Ecriture

  • En 1817 s´ouvre à Saint-Louis du Sénégal la première école en français. Jean Dard, l´instituteur qui en est responsable, fait le choix d´apprendre d´abord à écrire et lire aux élèves dans leur langue, le wolof. S´ensuivront de longs débats, parfois polémiques, sur la place des langues africaines dans l´enseignement et le type de pédagogie à appliquer.

    Près de deux siècles plus tard, les pays africains sont confrontés au même type de problèmes. Mais le français s´est en même temps « africanisé », il a pris des couleurs locales, tandis que certaines langues africaines s´imposaient comme langues véhiculaires et que d´autres étaient utilisées dans l´enseignement ou l´alphabétisation.

    C´est cette histoire que retrace Louis-Jean Calvet, s´appuyant aussi bien sur l´analyse de documents d´archives que sur des enquêtes de terrain, brossant le tableau d´une langue désormais partagée, en copropriété, et évoquant ses possibilités d´évolution.

  • Selon la Bible, il fut un temps où les humains, parlant une seule langue, entreprirent de construire une tour jusqu'aux cieux. Pour les punir de leur orgueil, Dieu sema la " confusion des langues " et les hommes, incapables de se comprendre, se dispersèrent. La langue adamique aurait donc été pulvérisée en une multitude de " confettis linguistiques " : 7 000 aujourd'hui à la surface du globe.
    De ce mythe découlent deux idées qui continuent de marquer notre vision des langues : que le plurilinguisme est une malédiction, et qu'il faut une langue commune pour mener à bien une entreprise commune. L'histoire politique des langues est liée à ces deux idées, les uns soulignant le fait que le droit à la langue, même locale et minoritaire, est imprescriptible, les autres invoquant un principe de réalité selon lequel les " grandes " langues sont incontournables.
    Cependant les " confettis de Babel " ne sont pas retombés chacun sur un territoire délimité. Les technologies de l'information et de la communication leur offrent de nouvelles possibilités de diffusion. C'est dans ce cadre qu'apparaît la notion de diversité linguistique et même d'écologie linguistique. Mais la diminution du nombre des langues met-elle en danger la survie de l'espèce humaine ?
    Qu'est-ce que la diversité linguistique ? Comment évalue-t-on le " poids " d'une langue ? Qu'est-ce qu'une langue menacée ? Peut-on parler de minorités audibles comme on parle de minorités visibles ? Toutes les langues doivent-elles être sauvegardées ? Quelles politiques linguistiques développe-t-on pour la défense de cette diversité ? Autant de questions ici abordées de façon approfondie.

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