Timothée Duverger

  • Utopies locales ; les solutions écologiques et solidaires de demain Nouv.

    Le « monde d'après » annoncé par tant de prophètes pendant le confinement du printemps 2020 existe déjà. Il ne demande qu'à se déployer pour que les innombrables « utopies locales », porteuses d'une autre manière de produire, de vivre et de consommer, deviennent la norme de l'économie de demain. Ce monde d'après est en grande partie mis en musique par des acteurs de l'économie sociale et solidaire. Cette foule d'initiatives citoyennes défriche les possibles et construit des solutions écologiques et solidaires face aux besoins et aux aspirations des habitants.

    Pôles territoriaux de coopération économique, tiers-lieux, revenu de transition écologique, énergies citoyennes, foncières solidaires, mobilités partagées : les expérimentations des associations, coopératives, mutuelles, fondations et autres entreprises sociales se multiplient dans les territoires. Elles ouvrent la voie à une « société post-croissance », une société où primerait la finalité du bien-vivre.

  • Tout le monde entend parler du revenu de base, mais peu savent ce que s'est. Plutôt que d'écrire une énième proposition, partielle et partiale, de revenu de base, le choix d'un angle historique et pluraliste pour ce livre permet de brosser l'ensemble du tableau.
    Destiné au grand public, c'est un outil indispensable qui donne les clés de compréhension de ce débat de société majeur en identifi ant les enjeux, les problématiques et les courants. Loin de n'être qu'une histoire des doctrines, c'est un ouvrage érudit qui détaille les propositions théoriques, les débats et les expérimentations en les resituant toujours dans leurs contextes. Dans un débat très clivé, ce livre apparaît comme un recours pour objectiver, éclairer et mettre en perspective les arguments en présence.
    C'est un livre d'histoire des idées et de philosophie politique pour donner du sens à nos sociétés en crise qui bénéfi cie d'un contexte favorable :
    - la campagne présidentielle de 2017 avec le revenu universel d'existence de Benoit Hamon, - les projets d'expérimentation citoyen (monrevenudebase.
    Fr) ou politique (les 13 départements), - les projets gouvernementaux en cours de réforme des prestations sociales.
    Le revenu de base se situe à la croisée de trois enjeux centraux : le travail, la protection sociale et la citoyenneté.
    Ce livre participe du retour de la question sociale et de l'utopie concrète dans le débat public.

  • « L'économie sociale et solidaire n'existe pas. » D'aucuns dénoncent une forme de privatisation qui consiste à transférer la solidarité de l'État social vers les initiatives socio-économiques, compatibles avec le nouvel esprit du capitalisme.
    En pointant une contradiction, ils laissent penser que l'économie sociale et solidaire n'est qu'un concept. Elle est pourtant une réalité sociale, dont les racines plongent au coeur du XIXe siècle. Le mot connaît une éclipse à partir des années 1930, à la fois en raison de la diff érenciation statutaire de ses organisations, séparées entre coopératives, mutuelles et associations, et de l'essor du Welfare state. L'économie sociale et solidaire réapparaît ensuite en 1968 à la faveur d'une réarticulation des rapports entre l'État, le marché et la société civile.
    Elle se décline en deux branches : l'économie sociale historique et l'économie sociale émergente, qui prend successivement les formes de l'économie alternative, de l'économie solidaire et de l'entrepreneuriat social.
    En mettant au jour une histoire, l'auteur interroge les métamorphoses de la société civile organisée de l'économie sociale et solidaire tant au niveau français qu'européen, scandées par trois événements : l'irruption sociale de Mai 68, le triomphe du marché en 1989 et la crise du capitalisme de 2008.
    Il est ici question d'explorer d'autres formes du marché où les coopérations ont fait preuve d'effi cacité tant sociale qu'économique.

  • La décroissance se pose non comme l'opposé mais comme la contradiction de la croissance. Subversive, elle cherche à gripper le système. La décroissance fait une distinction entre productivistes et antiproductivistes, elle est donc la négation du capitalisme tant sur le plan économique que culturel. Cet ouvrage en donne un panorama tant historique que sur le plan des concepts. Il pose les enjeux qu'affronte notre société actuelle qui devra trouver des solutions radicales ou disparaître.

  • L'économie sociale, devenue de surcroît « solidaire » dans la décennie 1970, ne se laisse pas saisir facilement.
    Nombre d'efforts ont été déployés pour en donner une définition, pour en saisir la nature ou à défaut la substance spécifique. Tous se sont heurtés à son inexorable fragmentation et, qu'on la prenne dans une perspective diachronique ou synchronique, à l'impossibilité de ramener le phénomène à des caractéristiques nettement définies permettant de le circonscrire dans une unité conceptuelle.
    Plutôt que d'y voir un héritage circonstanciel en voie de dépassement, ce que les récents efforts dans ce sens démentent, il est sans doute plus fécond de partir de l'hypothèse selon laquelle cet état de fait appartient à sa nature même. Pour le dire autrement, ce que l'on nomme « économie sociale et solidaire » ne peut être que relativement indéfinissable dans son essence et impossible à circonscrire dans son contenu et son étendue. Bref, il s'agit d'une notion, voire d'une sorte de standard dont on peut recouvrir certaines activités, mais pas d'un concept.

  • Oui, nous pouvons vivre mieux - tous ! Voilà un propos à contre-courant du discours ambiant quand il est question de santé ou de protection sociale. Les inégalités sociales et territoriales se creusent, le défi cit de l'Assurance maladie persiste, le modèle de solidarité collective hérité de 1945 s'essouffle... Tout cela est vrai. Devons-nous pour autant nous résoudre à voir s'installer un système de protection à deux vitesses ?
    Non, affirment ici deux acteurs engagés : un militant mutualiste de longue date et un chercheur spécialiste de la question sociale, qui défendent une approche non lucrative de la santé - la santé envisagée dans une acception large, car on ne saurait être bien dans son corps et dans sa vie sans un logement digne, un revenu décent, un égal accès à l'éducation et aux loisirs...
    Leur constat : face aux transformations de la société (carrières discontinues, vieillissement de la population, explosion des maladies chroniques, etc.), l'État ne peut plus tout. Leur solution : constituer un « pôle des solidarités actives ». Une alliance pour et par l'action des structures historiques de l'économie sociale et solidaire et de nouvelles entités tournées vers l'intérêt général.
    Nourrissant leur échange de nombreux exemples et de propositions (une politique de santé réorientée vers la prévention, un socle de droits universels garanti, une reconnaissance européenne des modèles alternatifs, etc.), les auteurs dessinent une société plus juste et désirable. Une société d'égalité possible.

    Entretiens réalisés par Jean Chezaubernard.

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