Mathias Rollot

  • La grande majorité des habitants d'un pays développé ne sait pas dire d'où vient l'eau qui coule à son robinet, où partent les déchets jetés à la poubelle, quels type de sols géologiques sont sous ses pieds, quand est la prochaine pleine lune, quand planter quels légumes, quel oiseau chante le matin à sa fenêtre.
    Parler de biorégion, c'est se demander où et avec qui nous vivons en ce sens large, dans une perspective de réapprentissage de ces lieux où nous sommes - et de cohabitation avec d'autres humains et d'autres non-humains, pour notre survie même.
    Mais alors, à quoi ça ressemble, une biorégion ? C'est où, c'est comment, il y en a combien, ça fait quelle taille ?
    En repartant des bassins versants, des microclimats, des différents types de sols, de la distribution de la faune et de la flore, nos territoires habituels se redessinent. Une biorégion est l'un de ces lieux de vie plus-qu'humains (un anthropo-écosystème) où toutes les parties prenantes s'efforcent de vivre en harmonie et de façon pérenne.
    Le « biorégionalisme » n'est donc pas la description d'un état existant, mais une proposition de reconstruction du réel.
    On n'a que peu ou pas de fonctionnement biorégionaux en France aujourd'hui. Il n'y a peu ou pas, pour l'heure, en Europe, de « biorégion » : inutile de chercher où elles sont ! Il faut les imaginer et les créer.
    Pour ce faire, la théorie biorégionaliste propose de nombreuses pistes, pratiques et théoriques, pour s'engager dans l'invention et la structuration de ces biorégions.

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  • Comment continuer d'habiter ce monde étrange, accéléré, qui préfère le jetable au durable, le virtuel au réel, la nouveauté à la pérennité ? L'architecture peut-elle encore faire sens, à l'heure où se multiplient les villes aseptisées, et où nous vivons toujours plus déconnectés des milieux qui nous accueillent ?
    Dans ce contexte, envisager une « réhabitation biorégionale » de la Terre se veut un geste critique et salvateur à la fois. Il y a urgence à penser une architecture et des sociétés capables de travailler avec les spécificités des environnements qui sont les leurs : en suivant par exemple la chaleur où elle se trouve et en utilisant les pièces différemment selon la saison, en envisageant une place particulière pour la technologie et les écrans afin de garder des espaces ouverts sur le milieu ambiant, en trouvant des alliances nouvelles entre végétal, ensoleillement et ventilation, en ouvrant la possibilité de partager certains lieux avec des insectes, dans le cadre de composts ou potagers domestiques...
    L'éthique biorégionaliste développée dans ce manifeste engagé déplace nos manières de voir le monde et ouvre des pistes radicales, pour remettre l'architecture au service du vivant et de ses territoires, et d'une société plus juste et équitable.

  • Habiter demain, habiter le futur, habitons ensemble, habitez écologique : d'une manière ou d'une autre, tout dans l'activité culturelle contemporaine est prétexte à afficher le logo « habiter ». Ainsi garante d'une préoccupation pragmatique, sociale et humaniste à la fois, la notion est à l'architecture de ce que le label « écoéquitable » est au paquet de café : un faire-valoir subliminal. Car, en définitive, qu'est-ce qu'habiter ? S'agit-il d'un acte, d'un état, d'une manière d'être, d'une situation, d'une condition ? Et surtout qu'en faire ?
    Au travers d'une enquête qui nous mènera de la philosophie à l'architecture en passant par la critique sociale et l'écologie, l'auteur revient sur les différents concepts du mot « habiter » et les récupérations politiques qui peuvent en découler. Sa critique de l'habitabilité est aussi la critique d'un système capitaliste ethnocentré qui pense pouvoir imposer sa vision culturelle polarisée de la vie humaine sur terre et de sa valeur. Cet essai nous montre qu'il existe mille et une manières d'habiter le monde et de le penser. Il nous invite à « décoloniser notre imaginaire » selon la formule de Serge Latouche et à prendre en considération notre manière « d'être en commun ».

  • L'obsolescence

    Mathias Rollot

    Cet essai s'attache à fonder la notion d'obsolescence de façon rigoureuse pour en déployer les potentialités critiques et ses multiples résonances avec l'actualité.

  • Nous avons oublié une de nos vertus cardinales, le « bon sens », en nous réfugiant derrière une société qui a perdu son indépendance et en ne nous fiant qu'au progrès technologique sans le moindre esprit critique.
    Ce petit livre, qui s'appuie à la fois sur des exemples concrets et des références à des philosophes ou penseurs, nous invite à réhabiliter cette valeur positive, véritable énergie vitale. Le bon sens nous incite à découvrir un monde plus simple, plus convivial, plus fraternel, attire l'adhésion du plus grand nombre, stimule les esprits, vivifie les conversations et favorise l'entente : bref, il permet de retrouver une convivialité bien souvent oubliée. C'est un outil à l'échelle humaine, qui travaille à créer du lien en mettant en dialogue, à proposer un développement des empathies et des formes de respect. Il est grand temps de renouveler nos imaginaires, d'interpeller nos sens et de réorienter nos actes ; afin que surviennent, enfin, les conditions d'un monde plus sensé.

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