Maxence Emery

  • Santiago, 11 septembre 1973. 14 heures, précisément. Le président socialiste Allende vient de se donner la mort d'une balle dans la tête avec son AK-47. Les putschistes viennent de réduire à néant les espoirs d'un pays et d'une gauche plurielle qui se voulait unificatrice. Le général Pinochet, appelé le « traître » par le leader socialiste quelques heures avant le coup fatal, régnera d'une main de fer sur le pays pendant seize années et les stigmates de sa dictature sanglante resteront à jamais gravés dans l'esprit des Chiliens. En parallèle se joue l'avenir d'un artiste populaire non moins fameux. Son nom : Victor Jara ; son arme : une guitare. À quarante ans, le chanteur se retrouve embarqué avec de nombreux autres militants dans le Stade national et subit la torture. On retrouvera son corps criblé de balles (44, en tout) dans un terrain vague. La fin est funeste ; la vie à la hauteur de l'homme. Cette bande dessinée ambitionne de retracer la vie du chanteur, de son enfance paysanne jusqu'à sa fin tragique. Un parcours saisissant, dont elle décrit les moindres aspects, de la vie privée jusqu'à l'engagement politique. Une bande dessinée pour rétablir sa mémoire et témoigner d'une époque ou les aspirations d'un homme et d'un peuple furent renversées par le fascisme.

  • " Je suis né quelques jours après la fin de la révolution, le 29 janvier. Fidel Castro et les barbudos venaient de renverser le dictateur Batista. " Alejandro González Raga est un Cubain comme les autres, un enfant de la révolution. Il étudiera même dans des écoles militaires et sera donc abreuvé à satiété de propagande castriste.

    Mais le jeune homme aime le rock and roll et, sans doute plus que d'autres, souffre des conditions de vie imposées sur la grande île : surveillance permanente, liberté de mouvement entravée et contrôlée.

    Il se met donc à écrire des articles et à militer dans des partis politiques demandant le rétablissement de la démocratie.

    C'en est trop pour le régime qui déclenche en mars 2003 l'opération Printemps Noir et arrête ses opposants les plus gênants.

    Alejandro ne sortira de prison qu'en 2008, suite aux tractations de l'Union Européenne et de l'église cubaine et grâce au soutien d'organisations telles que Reporters sans frontières et Amnesty International.

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