Pu De Rennes

  • Le studio de la Tôei Dôga, fondé en 1956, est dans le Japon d'après-guerre tout à la fois le creuset d'une certaine conception de l'animation, le lieu de la formation d'une grande partie des animateurs, mais aussi le lieu d'émergence et de (ré)invention de l'animation japonaise. Le directeur du studio Hiroshi Okawa cherche à le définir comme le "Disney de l'Orient" et l'oriente vers la production de longs métrages d'animation pour le cinéma.

  • Le Corbusier est un architecte qui non seulement construit, mais qui n'a de cesse de dire comment on doit construire. Faisant le pari de la force et de la cohérence de la pensée corbuséenne, cet ouvrage interroge l'oeuvre théorique de l'architecte au prisme de l'une de ses "colorations" les plus propres, à savoir sa dimension foncièrement normative. À travers une étude patiente et détaillée des textes de l'architecte, c'est la vision philosophique globale et paradoxale de l'un des grands créateurs de la modernité, qui est rendue dans la multiplicité de ses dimensions et dans la complexité de son projet. Ainsi, cet ouvrage permet de reprendre à nouveaux frais de nombreuses questions récurrentes au sujet de l'architecte : reproche de dogmatisme, d'application aveugle de recettes insensibles à la singularité des contextes ou des usages, autoritarisme, formulation d'une doctrine fonctionnaliste, etc.

    Sans tomber dans un exercice d'admiration stérile, il s'agit de faire justice à une expérience de pensée riche et complexe, en montrant notamment que le parcours de Le Corbusier forme un système vivant, faisant place à ce qui excède les procédures de normalisation, dessinant ainsi le visage singulier d'une tentative de production normative du hors-norme.

  • Cet ouvrage s'inscrit dans le sillage des historiens et sociologues qui, après Philippe Joutard et son maître-livre sur L'Invention du mont Blanc (1986), ont exploré la profession, l'origine sociale, l'âge et le genre des alpinistes, leurs traditions d'écriture, et les enjeux politiques et diplomatiques attachés au contrôle des espaces sommitaux et frontaliers. Il élargit aussi le propos vers le goût de l'aventure et de l'exploration, les progrès des sciences et des techniques ou l'expansion des loisirs. Mais, il veut surtout contribuer à explorer de nouvelles voies du côté des pratiques, des émotions et des imaginaires.

    Une attention particulière est ainsi accordée au renouvellement des sources : manuscrits des clubs alpins, objets, peinture, photographie, poésie. Les sciences du corps et de la montagne sont également mobilisées pour dialoguer avec l'histoire : physiologie et thanatologie, géochimie et paléoclimatologie, géographie. De nouveaux éclairages sont proposés sur les conquérants des sommets longtemps invisibilisés que sont les femmes, les ouvriers, les guides. Cet ouvrage résonne, enfin, comme un appel à dépasser l'histoire de l'alpinisme en envisageant une histoire mondiale des ascensionnismes qui soit davantage interconnectée et transnationale.

  • La crise sanitaire mondiale qui bouleverse en profondeur les mondes du travail nous incite à considérer avec d'autant plus d'intérêt la nouvelle question posée aux concours (CAPES et agrégation), qui interroge les mutations économiques, sociales, politiques, culturelles et environnementales entraînées par l'industrialisation de l'Europe occidentale des années 1830 aux années 1930. La désindustrialisation qui s'accélère depuis les années 1970 ne se réduit pas à un recul de la production industrielle. Elle signifie aussi l'effritement d'une civilisation industrielle ainsi que la disparition de la centralité du travail qui érigeait la question ouvrière en enjeu politique et social majeur. Ce dossier réunit des spécialistes qui présentent et commentent des sources de natures variées - correspondances, photographies, textes législatifs, pétitions, caricatures, etc. - produites tant en France qu'en Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne, Italie et Espagne. Il permet d'éclairer les mutations de l'organisation du travail, leurs impacts sur les conditions de vie et de travail des mains-d'oeuvre artisanales et industrielles, et la place de la question sociale dans la constitution du mouvement ouvrier et des États sociaux.

  • "Je fis, d'abord, alliance avec André Pironneau... II... publia quarante articles" (Charles de Gaulle).

    Ce livre n'aurait pas été conçu sans la découverte que les articles de L'Echo de Paris cités par le mémorialiste étaient principalement de sa plume - à lui, de Gaulle ; et que leur objet, politique et géopolitique, dépassait de loin la seule chose militaire. Un chapitre justifie, après la précision du contexte qui éclaire les preuves, l'attribution de ce qu'on appelle en conséquence "la source Pironneau-de Gaulle".

    Ces articles n'ont jamais été lus par les historiens de Charles de Gaulle. Ils constituent donc une source inédite au sens où elle n'a jamais été attribuée à son auteur principal. Ils courent de 1933 à 1937 ; mais leur croisement avec archives, documents diplomatiques français et britanniques, presse et témoignages permet de suivre l'histoire de huit ans, de 1932 à 1940. C'est dire qu'on a la source la plus considérable sur de Gaulle dans les années trente ; et sur d'autres personnages, qui peuvent être considérés comme de premiers gaullistes. Elle confirme combien le regard de Charles de Gaulle annonçait en lui l'homme d'État, embrassant l'horizon international le plus large.

  • Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours.

    Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies; ruine quelques évidences...

    La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf.

    Émergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen...

    Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien.

    Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h.

    Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.

  • Pourquoi des femmes s'engagent-elles dans les armées sous la Révolution et l'Empire ? Quelles sont les spécificités de leur expérience féminine du monde militaire? Quels discours produisent-elles sur leur parcours lors de leur retour à la vie civile ?

    Entre 1791 et 1815, plusieurs dizaines de femmes intègrent les troupes révolutionnaires, contre-révolutionnaires et impériales, pour défendre leur pays. Leurs parcours hors du commun illustrent l'implication des femmes dans les événements révolutionnaires et le caractère protéiforme de leur engagement. L'étude de leur passage à l'armée témoigne de la reconnaissance dont elles ont pu bénéficier de la part de l'institution militaire, malgré le caractère transgressif de leur démarche. En commentant leur passé militaire dans leurs récits autobiographiques, elles transmettent leurs propres représentations du monde militaire et prennent en charge le récit de leur histoire.

    Confrontant les sources militaires, l'iconographie révolutionnaire, les écrits personnels, les articles parus dans la presse, Maria Goupil-Travert examine une cinquantaine d'itinéraires biographiques de femmes aux armées. Elle questionne la nature de leur engagement, leur rapport au monde militaire et à la violence, ainsi que leur capacité d'action individuelle pour contourner les contraintes liées au genre.

  • Le genre en littérature : les reconfigurations masculin/féminin du Moyen Age à l'extrême contemporain Nouv.

    Ce volume étudie, dans les textes littéraires du Moyen Age au XXIe siècle, le brouillage des normes et des stéréotypes de genre : le concept de genre, qui a profondément transformé l'approche des sciences sociales et humaines, restait encore peu exploité dans les études littéraires. Subversions, brouillages, défaussements explicites ou clandestins, appropriation des attributs assignés à l'Autre, redistribution des catégories, physiques, mentales, sociales...
    Quels sont les moyens spécifiquement littéraires mis en oeuvre pour mettre en question un système binaire figé ? Comment ces stratégies littéraires et leurs enjeux varient-ils à la fois en diachronie et selon les genres littéraires ? Qu'ils soient de l'ordre du jeu ou qu'ils relèvent d'une résistance politique et de perturbations esthétiques, les phénomènes d'hybridation et de réversibilité des codes viennent défier les performances traditionnelles du genre.
    Si le travestissement reste pendant des siècles l'outil principal du brouillage, la modernité sonde les voies d'un au-delà multiple du genre, allant d'une érotique subversive à des interpénétrations existentielles et identitaires de fond, particulièrement sensibles dans les littératures contemporaines d'expression française de par le monde.

  • Dans le legs naturaliste des Lumières, François-Emmanuel Fodéré (1764-1835) incarne la figure du "précurseur" de la médecine légale moderne. Ce livre est le premier à lui être dédié. Il cadre le "moment Fodéré" où la médecine légale se certifie comme science des maux de la société. Faire parler les corps évoque Fodéré en sa formation, ses saillies épistémologiques et sa réception notamment italienne. Parmi une vaste production livresque, son projet ressort de sa somme médico-légale : Les Lois éclairées par les sciences physiques, ou Traité de médecine légale et d'hygiène publique (Paris, an VII); Traité de médecine légale et d'hygiène publique ou de police de santé : adapté aux codes de l'Empirefrançais et aux connaissances actuelles (Paris, 1813). Le savant prône l'alliance du droit et de la médecine, la salubrité sociale et la régulation étatique. Il dénigre les savoirs disséminés sous l'Ancien Régime pour un savoir médico-légal comme science positive. Elle greffera la modernité institutionnelle au positivisme pénal, au progrès scientifique, à la laïcisation des sociétés. Pour "toutes les classes sans exception de privilèges", elle escorte la gouvernance de l'Etat libéral. Suicide, crime, infanticide, folie, épidémie, hygiène publique : ces objets mènent Fodéré à la science investigatrice de l'anomie sociale pour en prévenir la causalité. Surveiller et guérir : tel est son credo positiviste !

  • Cet ouvrage relie deux générations. Il s'intéresse à des auteurs dont l'ambition théorique s'adosse à une écriture littérairement assumée. La question qui l'anime est d'ordre généalogique : il cherche à comprendre ce que la "littérarisation" des formes du discours savant (philosophie, anthropologie, psychanalyse, etc.) peut nous dire, en retour, de l'idée que la littérature se fait d'elle-même. Il montre ainsi combien la revendication d'un savoir de la littérature tient à la fois de la fierté et de la résistance : de plus en plus contestée dans sa capacité à formuler des vérités, la littérature entend faire de sa relégation symbolique le lieu même d'une réaffirmalion statutaire. À chacun des chapitres correspond alors un faisceau de problématiques que l'on retrouve au carrefour des ?uvres de Roland Barthes et de Pascal Quignard, entre le dernier quart du XXe siècle et le début du XXIe siècle : la concurrence des sciences et des lettres, la résurgence de la rhétorique dans la pensée littéraire, la mise en scène de la figure du "lettré", la spectacularisation du rapport affecté au langage, la marginalisation héroïque de l'écrivain. De la revue Tel Quel aux Cahiers de L'Éphémère, de Bataille à Derrida, en passant par Rousseau et Lévi-Strauss, ce livre s'inscrit dans le jeu brouillé des généalogies pour retisser des solidarités inédites.

  • Préface de Marie-Jean Sauret En 1858, un avoué périgourdin du nom d'Antoine de Tounens, âgé de 33 ans, s'embarque à Southampton sur un paquebot anglais en partance pour le Chili. Plusieurs mois s'écoulent, certainement en recherche de soutiens et en préparatifs secrets. À l'automne 1860, le voici qui franchit le Bio-Bio, pénètre en territoire mapuche et, après une tournée de quelques semaines des tribus locales parvient à se faire élire roi. Capturé par les Chiliens lors de ses pérégrinations, il sera emprisonné, expertisé puis expulsé. De retour en France, De Tounens, loin de se résigner face à un destin contraire, va revendiquer haut et fort ses droits de suzerain et ne renoncera jamais à régner sur les terres indiennes les plus extrêmes de l'Amérique du Sud. Il y reviendra à trois reprises dans des expéditions de plus en plus rocambolesques. S'appuyant sur une masse de documents d'époque, sur les écrits du personnage comme des historiens et des écrivains qui se sont penchés sur son extraordinaire destin, Jean-Luc Gaspard reconstitue minutieusement la logique et l'essai de rigueur que constitue la saga d'Antoine de Tounens. Fauteur retrace sa biographie à la lumière de la psychanalyse et décrit le laborieux développement de ce que l'on pourrait considérer comme une "psychose en actes". Nourrie des idéaux de son temps, la passion nobiliaire de notre personnage aura eu pour mérite de défendre la cause de peuples indiens voués à la lente dépossession de leurs terres. Cet ouvrage historique et clinique permet de poser le problème délicat du rapport entre revendication, déraison et lien social.

  • Les relations entre France et Amérique à l'ère des révolutions relèvent bien souvent d'une suite de lieux communs autour de l'aide française aux Etats-Unis naissants ou de la perte sanglante de Saint-Domingue. L'historiographie a fort heureusement fait de belles avancées en la matière et ce volume voudrait à la fois en témoigner et aller plus loin encore en suivant trois grandes directions. D'abord en insistant sur le travail des sources, en montrant que les historiens ont encore du pain sur la planche, des gisements connus à explorer à nouveaux frais et d'autres plus inattendus à explorer, en ouvrant les horizons et variant les méthodes.
    Ensuite parce ce le projet collectif dont est ici cet ouvrage veut voir large dans l'epace et dans le temps : il ne s'agit ni de se limiter à une première courte séquence révolutionnaire ni à l'Atlantique Nord, mais bien de couvrir un siècle de tensions créatrices autour des concepts de révolution et de nation, deux moteurs de l'évolution des sociétés de ces temps-là, tout en construisant la réflexion à l'échelle du continent américain dans son entier.
    Le lecteur arpentera donc un vaste monde, de la France au Pérou et à New York. Enfin, les auteurs réunis ici ne se contentent pas de réécrire une histoire diplomatique, même rénovée, mais pratiquent une histoire relationnelle complexe, abordant les circulations atlantiques sous de multiples angles et au travers de multiples groupes sociaux : exilés, migrants, combattants, intellectuels, etc...

  • Pas de limites ? approche psychanalytique de la vie moderne  avec la participation de Peter Sloter Nouv.

    "L'illimité !", "No limit!", nous clament les voix publicitaires d'aujourd'hui, comme autant de promesses d'une grande libération où l'être parlant parachèverait ce rêve d'être enfin comblé. Toutefois, les publicités ne sont pas seulement promesses mais aussi "réclames" poussant chacune et chacun à exiger "Toujours plus !" Paradoxe pour qui devait être comblé. Cet ouvrage propose, à partir de la psychanalyse, une relecture de ces paradoxes de la limite dans notre monde contemporain, notamment dans cet espace sans bornes que serait ledit monde numérique. Ces paradoxes seront situés en logique à partir de la clinique de la sexuation, avant que d'être questionnés dans leurs effets de symptômes sur un plan subjectif, autant que dans le lien social. Car c'est bien à vouloir transgresser le réel d'une certaine limite, démontre Jacques Lacan, que s'en suivront en retour des effets d'angoisse, autant que de ségrégations, multiples. 11 faudra dire laquelle.

  • Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre :
    Des explications en français facilitant l'auto-apprentissage ;
    Un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ;
    Un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ;
    Des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ;
    Des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel.
    Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.

  • On entend aujourd'hui par caricature une "image tendant, par déformation ou accentuation des traits d'un modèle, des caractères d'une scène, à les rendre grotesques ou risibles" (La Grande Encyclopédie Larousse). Qu'en est-il pour les sociétés de l'Antiquité ? La plupart des spécialistes modernes de la caricature ont considéré qu'il s'agissait d'une invention de la fin du XVIe siècle, inadaptée aux cultures et aux sociétés du monde antique. Confrontant pour la première fois sur ce sujet les points de vue de spécialistes des textes et des images, cet ouvrage a pour ambition de partir à la recherche d'une possible caricature antique, en discutant ses conditions d'existence, en essayant d'identifier des auteurs d'oeuvres caricaturales, des domaines et des genres artistiques et littéraires plus particulièrement propres à la production de caricatures, en mettant en relief aussi des problèmes de sources ou de catégorisations.

  • Soixante-dix ans après la mort d'Emmanuel Mounier, il est temps de renouveler notre regard sur ce penseur majeur du XXe siècle. On sait combien les quatre volumes des Oeuvres (éd. P. Mounier, Seuil, 1961-1963) ont marqué plusieurs générations d'intellectuels, de femmes et d'hommes d'action de par le monde. Le besoin se fait sentir à présent d'avoir accès à l'ensemble du corpus de Mounier, avec ses nombreux articles, conférences, notes, recensions... Le premier des sept volumes que comptent les ?uvres complètes devrait agir comme un révélateur. Gageons qu'il en ira ainsi pour ceux qui, à la faveur de cette parution, s'initieraient à l'oeuvre de Mounier et pour ceux qui connaissent déjà tout ou partie de ses écrits. La plupart découvriront un jeune homme à plusieurs facettes : non seulement son ancrage philosophique, mais, tout aussi fort quoique mal documenté jusqu'à présent, son ancrage religieux, à nette tendance mystique, accompagné d'un intérêt aigu pour les champs social et littéraire. Ecrits entre sa dix-septième et sa vingt-septième année, les textes ici recueillis, quelquefois rares ou inédits, vont de ses dissertations de terminale au Lycée de Grenoble à sa longue intervention au congrès de Font-Romeu, qui posa les bases du mouvement et de la revue Esprit. Si cette période est dominée par son important mémoire sur Descartes (1927) et son ouvrage pionnier sur Charles Péguy (1931), imprégnés de la philosophie d'Henri Bergson et des dialogues avec Jacques Chevalier et Jacques Maritain, ses articles et conférences n'entendent pas moins fonder les principes de la personne comme présence et action. Tout agir ayant besoin d'une direction, il s'agit de se donner des règles de conduite pour y tendre en vérité. A défaut, l'être humain se replie dans l'individualisme, avec pour corollaire une certaine médiocrité morale, un conformisme plus ou moins conscient. Mounier se propose ici d'étudier à frais nouveaux ce qui sépare l'animal de l'homme et l'homme de Dieu à travers ces champs d'expérience que sont la psychologie, le langage, le droit, le politique et le sentiment religieux. Cette édition est présentée et établie par Yves Roullière, avec la collaboration de François Denoël, Nadia Yala Kisukidi, Jacques Le Goff et Jean-François Petit.

  • Un crime atroce et secret : l'empoisonnement devant la justice royale (1682-1789) Nouv.

    L'empoisonnement est une infraction qui est apparue tardivement, bien que le poison soit depuis longtemps utilisé comme une arme criminelle redoutable. En 1682, il fait l'objet d'une réglementation spécifique qui le distingue du simple homicide et qui encadre de manière rigoureuse le commerce des substances vénéneuses. Depuis cette date, l'empoisonnement a toujours été incriminé de façon autonome dans le droit français, étant considéré comme particulièrement grave du fait de la préméditation qui l'accompagne.

    Cette nouveauté juridique soulève de nombreuses questions, d'une part, sur la constitution de l'infraction et, de l'autre, sur sa répression par les tribunaux. L'empoisonnement étant un crime secret, la question de la preuve se pose à chaque instant. Un intérêt particulier doit être accordé aux moyens mis en oeuvre pour affirmer ou infirmer la présence d'un empoisonnement criminel. Il faut se demander comment les magistrats parviennent à caractériser l'existence de cette infraction à une époque où la science n'en est qu'à ses balbutiements. L'étude des archives judiciaires permet de mettre en évidence les spécificités d'un tel crime, de comprendre la nécessité et l'apport d'une nouvelle réglementation, mais également d'analyser la procédure criminelle qui en découle et de savoir quelles sont les sanctions retenues à l'encontre des empoisonneurs.

  • Une double enquête menée à la fois sur la France et sur l'Angleterre qui apporte un éclairage comparé et contrasté sur la question du paysage trop souvent envisagée sous le seul angle "national". On y entend les voix des peintres paysagistes, des collectionneurs et des amateurs, avec leurs mots pour "dire" le paysage. Si Augustin Berque inclut le critère linguistique pour déterminer le degré de maturité d'une civilisation paysagère, c'est parce que les discours, tout autant que la pratique, - échanges et correspondances entre artistes - articulent une théorie du paysage. L'examen de la terminologie et de l'écriture permet d'évaluer la pertinence de catégories comme celles de "paysage historique" ou de "pittoresque". À ceci s'ajoute une perspective croisée de divers "paysageurs", praticiens, auteurs et créateurs de tableaux, de jardins, de poèmes, de guides ou de théorie picturale. Le livre offre une vision holistique de la culture paysagère franco-britannique.

  • De la pâtisserie à l'usine ultra-moderne, la marque Lefèvre-Utile n'a cessé - grâce au talent visionnaire de ses dirigeants sur quatre générations ! - d'être à l'avant-garde industrielle, tant pour sa production de biscuits, dont les célèbres Petit-Beurre ou Paille d'Or, que pour son marketing innovant. L'auteur nous dévoile au fil des pages, grâce à une riche iconographie, la singularité toute particulière de cette saga familiale, qui illustre brillamment l'épopée industrielle française du Second Empire aux années 1980, où les arts et le design intègrent plus fortement le monde des entreprises, au service de la réclame.

  • La mobilisation des Gilets jaunes inscrit la défiance à l'égard des institutions au coeur de son discours. Le mouvement défie volontiers les médias institutionnels et surtout, il défie le politique en interpellant le chef d'État personnellement. Mais ce faisant, ne reproduit-il pas la grammaire individualisée dont Emmanuel Macron a usé tout au long de sa carrière politique ? Chacun à sa façon, le président et le mouvement des Gilets jaunes témoignent de la tendance contemporaine à récuser les grandeurs institutionnelles au profit d'une conception individualisée du social, dont les mots d'ordre sont désormais l'authenticité, la transparence, l'injonction à être soi-même.

  • L?'éducation, c'est bien plus que l'enseignement et l'apprentissage ; l'anthropologie, bien plus qu'étudier la vie des autres personnes. Dans ce livre provocateur, Tim Ingold soutient que l'anthropologie, comme l'éducation, constituent des manières d'étudier la vie, et de la mener, avec les autres et va bien au-delà de l'exploration de l'interface entre les deux disciplines de l'anthropologie et de la recherche en éducation.

    Avec une postface de Yves Citton.

  • Ce manuel propose une introduction à la programmation Python destinée aux étudiants et praticiens en SHS. Python est un langage de programmation simple, libre, multi-plateforme, pédagogique, bénéficiant d'une communauté d'utilisateurs croissante tant dans le domaine universitaire que le secteur privé. Avec la multiplication des données numériques dans les sciences humaines et sociales (SHS), le recours à l'informatique devient indispensable tant pour la collecte, la mise en forme, ou le traitement des données.
    Le langage Python permet à la fois de réaliser les traitements statistiques habituels des SHS tout en ouvrant aux nouveaux usages liés à l'automatisation des tâches informatiques, le traitement des grands corpus des humanités numériques ou encore la collecte de données sur les réseaux sociaux. Ce manuel se concentre en priorité sur les usages du traitement des données en SHS. Complété avec de nombreux exemples de code et des études de cas concrets, l'ouvrage permet une familiarisation progressive à la programmation, au langage Python et à sa philosophie.
    Il insiste sur sa flexibilité pour répondre aux besoins de chaque problématique tout en soulignant l'importance de la diffusion et de la reproductibilité des traitements informatiques.

  • Ce livre présente la théorie radicalement nouvelle de la subjectivité trouvée dans l'oeuvre de Jacques Lacan. En guidant le lecteur avec lucidité et précision à travers le labyrinthe de la théorie lacanienne - et en présentant des notions centrales telles que l'Autre, l'objet a, l'inconscient structuré comme un langage, l'aliénation et la séparation, la métaphore paternelle, la jouissance et la différence des sexes - Bruce Fink fait preuve d'une connaissance profonde du travail théorique et clinique de Lacan. Tout en présentant la théorie lacanienne dans le contexte clinique, Fink présente une vue des plus équilibrées, sophistiquées et pénétrantes de Lacan à ce jour - une source sans prix pour les initiés et les néophytes.

  • La chicotte et le pécule : les travailleurs à l'épreuve du droit colonial français (XIXe-XXe siècles) Nouv.

    Entre l'abolition de l'esclavage, en 1848, et les indépendances, dans les années 1950-1960, une réglementation du travail s'est progressivement et très diversement implantée dans les colonies, qu'elles soient dites de plantation, d'exploitation ou de peuplement. Ce sujet méconnu a fait l'objet d'une recherche collective de plusieurs années ayant mobilisé de nombreux chercheurs et dont ce livre est issu. Il repose sur l'exploitation de milliers de documents d'archives, en très grande partie inédits, qui dessinent une situation ambiguë : d'un côté, une volonté de protection qui s'affirme de plus en plus nettement au fil du temps dans les textes ; de l'autre, la persistance de l'exploitation d'une main-d'oeuvre "indigène" mal-traitée, quelquefois jusqu'au pire et poussée à l'exaspération. Du Maroc à l'Indochine, du Cameroun aux Antilles, ce livre apporte une pierre inédite à l'histoire du colonialisme et à celle du droit social et lève un coin de voile sur le « mauvais sort » fait aux travailleurs de l'outre-mer qui n'est pas sans lien avec l'aspiration des peuples à l'indépendance.

empty