Langue française

  • Voici un livre abondamment, savamment documenté qui lève le voile pour la première fois sur le monde mal connu, à la fois si proche et si lointain, de la bande dessinée dite indépendante. Établi sur des faits réels et une connaissance intime de ses rouages, il le traverse avec une foule de détails et d'anecdotes surprenantes.

    Faisons le pari que si elle vous guérit à jamais de l'envie de créer, d'éditer ou de vendre des bandes dessinées, cette promenade dans les mondes du dessin, de l'édition, de la critique, de la diffusion, de la librairie, de l'exposition, des salons, éclairera d'une lumière nouvelle votre plaisir à en lire.

  • Alain Joubert a découvert le surréalisme en 1952 et participera dès lors à toutes les activités du groupe jusqu'à son autodissolution en 1969. Il avait été frappé au sein du groupe du fait que les jeunes surréalistes se croyaient tenus de brandir un ou deux poèmes pour tout viatique. Pour pallier une véritable inflation poétique, il décidait de ne pas montrer au groupe ses poèmes.

    L'essentiel de son activité consistant dès lors en réflexions théorique et politique, courts pamphlets, essais portant sur la nature du théâtre et du cinéma?; mais pas de poèmes... L'Autre côté des nuages réunit pour la première fois l'ensemble de son oeuvre poétique, inédite pour l'essentiel.

  • L'échaudée N.8

    Collectif

    Très fortement graphique, mais ne détestant pas les longs textes, de réflexions ou littéraires, cette revue est animée et publiée par des amoureux de la critique sociale, de la poésie, de la création et de l'utopie. Certains auteurs publiés sévissaient déjà au sein de la revue Oiseau-tempête. Sa devise est cet aphorisme de Lichtenberg : "Quand l'histoire d'un Roi n'a pas été brûlée, je n'ai pas envie de la lire."

  • Ricardo Flores Magon (1874-1922) fut un des précurseurs de la Révolution mexicaine de 1910-1920 et son principal théoricien. À la tête du journal Regeneracion et du Parti libéral mexicain, il contribua à la chute du dictateur Portifiro Diaz et s'opposa à tous les régimes qui, selon lui, trahissaient les idéaux libertaires de la révolution, condensés dans la maxime "Terre et liberté". Pour une société sans classe et sans État, il lutta jusqu'à sa mort, dans une prison nord-américaine.

    Dans cet essai, Americo Nunes nous fait découvrir pour la première fois en français, la pensée politique d'un révolutionnaire sans concession; une pensée qui inspirait celles et ceux qui se soulevèrent lors de la Commune d'Oaxaca en 2006 et encore d'autres aujourd'hui.

  • Le dernier né du chantier naval allait fendre les flots pour la première fois. L'Amiral parla au peuple : 'Ce nouveau bâtiment va grossir notre flotte. Notre puissance n'a pas de limite. Je vous félicite.' Il s'adresse ensuite au capitaine : 'Ce bateau où vous serez maître après moi, comment l'appelons-nous, commandant ?' - Amiral, je propose l'Espadon. - Bon. Va pour la Marie-Jeanne, à vous, peintre ! Ensuite, comme à l'accoutumée, il fit le point dans la chambre des cartes et constata l'immobilité parfaite des choses.

  • Nemo est né avec son siècle. Il a cinq ans lors de ses premières planches de 1905. Il en est donc l'ouverture, façon populaire et enfantine. McCay s'intéressait aux rêves. Avec Little Nemo, il crée peut-être la dernière oeuvre innocente dans le monde des rêves, juste avant la psychanalyse. Mais chez McCay, les métamorphoses ne sont pas seulement celles du rêve, elles bousculent aussi le medium bande dessinée. Et on rit dans Little Nemo. Avec Little Nemo, le rêveur absolu, Kaplan livre un essai remarquable sur l'oeuvre majeur de Winsor McCay, celui dont Art Spiegelman disait : "Ce type, c'est un génie !"

  • Ce livre est la réédition d'un classique de Flammarion publié en 1975 dans la collection « Question d'histoire » dirigée par l'historien Marc Ferro. Cette réédition est largement augmentée d'un importante postface (l'auteur revient sur les Révolutions du Mexique, il complète en l'enrichissant sa première approche de 1975), et d'une réactualisation de la bibliographie. Une carte contextuelle du Mexique est jointe à l'ouvrage.

  • Jacques Abeille est né à Lyon en 1942, et vit à Bordeaux depuis plus d'un demi siècle. Il a commencé à participer aux activités surréalistes en 1964 et n'en a jamais démordu. Ses principaux romans - Les Jardins statuaires, Les Mers perdues, Les Barbares, La Barbarie - publiés aux éditions Attila, constituent un cycle de contes fantaisistes. On trouve aux éditions des Vanneaux un ensemble de proses plus ou moins brisées (d'Ombre) accompagnées d'encres de Pauline A. Berneron. Sous le pseudonyme de Léo Barthe, il a également commis quelques livres érotiques. Avec Brune esclave de la lenteur, Jacques Abeille signe ici une oeuvre poétique d'une grande sensualité aux lectures multiples, accompagnée de plusieurs « petites peintures » de l'auteur.

  • LE PREMIER conflit mondial du XXe siècle clôt pour Karl Korsch la longue période des guerres comme moments progressistes du développement capitaliste. Avec la Deuxième Guerre - dont le texte proposé ici est une analyse à chaud datant de 1941 - il n'y a plus pour Korsch de caractère progressiste des guerres capitalistes ni de possibilité de leur transformation en révolution sociale. Les guerres deviennent essentiellement des luttes intestines aux classes dirigeantes et non plus des moments constitutifs du développement capitaliste ; elles vont de pair, entre autres, avec l'intégration « démocratique » ou autoritaire du mouvement ouvrier dans l'appareil d'État (New Deal américain, Fronts populaires, fascismes et résistances démocratiques antifascistes). La guerre s'est modifiée à mesure que se transformait la société capitaliste.

  • Est-ce un nouveau genre de carnet de voyage, s'agit-il d'un conte, d'une façon de dire une histoire d'amour, d'une rencontre, de retrouvailles avec un pays que l'on n'a jamais connu ?

    Illustrations de Varduhi Sahagian.

  • Guy Cabanel a rejoint le groupe surréaliste en 1958 et fut accueilli en ces termes par André Breton : "Ce langage, le vôtre, est celui pour lequel je garde à jamais le coeur de mon oreille. C'est celui dont j'ai attendu qu'il ouvre de nouvelles communications, vraiment sans prix et comme par voie d'étincelles, entre les êtres".

    Depuis, Cabanel a publié et collaboré avec de nombreux artistes dont Jorge Camacho, Jean-Claude Silbermann, Jean Terrossian, Toyen...). Cabanel a très tôt reconnu dans l'oeuvre de Mireille Cangardel un monde commun au sien, une inspiration et une aspiration semblables aux siennes. Il a cherché à traduire en verbe ce qui dans son oeuvre le touchait au-delà de l'oeil.

  • Mêlant textes et graphisme, cette revue s'inscrit à la croisée de la critique sociale, de la poésie et de l'utopie. Elle est animée et publie des amoureux de la critique, de la poésie, de l'utopie, dont certains sévissaient déjà au sein de la revue Oiseau tempête.

  • Livaine

    Manuel Anceau

    « Livaine » est un recueil de petites histoires que Manuel Anceau préfère appeler contes car ils permettent d'engranger l'imaginaire, loin des visées purement réalistes. Le conte, très modeste dans l'écriture, reste très ambitieux dans ce qu'il veut dire et s'ouvre au rêve. « Lieuve », un des contes du recueil, est un bled dans lequel on vit à peu près tous dans nos coeurs et nos têtes, un lieu mental. Il appartient à cette nostalgie d'un endroit où on serait tous réunis en comprenant ce pour quoi on est là. Lieuve est un bateau qui prend l'eau de toutes parts mais où il y a une lueur d'espoir. Lieuve c'est aussi une sonorité, un lieu perdu mais aussi le lièvre comme on dit dans certaines campagnes.

  • Lormain

    Manuel Anceau

    Lormain est un recueil de 18 nouvelles que Manuel Anceau préfère appeler "contes", l'imaginaire et le réel s'y trouvant en perpétuelle connivence.

    Commentant son précédant recueil, Alain Joubert a salué, Livaine, la "singularité et la puissance naturellement poétique de ses écrits [où] l'écriture" avance à coups de ruptures, de parenthèses, d'un jeu avec la ponctuation qui se fait rare de nos jours, et son mouvement fait penser à la lente apparition d'un cliché photographique dans son bain, l'image complète de ce que véhicule la phrase n'apparaissant qu'à son aboutissement, son sens profond révélant alors tout ce qui se tramait en l'affaire." (En attendant Nadeau n°58, 19 juin 2018).

  • Très visuelle, publiant des textes d'auteurs qui se croisent dans les paysages de la dissidence, L'Échaudée publie des passionnés de critique sociale, de poésie, de comix et d'utopie, dont certains sévissaient déjà au sein de la revue Oiseau-Tempête.

    Un aphorisme de Lichtenberg résume le ton de la revue : « En Cochinchine, lorsque quelqu'un dit doji (j'ai faim), les gens courent comme s'il y avait le feu pour lui apporter à manger. Dans bien des régions d'Allemagne, un besogneux pourrait dire : «J'ai faim», cela lui serait à peu près aussi utile que s'il disait doji. »

  • Mêlant textes et graphisme, cette revue s'inscrit à la croisée de la critique sociale, de la poésie et de l'utopie. Elle est animée et publiée par des amoureux de la critique, de la poésie, de l'utopie, dont certains sévissaient déjà au sein de la revue Oiseau-tempête. Parution : semestrielle - Genre : critique sociale - Thèmes : utopie, poésie, comix.

  • La collection Abiratures est dédiée à l'approche poétique, ce court moment d'élaboration qui se concrétise dans la poésie, quelle que soit la forme (rêve, texte, jeu, dessin, dialogue, etc... ) qu'elle prend pour s'exprimer. Nous espérons par là contribuer à ce que la poésie soit saisie dans son essence, car sans elle, la transformation du monde, plus que jamais nécessaire, ne sera jamais qu'un prélude à l'assèchement du vivant (et réciproquement).

  • Le spectacle du sécuritaire s'adresse en priorité aux « citoyens », cette construction sociale abstraite qui donne l'illusion aux « gens » qu'ils ne sont plus exploités comme salariés mais respectés comme individus. La peur est d'abord orchestrée à leur usage. Profondément ressentie par l'ensemble des citoyens, ce qu'on pourrait appeler le « syndrome de Godzilla » (en référence à ce film hollywoodien d'avant les attentats du 11-Septembre où un monstre ravageait New York), structure la vie sociale au son des sirènes hurlantes et des bruits policiers (la peur de l'Autre, du Barbare, du Fou, du Terroriste). Tous contre Godzilla ! tel est le mot d'ordre pour rappeler à chaque instant aux citoyens angoissés la direction de la vie normée. En revanche, la peur du « sans-abrisme », de la précarité, de la vie atrophiée par la perte du travail ou du logement, est à chaque fois rendue invisible par la peur citoyenne dans laquelle elle est amalgamée. L'ordre policier semble le bon remède, mais un remède qui ne permet que de vivre avec la peur.
    Pourtant, à chaque fois que des luttes collectives esquissent des perspectives de rupture sociale et dépassent un certain seuil de « dangerosité », le syndrome de Godzilla recule, la peur s'inverse. Une nouvelle force sociale apparaît, autrement plus intimidante : c'est désormais le « syndrome des classes dangereuses » qui bouscule le paysage social et l'imaginaire des classes dirigeantes. La peur ne terrorise plus les quartiers périphériques, mais les beaux quartiers et les centres de décision : sus aux classes dangereuses ! tel est le nouveau mot d'ordre.

  • La révolution Iranienne (1978-1979) est invariablement associé aux idées de fanatisme, de dogmatisme et d'intégrisme. C'est la vérité officieuse qui a toujours cours en Occident. D'autres ont décelé dans le projet de cette révolution et dans les penseurs politiques qui la façonnèrent (dont Khomeini est la figure majeure) une variante du populisme tiers-mondiste. En somme, un mouvement pragmatique des classes moyennes, lesquelles, cherchaient à moderniser l'Etat et à mieux intégrer l'Iran dans le marché mondial.
    En Iran, dans une société très marquée par les influences religieuses, la classe ouvrière a joué un rôle non négligeable dans ce qui est apparu comme un mouvement de rébellion populaire : elle a mené une grève générale de six mois, organisée hors la tutelle des syndicats et des partis de gauche. L'effondrement du pouvoir central allié à l'esprit révolutionnaire du moment, ont créé les conditions pour l'émergence d'organisations de base, comités et conseils.
    Malgré les objectifs limités des luttes, l'existence de ces organisations intègre l'expérience des travailleurs iraniens dans l'histoire générale du mouvement d'auto-émancipation sociale. L'institution du nouveau régime islamique passait donc, nécessairement, par la transformation de ces comités de base en organismes purement consultatifs. Il s'agissait de les conserver, en les vidant de leur substance.

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