Nicolas Ross

  • Entre Hitler et Staline ; Russes blancs et Soviétiques en Europe durant la Seconde Guerre mondiale Nouv.

    À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'émigration russe en Europe offrait une diversité politique importante avec cependant une seule constante : le rejet du bolchevisme. Le déclenchement du conflit allait constituer une très rude épreuve et la question essentielle concernera l'attitude à adopter dans la guerre. Qui soutenir? Qui combattre? Les options étaient variées : depuis l'engagement dans la Résistance, en passant par l'union de tous les Russes dans la défense de la patrie jusqu'à la lutte contre le bolchevisme auprès d'Hitler sous uniforme allemand.
    Nicolas Ross analyse ce panorama dans toute sa complexité et ce qui en ressort est la difficile conclusion que pour tous les camps, l'histoire s'est terminée dans la désillusion et la tragédie.

  • Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 mourraient Nicolas II et sa famille à Ekaterinbourg, dans la mai- son de l'ingénieur Ipatiev, où ils étaient détenus depuis le 30 avril. Contrairement à ce qu'on a pu croire, les exécutants et les complices de cet assassinat ont beaucoup parlé et beaucoup écrit, mais sous le sceau d'un secret rigoureusement gardé jusqu'aux dernières années de l'existence de l'URSS.
    Avant de donner la parole aux acteurs de ces événements, Nicolas Ross revient sur le massacre de la famille impériale, la disparition puis la réapparition de ses restes. Ce court récit facilite la lecture des seize témoignages qui suivent.
    Quatre des gardes rouges de la maison de l'ingénieur Ipatiev avaient été retrouvés et interrogés par les enquêteurs blancs dès 1918-1919, et leurs dépositions constituent les premiers documents publiés. En 1919 également fut rédigée par Iakov Iourovski, le dernier commandant de la maison Ipatiev et principal acteur de l'exécution de ses occupants, sa célèbre Note, qui ne fut révélée qu'en 1989 et qui connut rapi- dement une résonnance internationale. Après Iourovski, d'autres participants livrèrent leurs confidences, restées secrètes jusqu'à la fin du pouvoir communiste en Russie. Leurs témoignages sont ici aussi publiés.
    Mais les récits des assassins du tsar et leurs complices ne concernent pas uniquement l'exécution et l'inhumation improvisée des détenus de la maison Ipatiev. Ils racontent leur vie d'avant la révolution de 1917, leurs combats durant la guerre civile, jusqu'à la tragédie d'Ekaterinbourg. Ils y étaient tous volontaires et ont accompli leur mission en connaissance de cause. Leur personnalité et leur biographie éclairent leurs actions et leurs motivations. C'est pourquoi Nicolas Ross a veillé à rendre compréhensibles les documents livrés ici, en replaçant biographiquement chaque personne citée.
    En plus du récit de l'exécution de la famille impériale, ces textes dévoilent l'atmosphère lourde et éprouvante des derniers jours de Nicolas II et des siens. Ils illustrent, par ailleurs, le projet des dirigeants bolcheviques, qui avaient entrepris d'exterminer tous les Romanov. Il fallait, par ce sang, sceller une Russie du futur totalement coupée de ses racines historiques.

  • Entre avril et novembre 1920, le général Piotr Nikolaïevitch Wrangel fut le chef suprême civil et militaire du dernier gouvernement blanc qui, en Crimée, s'opposait à l'avancée inéluctable de l'Armée rouge. L'État créé par Wrangel avait tenté de survivre à une époque qui lui était peu favorable. Il appelait la paysannerie russe à lutter à ses côtés, alors que celle-ci rêvait à une vie paisible après trois années de révolution et de guerre civile. Les pays européens, sortis épuisés de la Première Guerre mondiale, cherchaient à éviter tout ce qui aurait pu les replonger dans une aventure militaire. Wrangel continuait à faire la guerre alors qu'en Europe on ne parlait que de paix. Il refusait tout compromis avec les bolcheviques, alors que le gouvernement britannique tentait d'établir des relations commerciales avec l'État soviétique. Cependant, le bilan du général Wrangel reste exceptionnel. Il a redonné le moral et une discipline à ses troupes, les transformant en une véritable armée. Il a mené avec succès une réforme paysanne remarquable et une refonte des institutions locales réfléchie et équilibrée. Il a assuré le ravitaillement à une Crimée surpeuplée, saturée de réfugiés civils et militaires. Il a obtenu la reconnaissance de facto de son gouvernement par la France. Et enfin, et c'est probablement son plus grand exploit, il a réussi, alors que tout semblait perdu, à organiser l'évacuation de près de 150 000 civils et militaires, qui lui avaient confié leur existence. Ils ont pu ainsi échapper aux massacres de masse qui se sont déchaînés en Crimée après l'arrivée des bolcheviques et trouver refuge dans cet « exil », dont ils constitueront l'élément le plus caractéristique.

  • Le 22 novembre 1920, deux vapeurs russes, le Kherson et le Rion, commencent à débarquer les premiers contingents de l'armée du général Wrangel évacuée de Crimée, dans le port de la petite ville de Gallipoli, à l'entrée de la mer de Marmara.

    Cet épisode, à première vue insignifiant dans la perspective de la "grande histoire", fut, peut-être plus qu'aucun autre, l'événement fondateur des quatre-vingt-dix années d'existence des Russes blancs en exil. Environ cinquante mille personnes s'installent dans des camps de fortune sur l'île grecque de Lemnos, à Bizerte en Tunisie et dans la péninsule de Gallipoli.
    Toutes les couches sociales sont représentées, désormais unies dans le même dénuement.
    Ces hommes ont un même rêve: le retour prochain au pays, les armes à la main. Mais ce retour se fait attendre et la vie s'organise dans la durée, avec les moyens du bord. A partir de 1921, et en raison de la pression internationale, les camps sont évacués et les hommes dispersés dans les Balkans. Ensuite d'autres pays, qui offrent de meilleures conditions de travail, les accueilleront. La France, manquant de main-d'oeuvre industrielle après la Grande Guerre, sera l'une de leurs principales destinations.
    Fondé sur des sources peu connues en France et illustré d'un grand nombre de photos inédites, cet ouvrage présente de manière vivante le combat et l'exode fondateur de la Russie blanche. Il restitue ainsi la mémoire de ces hommes restés fidèles aux valeurs ancestrales de leur pays.

  • Le 26 janvier 1930, enlevé en plein Paris par des agents soviétiques, disparut à jamais le général Koutiepov, chef de l'Union militaire générale russe (ou ROVS), la plus impor- tante des organisations d'anciens combattants russes émigrés. Il fut remplacé par l'estimé et respecté général Miller. La même année, le 10 septembre, fut recruté par les services secrets soviétiques le plus brillant de leurs agents infiltrés chez les Russes blancs, le général Skobline ? aux yeux de beaucoup exemple idéal du chef blanc héroïque. Skobline reçut pour mission d'accéder à des fonctions de responsabilité dans la ROVS et d'amplifier en sous-main les conflits entre ses principaux responsables.
    Le 22 septembre 1937, avec la participation de Skobline, Miller était à son tour enlevé à Paris, détenu à la prison du NKVD à Moscou et exécuté le 11 mai 1939. Dès avant sa disparition, la ROVS, qui n'avait pas renoncé à poursuivre son combat clandestin contre les bolcheviques, fut affaiblie par des luttes de pouvoir et des querelles internes.
    Ce livre, qui fait suite à Koutiepov publié en 2016, décrit les dernières péripéties du combat des Russes blancs en ces années d'avant-guerre où ils n'avaient pas encore perdu l'espoir de combattre en Russie l'ennemi bolchevique et de revenir un jour, vainqueurs, dans leur patrie bien-aimée.

  • Koutiepov

    Nicolas Ross

    • Syrtes
    • 14 January 2016

    L'un des agents soviétiques qui avaient participé à l'enlèvement du général Kou- tiepov en janvier 1930 lui a rendu un bel hommage en affirmant qu'il était « le prin- cipal générateur d'idées et le chef incontesté des officiers de l'émigration, surtout des plus jeunes. C'était une idole pour la jeune génération des officiers blancs ». Et, de fait, dans la mémoire de l'émigration russe blanche, le général Koutiepov (1882- 1930) occupe une place bien à lui, à la fois unique et presque banale. Sa personnalité semble largement se retrouver dans le type caractéristique de l'officier russe : amou- reux d'une patrie idéale, proche de son peuple et de ses hommes et prêt à servir son pays avec simplicité et abnégation. La grande littérature russe, depuis Pouchkine, fourmille de personnages qui rappellent Koutiepov. Plus qu'un père ou un guide, comme le général Wrangel, il fut pour beaucoup de combattants blancs un frère aîné, auquel l'expérience avait apporté le discernement des choix de vie et qui entraînait tout naturellement à sa suite une jeunesse appelée par son sentiment du devoir à la lutte contre les bolcheviques. Pendant la guerre civile, il y en eut d'autres comme lui.
    Mais en émigration il fut le seul.
    Simplicité, rigueur morale, courage, intelligence immédiate des situations et des faits concrets, autorité naturelle, constance, honnêteté scrupuleuse, amour viscéral du peuple russe, fidélité aux valeurs éternelles de la Russie - ce sont là les principales qualités que reconnaissaient à Koutiepov ses partisans et ses admirateurs. Dureté, cruauté, intelligence terre à terre, naïveté, incompétence politique, goût exagéré de l'uniforme et des parades - tels sont, parmi d'autres, les défauts que soulignaient ses adversaires. Ces défauts, remarquons-le, sont largement compatibles avec les qualités que lui attribuaient ses amis

  • L'église orthodoxe Saint-Alexandre-Nevski de la rue Daru, consacrée en 1861, avait été bâtie dans un quartier choisi en fonction de sa commodité pour les touristes fortunés et les diplomates russes de l'époque.
    Mais c'était la seule église russe de Paris et les émigrés des années 1920, pourtant installés en majorité dans des arrondissements éloignés et dans les proches banlieues de l'ouest parisien, la fréquentèrent en masse. Bousculant dans ses habitudes son clergé d'ancien régime, ils transformèrent en église paroissiale débordante d'activités cette chapelle d'ambassade un peu assoupie. Le livre de Nicolas Ross présente le clergé et les fidèles de la rue Daru dans leur pratique ordinaire, mais aussi dans les grandes occasions qui, telle la nuit pascale, attiraient de véritables marées humaines dans les rues environnantes.
    Il parle également des liens qui rattachaient à leur cathédrale les paroissiens des petites églises de quartier, souvent installées dans des locaux improvisés, qui se multiplièrent bientôt. Dans les grandes occasions, leurs fidèles continuèrent à venir nombreux dans leur belle cathédrale, au choeur splendide et aux offices d'une grande solennité. C'est là aussi qu'ils pouvaient rencontrer leurs amis et apprendre les dernières nouvelles de la colonie russe.
    En 1922, l'église de la rue Daru devint la cathédrale de Monseigneur Euloge, métropolite des Eglises russes en Europe occidentale, et fut considérée comme le centre spirituel de l'émigration russe en France et dans les pays voisins. Elle se constitua en témoin du passé religieux de la Russie et en gardien de sa tradition ecclésiale. Largement construit sur la base de témoignages contemporains et d'archives inédites, le livre de Nicolas Ross s'inscrit dans la continuité d'un premier ouvrage consacré à l'église russe de Paris avant 1918.
    Il permettra de découvrir les divers aspects de sa vie dans les années 1920 et 1930, qui furent certainement les plus riches de son existence.

  • Saint-alexandre-sur-seine

    Nicolas Ross

    • Cerf
    • 3 March 2005

    Un historique de la vie religieuse des Russes en France, dont les premiers témoignages sont liés aux chapelains venus dans la suite des représentants officiels, dès le règne du jeune Louis XIII. L'ouvrage relate les visites des souverains russes, de Pierre le Grand à Nicolas II, le séjour des nombreux Russes de passage à Paris, ou installés à long terme, tel Anatole Démidov, l'époux de la princesse Mathilde, ou la comtesse de Ségur. Après bien des déplacements dans Paris au gré des hôtels
    où logeait l'ambassade, la chapelle russe nomade fait place à l'église construite en 1861 rue Daru, dans le style historicisant qui fait la synthèse architecturale des grands courants architecturaux russe et byzantin. Parallèlement se dévide l'histoire religieuse de la communauté orthodoxe de Paris, avec les portraits de son clergé, de ses paroissiens de haut lignage ou d'humble origine, illustres ou anonymes.

  • Au nord de Caen, sur la rive élevée de l'Orne, se dresse fièrement une petite église russe toute blanche, avec sa coupole bleue surmontée d'une croix à huit branches. C'est Saint-Serge de Colombelles, l'une des nombreuses églises orthodoxes fondées en France par les Russes ayant fui la terreur bolchevique et qui travaillaient dans les grandes entreprises industrielles de province. Consacrée en 1927, elle fut durant une quarantaine d'années le sanctuaire d'une importante communauté d'émigrés russes, pour la plupart ouvriers de la Société métallurgique de Normandie (la SMN), logeant dans les cités ouvrières de la région. Jusqu'aux années 1950, ils vécurent en vase clos en organisant une vie sociale active et variée. Cependant, leurs enfants s'assimilaient rapidement et restaient rarement fidèles aux valeurs spirituelles et culturelles de leurs aînés.
    Dans le respect de la tradition liturgique russe, les offices à l'église de Colombelles, désormais sous le double patronage de saint Serge de Radonège et de saint Vigor de Bayeux, se déroulent en français, langue naturelle d'une communauté devenue multiethnique. Mais c'est avant tout l'histoire particulière des Russes de Colombelles, avec ses joies et ses peines, ses conflits et ses réconciliations, que tente de raconter ce livre. L'église, bâtie de leurs mains et ornée par leurs soins, reste, de nos jours encore, le témoignage majeur de leur existence en exil.

  • Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, le tsar Nicolas II, l'impératrice Alexandra et leurs enfants étaient massacrés à Ekatérinbourg, dans l'Oural.
    Leur exécution avait eu lieu sans jugement, dans le plus grand secret. Les corps des Romanov et de leurs quatre compagnons de captivité furent chargés sur un camion et transportés dans le bois des Quatre-Frères, une zone de mines de fer abandonnées proche de la ville. Puis de surprenantes obsèques, longtemps restées énigmatiques, se déroulèrent du 17 au 19 juillet 1918 dans les environs de Ekatérinbourg.
    Soixante ans plus tard, d'aventureuses recherches permirent de découvrir dès 1979 la tombe supposée des Romanov.
    Elles furent suivies en juillet 1991 de l'étrange exhumation de leurs restes. De 1991 à 1998, les expertises anthropologiques et génétiques qui avaient pour objet d'authentifier ces ossements n'ont pas abouti à des résultats indiscutables.
    Quelles ont été les véritables conditions de la détention des Romanov ? Qui porte la responsabilité de leur mort ? Qui furent leurs assassins ? Dans quelles circonstances ont-ils été exécutés ? Que sont ensuite devenus leurs restes ? Que faut-il penser de leurs ossements présumés, exhumés en juillet 1991 dans la fosse fangeuse du Vallon du Porcelet ? Y a-t-il eu, pouvait-il y avoir, des survivants parmi les membres de la famille du tsar ? Doit-on croire la version des faits exposée dans la " Note " du commissaire Yourovski, qui fut chargé de l'exécution des Romanov ? Bilan de quinze années de recherches, le livre de Nicolas Ross est en mesure d'apporter des réponses crédibles et souvent inédites à ces interrogations qui ont récemment acquis une nouvelle dimension, d'ordre spirituel, à l'occasion de la canonisation du tsar et de sa famille par l'Eglise orthodoxe russe.

  • Totem

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    Apre`s les vire´es urbaines de deux punks Bruxello-Berlinois dans Les pieds dans le be´ton, leur premier roman graphique, Nicolas Wouters et Mikae¨l Ross se sont installe´s en pleine nature, au coeur d'une fore^t aussi profonde que myste´rieuse.

    Un de´cor et des a^mes flottantes, porte´s par un dessin lumineux et sensuel, ou` l'imaginaire et le fantastique guettent le lecteur au coin du bois...

    C'est dans cette fore^t sauvage que Louis, 12 ans, vient passer quelques jours dans un camp scout et essayer de soigner ses plaies. Mais son se´jour ne sera pas de tout repos, entre les brimades de scouts plus a^ge´s, les tiraillements de ses propres de´mons et un secret trop lourd a` porter.

    Les auteurs se situent dans la veine des grands re´cits initiatiques, dans lesquels l'ide´al de l'enfance se heurte aux compromis de l'a^ge adulte, par la de´couverte du mensonge et des premiers e´mois amoureux.

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