Larissa Zakharova

  • Comment Staline gouvernait-il l'immense territoire soviétique ? De quelle façon les personnes travaillant sur les grands chantiers industriels conservaient-elles des liens avec leurs proches, parfois situés à des milliers de kilomètres ? A quels moyens l'Etat avait-il recours pour garder ses ordres secrets ?
    Dans un pays qui s'étend sur une dizaine de milliers de kilomètres d'ouest en est et comporte onze fuseaux horaires, Larissa Zakharova nous explique de quelle manière les Soviétiques appréhendaient l'espace dans leurs communications au quotidien durant le XXe siècle soviétique.

  • Moscou, juin 1959.
    Les mannequins de la Maison Dior défilent au Palais des sports. Pendant ce temps, les Soviétiques ordinaires font la queue des heures durant devant les magasins et cherchent désespérément de quoi se vêtir. La mode a pourtant droit de cité au pays du socialisme. Des revues spécialisées existent, les nouvelles tendances lancées par les créateurs moscovites passent aux actualités cinématographiques, tandis que les zazous soviétiques arborent pantalons moulants, vestes bariolées et cravates lacets...
    L'univers de la mode reflète toutes les contradictions du Dégel et de la déstalinisation. Les tentatives pour "éduquer le goût" des Soviétiques, les efforts pour adapter la production vestimentaire à la demande, la timide ouverture de la société vers l'Occident cohabitent avec un système fortement hiérarchisé et centralisé. À partir d'archives inédites, Larissa Zakharova dresse un tableau passionnant de la vie quotidienne de millions de Soviétiques.
    Et montre que, dans une société qui se proclame égalitaire, la distinction sociale passe d'abord et surtout par la façon de s'habiller.

  • La mode ? Une dérive « bourgeoise », « baroque », « inutile », « qui passe d'un extrême àl'autre ». Le maquillage? Un « enfantillage occidental », un « travers ridicule et antisocial » opposéaux vrais principes du marxisme-léninisme. Tout comme le port de la cravate, « invention délétèrede l'impérialisme capitaliste », « monstruosité malséante ». Ainsi vont les sentences du Politburo àl'heure du stalinisme triomphant, qui vante le caractère « rationnel », « simple » et « fonctionnel »du style soviétique. A cet égard, l'arrivée de Khrouchtchev au pouvoir inaugure une petiterévolution.La mode retrouve droit de cité au pays du socialisme. Des revues dédiées voient le jour, des défiléssont organisés, les grands couturiers français sont invités à Moscou. L'ouverture, timide, de lasociété soviétique vers l'extérieur, la compétition entre les deux Blocs changent le paysage socialselon des modalités que rendent visibles les pratiques vestimentaires. Le système n'en reste pasmoins fortement hiérarchisé et centralisé, et le pouvoir méfiant à l'égard des modes étrangères.L'Etat-parti tient à contrôler et à réglementer toutes les sphères de la vie quotidienne, y comprisles pratiques vestimentaires.L'étude novatrice de Larissa Zakharova restitue le système complet de la mode soviétique à l'heure de la déstalinisation: conception, production, distribution, consommation d'articles vestimentaires, transferts en provenance de l'Occident, stratégies de contournements, ateliers de couture clandestins... Une somme passionnante qui explore la mode soviétique sous toutes ses coutures.

  • Cet ouvrage propose sur les rapports entre techniques et globalisation une vingtaine d'études originales qui portent sur le Brésil, le Cameroun, la Chine, les États-Unis, la France, le Japon et l'Union soviétique. Il s'intéresse au long XXe siècle où l'ordre colonial, les antagonismes politiques et la division du monde en deux blocs ont joué un rôle capital dans les interconnexions et les interdépendances régionales.

    Avec le soutien des laboratoires CERCEC (UMR 8083 EHESS/CNRS), SPHERE (UMR 7219 CNRS/université Paris Diderot), Identités Cultures Territoires (ICT EA 337 université Paris Diderot) et du Centre Alexandre-Koyré (UMR 8560 EHESS/CNRS/MNHN).

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