Pierre Conésa

  • Sur la question de la radicalisation du religieux, les salafistes djihadistes concentrent toute notre attention. Or ils ne sont pas les seuls à constituer une menace : il faut aussi s'intéresser aux téléprédicateurs du Conseil évangélique de Trump, aux juifs radicaux du « Grand Israël », aux extrémistes bouddhistes et hindouistes... Dans notre monde globalisé, on doit en réalité parler des radicalismes religieux au pluriel.
    Tous reposent sur le même triptyque d'intolérance : une foi, une terre, un peuple, s'appuyant sur une réécriture victimaire de l'Histoire et légitimant une violence vengeresse « sanctifiante » - à l'instar des kamikazes salafistes qui se croient promis au paradis ou de ces pasteurs et prêtres américains justifiant le meurtre de médecins avorteurs.
    S'ils partagent de nombreux points communs, tous ne visent pas un objectif planétaire. Mais tous redessinent la géopolitique moderne, tandis qu'au sein des sociétés, les poussées radicales sapent chaque jour un peu plus l'égalité entre les hommes, les droits des femmes, des minorités, excluant l'« Autre » du champ politique quand il ne s'agit pas purement et simplement d'épuration ethnique...
    Face à ces dangers, il est temps de cesser de traiter les religions sous l'angle de la liberté de conscience et de les considérer en termes politiques. Les mêmes appels à l'exclusion proférés par des néonazis ou des suprémacistes seraient immédiatement condamnés : pourquoi faudrait-il les tolérer quand ils sont tenus par des religieux, quelle que soit leur « chapelle » ?

  • « Le monde religieux est en pleine ébullition.
    Les transcendants de chaque camp peuvent dorénavant se battre en expliquant qu'ils ont un mandat direct de (leur) Dieu. Tous ces nombreux Dieux uniques et miséricordieux - empreints de paix et d'amour comme il se doit - ont eu à faire face aux délires mortifères de leurs disciples et à l'arrivée massive et incontrôlée de morts aux portes de leur paradis. Ils doivent tous ensemble convoquer les hommes pour les ramener à la raison. Est-ce que quelqu'un a leurs adresses ? »

  • Hollywood est une usine à rêves mais aussi une formidable machine à créer des méchants. À chaque époque sa cible. D'abord incarné par le Noir, représenté comme un illettré, un paresseux obsédé par la femme blanche, l'ennemi a ensuite pris les traits de l'Indien, sauvage et agressif, puis du Chinois cruel, du basané - bandit mexicain, gras et transpirant, ou trafiquant colombien -, du nazi ou du communiste... Plus récemment, lors de la deuxième guerre du Golfe, c'est le « Frenchie » qui a cristallisé la rancoeur des États-Unis, avant qu'il soit remplacé par l'Arabo-Irano-terroristo-musulman.
    Pour mener l'enquête, l'auteur a passé au crible plus de trois mille films, le plus souvent des objets cinématographiques de consommation courante, ceux qui forgent l'opinion publique bien plus que les chefs-d'oeuvre. De manière implacable, il démontre comment Hollywood, en jouant de la confusion entre fiction et réalité, cinéma et géopolitique, est devenu une arme de propagande massive, capable de transformer les ennemis des États-Unis en menaces planétaires.

  • Une étude exceptionnelle sur les dessous du royaume le plus puissant et le plus secret au monde.
    La diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite constitue un étrange trou noir dans l'analyse du radicalisme qui affecte l'islam aujourd'hui. Pourquoi le salafisme, mouvance la plus intolérante et sectaire de l'islam, est-il devenu si conquérant ? Parce que parmi tous les radicalismes religieux qui pourrissent la planète, il est le seul à bénéficier d'un appui constant de la part d'un pays doté d'immenses moyens : le royaume saoudien.
    Cette étude, dont les collaborateurs ont souhaité conserver l'anonymat, révèle comment ce royaume aux deux visages, celui conciliant de la dynastie Saoud et celui plus agressif du salafisme, propagandiste du djihad, a depuis des décennies développé une stratégie religieuse pour conquérir la communauté musulmane, mais aussi l'Occident, sans apparaître comme un ennemi grâce à un soft power original, hybride des systèmes américain et soviétique.
    Aujourd'hui, ce pays longtemps protégé se retrouve menacé sur son propre territoire par le salafisme djihadiste qu'il a propagé ailleurs.

  • « Toi qui hésites encore à partir faire le djihad pour défendre les musulmans persécutés, nous te comprenons : c'est un engagement qui va bouleverser ta vie. Ce guide est conçu pour t'aider avant de faire le grand saut. Il te permettra de ne pas te tromper de destination (elles sont multiples), de connaître les moyens les plus sûrs de t'y rendre (il y a malheureusement dans ce domaine aussi beaucoup de publicité mensongère), de choisir le meilleur prestataire (Al-Qaïda ou Daech). » Cet essai est écrit au second degré, mais tout ce qui y est relaté est tiré d'exemples réels. Il s'adresse aux parents désemparés face à un enfant qui se radicalise, aux enseignants, parfois confrontés à des élèves qui formulent des contestations d'autant plus irrationnelles qu'elles sont mal informées, enfin à nos décideurs, qui se déchargent de toute responsabilité en qualifiant les candidats au départ de « malades ». On compterait aujourd'hui en Syrie et en Irak quelque 25 000 combattants étrangers venus de plus de 100 pays : à moins d'imaginer une épidémie de démence, il y a lieu de se demander ce qui les attire tant là-bas, et pourquoi l'Occident, toujours si prompt à assurer la stabilité internationale par des moyens militaires, est devenu l'une des cibles des djihadistes.

  • « Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d'ennemi ! », avait prédit en 1989 Alexandre Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev. L'ennemi soviétique avait toutes les qualités d'un « bon » ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l'Occident et rendu plus vaine sa puissance.
    Pour contrer le chômage technique qui a suivi la chute du Mur, les États (démocratiques ou pas), les think tanks stratégiques, les services de renseignements et autres faiseurs d'opinion ont consciencieusement « fabriqué de l'ennemi » et décrit un monde principalement constitué de menaces, de risques et de défis.
    L'ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. On peut dresser une typologie des ennemis de ces vingt dernières années : ennemi proche (conflits frontaliers : Inde-Pakistan, Grèce-Turquie, Pérou-Équateur), rival planétaire (Chine), ennemi intime (guerres civiles : Yougoslavie, Rwanda), ennemi caché (théorie du complot : juifs, communistes), Mal absolu (extrémisme religieux), ennemi conceptuel, médiatique.
    Comment advient ce moment « anormal » où l'homme tue en toute bonne conscience ? Avec une finesse d'analyse et une force de conviction peu communes, Pierre Conesa explique de quelle manière se crée le rapport d'hostilité, comment la belligérance trouve ses racines dans des réalités, mais aussi dans des constructions idéologiques, des perceptions ou des incompréhensions. Car si certains ennemis sont bien réels, d'autres, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels.
    Quelle conséquence tirer de tout cela ? Si l'ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s'agit moins au final d'une affaire militaire que d'une cause politique. Moins d'une affaire de calibre que d'une question d'hommes.

  • Que ce soit chez les jeunes kamikazes à la recherche du martyre, dans les discours de nombreuses
    sectes, chez les catholiques très croyants, chez les juifs orthodoxes, voire parmi les récents
    convertis à l'islam dans les banlieues, la même question se pose : quel paradis nous attend après
    la mort oe
    Cet ouvrage, comme tous les guides de voyage, tente de répondre avec humour aux questions
    suivantes : Peut-on visiter ? Comment s'y rendre ? Quand y aller ? À qui s'adresser ? Le lecteur y
    trouvera également des conseils : ne pas changer d'agence de voyage en cours de route, bien se
    préparer, éviter absolument certains endroits (l'enfer !). Ce livre fourmille de références :
    jubilatoire et décapant!

  • Dommages collateraux

    Pierre Conésa

    • J'ai lu
    • 13 April 2005


    Pour Wightman, conseiller à la Maison-Blanche, l'arrestation de
    Simon pour avoir assassiné un officier américain est une aubaine :
    selon une information ultrasecrète, la dernière campagne présidentielle
    a été financée en partie par Djerdinsky, un caïd russe qui exige
    que la CIA ferme les yeux sur le trafic d'armes qu'il dirige au profit
    des Serbes. Que la presse soit mise au courant, et l'Amérique sera la
    risée du monde entier.
    Or, trafiquant à la solde de toutes les mafias nées de la disparition de
    l'URSS, Simon est le seul capable d'approcher Djerdinsky et de l'abattre
    avant qu'il ne soit trop tard.
    Après tout, ce ne serait pas seulement servir la cause des Américains,
    mais aussi celle de la légitime défense si, comme Simon le prétend,
    Djerdinsky est l'auteur du crime dont on le soupçonne.


  • Premier numéro de l'année 2005 de la Revue internationale et stratégique publié par l'IRIS (institut des relations internationales et stratégiques) à être édité chez Dalloz.Ce numéro 57 consacre son dossier à la violence au nom de Dieu. Il analyse donc l'extension du phénomène religieux dans le monde (Etats-Unis, Russie, Israël, monde arabo-musulman, Afrique...)et se penche sur le tour contestataire voire violent qu'a pris ce retour du religieux sur la scène internationale (la violence devient légitime pour défendre les valeurs religieuses traditionnelles considérées comme attaquées). Enfin il s'interroge sur l'existence de formes de violence particulières à la violence religieuse (caractère rituel de ces violences, caractère symbolique des actes terroristes, terrorisme apocalyptique de masse, martyrologe).

  • Quel paradis nous attend après la mort ? Est-il possible d'exercer, en consommateur averti, un libre choix de l'Au-delà ? Dans un style « voltairien », voici un recensement quasi exhaustif et comparatif des différents édens proposés d'une religion à l'autre pour pouvoir choisir en toute connaissance de cause.
    Conçu comme un guide de voyage, cet ouvrage tente de répondre avec humour aux questions suivantes : Peut-on visiter ? Comment s'y rendre ? Quand y aller ? A qui s'adresser ? Le lecteur y trouvera également des conseils, et toutes les informations pratiques indispensables pour éviter de se voir orienter vers un paradis non souhaité.
    Jubilatoire et décapant !

  • Farid a trouvé un truc génial pour se faire des sous sans trop se fatiguer : louer le même appartement, parfaitement insalubre, à des familles prêtes à tout pour se loger dans la Cité.
    Mais la mort de son père sera salutaire :
    Il décide de rentrer dans le rang. et pour ce faire, doit obtenir un nombre impressionnant de papiers administratifs.
    Jour J : Farid se fait copain avec une foultitude de gens au centre administratif dans son impossible quête du Graal - le formulaire 25000D. Mais le centre administratif est brutalement secoué par des claquages de portes et autres cris de rage. Aussitôt, un processus inéluctable se met en branle, et le gouvernement, déjà sur les charbons ardents, est aussitôt prévenu d'une attaque à main armée et prise d'otages dans le centre administratif !

  • Que ce soit chez les jeunes kamikazes à la recherche du martyre, dans les discours de nombreuses sectes, chez les catholiques très croyants, les juifs orthodoxes voire parmi les récents convertis à l'islam dans les banlieues, la même question se pose : quel paradis nous attend après la mort oe
    Cet ouvrage, comme tous les guides de voyage, tente de répondre avec humour aux questions suivantes : peut-on visiter ? Comment s'y rendre ? Quand y aller. À qui s'adresser ? Le lecteur y trouvera également des conseils : éviter de changer d'agence de voyage en cours de route ! Bien se préparer ! Les endroits à éviter absolument : l'enfer ! Un livre amusant et décapant !
    Ce livre fourmille de références : jubilatoire !

  • Qui peut douter aujourd'hui que la guerre américaine en Irak a plutôt aggravé, que réduit, les menaces de terrorisme et de prolifération ? L'unilatéralisme de l'équipe Bush est devenu l'un des facteurs de l'instabilité internationale - au même titre que le terrorisme et la prolifération. Chacun des camps est lié aux autres par les mêmes ressorts idéologiques et culturels : vision du monde à fondement religieux, légitimation de la violence et du " mensonge autorisé", conception monopoliste de la vérité, appétance identique pour les armes nucléaires, refus de la règle internationale...
    La disparition de l'URSS a bouleversé toutes les données stratégiques. Ben Laden et les idéologues du terrorisme islamique se sont pensés vainqueurs de Moscou en Afghanistan, tout comme Washington. Les pays proliférants, qui ont vu disparaître un des partenaires du monde bipolaire, ont eux aussi réexaminé les conditions de leur sécurité. En faisant une analyse globale de ces mécaniques du chaos, Pierre Conesa tente de démonter le cercle vicieux qui s'est instauré dans la dernière décennie.

  • L'art suprême en politique ? Ne rien décider tout en donnant l'illusion de l'action. Le président Chirac est parvenu à mettre un terme à près de cinquante ans de vie politique en n'attachant son nom à aucune grande réforme de la société française. Faut-il s'étonner qu'il soit l'homme politique favori des Français ?
    La rémanence de certains grands thèmes qui ponctuent la vie politique française comme les retraites, le statut des fonctionnaires, la réforme de l'administration, de l'Éducation nationale, la question corse, l'agriculture française confrontée à la PAC, la réforme des ex-NMPP (liste non exhaustive)... laissent à penser que l'action publique est depuis quelques décennies fondée sur la non-décision. Livre blanc, vert, bleu, rapport, mission, consultation préalable, table ronde, haut comité : les hommes politiques disposent d'ailleurs d'un arsenal sans pareil pour les conforter dans leurs non-choix.
    En politique le ridicule ne tue pas, seule la réforme est létale. Apprendre l'art ultime de la non-décision en laissant une trace dans l'Histoire, tel est l'objet de ce petit ouvrage qui livre clés en main techniques et conseils pratiques à nos gouvernants. Le lecteur pourra s'entraîner avec des travaux dirigés (tracts prérédigés, sondages multi-usage, clichés et platitudes) et jouer avec ses amis au Jeu de l'oie de la non-décision.

  • Le lobby saoudien en fFance ; comment vendre un pays invendable Nouv.

    L'Arabie saoudite rivalise avec la Corée du Nord en matière d'atteintes aux droits de l'homme ; d'absence totale de droits de la femme ; d'usage de la torture ; d'intolérance religieuse absolue ; d'interventions militaires extérieures (Bahreïn, Yémen) ; d'absence de liberté de conscience, de la presse et de liberté d'opinion, etc. Une spécificité supplémentaire propre à l'Arabie : la peine de mort pour « blasphème » et l'athéisme assimilé à du terrorisme.

    Longtemps le régime s'est recroquevillé dans sa superbe indifférence avant que la guerre au Yémen ou l'assassinat de Khashoggi ne l'obligent à soigner son image. La solution a donc consisté à contracter avec toutes les sociétés internationales de relations publiques et les cabinets de lobbying, en particulier aux États-Unis et en France.

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