Lionel Fontagné

  • La feuille de paie et le caddie Nouv.

    Gain de pouvoir d'achat pour tous, perte de salaire pour certains: le commerce mondial redistribue les cartes sociales. Tout en profitant globalement à l'économie, il pénalise les citoyens français pour qui la baisse des prix à la consommation ne compense pas les effets négatifs sur la feuille de paye. Se profilent ainsi, d'un côté, les gagnants de la mondialisation, plutôt jeunes, éduqués, bien rémunérés et citadins, de l'autre, ceux dont les compétences professionnelles sont difficilement reconvertibles et qui vivent loin des grands bassins d'emploi diversifiés.Lionel Fontagné décrypte ces mécanismes, qui ne mettent pas tant en cause la mondialisation que l'incapacité des politiques publiques à en faire bénéficier les laissés-pour-compte.

  • La crise économique mondiale et l'effondrement du commerce international qu'elle a entrainé ont suggéré qu'une démondialisation était à l'oeuvre. Un retour généralisé au protectionnisme a été évité par les règles de l'OMC.
    En réalité le pôle de croissance de l'économie mondiale s'est déplacé vers l'Asie; l'architecture monétaire internationale remet en cause l'hégémonie du dollar; de nouveaux acteurs montent en puissance, comme les ONG, tandis que les décisions des grands groupes multinationaux ont un impact démultiplié.
    Par le passé il n'y a en effet pas eu une, mais plusieurs, vagues de mondialisations : avant la première guerre mondiale le " grand XIXe siècle " a été le cadre d'une mondialisation d'un type totalement différent de celle dont nous tournons probablement la page avec la crise contemporaine.
    Ce cahier du cercle vise à écrire la page suivante.

  • Alors que la France avait plutôt mieux résisté que la plupart des pays industrialisés à la montée en puissance de nouvelles concurrences, ses performances extérieures se sont dégradées depuis 2001.
    L'originalité du rapport de Patrick Artus et Lionel Fontagné tient à la couverture particulièrement complète des causes du décrochage récent des exportations françaises. Les auteurs explorent en premier lieu les approches traditionnelles et concluent à leur faible pouvoir explicatif : si les déterminants macroéconomiques traditionnels (demande adressée, compétitivité-prix) ont évidemment contribué à la mauvaise performance française à l'exportation, ils ne permettent pas de rendre compte de l'écart de performance entre la France et l'Allemagne ; de même les écarts de structures sectorielle et géographique des exportations n'expliquent qu'une part très faible des écarts de croissance à l'exportation entre la France et l'Allemagne.
    Les auteurs se livrent alors à une analyse axée sur les aspects microéconomiques. A partir, tout d'abord, d'analyses sur données sectorielles fines, ils identifient des sources d'asymétries importantes entre la France et l'Allemagne. Celles-ci concernent notamment la capacité des exportateurs à tirer parti des évolutions qui se produisent sur les marchés extérieurs : suite à une augmentation donnée de la demande, les exportations françaises augmentent au rythme de cette demande alors que celles de leurs concurrents allemands augmentent près de deux fois plus vite que la demande.
    La réactivité des exportateurs français apparaît ainsi particulièrement faible. Par ailleurs, le pouvoir de marché dont disposent les firmes françaises sur leurs marchés à l'exportation est lui aussi bien moindre que celui de leurs homologues allemandes. Ensuite, à partir d'analyses portant sur des données individuelles de firmes, les auteurs montrent que la variation des exportations dépend largement de la variation du nombre d'entreprises exportatrices.
    Ces dernières étant caractérisées par une taille plus grande et par une productivité plus forte que les autres entreprises, le rapport insiste sur la nécessité, pour dynamiser les exportations françaises et accroître la réactivité des firmes, de rendre les PME plus productives (diffusion de l'innovation, formation, investissement), plus grandes et plus flexibles.

empty