusters. Ils sont aujourd?hui au nombre de 71. La politique d?aménagement du territoire est passée d?une intervention publique destinée à aider les régions en difficulté à une politique visant à encourager les plus dynamiques. Un objectif d?efficacité s?est ainsi substitué à un objectif d?équité. Sur quoi se fonde-t-il ? Sur l?idée que le regroupement des activités de production et de recherche permet d?améliorer la productivité des entreprises. Les clusters, pourtant, ne se décrètent pas, car ils obéissent à des mécanismes complexes.À contre-courant de l?enthousiasme que suscite le soutien aux clusters, cette étude montre qu?une telle politique peut en réalité avoir des effets négatifs : une trop grande spécialisation rend les régions tributaires du destin d?un secteur, en particulier lorsque les travailleurs sont peu mobiles ? comme c?est le cas en France.

  • La France et l´Italie connaissent des évolutions économiques et politiques comparables. Contrairement à l´opinion dominante, selon laquelle des obstacles d´ordre politique empêcheraient l´adoption de mesures économiques d´inspiration néolibérale qui seraient « indispensables », ce livre analyse la mise en oeuvre d´un programme économique néolibéral en France et en Italie comme une réponse aux crises politiques que connaissent les deux pays depuis plus de deux décennies. La dissolution des anciennes alliances sociales y a rendu nécessaire la reconstitution d´un bloc social dominant. Mais le «noyau dur» du bloc néolibéral constituant une minorité politique, la stratégie consiste à s´appuyer sur une coalition sociale élargie. En France, le programme de « rupture » de Sarkozy a été conçu comme une médiation entre d´une part les attentes du « noyau dur », et d´autre part celles de la majeure partie des salariés du secteur privé. En Italie, la stratégie de Berlusconi a été de former une alliance entre le «noyau dur» et les classes précaires et assistées. Quant à la participation à l´Union européenne, elle implique dans les deux pays une pression politique forte qui est favorable à la mise en place d´une stratégie néolibérale sous des formes politiques variées.

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