Nicolas Bancel

  • L'histoire coloniale et postcoloniale fait aujourd'hui débat dans la société française, comme en témoignent les polémiques sur la torture en Algérie, la place de l'histoire coloniale dans le récit national ou la question spécifique des immigrations postcoloniales. Or, l'objet des Postcolonial Studies, c'est précisément de relire l'histoire coloniale et postcoloniale en cherchant à saisir comment la colonisation a profondément affecté les sociétés colonisées, mais aussi les anciennes métropoles et, au-delà, l'ensemble de l'Occident.
    Comment s'enracine le racisme colonial, dans les colonies et dans les métropoles, et quelles en sont les conséquences contemporaines ? Les rapports géopolitiques et économiques, déjà inégaux durant la colonisation, se reproduisent-ils ? Comment la " rencontre coloniale " a-t-elle provoqué, au-delà de la domination, le métissage des cultures et bouleversé l'identité des hommes ? Nicolas Bancel propose d'explorer, parmi d'autres, ces questions, en s'appuyant sur des exemples concrets, tout en éclairant les idées développées par les Postcolonial Studies.

  • Comment est né le concept moderne, scientifique, de " race " ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les " races inférieures " des " races supérieures " ? Comment a-t-il pu revêtir une telle importance au cours du XIX e siècle et du début du XX e siècle, jusqu'à être utilisé pour expliquer l'histoire et le devenir de l'humanité ? Des contributions des meilleurs spécialistes internationaux. Comment est né le concept de " race " ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les " races inférieures " des " races supérieures " ? Et comment ce concept a-t-il pu revêtir une telle importance, aussi bien au sein de la communauté scientifique qu'auprès du grand public, au cours du XIXe siècle et du début du XXe, jusqu'à être utilisé pour expliquer l'histoire et le devenir de l'humanité ? L'Invention de la race analyse la genèse des conceptions scientifiques de la " race ", et montre que les nouvelles techniques de mesure et de représentation des corps racialisés opèrent une révolution visuelle majeure, inscrivant la différence humaine dans la biologie. Cet ouvrage avance qu'à partir d'une origine européenne l'idée de race s'est étendue - par les connexions transnationales de réseaux scientifiques et marchands - à tout l'Occident, mais aussi au Japon, à la Corée et à une partie de la Chine. Partout, elle suscite représentations et politiques raciales discriminatoires. L'ouvrage montre aussi que les théories sur les hiérarchies raciales ont influencé les spectacles ethniques (dont les zoos humains), les expositions internationales et coloniales, la photographie ou les collections ethnographiques qui ont largement contribué à forger une vision du monde fondée sur l'inégalité des races.

  • L'empire colonial français se développe au XIXe siècle et devient le deuxième empire le plus vaste du monde, après celui du Royaume-Uni. Les contestations se multiplient dès l'entre-deux-guerres. Mais les bouleversements liés à la Seconde Guerre Mondiale accentuent la remise en question de la domination française. Commence dès lors un long processus de décolonisation, qui est aussi le plus long conflit de la France au XXe siècle, depuis les premiers soulèvements en 1943 jusqu'aux dernières indépendances au milieu des années 1970.

    Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire évoquent toutes les facettes et les contradictions de ce processus, tantôt marqué par des épisodes d'une violence inouïe, tantôt accompagné de réformes et d'accords bilatéraux maintenant, des décennies plus tard, une forte dépendance des pays décolonisés vis-à-vis de la France. À travers près de 250 photographies, documents de presse ou affiches, ils décryptent l'un des plus grands basculements de l'histoire récente, et posent un regard renouvelé sur les deux faces du miroir colonial.

  • En 2005, les auteurs de cet ouvrage publiaient La Fracture coloniale, juste avant la révolte dans les banlieues. Dix ans après, l'espoir d'une évolution positive s'est effondré. Dès lors s'est imposée la nécessité de faire le bilan des crises identitaires et sociales qui traversent la France de toute part. Pourquoi ce pays a-t-il plongé dans ce maelström régressif, animé par une pensée néo-réactionnaire se délectant du déclinisme, suscitant la peur devant l'Étranger, l'immigré ou le réfugié, déversant ses imprécations contre l'Europe et la « mondialisation » ? Comment éclairer la montée en puissance inexorable du Front national, ravivant les sentiments nationalistes, la passion de l'entre-soi et de la communauté ethnique ? Pourquoi relève-t-on partout le sentiment d'une urgence au ressourcement identitaire ? Les racines de cette situation postcoloniale n'ont pas changé et aucune leçon n'a été véritablement tirée des événements de 2005.
    Bien au contraire. De la faillite de notre modèle d'intégration aux atermoiements de la politique de la Ville ; de l'ethnicisation des territoires aux désastres de la lutte contre les discriminations ; de l'enkystement du chômage dans les quartiers et les outremers à la fragilisation des classes moyennes ; des thèses délirantes sur le « grand remplacement » à la haine de l'Islam ; des crispations communautaires au ressac de l'antisémitisme ; de notre impossibilité d'affronter le passé colonial aux expéditions aventureuses dans nos anciennes colonies, cet ouvrage, réunissant les meilleurs spécialistes sur ces questions, entend faire le bilan des crises et crispations qui obscurcissent tout l'horizon.
    Autant d'analyses qui questionnent le renfermement identitaire pour lutter contre les obscurantismes de tout bord.

  • Comment est né le concept moderne, scientifique, de "race" ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les "races inférieures" des "races supérieures" ? Et comment ce concept a-t-il pu revêtir une telle importance, aussi bien au sein de la communauté scientifique qu'auprès du grand public, au cours du XIXe siècle et du début du XXe siècle, jusqu'à être utilisé pour expliquer l'histoire et le devenir de l'humanité ? Autant d'interrogations, à l'origine de ce livre.
    L'invention de la race analyse la genèse des conceptions scientifiques de la "race", et montre que les nouvelles techniques de mesure et de représentation des corps racialisés opèrent une révolution visuelle majeure, inscrivant la différence humaine dans la biologie. Cet ouvrage avance qu'à partir d'une origine européenne, l'idée de race s'est étendue - par les connexions transnationales de réseaux scientifiques et marchands -, à tout l'Occident, mais aussi au Japon, à la Corée et à une partie de la Chine.
    Partout, elle suscite représentations et politique raciales discriminatoires. L'ouvrage montre aussi que les théories sur les hiérarchies raciales ont influencé les spectacles ethniques (dont les zoos humains), les expositions internationales et coloniales, la photographie ou les collections ethnographiques. Les expositions internationales et coloniales et l'internationalisation des spectacles ethniques ont largement véhiculé ces hiérarchies, contribuant forger une vision du monde fondée sur l'inégalité des races.

  • À la fin du XIXe siècle, la France règne sur un immense empire : Maghreb, Afrique noire, Indochine... L'idéologie coloniale élabore un modèle de l'« indigène », sauvage que la République va doucement amener aux lumières de la « civilisation ». Après 1945, le mythe de l'assimilation potentielle des peuples colonisés se brise sur l'écueil de la guerre d'Algérie, puis des indépendances. L'image de l'immigré supplante progressivement celle de l'indigène. Aujourd'hui, la perception des immigrés de l'ex-Empire témoigne d'un retour des stéréotypes coloniaux.
    Pascal Blanchard et Nicolas Bancel appellent à une analyse critique de cette page d'histoire, occultée depuis trente-cinq ans. Ce travail de mémoire permettrait de dénouer en partie les passions autour de l'immigration, enjeu majeur pour une société dont l'un des piliers fondateurs reste l'intégration.

  • Ils sont 15, habitaient Bourg-Argental, dans la Loire, et avaient - entre 1954 et 1962 - à peine plus de 19 ans. Ils ont fait partie de la centaine de jeunes de ce village, appelés au titre du service militaire obligatoire, pour intervenir dans un conflit qui portait, à cette époque, le nom «d'évènements d'Algérie».
    Ils témoignent aujourd'hui, de la façon dont ils ont vécu cet épisode dramatique de leur jeunesse, sans formation militaire adaptée. Marqués à vie par ce qu'ils ont vu et vécu, sans aucune attention spéciale de la part des pouvoirs politiques en place, nombre d'entre eux ont gardé le silence, même vis-à-vis de leurs proches.
    Les associations Les Amis de Bourg-Argental et Electron Libre Compagnie ont proposé à ces 15 anciens appelés de raconter leur histoire. De ces témoignages est né un documentaire (avec la participation de FR3 Rhône-Alpes) et aujourd'hui un livre.
    L'ouvrage comporte en parallèle des témoignages des éclairages historiques et une riche iconographie.

  • Ce livre est d'abord une réaction au processus qui mène la France au bord de l'abîme, sur fond d'angoisses identitaires et de nostalgie de grandeur. Comment en est-on arrivé là ? À cette fragmentation de la société, à ces tensions intercommunautaires, au ressac effrayant de l'antisémitisme, du rejet de l'islam et de la haine de soi ? Comment en est-on arrivé à une logique de repli généralisée ? Comment la France a-t-elle pu céder en quelques années à la hantise d'un ennemi intérieur et au rejet de l'immigration ? Comment expliquer les blocages de la mémoire collective sur la colonisation ou l'esclavage ?
    Certes, nous ne sommes plus au « bon temps des colonies », mais certains ont la nostalgie de cet « ordre impérial », revendiqué comme l'idéal d'une « France blanche ». Et le mythe du « grand remplacement » va de pair désormais avec le fantasme du « grand départ » des immigrés issus des pays non européens et de leurs enfants. Nous en sommes là ! Il est grand temps de réagir.

  • Verdrängt und vergessen sind die Männer und Frauen, die Kinder und Greise, die man hinter Gittern oder Barrieren zur Schau stellte wie Orang-Utans, chinesische Pandabären oder bengalische Tiger. Von Hamburg bis Paris, von London bis Tokio, von Chicago bis Genf strömten Millionen von Menschen in derartige "Völkerschauen" und "Menschenzoos". Dies geschah um die Wende vom 19. zum 20. Jahrhundert - und wirkt bis heute fort.
    Die Schaulustigen waren fasziniert von diesen "Wilden", die so seltsame Gebräuche hatten. Sie sahen in ihnen nur "Fremde", "Andersartige", angeblich echte "Kannibalen". Die Besucher bemerkten nicht, dass sich die westliche Welt der Schaustellungen bediente, um das eigene Selbstbild zu idealisieren. Denn es ging nicht um eine bereichernde Begegnung zwischen Kulturen, sondern darum, das Überlegenheitsgefühl der "weißen Rasse" zu stärken und die "zivilisierende" Politik der Kolonialmächte zu rechtfertigen. Zudem begegnete man den Fremden oftmals ganz und gar nicht wohltätig. Man ließ sie fieren, blieb oft sogar angesichts der vielen Krankheiten und Todesfälle unter ihnen ungerührt. Schließlich waren es ja nur "Wilde".
    Hamburg war einer der europäischen Schwerpunkte dieser Entwicklung. Carl Hagenbeck verwirklichte ab 1874 als erster in Europa die Idee einer "anthropologisch-zoologischen Ausstellung". Der Erfolg dieser Veranstaltungen war - auch in finanzieller Hinsicht - so überwältigend, dass man auch anderswo versuchte die Sensationsgier zu bedienen. Völkerschauen und MenschenZoos fanden im deutschen Sprachraum u.a. in Hamburg, Berlin, Leipzig, Dresden, Köln, Düsseldorf, Dortmund, Mannheim, München, Wien und Basel statt.
    Die MenschenZoos trugen auf entscheidende Weise dazu bei, dass sich die rassistische Denkweise der "Wissenschaft vom Menschen" auf breite Bevölkerungskreise ausdehnte. Denn im Gefolge dieses rassistischen Trugbildes von den Fremden, dem die Pseudowissenschaft der damaligen Anthropologie das Denkmäntelchen der Objektivität umgehängt hatte, breitete sich rassistisches Denken unter großen Teilen der Bevölkerung westlicher Staaten aus. Ein Rassismus, der einige Jahrzehnte später schreckliche Folgen haben würde.
    Die "MenschenZoos" zeigen uns die Entstehung unserer bis heute fortbestehenden Vorurteile und Ängste. Sie zeugen von der Spaltung der Menschheit in einen angeblich höherwertigen und einen angeblich minderwertigen Teil.

  • Since 1990, football history has become increasingly important within the field of sport science, yet few studies have centred on the Europeanization of the game from the interwar period onwards. This period saw the creation of a sovereign institution dedicated to European football, the establishment of specific rules about players' transfers and contracts and, in particular, the development of competitions. This book examines the development of European football between 1905 and 1995 from a transnational perspective. It offers a space for discussion to both early-career and established historians from a range of different countries, leading to a better understanding of the crucial turning points in the Europeanization of the game. The volume aims to promote valuable new reflections on the role of football in the European integration process.

  • La collection "Pratiques corporelles", dirigée par Raymond Thomas, professeur à l'Université de Paris X-Nanterre, propose aux praticiens, aux universitaires et aux étudiants des disciplines sportives des ouvrages tenant compte de l'apport de la psychologie ou de la sociologie aux mécanismes du champ corporel.

  • les " zoos humains ", symboles oubliés de l'époque coloniale, ont été totalement refoulés de notre mémoire collective.
    ces exhibitions de l'exotique ont pourtant été, en occident, une étape majeure du passage progressif d'un racisme scientifique à un racisme populaire. depuis l'exhibition en europe de la vénus hottentote au début du xixe siècle, elles ont touché, comme on le découvrira dans ce livre remarquablement documenté, des millions de spectateurs, de paris à hambourg, de londres à new york, de moscou à porto.
    dans ces exhibitions " anthropozoologiques ", des individus " exotiques " mêlés à des bêtes sauvages étaient mis en scène derrière des grilles ou des enclos. mesurés par les savants, exploités dans les cabarets, utilisés dans les expositions officielles, ces hommes, ces femmes et ces enfants venus des colonies devenaient les figurants d'un imaginaire et d'une histoire qui n'étaient pas les leurs. premier ouvrage de synthèse sur la question, rassemblant les meilleurs spécialistes internationaux, zoos humains met en perspective la " spectacularisation " de l'autre, à l'origine de bien des stéréotypes actuels.
    l'enjeu de cet ouvrage est aussi de comprendre la construction de l'identité occidentale. " la somme collective que publie la découverte est de bout en bout passionnante. parce qu'elle interroge, autour du zoo humain, figure enfouie de l'ère coloniale, l'arrogante affirmation de la supériorité d'un occident blanc comme un discours racial en construction, complément transversal de l'élaboration des identités nationales.
    sans négliger de faire le lien avec d'autres enfermements - ceux des fous et des déviants notamment. " le monde.

  • Colonisation, colonialisme, décolonisation, outre-mer, anticolonialisme, esclavage, abolition, culture
    coloniale, post-colonialisme, francophonie... Du xvie siècle au xxie siècle, ces mots ont
    accompagné l'histoire de France. Au moment où notre pays redécouvre son passé colonial, ce livre
    offre une vision d'ensemble d'un processus majeur qui a touché plus de cinquante pays dans le
    monde, a marqué en profondeur nos identités collectives et demeure un débat national toujours
    d'actualité. Des premiers comptoirs aux traites négrières, de la conquête de l'Algérie à la
    République coloniale, des indépendances aux DOM-TOM, de l'oubli au retour de mémoire, c'est un
    panorama complet qu'offrent les auteurs de ce livre.

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