Jean-Yves Bonnefond

  • Définir la qualité du travail soulève la question de l'évaluation des critères retenus pour juger du produit fabriqué, du service rendu ou du soin prodigué et des activités pour y parvenir.
    La qualité est celle prescrite par les directions, mesurée, contrôlée et régulée par le management au moyen d'indicateurs de gestion. Mais on sait également combien cette évaluation peut varier selon les points de vue des clients/usagers/patients, des professionnels de première ligne, des différents métiers et niveaux hiérarchiques, de la direction, de la gestion financière, des organisations syndicales, ou encore des citoyens, de l'empreinte écologique, de la santé publique...
    L'auteur rend compte de la genèse et du développement d'un dispositif de dialogue sur la qualité du travail entre pairs, ligne hiérarchique, direction jusqu'au dialogue social dans l'usine de Renault Flins. Ce dispositif a été à l'origine d'innovations durables et généralisables (référents-métiers élus par les ouvriers, instance tripartite de « coopération conflictuelle » entre eux, la direction et organisations syndicales...) qui montrent qu'en agissant sur la qualité du travail, il est possible d'améliorer la santé des ouvriers, leur efficacité et les relations au sein de l'entreprise.

  • Réhabiliter le conflit pour améliorer la qualité du travail. La proposition n'est contradictoire qu'en apparence. Yves Clot et ses collègues montrent, à partir de l'action, comment le conflit autour de la qualité du travail peut devenir une méthode de coopération dans les organisations : c'est à ce prix que le travail bien fait est possible. À ce prix aussi qu'une écologie du travail devient crédible.
    On peut rendre sa souveraineté au travail contre tout ce qui mine la fierté de l'acte professionnel en l'écartant de la boucle de décision. Ce livre explique comment s'y essayer en instituant la coopération conflictuelle, entre salariés comme entre ces derniers et leur hiérarchie. C'est la qualité du travail qui rassemble. Dans un monde saturé de conflits, le conflit de critères autour de la qualité du travail n'a pourtant pas droit de cité, laissant le travail « ni fait ni à faire » nous abîmer et abîmer la planète.
    Yves Clot et ses collègues, en s'appuyant sur le récit de trois longues expériences de travail collectif, dans un EHPAD, dans le service de la propreté d'une grande ville et dans une usine automobile, regardent ce conflit en face. Au passage, ce sont les frontières entre dirigeants et dirigés qui se trouvent redessinées.

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