Sciences humaines & sociales

  • La population indienne dépassera celle de la Chine entre 2020 et 2030. Depuis les débuts de la libéralisation de l'économie indienne au début des années 90, la croissance de l'économie indienne a été spectaculaire, avec pour corollaire le développement d'une classe moyenne jeune et urbanisée. Les salaires et les perspectives d'avenir sont devenus suffisamment attrayants pour que s'esquisse un retour au pays d'une partie des NRI's (Non Resident Indians). Mais le slogan de l'Inde qui brille (Shining India) utilisé par le BJP lors des élections 2004 s'est à l'époque retourné contre lui, car à côté de cette Inde qui réussit, une écrasante majorité de la population ne bénéficie pas encore des bienfaits de ce développement.
    L'auteur présente les défis que doit relever cet Etat continent pour devenir la 6e puissance mondiale. 

  • Info, intox ? Complot, rumeur ? La désinformation serait partout, et la vérité nulle part. Ces questions obsèdent nos sociétés où il semble qu'en ligne tous puissent s'exprimer et que rien ne doive rester caché. Pourtant, la désinformation a une histoire. Elle s'exprime pendant la guerre froide et accompagne la mondialisation, avant que le web et les réseaux sociaux ne lui ouvrent de nouveaux horizons.
    En explorant les mécanismes de ce qui nous abuse et que nous refusons parfois de croire, des systèmes de pouvoir apparaissent et de nouvelles formes d'idéologies se manifestent. Quand la vérité des faits devient l'objet central de nos luttes, la désinformation n'est plus qu'une question morale : elle est un enjeu stratégique.
     
      

  • Le monde arabe est encore trop souvent perçu, en Occident, comme un bloc homogène et figé. Les clichés sont fortement ancrés dans les imaginaires collectifs. On assimile arabe et musulman et l'on ignore trop la diversité des peuples répartis de la Mauritanie au sultanat d'Oman. Malgré un patrimoine linguistique et historico-culturel commun, le monde arabe reste un espace fragmenté renfermant des sociétés mosaïques formées de minorités ethniques, religieuses et linguistiques.
    Si le mythe de l'unité arabe n'a pas résisté à la force des particularismes nationaux, les peuples arabes sont encore mus par une conscience collective et un sentiment de solidarité incarnés par la « cause » palestinienne. À défaut de destin commun, ce lien immatériel est perceptible dans le mouvement de mobilisations et de soulèvements populaires déclenché depuis 2011. Phénomène marquant de ce début de xxie siècle, ce « réveil » ouvre des perspectives nouvelles pour des Arabes appelés à repenser leur propre mode de développement politique, économique et social. De leur capacité à se redéfinir dépendra aussi la place des Arabes dans le nouvel ordre mondial.

  • La guerre économique est partout. Elle oppose les États entre eux, les entreprises entre elles, les États aux entreprises, les marchés aux États... Ses champs de bataille sont sans limites. Subventions déguisées, espionnage industriel, guerre de l'information, manipulation des monnaies, évasion fiscale... tous les coups sont permis. Les tensions montent et la tentation du protectionnisme revient en force.
    Hier, la guerre économique était totalement ignorée. Ceux qui osaient en parler passaient, au pire, pour des adeptes de la théorie du complot, au mieux, pour des incultes en matière économique. Pas étonnant, car la guerre économique est rejetée aussi bien par les libéraux que par les penseurs de la gauche et de l'extrême gauche. 
    Or, comme le montre l'auteur, dans cette investigation généalogique, ses racines intellectuelles et philosophiques sont très anciennes. Elles puisent dans les textes des grands auteurs depuis Sun Tzu jusqu'à Raymond Aron en passant par Rousseau, Hobbes, etc., pour aboutir à sa forme contemporaine. La guerre économique n'est pas une idéologie. Elle n'est que le symptôme d'un nouveau malaise de la civilisation. 
    Ali Laïdi, docteur en science politique, chercheur à l'IRIS, est chroniqueur à France 24, chargé du journal de l'intelligence économique. Il a récemment publié Les États en guerre économique, Le Seuil, 2010, prix Turgot IES.

  • Terre d'avenir puis de promesses déçues, l'Amérique latine constitue désormais un pôle de puissance incontournable dans le monde. Riche d'immenses ressources naturelles et énergétiques, elle contribue à la diversification des flux d'échanges commerciaux, financiers et humains.
    Cette dynamique inédite sert le développement d'un projet géopolitique de coopération Sud/Sud qui consacre l'avènement progressif d'un monde multipolaire dont l'Asie sera le principal moteur et où la Chine disputera la prééminence aux États-Unis.
    L'Amérique latine, longtemps considérée comme l'« extrême Occident », se libère ainsi progressivement de son ancrage européen ; elle renforce les formes de son intégration régionale pour peser significativement dans les affaires du monde.
    Quels sont les contours de cette nouvelle modernité latino-américaine ? Où se situent les points de rupture et les éléments de continuité avec le passé ? L'axe Sud/Sud offre-t-il une alternative au système mondial actuel ? Les expériences politiques et démocratiques progressistes en cours dans plusieurs pays sont-elles durables ? Les États-Unis et l'Europe sont-ils disposés à laisser le champ libre à la Chine dans la région ?
    Approfondir l'ensemble de ces problématiques, telle est l'intention de cet ouvrage.

  • L'Europe ne peut être comprise sans prendre en compte la diversité et l'identité des nations qui la composent. La crise de la zone euro, l'importance toujours redécouverte de la relation franco-allemande sont là pour le montrer. Les différences entre la latinité et la germanité, entre le nord et le sud, entre l'est et l'ouest, entre les grands et les petits pays sont toujours bien présentes malgré l'approfondissement de la construction européenne depuis plus d'un demi-siècle.
    L'Europe ne se fera pas contre, mais avec les nations. Elle ne peut ni se transformer en État fédéral, ni se déterminer uniquement en fonction de la mondialisation, des Nations Unies ou de l'Occident. Elle ne sortira de ses difficultés actuelles que si elle parvient à réinventer la coexistence de ses nations et à renforcer sa cohésion, en particulier à partir de l'union monétaire. En remettant les nations au coeur de la réflexion, cet ouvrage livre de nouvelles perspectives, pleines d'espoir pour le projet européen.

  • À l'heure où la croissance de l'Europe et des États-Unis s'effondre, les États arabes du Golfe - Qatar, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Bahreïn - affi chent une réussite insolente. Sport, médias, marché de l'art, fonds d'investissements : ils sont devenus des acteurs incontournables de l'économie mondiale. 
    Hier perçus comme des régimes poussiéreux enfantés par la rente pétrolière, ils incarnent désormais un nouvel Eldorado où se pressent Occidentaux en quête de marchés et migrants asiatiques séduits par l'éclat du Gulf Dream qui tantôt fascine, tantôt rebute. 
    Pourtant, comme le montre l'auteur, plutôt qu'un mirage né des sables, les États du Golfe s'inscrivent dans une histoire longue où les ressources économiques - le pétrole certes, mais aussi avant lui le commerce au long cours et l'activité perlière - ont joué un rôle décisif dans les mutations politiques. La reconversion de la rente pétrolière dans l'économie de la connaissance soulève aujourd'hui de nouveaux enjeux. La diversification économique conduit en effet à s'interroger sur la reformulation du consensus social, au moment où les technologies de l'information et le printemps arabe posent la question de l'ouverture politique et des réformes libérales. 
    Caroline Piquet, professeur agrégé et docteur en histoire, est maître de conférences à l'université Paris-Sorbonne. Spécialiste de l'histoire économique et sociale du Moyen-Orient, elle a dirigé le département d'Histoire, civilisations et enjeux internationaux à l'université Paris-Sorbonne Abu Dhabi aux Émirats arabes unis.

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