Raffaele Simone

  • La Grande Migration est, pour l'auteur, la phase culminante d'un transfert de population vers l'Europe commencé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et qui s'est développé en plusieurs vagues.
    La dernière, la plus importante et la plus dramatique, s'est accélérée à partir de 2015, dans le cadre sanglant du terrorisme islamique et des conflits politiques, religieux et économiques qui déchirent l'Afrique du Nord (Libye, Égypte, Algérie) et subsaharienne ainsi que l' Irak, la Syrie, l'Afghanistan et le Pakistan. Des masses de malheureux se sont mises en marche.
    Raffaele Simone entend porter un regard analytique et sans concession sur toutes les conséquences de cette migration vers l'Europe. Un phénomène sans précédent qu' il faut regarder en face sans y être, par principe, ni hostile ni favorable.

  • Ce nouveau livre de Raffaele Simone est consacré à la crise de la démocratie. Un article publié dans Le Débat (n°182, novembre-décembre 2014), dont le titre résume bien le propos : « Comment la démocratie fait faillite », préfigure les principaux thèmes de l'ouvrage.
    L'analyse de Raffaele Simone a surtout l'intérêt de rassembler sous une forme très claire les éléments dégagés par un certain nombre d'auteurs. Elle tourne autour de la rencontre entre les effets de la mondialisation libérale et la radicalisation des principes individualistes.
    Comme il est naturel, Simone va chercher pas mal de ses exemples dans la situation italienne, et c'est un intérêt supplémentaire du livre pour un lecteur français pour qui cette situation est en général incompréhensible, faute d'information.
    Au total, un livre solide, éclairant, d'une lecture aisée que la notoriété de l'auteur devrait porter dans la discussion publique.

  • Quelles peuvent bien être les causes de la crise profonde qui frappe la gauche européenne? se demande Raffaele Simone.
    En partant de l'exemple italien et des ressorts du phénomène Berlusconi pour élargir l'analyse au continent dans son ensemble, il attribue le recul et la décomposition des idéaux de gauche principalement à l'essor rapide d'une "droite nouvelle", lié aux transformations actuelles de la société et à sa culture de masse. La société nouvelle, globalisée, est en effet dominée par ce que Tocqueville aurait pu appeler le "Monstre doux", le modèle tentaculaire et diffus d'une culture puissamment attirante, au visage à la fois souriant et sinistre, qui promet satisfaction et bien-être à tous en s'assurant de l'endormissement des consciences par la possession et la consommation tout en entretenant la confusion entre fiction et réalité.

  • L'humanité a connu deux révolutions cognitives avec l'invention de l'écriture et celle de l'imprimerie. Raffaele Simone démontre qu'avec Internet et les médias numériques une troisième révolution s'opère, dont les effets sont déjà observables dans le fonctionnement de l'intelligence et des sens, ainsi que dans la relation au savoir et les rapports sociaux.
    Cette Troisième Phase correspond à une mutation anthropologique sans précédent, marquée par la création de la médiasphère. Ce milieu, devenu aussi vital pour nous que l'air que nous respirons, résulte de la conjugaison des nouveaux médias et des outils informatiques connectés au Web.
    L'auteur analyse comment la primauté de l'image et de l'écran induit un fonctionnement synthétique et passif de l'esprit et remet en cause une acquisition intellectuelle majeure de l'humanité que l'écriture avait apportée : la vision alphabétique, qui stimule l'intelligence analytique et la réflexivité.
    La «culture numérique» tend à substituer à la réalité un spectacle permanent où les simulacres l'emportent. Concluant par un examen critique de l'idée d'une démocratie rendue authentique grâce à Internet, qui a permis l'émergence de mouvements politiques et sociaux auto-organisés, Raffaele Simone propose une réflexion à la hauteur des temps et du défi qu'impose une révolution irréversible des modalités de l'expérience humaine.

  • Les passions de l'âme

    Raffaele Simone

    • Arlea
    • 3 October 2013

    Ce roman relate les derniers mois de l'existence de René Descartes. Invité à Stockholm par la reine Christine de Suède, à l'apogée de sa gloire (son pays sort vainqueur de l'interminable guerre de Trente Ans), le philosophe se lance dans un voyage éprouvant vers la Suède, au seuil d'un hiver terriblement rigoureux.

    Les premières rencontres avec la reine tournent mal. Descartes, peu rompu à l'art de la conversation mondaine et des frivolités de cour, s'avère maladroit et Christine se révèle changeante et capricieuse : Descartes n'était qu'une proie qui, une fois conquise, l'ennuie aussitôt.

    En plusieurs mois, la reine ne lui accorde, que quelques entretiens décevants, au cours desquels elle marque une totale indifférence aux idées du penseur,préférant le pousser à écrire une pièce en vers à sa gloire ou pour participer (en tant que... danseur) à un ballet où elle-même tiendra l'un des rôles principaux.

    La morosité et la solitude du séjour de Descartes en Suède sont heureusement agrémentées par les rencontres avec un peintre et poète espagnol, Machado, lui aussi convié à la cour en pure perte par la reine.

    Les Passions de l'âme, formidable roman épistolaire, entre- mêle avec une délicieuse habileté des textes authentiques (la correspondance de Descartes) ou apocryphes, mêlant le vrai et le faux, le dit et le non-dit, dans un souffle magistral. L'auteur " comble les lacunes ", comme il le dit lui-même dans l'avis au lecteur, et joue d'une imagination érudite, dessinant ainsi un portrait saisissant du philosophe et de sa pensée en mouvement.

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