Armand Colin

  • À l´heure où la croissance de l´Europe et des États-Unis s´effondre, les États arabes du Golfe - Qatar, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Bahreïn - affi chent une réussite insolente. Sport, médias, marché de l´art, fonds d´investissements : ils sont devenus des acteurs incontournables de l´économie mondiale.  Hier perçus comme des régimes poussiéreux enfantés par la rente pétrolière, ils incarnent désormais un nouvel Eldorado où se pressent Occidentaux en quête de marchés et migrants asiatiques séduits par l´éclat du Gulf Dream qui tantôt fascine, tantôt rebute.  Pourtant, comme le montre l´auteur, plutôt qu´un mirage né des sables, les États du Golfe s´inscrivent dans une histoire longue où les ressources économiques - le pétrole certes, mais aussi avant lui le commerce au long cours et l´activité perlière - ont joué un rôle décisif dans les mutations politiques. La reconversion de la rente pétrolière dans l´économie de la connaissance soulève aujourd´hui de nouveaux enjeux. La diversification économique conduit en effet à s´interroger sur la reformulation du consensus social, au moment où les technologies de l´information et le printemps arabe posent la question de l´ouverture politique et des réformes libérales.  Caroline Piquet, professeur agrégé et docteur en histoire, est maître de conférences à l´université Paris-Sorbonne. Spécialiste de l´histoire économique et sociale du Moyen-Orient, elle a dirigé le département d´Histoire, civilisations et enjeux internationaux à l´université Paris-Sorbonne Abu Dhabi aux Émirats arabes unis.

  • La guerre économique est partout. Elle oppose les États entre eux, les entreprises entre elles, les États aux entreprises, les marchés aux États... Ses champs de bataille sont sans limites. Subventions déguisées, espionnage industriel, guerre de l´information, manipulation des monnaies, évasion fiscale... tous les coups sont permis. Les tensions montent et la tentation du protectionnisme revient en force.
    Hier, la guerre économique était totalement ignorée. Ceux qui osaient en parler passaient, au pire, pour des adeptes de la théorie du complot, au mieux, pour des incultes en matière économique. Pas étonnant, car la guerre économique est rejetée aussi bien par les libéraux que par les penseurs de la gauche et de l´extrême gauche.  Or, comme le montre l´auteur, dans cette investigation généalogique, ses racines intellectuelles et philosophiques sont très anciennes. Elles puisent dans les textes des grands auteurs depuis Sun Tzu jusqu´à Raymond Aron en passant par Rousseau, Hobbes, etc., pour aboutir à sa forme contemporaine. La guerre économique n´est pas une idéologie. Elle n´est que le symptôme d´un nouveau malaise de la civilisation.  Ali Laïdi, docteur en science politique, chercheur à l´IRIS, est chroniqueur à France 24, chargé du journal de l´intelligence économique. Il a récemment publié Les États en guerre économique, Le Seuil, 2010, prix Turgot IES.

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