Seuil

  • Dans cet essai, J-P Calvet revient sur la question fondamentale de la linguistique : comment se construit le sens dans un contexte donné ? Quel est le statut du signe ? Et, enfin, quelle est la dimension politique du signe ? Ultime problématique à laquelle Calvet répond dans les pages sans doute les plus originales et drôles de son essai. Il sagit tout dabord de montrer par une démarche pragmatique comment le sens se construit au fur et à mesure à travers des procédés cognitifs complexes. Calvet étudie ensuite la question des lapsus par le biais notamment dun corpus de citations tirées de la campagne présidentielle de 2007. Ce chapitre permet de confirmer son intuition initiale : le signifiant et le signifié sont parfaitement dissociables puisque, cest le principe même du lapsus, un mot traduit/trahit la pensée au lieu dun autre. Le linguiste prolonge sa réflexion sur linconscient dans la langue à travers un autre type de corpus, la chanson populaire française (Ferré, Brassens et Bernard Lavilliers). Enfin, il est question dans la dernière partie du livre, des métonymies et des synecdoques et de la construction de leur sens, mais aussi de certaines étymologies populaires (et fantaisistes : ou comment le signifié sinvente un sens et une histoire), ou encore de la schizophrénie langagière à travers létude dun cas de psychotique refusant de parler la langue de sa mère (le fameux Wolfson). Calvet conclut sur la dimension linéaire du signifiant, ce qui permet de corroborer sa thèse de la construction du sens comme « processus ».

    Louis-Jean Calvet est un linguiste français, né en 1942 en Tunisie. Dés ses premières publications (Linguistique et Colonialisme), il analyse les rapports entre le discours linguistique et le discours colonial sur les langues, puis les liens entre langue et pouvoir (La guerre des langues, 1987) et le rôle linguistique de la ville ( Les Voix de la ville, 1994). Il participe ainsi à la création d'une sociolinguistique française. Il est également journaliste.


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