Michele Debonneuil

  • Les nouvelles technologies peuvent devenir un formidable gisement d'emplois - 4 millions ! - au lieu d'en être le tombeau : tel est le credo de l'économiste Michèle Debonneuil.

    Il faut pour cela opérer un saut conceptuel vers l'« économie quaternaire », qui met les potentialités de la technologie numérique au service des hommes en préservant le travail humain. Exemples ? L'« autopartage » (Autolib' à Paris), qui, contrairement au covoiturage (Blablacar...), allie technologie numérique (abonnement, réservations en ligne...) et emplois (des salariés entretiennent les voitures mises à disposition) ; ou la téléassistance pour personnes âgées (des capteurs de chutes préviennent un personnel qualifié qui se déplace au domicile du client), fleuron de la Silver Economy...

    Créatrice du concept fondé sur l'observation de terrain, l'auteur nous prouve que les « solutions quaternaires » sont véritablement la clé pour revenir à une croissance durable et lutter contre le chômage de masse qui menace notre société. Mais aussi permettre à l'Europe de partager le pouvoir des GAFA et de reprendre la main sur les données personnelles et le transhumanisme.

  • En comparaison internationale, la France a un faible taux d'emploi, et ceci recouvre essentiellement un «déficit» d'emplois dans les services. En effet, au cours des dernières décennies, la baisse de l'emploi industriel n'a pas été plus marquée en France que chez ses partenaires ; en revanche, la création d'emplois dans les services a été plus limitée. Par ailleurs, l'exemple américain montre que l'expansion de certains services peut s'accompagner de gains de productivité élevés. Partant de ces constats, les auteurs nous mènent au coeur des problèmes de l'emploi. Michèle Debonneuil souligne que les services aux particuliers sont sous-développés en France alors qu'ils répondent à de nouveaux besoins, en rapport avec le vieillissement de la population, la généralisation du travail des femmes, etc. Leur développement à grande échelle est aujourd'hui rendu possible grâce aux nouvelles technologies de l'information, celles-ci permettant la création de véritables « plates-formes » où une offre diversifiée peut être mise en adéquation avec la demande. Il suppose aussi la mise en place de systèmes de formation adaptées. Il existe là un gisement important d'emplois productifs. Pierre Cahuc analyse la situation du commerce, de la restauration et de l'hôtellerie. Si la France avait le même taux d'emploi que les Etats-Unis dans l'ensemble de ces trois secteurs, elle aurait 3,4 millions d'emplois supplémentaires ; la comparaison avec l'Allemagne aboutit à 1,2 million d'emplois. La « remise à niveau », compte tenu des spécificités de ces secteurs, suppose une amélioration du fonctionnement du marché du travail : allégements de charges plus ciblés, réglementation de la protection de l'emploi mieux adaptée, encouragement au temps partiel ; mais également une réglementation plus favorable à la concurrence.

  • Les services de proximité sont souvent considérés comme un domaine dans lequel il serait possible d'associer une politique sociale redistributive et une politique d'emploi.
    Politique sociale, car il s'agit d'aider les ménages à bénéficier de services que leurs ressources ne leur permettraient pas d'acquérir. Politique d'emploi, car ces services représentent un gisement d'emplois potentiels du fait d'un fort contenu en emploi et d'une demande potentielle élevée résultant de besoins en grande partie insatisfaits.
    Les deux rapports, établis respectivement par Gilbert Cette, Pierre Héritier, Dominique Taddei et Michel Théry pour le premier, Michèle Debonneuil et Reza Lahidji pour le second, analysent tout d'abord les politiques publiques d'intervention dans ce secteur.
    Ils concluent qu'un redéploiement des aides publiques, visant à solvabiliser la demande des ménages, associé à une professionnalisation de l'offre, à une certification de la qualité des services rendus et à une simplification réglementaire, pourrait permettre la création de nombreux emplois tout en satisfaisant mieux la demande et les besoins des ménages. Les rapports sont commentés par Philippe Herzog et Claude Seibel.

  • La France est-elle compétitive ? Cette question a largement nourri le débat public ces derniers temps. Mais tout d'abord, qu'entend-on par compétitivité ? Est-ce la capacité à vendre moins cher, ou de meilleure qualité, ou est-ce la capacité à attirer les capitaux et les cerveaux dans une économie globalisée ? Ensuite, quel crédit accorder aux classements de pays ? La fiscalité joue-t-elle un rôle crucial pour la localisation des entreprises ?
    Telles sont les questions que le rapport de Michèle Debonneuil et Lionel Fontagné aborde, en se fondant à la fois sur les développements récents de l'économie internationale et sur des analyses statistiques rigoureuses. Le rapport précise la notion de compétitivité et rejette les différents classements de la France en termes de niveau de vie ou d'indicateurs composites. Il dresse un tableau plutôt satisfaisant des performances commerciales de la France sur longue période, mais s'inquiète de sa spécialisation industrielle au sein de l'OCDE, plus tournée vers la moyenne-haute technologie que vers la haute technologie. Le rapport prône enfin une approche coopérative européenne pour promouvoir la compétitivité des économies à long terme. Hostile à la concurrence fiscale qui porterait atteinte au modèle social européen, il est favorable à une coopération européenne en matière d'impôt sur les sociétés.

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