Pascal Nouvel

  • Il n'est pas de société humaine qui n'ait soulevé la question de ses origines. Notre propre culture ne fait pas exception. Mieux?: elle se singularise par la pluralité des discours d'origine qui y circulent. Véritable originologie, la présente enquête identifie quatre types de discours d'origine?: les discours mythiques (comme la Genèse)?; les discours rationnels (de Thalès à Auguste Comte)?; les discours scientifiques (Big bang, origine de la vie, origine de l'homme, etc.)?; et, enfin, les discours phénoménologiques (qui mobilisent, dans le sillage de Husserl, la notion d'«?originaire?»). Sont ainsi examinées les diverses façons par lesquelles il nous est donné de parler de ce qui fût avant toutes choses. Thèse dans la thèse, il est montré que c'est la biologie qui a ouvert la voie à la physique pour l'élaboration de discours d'origine de type scientifique et non l'inverse. Pascal Nouvel invite ainsi le lecteur à l'analyse détaillée de ces discours et des rapports multiples, de légitimation ou de délégitimation, qu'ils entretiennent entre eux, y compris dans leurs dimensions éthiques, sociales et politiques.

  • « S'il est une pensée de la vie qui, plus de deux siècles après ses formulations canoniques par l'école dite de Montpellier, continue à surprendre et à intriguer, c'est bien la pensée vitaliste. Curiosité baroque de l'histoire des idées pour les uns, elle contient, pour d'autres, une profonde intuition sur la nature du vivant et sur sa différence avec la matière inerte. Cette divergence d'appréciation correspond d'ailleurs, en partie, aux deux sens différents que peut prendre le terme «vitalisme». (.) Les chapitres du présent volume cherchent à évaluer l'importance historique et philosophique de la pensée vitaliste. Les diverses contributions s'attachent à cerner l'histoire de cette doctrine, ses fondements philosophiques, la psychologie qui y est associée, les controverses auxquelles elle a conduit, la structure conceptuelle de la théorie, ceux qui recherchent une structure analogue dans les conceptions actuelles de la biologie. Ensemble, elles montrent l'intérêt qu'il a à «repenser le vitalisme» ». (Extrait de l'Introduction)

  • Longtemps la science et la philosophie ont été confondues. Dans l'Antiquité grecque, par exemple, il n'y a pas de différence entre faire de la science et philosopher. Mais, à partir de la révolution scientifique, au XVIIe siècle, les deux activités prennent une allure distincte. Au XIXe siècle (notamment avec Auguste Comte), la science se présente comme l'avenir de la philosophie. La pensée positive est supposée remplacer entièrement la spéculation métaphysique. À la même époque apparaît un courant de réflexion qui se présente comme " philosophie des science " : réflexion critique sur la science. C'est l'histoire de ce courant, avec ses nombreuses ramifications contemporaines, qui est racontée dans ce livre.
    Pascal Nouvel est professeur de philosophie à l'Université de Montpellier.
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  • Ce livre est l'histoire du premier psychotrope de synthèse découvert "par hasard", l'une des plus puissantes parmi les substances stimulantes de l'activité cérébrale actuellement connues, qui a profondément marqué notre civilisation occidentale en moins d'un siècle. Décrivant les trois phases de cette évolution : découverte, déclin, renouveau, l'auteur s'interroge sur la façon dont la connaissance du vivant et de son fonctionnement peut déboucher sur un pouvoir sur les corps et leurs comportements. A travers l'histoire des amphétamines, c'est donc la notion de bio-politique (Michel Foucault, Naissance de la bio-politique) qui est discutée ici : c'est aussi la question de l'usage par chacun de son propre corps, du droit dont chacun dispose pour cet usage et des limites éventuelles qu'il convient de tracer à ce droit ; enfin, des raisons à ces limitations et de la façon dont le corps individuel s'articule au corps social.

  • La découverte de la structure en double hélice de l'ADN par James Watson et Francis Crick en 1953 est l'acte fondateur de la biologie moléculaire.

    L'examen détaillé de cette découverte montre que les scientifiques se guident moins sur des concepts ou des méthodes que sur des sentiments. Ces sentiments font que la recherche scientifique repose sur un art spécial qu'on propose de nommer "art d'aimer la science".

    Le lien entre art et science, souvent évoqué par les scientifiques mais négligé autant par l'épistémologie que par la sociologie des sciences est ainsi clairement identifié et décrit.


    Table des matières Préface, 1 I - Le point de vue de celui qui fait la science, II - Un genre d'émotion que seul le scientifique peut éprouver, III - Le psychologue de l'avenir, IV - Le côté décevant des sports de plein air, V - La musique des problèmes scientifiques, VI - Souplesse de l'instinct investigateur, VII - La volonté d'avoir raison, VIII - Le plus sincère des hommes théoriques, IX - L'art d'aimer la science, X - Le paradigme de la double hélice, XI - Réexamen de la notion de paradigme, XII - Une version stylisée de la réalité, XIII - La métaphore creuse, 125 XIV - Un concept tiré des mines de sel de Salzbourg, XV - L'écho d'une pensée dans la vision, XVI - L'invincible tendance à se laisser tromper, REMERCIEMENTS, 163 Bibliographie, 165 Index

  • La collection est dirigée par Michel Delon, professeur à l'Université de Paris X - Nanterre et Michel Zink, titulaire de la chaire de littérature médiévale au Collège de France. Elle souhaite accompagner et rendre visible la transformation des études littéraires grâce à l'histoire des idées et des mentalités, il s'agit d'ouvrir des perspectives, de rendre possible de nouveaux objets de recherche.

  • D'où vient le savoir que nous possédons sur nos propres sentiments ? C'est la question que pose ce livre. Et il répond : ce savoir se trouve, pour une bonne part, dans les proverbes, les maximes, les adages, ainsi que dans les romans, les pièces de théâtre, les films, etc. Pascal Nouvel explore ce savoir. Le résultat de cette exploration est présenté sous une forme qui rappelle les formules proverbiales : sous forme d'axiomes. Un axiome est une brève proposition sur la nature et sur les mécanismes du sentiment. Par exemple : « ce qui est perdu devient désirable. » C'est l'un des 128 axiomes que contient l'Axiomatique des sentiments. On y montre que le désir s'amplifie lorsqu'il est associé au sentiment de la perte. La méthode axiomatique ouvre ainsi le champ infini de l'analytique des relations humaines.

  • Rédigé par deux professionnels du cinéma, cet ouvrage fait entrer le lecteur dans les coulisses de la fabrication d'un décor de film.
    Véritable chef d'orchestre, le chef décorateur dirige les nombreux intervenants - parfois plusieurs centaines - qui contribuent à la conception et à la réalisation du décor : ensembliers, menuisiers, serruriers, peintres... En lien constant avec le réalisateur et le producteur, il est responsable de tout ce qui touche aux décors : budget, planning, matériaux... Illustré de nombreux documents de travail, cet ouvrage donne un aperçu des différentes étapes qui aboutissent à la construction du décor : photos de repérages, croquis, maquettes, plans, dessins d'ambiance, mais aussi images de décors en cours d'édification, qu'il s'agisse d'une simple pièce ou d'une ville entière.

  • Le dopage a accompagné depuis trente ans le développement de l'activité sportive, en particulier dans le sport de haut niveau. Les importants enjeux politiques, économiques, médiatiques et financiers créent des environnements propices à cette dérive alors que l'éthique majoritairement exprimée par les institutions sportives continue de combattre ce qui reste présenté comme un fléau. La tolérance zéro pour le dopage dans le sport contraste ainsi nettement avec la position plutôt laxiste de la société envers les techniques d'amélioration cognitive et les autres techniques d'améliorations de soi en dehors du sport. La progression de la pharmaco-chimie et des biotechnologies a rendu le débat beaucoup plus complexe car les systèmes de contrôle toxicologique ou de surveillance biologique mis en place ne garantissent pas l'efficacité des règlementations en cours. Dans ces conditions, l'hypocrisie est souvent de mise vis-à-vis de la problématique du dopage.
    Car si les contraintes que subissent les coureurs sont fortes, la logique " citius-altius-fortius " est toujours omniprésente. Et le positionnement de la médecine du sport est toujours ambivalent ; le discours est opposé au dopage mais les actes vont dans le sens d'une aide à l'amélioration de la performance. Certains événements de l'actualité sportive suggèrent que le discours sur l'esprit du sport et plus généralement le pompiérisme moralisateur dont font preuve les voix autorisées du sport débouchent sur un double langage. On brandit bien haut le drapeau de la moralité sportive tout en sacrifiant dans les faits au principe qui veut que le gagnant emporte toute la mise.
    Ouvrage publié sous la direction de :
    Jean-Noël Missa, médecin et philosophe de formation, professeur à l'Université libre de Bruxelles, directeur de recherches au Fonds National belge de la Recherche Scientifique (FNRS) et membre de l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique (Classe Technologie et Société). Il a publié notamment, aux PUF, Naissance de la psychiatrie biologique (2006) et Les maladies mentales (2008).
    Pascal Nouvel, biologiste et philosophe, professeur à l'Université de Montpellier. Il a publié plusieurs ouvrages, et notamment aux PUF Le possible et les biotechnologies (avec Claude Debru, 2003) et Histoire des amphétamines (2009).

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