Yves Clot

  • Suicides en série sur le lieu de travail, « épidémie » de troubles musculo-squelettiques, explosion des pathologies professionnelles. Une réalité trop longtemps occultée occupe désormais la scène publique française. Devant l'ampleur des « maladies du travail », tout est secoué : entreprises, État, institutions, chercheurs et experts. Et, face aux dégâts engendrés, se multiplient dans l'urgence les fausses solutions qui risquent de virer au « despotisme compassionnel » sans rien résoudre sur le fond.
    C'est à ce paradoxe intenable qu'a voulu réagir le psychologue du travail Yves Clot dans cet essai aussi vif qu'informé, nourri de longues années d'expérience sur le terrain des rapports entre santé et travail. Il instruit le dossier en rassemblant les différentes pièces du puzzle social : discours officiels, analyses de situations concrètes, controverses scientifiques, commentaires et récits. Il montre comment la négation des conflits autour de la qualité du travail au sein de l'entreprise menace le collectif et empoisonne la vie des organisations. Pour Yves Clot, le plaisir du « travail bien fait » est la meilleure prévention contre le « stress » : il n'y a pas de « bien-être » sans « bien faire ».
    En se mobilisant autour d'une idée neuve du métier, avec tous les autres acteurs concernés - dirigeants d'entreprise, syndicalistes et spécialistes -, ceux qui, au travail, sont en première ligne peuvent eux-mêmes « retourner » la situation. Pour en finir, enfin, avec les « risques psychosociaux ».

  • Une autre façon de voir les rapports de travail entre individu et collectif, basée sur une longue expérience de l'auteur de la clinique en situation de travail.
    L'ouvrage est tout entier consacré aux paradoxes du collectif de travail : les libertés qu'on peut prendre grâce à lui dans les organisations, mais aussi les libertés qu'il faut prendre avec lui pour se développer comme sujet singulier. L'éthique tient les deux ensembles : c'est la liberté qu'on arrive ou pas à prendre avec les habitudes, les bonnes et les mauvaises, les siennes et celles de l'organisation du travail. À partir d'une relecture originale de la notion de travail de culture laissée en suspens par Freud avant sa mort, le livre s'appuie sur Vygotski et L'éthique de Spinoza. Au-delà de Freud donc. Mais avec Freud. C'est le fil rouge du livre.

  • De l'organisation " scientifique " du travail à la flexibilité, du bilan de compétences à la mobilisation du psychisme humain, les " nouvelles techniques de management recherchent les gisements cachés de productivité. Les technologies informatiques ont pu nourrir l'illusion d'un travail sans sujet ; la fragilité de systèmes techniques de plus en plus sophistiqués la dément chaque jour et rend manifeste l'investissement subjectif qui imprègne toute forme de travail. Yves Clot explore cette subjectivité : le détournement informel des règles formelles, les métaphores ironiques ou sexualisées du jargon professionnel, les techniques personnelles en sont autant d'indices. Entre tâche prescrite et activité réelle, l'individu au travail produit le sens de son action en même temps qu'il recherche une " efficacité malgré tout ". Nourri d'enquêtes de terrain à travers les milieux les plus divers (de l'agroalimentaire à l'automobile en passant par les hôpitaux), cet ouvrage intéressera particulièrement les psychologues - pour lesquels il est devenu un titre de référence régulièrement prescrit - et, plus largement, tous les acteurs du monde du travail. Dans une postface inédite, l'auteur prolonge son analyse au monde du travail des années 2000, pointant notamment l'émergence d'un " nouvel hygiénisme ".

  • L'analyse du travail, en ergonomie et en psychologie, a traversé le siècle. Elle a contribué aux évolutions du monde professionnel. En s'inscrivant dans cette tradition, cet ouvrage contribue à le renouveler. Les femmes, les hommes et leur travail changent. Les analyses psychologiques qu'on trouvera rassemblées ici proposent une lecture de ces métamorphoses, des méthodes d'action pour s'y engager et des concepts pour en rendre compte.
    L'ouvrage rassemble les résultats de recherche obtenus grâce à une clinique de l'activité qui vise à situer le travail entre genre professionnel et style de l'action. On trouvera dans ces pages, nourries des données de nombreuses enquêtes, une définition de la fonction psychologique du travail qui tire les conséquences d'un choix théorique explicite : avec Bakhtine et Vygotski, l'auteur cherche à promouvoir une psychologie de l'action.

  • Le travail soumet les femmes et les hommes à des épreuves sociales dont l'issue pèsera lourd sur le destin des générations futures. Dans ce nouvel ouvrage, l'auteur s'interroge : la psychologie du travail, en tant que discipline, saura-t-elle seconder l'action individuelle et collective nécessaire pour y faire face ? Pour répondre à cette question, Yves Clot fait l'inventaire des ressources historiques, théoriques, méthodologiques et techniques dont la psychologie du travail dispose pour développer le pouvoir d'agir des sujets sur leurs milieux professionnels. Dans cet ouvrage, l'exercice d'une clinique de l'activité débouche sur un renouvellement de l'idée de métier.

  • Vygotski maintenant

    Yves Clot

    • Dispute
    • 19 January 2012

    Avec Vygotski - paru en 1999 sous la direction de Yves Clot - avait établi la place du grand psychologue russe auprès de Freud, Piaget ou Wallon.
    Comme eux, Vygotski a changé la psychologie. Ce nouvel ouvrage, qui en constitue la suite, montre comment il a procédé. La signification qu'il donne à la crise de la psychologie de son temps ne débouche pas sur la création dune nouvelle école. Il propose à tous les psychologues de construire une psychologie générale en mettant chacune des traditions théoriques à l'épreuve de la pratique. Vygorski maintenant : alors que le " Yalta " scientifique dominant entre psychologie clinique, psychologie cognitive.
    Psychologie sociale et neurosciences aggrave la crise déjà analysée par Vygorski. le travail de tous les spécialistes réunis dans cet ouvrage. français et étrangers. dessine une autre voie.

  • L'analyse du travail, en ergonomie et en psychologie, a traversé le siècle.
    Elle a contribué aux évolutions du monde professionnel. En s'inscrivant dans cette tradition, cet ouvrage contribue à le renouveler. Les femmes, les hommes et leur travail changent. Les analyses psychologiques qu'on trouvera rassemblés ici proposent une lecture de ces métamorphoses, des méthodes d'action pour s'y engager et des concepts pour en rendre compte. L'ouvrage rassemble les résultats de recherche obtenus grâce à une clinique de l'activité qui vise à situer le travail entre genre professionnel et style de l'action.
    On trouvera dans ces pages, nourries des données de nombreuses enquêtes, une définition de la fonction psychologique du travail qui tire les conséquences d'un choix théorique explicite : avec Bakhtine et Vygotski, l'auteur cherche à promouvoir une psychologie de l'action.

  • Réhabiliter le conflit pour améliorer la qualité du travail. La proposition n'est contradictoire qu'en apparence. Yves Clot et ses collègues montrent, à partir de l'action, comment le conflit autour de la qualité du travail peut devenir une méthode de coopération dans les organisations : c'est à ce prix que le travail bien fait est possible. À ce prix aussi qu'une écologie du travail devient crédible.
    On peut rendre sa souveraineté au travail contre tout ce qui mine la fierté de l'acte professionnel en l'écartant de la boucle de décision. Ce livre explique comment s'y essayer en instituant la coopération conflictuelle, entre salariés comme entre ces derniers et leur hiérarchie. C'est la qualité du travail qui rassemble. Dans un monde saturé de conflits, le conflit de critères autour de la qualité du travail n'a pourtant pas droit de cité, laissant le travail « ni fait ni à faire » nous abîmer et abîmer la planète.
    Yves Clot et ses collègues, en s'appuyant sur le récit de trois longues expériences de travail collectif, dans un EHPAD, dans le service de la propreté d'une grande ville et dans une usine automobile, regardent ce conflit en face. Au passage, ce sont les frontières entre dirigeants et dirigés qui se trouvent redessinées.

  • Le travail demeure une source de plaisir pour certains. Mais, pour trop d'entre nous, il est devenu difficile à supporter. Pour la plupart des travailleurs, il est en tout cas un souci dont aucune condition sociale, aucune position hiérarchique, aucun statut ne mettent complètement à l'abri. Et cela, particulièrement en France.

    Faut-il alors transformer les travailleurs ? Peut-on concevoir des organisations salubres ? Peut-on aller vers une performance compatible avec la qualité du travail ? Vers des produits et des façons de produire moins toxiques pour la santé publique ? La santé au travail peut-elle être octroyée ou les travailleurs doivent-ils avoir les moyens de la construire ?

    Yves Clot, psychologue du travail, et Michel Gollac, sociologue, confrontent leurs conceptions et celles de leurs disciplines. Leur débat débouche sur une conviction : non seulement le travail peut devenir supportable mais il peut être l'une des sources d'une vitalité retrouvée, d'autres façons d'être soi-même et de vivre ensemble. Une nouvelle liberté est possible si l'entreprise s'ouvre à la démocratie.

  • Quelles sont les ressources pour l'action en milieu de travail ? Autour de cette question centrale en clinique du travail, diverses approches alimentent des perspectives communes.
    Cet ouvrage contribue au développement de la clinique du travail entendue comme métaphore de l'engagement de l'homme dans le monde, comme confrontations aux réalités matérielles et symboliques, comme espace où le lien social, l'intersubjectivité ont pour centre et mobile l'action, les objets et les fins poursuivies. Référés à la clinique de l'activité, à la psychodynamique du travail, à la psychologie sociale clinique, à la sociopsychanalyse, à la sociologie clinique., les auteurs rendent compte de recherches réalisées dans des secteurs professionnels variés - hôpitaux, industrie, restauration, banque, aide à domicile, élevage industriel, animation et éducation, services publics.
    Dominique Lhuilier est professeure émérite des universités, Centre de Recherche sur le Travail et le Développement, Cnam.
    Elle est également directrice de la collection Clinique du travail avec Yves Clot, aux éditions érès.

  • La clinique du travail s'est affranchie de ses origines médicales. Reste que la référence au soin imprègne les pratiques. Et la demande sociale en la matière est en expansion : soigner les « blessés » du travail, réparer les « déficiences », accompagner les « vulnérables », écouter les plaintes, faire disparaître les symptômes... aux risques toujours d'une individualisation de questions sociales, d'une externalisation à des prestataires de service tenus à la porte de l'organisation, d'une contribution à des processus de normalisation et donc aussi de relégation, voire d'exclusion. Sur cet axe santé/travail, ici encore les questions à instruire sont nombreuses. Quelles conceptions de la santé orientent les pratiques ? Comment approfondir cette double perspective qui tient en tension la conception du travail pathogène et celle du travail comme opérateur de santé ? Comment, au-delà de ces analyses, voire de ces diagnostics, concevoir l'action autour de cette problématique ? Quels dispositifs ? Quels instruments ? Yves Clot est professeur titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM. Dominique Lhuilier est professeure, Chaire de psychologie du travail du CNAM

  • This journal "Psychologie de l'Interaction" concentrates on presenting empirical work in any area of human interaction.
    The special brief of the journal is to advance understanding of human symbolic processes, so there is a strong emphasis on theory-driven research, the development of new theoretical models in communication, dialog and conversation, or cognitive processes, and the development of innovative methods for observing, measuring, formalizing and communication behavior. The journal has a broad social and cognitive-science focus, so should appeal to researchers and scholars in cognition and social behavior mainly from psychology (for instance social psychology, developmental psychology, psychopathology), and secondarily from philosophy, pragmatics, linguistics, logics, and neuroscience, as well as areas of communication science.
    Review, theoretical, and methodological papers are also welcome, but the main thrust of the journal is on presentation of the best empirical research in the field. Major topic areas for the journal include language and social interaction. The journal's editorial board is international and multidisciplinary. Psychologie de l'Interaction is published four times per year or twice a year (two double thematic occurrences).

  • Dans les années 1970, des conseils d'usine directement élu par les salariés ont participé en Italie à ce que Bruno Trentin, clans son livre récemment paru en France, La cité du travail. La gauche et le fordisrne, appelle une 'réforme institutionnelle de la société civile" pour changer l'organisation du travail. La réédition du livre d'Oddone permet de poser cette question redevenue très moderne : comment affronter la crise du travail qui abime la société toute entière.
    Le travail, où se trouve la racine de toutes les dominations, est toujours le refoulé de la vie politique qui se porte comme on sait. Bien au-delà des ouvriers maintenant la santé au travail vire au drame. Elle est empoisonnée par l'énergie gâchée dans un travail ni fait ni à faire pour le plus grand nombre et pose tout simplement le problème de la gouvernance du travail, des limites des institutions existantes dans les entreprises pour marier efficacité et santé.
    Car Oddone, ce médecin du travail, psychologue en plus, a cherché à formaliser l'initiative ouvrière, à outiller le développement de l'expérience et le pouvoir d'agir des délégués italiens sur leur milieu professionnel. La santé, c'est-à-dire le développement du pouvoir d'agir, la possibilité non pas de vivre dans son milieu mais de créer du milieu pour vivre, est devenue la condition d'une performance revue et corrigée.
    Le conflit de critères sur la qualité du travail si nettement ressenti par les usagers, les consommateurs et les clients n'a pas droit de cité dans l'entreprise. Ce livre permet de comprendre toutes les ressources disponibles pour sortir de cette impasse, de voir l'efficacité là où elle est : dans le travail réel. Mais aussi le livre d'Oddone refond la psychologie du travail. Il propose les résultats obtenus grâce, par exemple, à la technique d'instruction au sosie qui permet l'élaboration et la transmission de l'expérience.
    Depuis la première publication du livre en France en 1981, a été testée la pertinence de la démarche dans la recherche et dans l'action. Depuis 20 ans la chaire de psychologie du travail du CNAM utilise cette démarche pour la formation des psychologues du travail et pour intervenir dans les organisations. Cette reprise et cette réinvention de la démarche d'Oddone, son hybridation avec la psychologie de l'activité promue par Vygotski mérite un inventaire.
    C'est le rôle de cette nouvelle édition munie d'une nouvelle préface d'Yves Clot sur cette nouvelle psychologie du travail et d'une courte présentation des travaux actuels en Italie par Alessandra Re.

  • Au lieu de se centrer sur les aspects destructeurs du travail (épuisement, stress, souffrance), l'auteur s'intéresse aux collectifs de travail qui, en mobilisant le pouvoir d'agir de chacun dans son environnement, ont un lien avec la santé et la prévention de la maladie. Dans cet ouvrage sur une profession mal connue, celle de médecin du travail, l'auteur engage à penser de manière différente les rapports entre santé et maladie, entre santé et travail. Pour lui, il s'agit de soigner le travail pour prévenir les maux chez les personnes, c'est-à-dire favoriser les soins qu'elles peuvent porter à leur travail, et qui développent du même pas leurs capacités et leur santé. Gabriel Fernandez est docteur en médecine et en psychologie, médecin du travail en activité. Il participe aux travaux de recherche de l'équipe « clinique de l'activité » et aux enseignements de la Chaire de Psychologie du travail du CNAM. Il travaille actuellement au sein de l'hôpital public.

  • La réalité concrète des épreuves du travail contemporain ne porte guère à cultiver les exclusives. Sociologie, ergonomie, psychologie sociale, psychopathologie, psychanalyse, histoire, philosophie... se trouvent convoquées pour comprendre le sort qui est fait au travail humain, objet de tant de convoitise et de tant d'ignorance, courtisé et dénié à la fois, objet de tant de discours convenus, de déplorations rituelles ou d'éloges suspects ; de tant de passions finalement, même les plus tristes. Mais cette compréhension doit d'abord servir à agir. Elle doit être utile pour transformer les situations et devenir un instrument de travail à entretenir, au tranchant toujours affûté par les débats et discussions rigoureux entre professionnels. Yves Clot est professeur titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM. Dominique Lhuilier est professeure, chaire de psychologie du travail du CNAM.

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