Anacharsis

  • En 1917, des Kanak du Nord de la Grande Terre se lancent dans une guerre contre les autorités françaises. Refusant le recrutement de « volontaires » pour aller se battre en Europe et exaspérés par l'oppression coloniale, ils luttent douze mois durant, jusqu'à épuisement. Vaincus par les armes, décimés, dispersés et pourtant toujours là, ils confièrent la mémoire de ce temps à la parole et à l'écriture. Ce livre met en scène les voix qui, de 1919 à 2011, portent avec elles l'histoire de 1917, son souvenir et son actualité.
    Liant histoire et anthropologie, articulant récits et épopées versifiées, cet ouvrage déploie une polyphonie par laquelle ses auteurs et des écrivains, poètes et narrateurs kanak, composent ensemble une oeuvre engagée dans la prise de souveraineté intellectuelle des Kanak.

  • Conrad et Stevenson nous en apprennent-ils moins sur les tropiques que Malinowski, et Chateaubriand ou Proust que Lévi-Strauss sur l'homme en société ? Pourquoi les écrivains (les grands) disent-ils mieux le monde que les anthropologues patentés ?
    Dans ce livre impertinent, douze spécialistes de l'enquête en science sociale se plongent dans les expériences vécues où s'enracinent quelques grands textes littéraires : Montaigne, Lamartine, Pouchkine, George Sand, Nerval, Flaubert, Rimbaud, Kipling, Virginia Woolf, Céline, Montherlant, Camus sont ici successivement sollicités.
    Si l'ethnographe n'existe que par l'enquête de terrain, les écrivains s'y astreignent tout autant. Leur matériau collecté et son élaboration jusqu'à la fiction est ici épluché de près. Avertissement cuisant : cette archéologie met au jour une relation tangible aux mondes arpentés. Une dimension sociale et humaine que la prose anthropologique escamote trop souvent sous les conventions narratives et conceptuelles. Salubre retour au terrain en ces temps de tout textuel.

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