Hemispheres

  • Ang Lee : Taïwan / Hollywood, une odyssée cinématographique Nouv.

    Voici le premier ouvrage en langue française consacré au cinéma d´Ang Lee. Né (en 1954) sur une petite île de la mer de Chine, le réalisateur taïwanais a investi la forteresse hollywoodienne après une longue traversée du désert. Inclassable, à l´aise dans tous les genres, le cinéaste a multiplié les grands écarts, de sa première trilogie entre l´Orient et l´Occident aux adaptations de chefs-d´oeuvre de la littérature (Raison et Sentiments), jusqu´à l´explosion internationale avec Tigre et Dragon, date-clé dans l´histoire du film d´arts martiaux. Brokeback Mountain, à la fois western mélancolique et romance homosexuelle, lui vaut l´Oscar du meilleur réalisateur. Depuis sa bouleversante Odyssée de Pi en 2012, il s´est lancé à corps perdu dans les innovations technologiques. Mais derrière cette plasticité se cache un fil conducteur : le combat de personnages en marge, désireux de briser les carcans et d´affirmer leur humanité.

  • Retracer les chemins de l'histoire malgache : beaucoup s'y sont essayés, mais le besoin se faisait sentir d'une publication d'accès facile, qui intègre les résultats des recherches les plus récentes. Tel est l'objectif de ce livre. À leur arrivée, les premiers occupants de la Grande Île peuplent les côtes, et certains gagnent progressivement l'intérieur des terres. Suit une phase de constructions politiques, au terme de laquelle l'une d'entre elles se fait reconnaître comme Royaume de Madagascar. Son échec, suivi de la colonisation, n'entrave pas la détermination de la population. L'indépendance ouvre enfin la voie à un processus de longue haleine : la quête de la démocratie et du développement. L'ouvrage décrit ainsi la marche d'un peuple vers son unité. C'est toute cette histoire qui est ici retracée ; elle relativise l'idée convenue d'une origine des Malgaches, au profit d'une intégration progressive dans l'océan Indien et d'une ouverture croissante sur le monde.

  • La publication des mémoires de Melkon Bédrossian (1906-1990), rédigées soixante ans après les faits, apporte une pierre de plus à l'édifice mémoriel érigé en monde arménien depuis des décennies. Un manuscrit enfoui de plus qui a quitté la poussière d'un grenier pour apporter sa lumière à la quête d'un groupe blessé qui n'a jamais renoncé à son exigence de vérité. Si ces mémoires sont un élément central de l'identité de la famille Bédrossian, elles n'en documentent pas moins un pan de l'histoire du génocide. Ces souvenirs d'enfance nous font pénétrer une fois de plus dans l'enfer jeune-turc, et tout particulièrement dans cette usine à turciser des enfants arméniens que fut l'orphelinat d'Aïntoura, créé par Ahmed Djémal ; Melkon Bédrossian y fut interné après sa déportation en 1915. Écrits dans un style direct, avec beaucoup de pudeur, ce texte nous plonge dans ces violences de masse que les plus solides, comme Melkon, subissent avec une seule et unique ambition : survivre.

  • Descartes et nous

    André Jacob

    Révérence ou impertinence ? Des philosophes se sont donné rendez-vous dans la commune de Descartes (Indre-et-Loire). Chacun à sa manière pour célébrer l´incontournable philosophe français. et faire le constat du chemin parcouru et de la distance prise depuis le Cogito. Une belle occasion de passer en revue les étapes de l´évolution de la pensée philosophique et d´évoquer la multitude des voies empruntées par les penseurs du xvie siècle à nos jours, de Vico à Piaget, Sartre et Camus en passant par Diderot, Kant ou C.S. Peirce.En somme, comme l´écrit en ouverture l´un des contributeurs du volume, le philosophe Tony Brachet, « On a tant écrit sur Descartes - le philosophe - que l´exhaustivité, du moins l´exhaustivité historique, semble proche. L´objet de cet ouvrage n´est d´ailleurs pas le passé, l´histoire de la philosophie, mais la mise en perspective du grand penseur par des contemporains.

  • Ahmed Boumendjel (1908-1982) est l´une de ces grandes figures algériennes demeurées méconnues. Instituteur, puis avocat - il assure la défense de Messali Hadj en 1939 -, il entre au conseil municipal d´Alger où il sera le seul à condamner les lois anti-juives de Vichy. Après le débarquement allié en Afrique du Nord, il devient un des chefs de file du nationalisme fédéraliste. Partisan d´un Front algérien dès 1947, artisan d´une alliance durable entre l´UDMA) et les Oulama, on le retrouve à Manhattan avec les principaux acteurs de la diplomatie de guerre du FLN. Il est reçu en plénipotentiaire à la conférence franco-algérienne de Melun de juin 1960, avant de participer activement aux négociations publiques d´Evian I et de Lugrin. L´étude de ce riche parcours fait remonter aux origines du nationalisme algérien moderne et en revisite le processus. Et par-delà le seul parcours d´Ahmed Boumendjel, elle corrige plus d´une idée reçue de l´historiographie de l´Algérie.

  • Cet ouvrage couvre presque cent années de l'histoire tourmentée de la péninsule coréenne, du début du XXe siècle à l'orée du nouveau millénaire. Témoignage exceptionnel, il a été écrit par la propre soeur de la compagne du Guide suprême, feu Kim Jong Il. Mais, du père héritier de propriétaires fonciers, choisissant très tôt le communisme contre ses intérêts de classe, aux enfants et petits-enfants éduqués au Nord, astreints à une vie de reclus avant de parvenir à fuir, les destins dramatiques de cette famille font largement écho aux tragédies individuelles de l'immense majorité des Coréens de l'époque.

    Cette émouvante narration à quatre mains - la première partie retranscrit le journal de la mère de l'auteure - est aussi un puissant manifeste : celui d'une lignée de femmes déterminées à s'arracher aux plaies de la misère et aux pesanteurs du patriarcat, et qui, au moins un temps, auront eu sincèrement foi en la société nouvelle qu'elles se proposaient de bâtir.

  • Lorsque Bernardo Bertolucci tourne quelques scènes de son Novecento à Cinecittà, peut-être rencontre-t-il Federico Fellini qui, de son côté, y termine son Casanova, et lui présente-t-il Gérard Depardieu et Robert de Niro. Il vient à l´esprit de Fellini de tourner une vie du célèbre peintre lombard, Le Caravage, et il propose à Depardieu de faire des essais pour le rôle-titre. Enthousiasmé, ce dernier s´installe quelque temps à Rome pour mieux entrer dans la peau du personnage. Le voici déambulant sur les traces du peintre, contemplant ses oeuvres dans des églises baroques magnifiques, s´entraînant à peindre fleurs et fruits comme le maître, qui s´en était fait à ses débuts une spécialité. Bien sûr, tout cela est presque imaginaire : une rêverie. Mais une rêverie passionnante mettant en scène la rencontre de ces trois génies et revisitant à la fois la façon dont travaillait Fellini à Cinecittà, l´affirmation du talent du jeune Depardieu et la vie et l´oeuvre du Caravage.

  • En 1728, le capitaine Charles Johnson publie à Londres un récit atypique. Des équipages pirates, menés par Misson, Caraccioli et Tew, auraient fondé à Madagascar une République du nom de Libertalia. Abolitionniste, égalitaire et pacifique, son modèle prend le contrepied des monarchies dominantes et s'oppose à l'économie de plantation. Surtout, elle aurait, quelques années durant, posé les jalons d'une société multiculturelle inédite.
    Mais si les mondes pirates européens et les sociétés littorales malgaches ont bien été en relation dans les années 1680 à 1730, aucune trace ne subsiste de cet événement. De plus, les études littéraires anglo-saxonnes attribuent le texte au romancier Daniel Defoe, célèbre auteur de Robinson Crusoé (1719) et faussaire notable. A partir d'archives, de récits de voyage et d'observations de terrain, cet ouvrage reconstitue, pour la première fois, une généalogie critique du mythe et de sa réinterprétation, des empires coloniaux aux mouvements libertaires.

  • La guerre de 1870 est aujourd´hui un conflit bien oublié ; elle fut pourtant essentielle. C´est au travers des innombrables témoignages laissés par ses combattants que les auteurs l´abordent, convoquant plus de cent témoins : officiers et hommes du rang, allemands ou français, qui font la guerre mais aussi administrateurs qui gèrent le quotidien et médecins qui essaient de soulager la souffrance et encore civils qui fuient et qui subissent. « Nous faisons, ici, écrivent les auteurs, la guerre des hommes, celle qu´ils ont vécue et comprise. » Ces témoignages sont enrichis d´illustrations exceptionnelles et tout en couleurs, révélant ce que l´imagerie populaire a donné à voir de l´affrontement. Images et textes forment le récit d´une guerre de 1870 faite et lue par des hommes et des femmes, loin des États-majors, des stratégies subtiles, des tables des généraux. Nous voyons la guerre des gens, celle qu´ils ont faite, celle dont on veut leur transmettre le souvenir.

  • En réponse à un sentiment croissant d´insécurité, les actions de prévention initiées par des acteurs non-policiers se multiplient. Ce livre étudie leur récent développement à l´échelle du quartier, en France et au Japon, et en propose une analyse croisée entre les deux pays. Car, tout en accordant de l´importance au lien social, la France et le Japon adoptent des approches contrastées. Ainsi, en France, ce type d´action est surtout le fait d´agents formés ou rémunérés, alors qu´au Japon, le nombre de bénévoles chargé du maintien de l´ordre est en augmentation. Dans le cadre de pratiques telles que les « médiateurs de rue » et les « voisins vigilants », les liens sociaux représentent surtout un outil à disposition d´agents spécialisés côté français. Côté japonais en revanche, le quartier peut apparaître comme une forme de famille visant à se substituer à la famille contemporaine jugée défaillante, sur fond de réappropriation de la notion de tradition.

  • Depuis des années, l'hôpital public est en crise, victime entre autres maux d'une gestion technocratique écrasante. L'exaspération des personnels de santé a provoqué la révolte des services d'urgence (CIU), puis celle de l'ensemble des services hospitaliers, rassemblés en septembre 2019 au sein du Collectif inter-hôpitaux (CIH) ; manifestations et grèves se sont multipliées.
    Ce sont ces personnels grévistes, volontaires, qui ont supporté le choc du Covid-19 avec un courage et une abnégation que le pays entier a salué. Le gouvernement s'est enfin résolu à ouvrir les vannes réglementaires et financières.
    Ce sont ces quelques mois, de décembre 2019 à aujourd'hui, que ce livre entend restituer, nourri de pétitions, de témoignages, de photographies, de déclarations d'amour des usagers et des soignants à « leur » hôpital public rédigées à l'occasion de la Saint-Valentin.
    Et demain ? Verrons-nous les actes suivre les promesses faites au plus haut niveau ? Ou hélas reviendrons-nous à bas bruit à la situation ancienne ? C'est l'objet de ce livre.

    Coordination éditoriale : Marie Citrini, membre du Collectif Inter-hôpitaux, représentante des usagers AP-HP. Préface du Dr François Salachas, neurologue, hôpital de la Pitié- Salpêtrière. Parmi les contributeurs : Tiphaine Morvan, infirmière à l'hôpital Saint-Louis, Paris | Dr Agnès Hartemann, diabétologue, Pitié-Salpêtrière | Dr Hélène Gros, infectiologue, centre hospitalier Robert-Ballanger | Dr Sophie Crozier, neurologue, Pitié- Salpêtrière, membre du Comité consultatif national d'éthique | Marie Desplechin, romancière.
    Et les témoignages de nombreux anonymes.

  • Dès la signature du Concordat entre le Saint-Siège et la République d'Haïti, en 1860, le clergé catholique y entame une lutte sans merci contre le protestantisme et surtout le vodou, qu'elle considère comme une superstition. Elle va mener à Haïti trois " campagnes antisuperstitieuses ", dont la première débute en 1896. La troisième campagne débute en 1939 ; elle divise le pays et finit par motiver le gouvernement à y mettre brusquement fin en 1942.
    C'est dans ce contexte qu'une polémique éclate entre l'intellectuel marxiste haïtien Jacques Roumain, directeur du Bureau d'Ethnologie d'Haïti, et le spiritain Joseph Foisset, qui s'est fait connaître par ses écrits tranchants contre l'école durkheimienne d'ethnologie et le marxisme. Le présent travail se propose de resituer le cadre sociohistorique de cette polémique et d'en déterminer les enjeux.
    Et, pour la première fois, il permet au lecteur de suivre intégralement l'évolution des échanges entre les deux penseurs.

  • La découverte en Occident des cinémas de Chine, de Hong Kong et de Taiwan a marqué les esprits : mise en scène de l'opéra de Pékin et des arts martiaux (King Hu), imaginaire débridé mâtiné de mythologie (Tsui Hark), poésie contemplative (Hou Hsiao-hsien), polar désenchanté (John Woo), peinture de l'Histoire et enregistrement des mutations contemporaines (Jia Zhangke, Wang Bing), etc. La créativité bouillonnante des cinémas chinois donne à voir des représentations du monde singulières, tour à tour chaotiques, lyriques ou réalistes. Si les événements politiques ont pu séparer la Chine continentale des îles de Hong Kong et de Taiwan, leurs cinémas n'ont jamais cessé de dialoguer sur un plan à la fois formel, thématique ou philosophique.
    Premier dictionnaire français intégralement dédié aux cinémas chinois, hongkongais et taiwanais, cet ouvrage propose des analyses d'oeuvres parfois inédites dans l'Hexagone, des biographies de personnalités marquantes et des études historiques et esthétiques originales et approfondies.

    Avec des articles de Ghislain Benhessa, Nathalie Bittinger, Sylvain Chavarybeyre, Antoine Coppola, Roger Darrobers, Christophe Falin, Jean-Michel Frodon, Wafa Ghermani, Chih-ching Gesse, Lee Heeseung, Anne Kerlan, Angel Leung, Flora Lichaa, Liu Yunzhou, Luisa Prudentino, Raphaël Szöllösy.

  • Arabie Heureuse pour les uns, royaume de tous les rigorismes pour les autres, il est au coeur de la Péninsule Arabique un territoire de sable, grand comme quatre fois la France, qui nourrit abondamment nos fantasmes. Cet ouvrage a pour ambition de redonner place à la raison, de dessiner une image plus précise, moins passionnelle, d'un pays excessivement méconnu. Pour nous y aider, voici un précieux vade-mecum d'analyses historiques, religieuses, sociologiques et politiques, fruit d'une décennie de travail, de réflexions et d'enquêtes de terrain, indispensables pour distinguer les « djihadistes » des « salafistes », les tribus bédouines des princes saoudiens, les fortunes et ambitions des uns et des autres et mieux comprendre les moeurs locales.
    Cette nouvelle édition est actualisée et enrichie des toutes les données économiques, sociales, politiques et culturelles disponibles en cette fin d'année 2019.

  • Le cinéma français est l´une des cinématographies qui voyagent. C´est même l´une des seules dont les films sont présents de manière permanente, partout où il existe des salles. C´est aussi la seule dont on peut établir avec précision depuis vingt-cinq ans où ses films sont vus et par combien de personnes. S´appuyant sur les travaux d´Unifrance Film International, ces informations de première main sont ici étayées par des recherches effectuées par ceux-là mêmes qui, toute l´année, suivent la carrière des films français dans le monde. Numérique, super-héros, plateformes et guerre des écrans : l´ouvrage explore les enjeux des vingt-cinq dernières années, avant d´étudier la place du cinéma français dans les principaux pays, révélant le goût des Russes pour la comédie hexagonale, la fidélité des Italiens pour les films populaires, l´attachement des Américains à la Nouvelle Vague, l´amour des Japonaises pour les romances parisiennes ou la curiosité des Mexicains pour les films de genre.

  • Pennequin: ce nom ne résonne plus guère aujourd´hui si ce n´est pour les quelques spécialistes de l´Indochine et de Madagascar ou d´histoire militaire. Comment cet officier, qui opéra sa vie durant entre ces théâtres d´opération, comptabilisant plus de trente-six annuités de campagne outre-mer, ce qui fit de lui un des plus « coloniaux » de son arme, a-t-il disparu des livres d´Histoire ? Penseur de la « pacification » au Tonkin comme à Madagascar, Théophile Pennequin fut aussi un des premiers grands coloniaux « indigénophiles » à prendre la mesure des contradictions internes à une gestion coloniale bien peu respectueuse des dominés, à douter de la politique qu´il contribuait à faire appliquer en Indochine comme à Madagascar et, surtout, à pressentir son obsolescence, tout au moins dans la forme qu´elle prenait. C´est précisément cette tension qui intéresse Jean-François Klein, et les multiples enjeux qui se cristallisent autour de cette figure oubliée du moment colonial.

  • Comme l'a écrit Bertrand Tavernier, les films de Quentin Tarantino sont « extrêmement bien pensés et réalisés ». Quelles sont les clés de ce que Tarantino appelle lui-même son « esthétique globale » ? C'est le propos de ce livre.

    Cette esthétique est indissociable d'un rapport constant avec le regard du public : celui-ci n'est jamais réduit par Tarantino à une consommation passive, mais constitue un vecteur de la création du film. Autre principe : Tarantino non seulement filme les images montrées, mais il leur surajoute une ou des indication(s) de ce qu'elles montrent et de ce qu'il y a à voir. Il ne cesse en fait de révéler au public que les images regardées sont du cinéma. Du coup, il crée un cinéma plus vrai que toute forme de mise en scène qui s'effacerait afin de faire croire à la réalité du récit porté à l'écran.
    Quentin Tarantino multiplie les références cinématographiques, musicales, textuelles. Ce faisant, il fait accéder le spectateur à ce qu'il appelle le « monde-du-cinéma ». Comme si chaque image renvoyait à d'autres images. Autrement dit, nous ne voyons jamais la réalité, mais toujours une image de celle-ci.
    Le « miracle tarantinien » est que cette réflexion - que l'on attendrait davantage d'un cinéma expérimental - a lieu à travers des oeuvres « grand public ». La raison en est que Quentin Tarantino est un fabuleux conteur d'histoires, en mots et en images. Ses récits de vengeance et d'amour reprennent les archétypes de ce type d'aventures, mais selon des procédés dramaturgiques et techniques qui ne cessent de mobiliser une autre dimension majeure de son esthétique : la surprise.

  • La musique est un élément majeur du cinéma, elle participe de la réussite ou de l'échec d'un film et concerne tous les postes, du scénario au montage en passant par la mise en scène.
    Elle contribue à susciter des émotions, à créer des ponts avec l'image ou à instaurer un chemin parallèle. Le compositeur est au service du réalisateur pour créer le meilleur film possible.
    La musique de film refuse le dogmatisme et se nourrit de doutes et de discussions. Si une partition parvient à toucher le spectateur, le cinéaste y a sa part, les propos recueillis dans cet ouvrage en témoignent. En somme, il s'agit d'apprendre à communiquer, à transmettre ses émotions, à interpréter les idées d'autrui, à se méfier de convictions trop rigides.
    Aussi cet ouvrage peut-il être considéré comme un guide qui donne des clefs pour une collaboration efficace et pour la compréhension des besoins musicaux d'un film. Fruit de l'interview de dizaines de compositeurs et réalisateurs (avec leur court portrait en annexe), on y lira les propos de Vladimir Cosma, Warren Ellis, Maurice Jarre, Michel Legrand, Jacques Perrin, Cédric Klapisch, Michel Portal...
    Parmi les questions abordées : pour un réalisateur, quel compositeur choisir, et comment ? Un compositeur de cinéma est-il un caméléon ? Un choix instrumental doit-il toujours être justifié par l'image ? La musique est-elle toujours nécessaire ? Comment la musique contribue-t-elle à raconter l'histoire du film ? Le compositeur doit-il assister au mixage...

  • Marionnettes, théâtres d'ombres, d'objets... En ce début de XXIe siècle, les arts de la marionnette sont encore bien vivants et ne cessent de se renouveler. Cet ouvrage explore leur histoire : pérennité de pratiques traditionnelles, reviviscences, adaptations, transformations et circulations, mais aussi emprunts, rencontres et créations pluriculturelles... : quelles mutations les arts de la marionnette connaissent-ils à l'heure de la mondialisation ?
    L'émergence de formes nouvelles fait entrer les marionnettes dans des formes d'art contemporaines. Mais certaines formes populaires, rituelles ou de divertissement perdurent et sont porteuses d'une forte affirmation identitaire.
    Le Monde des marionnettes est issu du travail du groupe de recherche « Marionnette » dirigé par Véronique de Lavenère au Centre international de réflexion et de recherche sur les arts du spectacles (CIRRAS).

  • Un ouvrage consacré à l´oeuvre-vie du photographe et ethnologue Pierre Verger (1902-1996), et aux résonances qu´elle inspire. Un récit d´aventure? Plutôt une biographie "transculturelle" qui retrace le parcours étonnant d´un voyageur au long cours.Fasciné par le monde noir, Pierre Verger a basculé dans les cultes aux dieux orixas et voduns au Brésil et en Afrique au point de renaître symboliquement, en pays yoruba, sous le nom de Fatumbi. Il s´agit aussi d´un portrait intellectuel, celui d´un chercheur de terrain hors norme

  • Quels sont les enjeux de santé liés aux migrations actuelles, non seulement pour les migrants, mais aussi pour les structures qui les prennent en charge ? L´originalité de cet ouvrage est de réunir universitaires et acteurs de terrain pour répondre à cette question, en faisant dialoguer observations ethnographiques et mises en application cliniques. À partir de parcours migratoires et de leur incidence sur la santé, et en prenant en compte les vécus psychiques de migrant(e)s dans des contextes extrêmement variés, expériences et travaux rendent compte des différentes modalités de confrontation des professionnels de la santé et des chercheurs (médecins, psychiatres, psychologues, infirmiers, assistantes sociales et anthropologues), dans diverses situations d´accueil et de soins, face à la variété des parcours et du vécu des traumatismes, de l´expatriation, de l´exil clandestin, de la précarité sociale et la maladie.

  • « De six à quatre-vingt-six ans, j'ai vu des gens bailler, tricoter, lire le journal, s'évanouir, s'énerver, entrer en dépression ou en sortir grâce à l'écriture. Et j'ai compris très tôt que les raconteurs d'histoire certifiés, les scénaristes professionnels, n'étaient pas - et de loin - ceux qui avaient les plus belles ni les plus passionnantes histoires à raconter, qu'ils étaient simplement les seuls à posséder les outils pour les raconter. (...) Je vais essayer de m'adresser à vous (...) avec l'espoir fou qu'il en sorte quelques films qui me feront rire ou pleurer. Et quelques scénaristes qui rejetteront en bloc ma méthode pour en créer une qui leur sera propre. Et qu'ils auront envie eux aussi plus tard de transmettre, dans une grange, dans un amphi ou dans quelques pages comme celles qui suivent ».
    Alain Layrac nous offre ici un cours d'écriture qui s'adresse à tous ceux qui veulent écrire et n'ont pas accès à des formations souvent trop chères ou sélectives. Avec des exemples simples et accessibles à tous, pour la plupart tirés de la vie, il nous guide à travers toutes les étapes de construction d'un scénario et plus largement d'une histoire écrite, de comment trouver une idée originale à comment construire un personnage, et comment structurer et dialoguer une bonne histoire.

  • Instants critiques

    Alain Riou

    « En l'an 2000, une violente guerre éclata entre les cinéastes, qui se plaignaient d'être maltraités, et les critiques.
    Je travaillais à cette époque tous les matins avec Philippe de Broca comme scénariste, et tous les après-midis au Nouvel Observateur, comme journaliste de cinéma. Spontanément, dans cette querelle, j'ai pris le parti des critiques, parce qu'en dépit de l'opinion répandue, nous passons beaucoup plus de temps à défendre les films qu'à les attaquer.
    Pourtant, le ressenti des cinéastes n'est pas toujours injuste. Il existe entre les deux camps une fracture peut-être irréparable, les cinéastes agissant plutôt en saltimbanques et les critiques en professeurs. Méfiance à l'égard du succès, mépris pour le cinéma populaire, surestimation des films difficiles au détriment des films difficiles à faire, trop superbe ignorance des contraintes matérielles, tendance à la pensée unique : tels sont les défauts auxquels nous autres juges sommes tentés de succomber, et qui méritent ce qu'il faut bien appeler une autocritique des critiques. »

  • Une vie de scénariste

    Alain Layrac

    « D'où est née chez moi cette envie d'écrire des histoires ? C'est une question que je me pose de plus en plus souvent. Pour moi elle est du même ordre de mystère que celle d'un croyant qui se demanderait d'où lui vient la foi. Ou d'un homosexuel qui se demanderait à quel moment il a su qu'il était gay ».
    Après Atelier d'écriture, paru fin 2017, Alain Layrac nous offre une plongée dans son histoire personnelle et dans la genèse d'une passion dont il a fait son métier : l'écriture de scénarios.
    L'ado fou de lecture et d'écriture, l'étudiant malmené par son professeur vénéré, la rencontre avec une « femme formidable » qui lui apprend « à regarder la vie, surtout les petites choses de la vie qui peuvent en cacher de beaucoup plus grandes », les succès, les échecs... : de la vie naît l'écriture, de l'écriture naît la vie, tel est le message de ce livre alerte, peuplé de personnages hauts en couleurs, célèbres (Danièle Thompson, Isabelle Adjani, Jeanne Moreau, Sébastien Japrisot...) ou non (la machiavélique Carole, le tendre Marc...),et truffé d'apartés savoureux comme autant de déclarations d'amour à l'écriture. Un voyage lucide dans un métier méconnu et souvent idéalisé, qui nous permet de regarder d'un oeil neuf les films et les séries, toutes ces histoires qu'on nous raconte. Et, espère l'auteur, un ouvrage qui donnera envie au lecteur de prendre à son tour le stylo pour raconter sa propre histoire...

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