Archipel

  • En 1817 s'ouvre à Saint-Louis du Sénégal la première école en français.
    Jean Dard, l'instituteur qui en est responsable, fait le choix d'apprendre d'abord à écrire et lire aux élèves dans leur langue, le wolof. S'ensuivront de longs débats, parfois polémiques, sur la place des langues africaines dans l'enseignement, le type de pédagogie à appliquer. Près de deux siècles plus tard les pays africains sont confrontés au même type de problème. Mais le français s'est en même temps « africanisé », il a pris des couleurs locales, tandis que certaines langues africaines s'imposaient en fonction de langues véhiculaires et que d'autres étaient utilisées dans l'enseignement ou l'alphabétisation.
    C'est cette histoire que retrace Louis-Jean Calvet, s'appuyant aussi bien sur l'analyse de documents d'archives que sur des enquêtes de terrain, brossant le tableau d'une langue désormais partagée, en copropriété, et évoquant les possibilités d'évolution.

  • On le savait peu, mais Moustaki (1934-2013) était le chanteur français le plus demandé à l'étranger. On le croyait à la retraite ou au soleil, alors qu'il n'arrêtait pas de chanter, du Japon au Canada, mais aussi de composer, d'enregistrer, de peindre et d'écrire.
    Moustaki, c'est " Milord ", dont Piaf fit un succès, " Sarah ", que Reggiani détaillait comme une saynète et, bien sûr, " Le Métèque " qui le rendit célèbre. C'est aussi " Ma liberté ", " Votre fille a vingt ans ", " Ma solitude ", " Il est trop tard "... des dizaines de chansons qui sont autant de standards.
    Louis-Jean Calvet est remonté aux origines, à cette ville d'Alexandrie où Moustaki est né, pour suivre les fils des influences, des amitiés, des rencontres : le cours d'une vie. Mais ce livre est plus qu'une biographie : il scrute l'oeuvre, les musiques, il fait parler les témoins (dont l'auteur), il est à l'écoute des hésitations, des choix de vie, des engagements...
    Calvet réserve ici la place qu'elle mérite à Yui Hamauzu, sa dernière compagne japonaise, qu'il a longuement interviewée, afin de raconter les " années de résilience " 2008-2013.

  • Ce dictionnaire couvre tout ce qui, à un titre ou à un autre, concerne la chanson française des cent dernières années : les chanteurs bien sûr (qui ont au moins 3 CD à leur actif), mais aussi les auteurs, les compositeurs, les maisons de disques, les lieux où l'on chante, les chansons enfin. Cette mise en perspective critique d'un siècle de chanson est un instrument de travail sans égal. En fin d'ouvrage figurent l'index des personnes, des oeuvres et des lieux cités.
    Ce livre paru initialement au Seuil en 1972 a reparu jusqu'en 1985 en Points Seuil.

  • Les chansons ont existé bien avant l'écriture. Certaines composent à la fois notre mémoire collective et un kaléidoscope de la mémoire affective de chacun.
    Dans cette histoire de la chanson francophone du Moyen-Âge à nos jours, Louis-Jean Calvet invente une cantologie, inaugurant ainsi une façon de parler de la chanson qui prend en compte toutes ses composantes - le texte, la voix, la mélodie, l'orchestration, la scène - afin de construire un véritable discours critique.
    Il y aborde plusieurs thématiques : la chanson enfantine et ses sens cachés, qui renoue avec la tradition orale des débuts ; la chanson politique et pamphlétaire qui prend son essor au XIXe siècle ; la censure et l'ingéniosité déployée par les chansonniers pour la contourner, l'arrivée du jazz en Europe dans les années 20, l'évolution des supports et l'influence des progrès techniques sur le format et la chanson elle-même, jusqu'au grand retour ces dernières années de la « nouvelle chanson française », phénomène qui dépasse nos frontières et atteint également le reste des pays francophones.
    Un ouvrage qui prend la forme d'un voyage au sein de notre mémoire, où les chansons sommeillent, témoins de temps révolus et pouvant parfois les ressusciter.

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