Pu De Rennes

  • Progression curviligne, forme autogénérée, répétition, réciprocité et rétroaction, les figures de la boucle dans l'art contemporain sont observées dans ce volume sous l'éclairage du montage, des échanges et récits critiques qu'elles engagent. De la deuxième moitié du xxe siècle au début du xxie siècle mis en perspective par diverses incursions opérées dans l'histoire de l'art, il est question ici des intentions qui président à l'élaboration de la boucle et des rouages qui en gouvernent la structure. Jalonnés par la philosophie des Lumières, la révolution industrielle, la modernité et la postmodernité, ces allers et retours sont propices aux trois pistes d'investigation retenues : typologies, temporalités et espaces. Sous l'observation attentive des objets et appareils qui s'y inscrivent en repères - ceinture, cerceau, ruban, pellicule, bobine, corde, ou carrousel - cet ouvrage informe la boucle via les médiums de la vidéo, du cinéma, de la peinture, de l'installation et de la performance. Par le dialogue d'oeuvres contemporaines (Francis Alÿs, Shilpa Gupta, Rodney Graham, Roman Ondak, Dan Graham, Ryan Gander, Harun Farocki, Simon Starling) et d'oeuvres qui les précèdent (Giotto, Gustave Courbet, Louis Aimé Augustin Le Prince, Buster Keaton, Alfred Hitchcock) ce livre fait apparaître les figures de la boucle comme de poétiques et politiques échappées : loophole.

  • Depuis une dizaine d'années, le documentaire filmique est devenu une pratique hybride qui mêle cinéma, théâtre, vidéo et performance, marquant ses distances avec la prise directe. Construisant des situations et générant de nouvelles expériences, il s'affranchit souvent de la relation authentique au réel qu'il devrait pourtant garantir. De tels bouleversements impactent sa théorisation esthétique qui, pour l'essentiel, procède des seules études cinématographiques et limite le fait documentaire à la seule captation du réel.

    Avec le concours de l'équipe de recherche Aesthetica, art & philosophie, UMR ACTE 8218 - université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - CNRS.

  • La question du temps, de la durée, de l'événement, est devenue une préoccupation majeure des formes de l'art actuel. De nombreuses pratiques et théories portent sur les notions du temps de même qu'elles se tournent vers l'histoire de l'art et qu'elles interrogent leur rapport à l'histoire de manière plus générale.

    Confrontant les points de vue différents d'artistes, de théoriciens, de philosophes, d'historiens, l'ambition de cet ouvrage est d'examiner l'étendue de la problématique de ce rapport au temps avec notamment pour corollaires les questions sur la fin de l'histoire, l'héritage de la modernité, l'économie de la mondialisation, la révolution numérique, la célébration de la vitesse ou son contraire associé à la valorisation de la décélération.

    Les différents essais rassemblés ici se donnent pour objectif de comprendre pourquoi et comment les problématiques temporelles développées dans l'art contemporain visent à donner une réponse à la question qui obséda l'historien de l'art Henri Focillon, qui fut reprise par son élève George Kubler en 1962 dans son livre Formes du temps : "Qu'est-ce donc que l'actualité ?" C'est sans prêter à l'équivoque des modes que les auteurs réunis dans cet ouvrage lancent de nouvelles pistes de recherche sur ce problème complexe du temps et des expériences que l'art nous engage à vivre aujourd'hui.

    Cet ouvrage est publié sous la direction de Christophe Viart, professeur à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'École européenne supérieure d'art de Bretagne, site de Rennes, avec des contributions de Victor Burgin, Emmanuelle Chérel, Sylvie Coëllier, Jean-Pierre Cometti (dcd), Jacinto Lageira, Jean Lauxerois, Jean-Marc Poinsot, Gilles A. Tiberghien, Corinne Rondeau, Bernhard Rüdiger.

  • A la croisée entre sociologie de l'art et du travail, l'ouvrage entreprend une analyse des collectifs d'individualités au travail, à partir d'une enquête empirique qualitative de collectifs d'artistes plasticiens. L'enquête, menée au sein d'artistes-collectifs, d'artists-run-spaces et d'ateliers collectifs de Paris et de Berlin, fournit un éclairage sur la conciliation entre la subjectivation du travail artistique et l'implication en collectif : qu'est-ce que l'artiste fait au collectif et qu'est-ce que le collectif fait à l'artiste ? Inscrit dans cette dialectique, l'ouvrage traite à la fois de la cohésion de tels collectifs d'individualités mais également du parcours professionnel des artistes engagés.
    Il offre une analyse du basculement improbable vers le collectif ainsi que des répercussions de l'appartenance collective sur la construction du parcours professionnels. Il dégage quatre ethos d'artistes-en-collectif (artiste carriériste, artiste socialiste, artiste utopique, artiste-en-survie) et les parcours professionnels spécifiques qui leur sont assignés.

  • En s'intéressant à la scène artistique belge qui se constitue au moment où l'art conceptuel se diffuse en Europe, cette étude démontre comment le regard que Jacques Charlier, Schwind et Jacques Lizène posent sur la scène artistique internationale remet en question une conception provinciale de l'art en Belgique. L'éclairage que ces artistes apportent au débat constitue une relecture de l'histoire de l'art des années 1960 et du début des années 1970.

    Avec le soutien de l'université Rennes 2.

  • L'art est animé par une constante recréation. Au coeur de la métamorphose des oeuvres, de la majorité des pratiques d'artistes, elle est aussi l'outil du regardeur. Ce volume prend ce thème à double entrée avec l'état d'esprit d'une esthétique au sens élargi. Car l'esthétique s'ouvre désormais sur un vaste champ culturel, incluant toutes sortes de pratiques jadis cloisonnées. Elle met le concept en tension avec les oeuvres dans une perspective à la fois cognitive et ludique. Elle considère autant la création que la réception, autant le discours des regardeurs plus ou moins spécialisés que celui des praticiens. Dans cette optique, il appert que le créé artistique est toujours en quelque proportion du recréé, tandis que, à l'inverse, ce qui est livré au récepteur appelle de plus en plus sa collaboration. Témoin de cet entrecroisement, de ce partage de créativité, le présent recueil propose aussi une réflexion sur l'écran, lieu par excellence où sont recréés les mondes.

    L'ouvrage est publié sous la direction de Dominique Chateau, professeur émérite à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de José Moure, professeur à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il comporte des contributions de Vangelis Athanassopoulos, Dominique Berthet, Filoména Borecka, Dominique Chateau, Richard Conte, Evangelia Dimopoulou, Christophe Genin, François Jost, Kenji Kitayama, Jean-Marc Lachaud, Jacinto Lageira, Agnès Lontrade, José Moure, Salvador Rubio Marco, Pere Salabertet François Soulages.

  • De l'art moderne à l'art contemporain, le rapport des artistes à l'écrit critique apparaît comme une préoccupation récurrente dont cette publication se propose de rendre compte, à travers l'étude de la situation dialogique singulière qu'il génère et de la dialectique entre textes et pratiques artistiques qu'il instaure. Elle analyse les registres de discours et les enjeux théoriques et artistiques des écrits critiques d'artistes, par une approche pluridisciplinaire et transversale mêlant les arts plastiques, le cinéma, la littérature, la musique, ou encore le théâtre, du XVIIIe siècle à nos jours.

    Avec le soutien de l'équipe d'accueil Arts: rratiques et poétiques de l'université Rennes 2 et de l'équipe doctorale Arts, lettres, langues de l'université Rennes 2.

  • Cet ouvrage explore les dernières innovations en matière de dispositifs artistiques et de performances interactives entre l'artiste et le spectateur. Accompagné d'exemples illustrés sur les principes de performativité, d'opérativité et d'interactions situées, ce volume formule des questions autour des territoires de l'exposition, des réalités alternées et du jeu. Comment ces notions sont-elles concrétisées dans les oeuvres contemporaines ? Quels en sont les constituants, les configurations, les enjeux ?

    Avec le concours de l'équipe de recherche « Fictions & Interactions » UMR ACTE 8218 CNRS Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • Cet ouvrage interroge la persistance des ruines dans la création actuelle en sollicitant plusieurs disciplines, dont l'esthétique, les arts plastiques, la littérature, les jeux vidéo ou encore internet. Cette approche pluridisciplinaire tend à saisir dans sa complexité ce phénomène qui n'en fi nit pas de susciter attrait et répulsion, fascination et malaise.

    Avec le soutien de l'UMR de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • Pour aboutir aux Fers soudés, premier élément de sa grammaire identitaire, il a fallu à César, fils d'émigrés italiens du quartier populaire de la Belle-de-Mai longuement formé à l'École des Beaux-Arts de Marseille puis à l'ENSBA de Paris (de 1935 à 1954), un saut mental qui n'avait rien de programmé.

    L'interrogation des sources permet d'identifier les déterminismes matériels, mentaux et culturels qui ont conditionné son appropriation du poste à souder, et surtout le dépassement de sa vision première, strictement artisanale puis académique, du fait sculptural. Dans ce recensement ressortent clairement deux sensibilités fécondantes, d'une part au matériau dont la préhension déclenche la création, et d'autre part à la notion de "présence" ou de densité de l'oeuvre, renvoyant aux productions de Giacometti, Richier, Brancusi, Picasso et Gargallo. De leur conjonction vont naître près de 340 pièces anthropomorphes, zoomorphes ou non-figuratives qui interrogent les propriétés d'expression d'un matériau "pauvre" au travers de formes que César pérennisera grâce au bronze.

    À partir du milieu des années 1950, les Fers figuratifs et abstraits rencontrent un succès immédiat sur la scène artistique nationale puis européenne. Un succès résultant de plusieurs causes, comme la possibilité de lecture technique et esthétique multiple de la production soudée, et la séduction exercée par le personnage méditerranéen et populaire incarné par son auteur. Mais l'incorporation des Compressions à l'arsenal créatif de César, officialisée avec le scandale du Salon de Mai 1960, va venir briser la linéarité du parcours de reconnaissance d'un artiste désormais exposé aux rejets, déchiré entre l'option classique incarnée par les Fers et l'option avant-gardiste fondée sur le geste de la Compression aussitôt récupéré par le critique Pierre Restany dans la perspective du Nouveau Réalisme. Quelques mois plus tard, aux États-Unis, c'est à une autre résistance qu'est directement confronté l'homme des Fers, celle de l'avant-garde new-yorkaise qui se ferme alors presque totalement à la création française et à ses représentants.

  • Douglas Huebler (1924-1997) est une figure pionnière majeure de l'art conceptuel qui émerge à la fin des années 1960 avec Robert Barry, Joseph Kosuth et Lawrence Weiner. Mais la richesse et l'originalité de son travail sont difficilement réductibles à ce seul mouvement artistique. L'influence qu'exerce aujourd'hui l'uvre de Huebler, représentée dans tous les musées et les collections d'art moderne, témoigne d'une grande reconnaissance dont ne semble pas rendre encore suffisamment justice le paysage éditorial.
    L'ambition de ce livre est tout d'abord de se pencher sur le travail de cet artiste afin d'en dégager et d'en préciser la singularité par delà le cadre rigide auquel on le réduit encore trop souvent. Il offre la possibilité de réévaluer l'art des années 1960 et 1970 à la lumière de la démarche de Huebler et d'aborder des thèmes fondamentaux, tels que les rapports de l'art et de la société, les questions liées à l'histoire et à la fiction, les problèmes du contrôle systématique et de l'absurdité aléatoire, mais encore le hasard, l'humour ou le mystérieux ; autant de notions rarement mises en relation avec l'art conceptuel.
    Enfin, ce livre invite à s'interroger sur la réception du travail de Huebler, et sur l'attraction qu'il suscite auprès des artistes contemporains, comme des théoriciens et des historiens aujourd'hui.

  • Conçue comme une promenade dans l'oeuvre subtile de Claude Rutault, des années 1960 à ses recherches les plus récentes, cette monographie invite à prendre la mesure du rôle de l'écrit et de ses développements, de la persistance de la peinture et de la « sociabilité » en jeu, nécessaire passage de l'écriture à la peinture.

    Avec le soutien de l'EPCC-Esba-TALM et de l'université Paris 4.

  • Dans cet ouvrage, les jeux vidéo, les jeux en réalités alternées, le contexte de la physiologie du comportement, les pratiques artistiques, cartographiques et expositionnelles, les chatterbots, les oeuvres sonores exemplifient, enrichissent et actualisent la réflexion sur le paradigme immersif dans l'art contemporain. La singularité des points de vue sur les immersions permet de mieux comprendre la diversité de nos expériences en interaction avec des situations construites et vécues, qui en retour, interroge de nouvelles relations à l'art et au jeu.

    Avec le concours de l'équipe de recherche Fictions & Interactions, UMR ACTE 8218, université Paris I Panthéon-Sorbonne-CNRS.

  • La production d'art en tant qu'instrument d'exploration des matériaux et des techniques relatifs à l'archive est une pratique qui est familière, mais la place qu'elle occupe en Afrique a attiré relativement peu l'attention. Cette rencontre en Afrique entre artistes et archives est ici approchée de façon multi- et transdisciplinaire. Les modes d'expression abordés vont du hip-hop à la muséologie, à la sculpture, en passant par l'installation, le film, la photographie ou le théâtre.

    Avec le soutien de Sciences Po Bordeaux, université Bordeaux-Montaigne, laboratoire LAM, université de Bayreuth, le conseil régional d'Aquitaine et l'université Franco-Allemande de Sarrebruck.

  • L'exposition Magiciens de la terre à Paris en 1989 est considérée comme emblématique de la présence de la postcolonialité dans le champ de l'art contemporain. Pourtant, les débats qu'elle a suscités ont été délaissés en France. En prêtant une attention particulière à la période comprise entre 1989 et 2014, cet ouvrage examine l'oubli très sélectif que la France a de son passé, à partir de l'analyse d'oeuvres, de revues et d'expositions.

    Avec le soutien de l'école supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole - projet de recherche Pensées archipéliques et l'école européenne supérieure d'art de Bretagne - site de Quimper.

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