Martine Boudet

  • L'actualité le montre d'une manière insistante : les recompositions géopolitiques qui s'effectuent à la faveur de la mondialisation et de la médiatisation des échanges mais aussi de la crise du système néolibéral, se traduisent par le regain des aspirations identitaires. Si en négatif, celles-ci se manifestent par la montée de nationalismes xénophobes voire guerriers, leurs formes démocratiques et progressistes, notamment sur le terrain régional, sont, elles aussi, bien réelles et significatives.
    Ce sombre panorama est ainsi éclairé par des fulgurances, dont la contemporanéité est significative d'une logique d'ensemble, à en juger à l'actualité écossaise, catalane, corse, camerounaise anglophone, néo-calédonienne, kurde...Des aspirations linguistico-culturelles et territoriales, enfouies jusqu'alors sous la gestion d'appareils d'Etat et de marchés, réapparaissent au grand jour. Les citoyen.ne.s sont incité.e.s à se réenraciner dans une culture plus profonde, dans des fondamentaux d'ordre anthropologique.
    Leurs « armes cordiales » sont les sciences humaines et sociales, les Lettres et arts, l'éducation scolaire et populaire, les médias, le tourisme.... L'objectif est celui d'une démocratisation culturelle et d'un développement durable, cosmopolite certes mais aussi davantage autocentré dans le cas des sphères dominées.
    L'avenir dira qui, des forces de régression nationalistes et xénophobes, et des forces de paix et d'inclusion, l'emportera durablement. Notre équipe fait le pari d'une évolution plus harmonieuse et apporte ses expertises et expériences à cet égard. Elle est constituée d'universitaires et de spécialistes des langues (linguistes) et des cultures (anthropologues), français et d'autres origines ou nationalités : arménienne, belge, brésilienne, italienne, ivoirienne, marocaine, suisse, togolaise, yéménite.
    A ces contributions individuelles, s'ajoutent deux contributions collectives, de la Délégation de la langue française et des langues de France/DGLFLF (Ministère de la Culture) et du Centre Culturel Arnaud Bernard de Toulouse.
    Pondérons le « refroidissement culturel » en même temps que le réchauffement climatique... au service d'une politique linguistique qui réponde aux attentes légitimes des peuples et des citoyen.nes.

  • Ce livre propose l'étude d'un florilège de chants emblématiques des régions situées au Sud de la Loire, entre autres du Languedoc, de Provence, du Limousin, d'Auvergne, de Gascogne, du Béarn... L'identité occitane qui fédère ces régions y est étudiée en relation avec d'autres cultures voisines, catalane, corse, basque... Par ailleurs, sont prises en compte les influences transfrontalières, les chants officiels des communautés autonomes et des provinces du Nord de l'Espagne, d'Andorre, du Piémont italien étant également commentés. L'ouvrage comporte les textes des chants dans leur langue d'origine, leur traduction en français ainsi qu'une analyse à caractère géo-historique, artistique et littéraire.

  • Commémoration internationale de l'oeuvre de Nelson Mandela à sa mort survenue en 2013, commémoration des trente ans de la Marche pour l'égalité et contre le racisme en France (de Marseille à Paris en 1983), meeting unitaire contre l'is- lamophobie à Saint-Denis (6 mars 2015), forum de Genevilliers contre les politiques de racialisation (mai 2015), marche pour la dignité (31 octobre 2015, Paris)... Ces mobilisations posent, sous une forme ou une autre, les termes du débat qui traverse la société française. Cette publication s'inscrit dans cette actualité, à la recherche des solutions à la crise poli- tique qu'elle manifeste.
    L'un des axes principaux du livre est la dénonciation de l'exacerbation des conflits armés dans un système néo-libéral en crise et, en l'absence de contrepoids suffisants, de l'accroissement des logiques de domination internationales et des iné- galités au niveau des relations inter-communautaires à l'intérieur des « métropoles » et pays. Ces phénomènes interna- tionaux et internes s'imbriquent pour faire des pays de l'Union Européenne une destination de migration de masse et de la France le pays le plus impliqué dans des opérations extérieures (OPEX). Une telle articulation permet de comprendre la conjoncture actuelle et son impact à l'avenir en France et dans les pays où l'interventionnisme des puissances occi- dentales est avéré. Depuis la chute du système dit communiste (1989) et les attentats djihadistes de Manhattan (2001), la thèse huntingtonienne du «choc des civilisations» menace de l'emporter. Il importe de ne pas en rester à une confronta- tion binaire entre Occident et Orient islamique et juif, il nous faut contribuer à reconfigurer les relations Nord-Sud sous un angle altermondialiste et multipolaire. Dans cette lecture géopolitique et stratégique, une dimension doit être réintro- duite, c'est celle de l'ONU. Cadre discrédité et même disqualifié par les grandes puissances, et qui devient incontournable dans la résolution des conflits et pour la préservation, au-delà de la gestion des cadres démocratiques, de ce minimum de vie sociale qu'est la paix civile.

  • Cet ouvrage collectif répond à une nécessité impérieuse, celle de mettre en lumière les relations tissées entre pays africains et Union européenne dans la dernière décennie. Dans ce secteur marginalisé, y compris dans la sphère altermondialiste, il s´agit de prendre la mesure des passifs occasionnés par des décennies de relations inégales, spécialement dans la zone francophone. Malgré les bouleversements qui ont mis à bas l´empire soviétique ou celui des USA en Amérique latine, ces relations restent régies par l´ordre néocolonial, sous l´égide d´une caste dictatoriale dite françafricaine"", selon la formule du regretté François Xavier Verschave.

  • Depuis une décennie, enseignant·es, publics, citoyen·nes, sont confronté·es à une avalanche de réformes à base économiste et technocratique, qui, à défaut de légitimité, sont souvent imposées par la force. Il devient urgent de résister à cette « culture de la violence » instituée sous différentes formes, ainsi qu'à la sélection sociale qui en est la motivation et qui conduit au sacrifice des nouvelles générations.
    À l'heure de la mondialisation, l'émergence d'un « capitalisme cognitif » discrimine les savoirs en fonction de leur degré de rentabilité,. La progression d'un nationalisme xénophobe entrave l'élaboration d'une culture commune. Cet ouvrage a été rédigé par une équipe interdisciplinaire et intersyndicale. Ses membres exercent dans diverses villes, Lille, Marseille, Nantes, Paris, Rennes, Toulouse. Ils sont universitaires, ou responsables dans l'enseignement, l'inspection, la protection des personnels.

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