Jean Baumgarten

  • Le Livre de Coutumes de Shimon Guenzburg, paru à Venise en 1593 et traduit par Jean Baumgarten (Des coutumes qui font vivre, L'éclat, 2021) a révélé un personnage haut en couleur qui contribua, grâce au livre, à ce que le judaïsme survive à l'exil et aux persécutions. Qu'est-ce qui fait qu'au moment du plus grand danger des individus se consacrent à coucher sur le papier les us et les coutumes d'une communauté qui risque de disparaître ? On ne sait presque rien de ce Shimon Guenzburg, mais son action est d'importance.
    Comment la raconter ? L'imaginaire vient alors supplanter l'Histoire, comme "la coutume efface la Loi". Sous la forme d'une correspondance entre l'éditeur typographe et la jeune vénitienne, Tirzah Adelkind, bien curieuse de son monde et de son temps, Patricia Farazzi et Jean Baumgarten font revivre ce qu'a pu être cette amitié par les livres dans le ghetto de Venise au XVIe siècle.

  • Connu comme le fondateur du hassidisme, celui qu'on surnomme le Baal Shem Tov, le « maître du Bon Nom », ne cesse de fasciner. Qui était-il : un mystique détenteur de secrets ? Un réformateur religieux venu valoriser la foi simple des humbles contre l'érudition talmudique ? Un annonciateur du messie ? Un guérisseur, voire un chamane pratiquant la transe, inspiré par des traditions préchrétiennes des Carpates ? A-t-il seulement fondé un nouveau mouvement, ou la légende a-t-elle dépassé l'histoire ?
    Jean Baumgarten, sans doute le plus éminent spécialiste français du hassidisme, nous invite à le suivre dans sa recherche du « vrai » Baal Shem Tov. À la fois portrait spirituel et plongée dans la sociologie religieuse des Juifs polonais du milieu du xviiie siècle, cet ouvrage nous livre la synthèse des travaux les plus récents sur cette figure majeure dont se réclament les « amis de Dieu » bien au-delà du monde juif.

  • À partir d'une phrase du Talmud qui évoque la possibilité que le Messie vienne plus tôt que prévu, plusieurs légendes ont circulé à propos de personnages voulant accélérer sa venue par toutes sortes de formules magiques et autres procédés ésotériques. Parmi elles, celle de Yosef della Reina, cabaliste espagnol du 15e siècle, qui combattra avec le démon réincarné sous la forme d'un chien féroce, a connu de nombreuses versions, que ce soit en hébreu (17e siècle), en yiddish (18e) ou au 20e siècle dans un texte d'Agnon. Jean Baumgarten a traduit ici trois récits et analyse cette légende à la lumière des mouvements messianiques où l'idée d'accélération est apparentée à celle plus connue de "réparation" du monde, le "tikkun", dont la première action consiste à terrasser le "côté obscur".

  • Le corps humain fut longtemps considéré comme un objet d'étude secondaire. Or les textes de la tradition juive comprennent un ensemble impressionnant de références portant sur les réalités somatiques qui, toutes, nous montrent que l'être humain est un monde en miniature.
    L'ouvrage foisonnant de Jean Baumgarten, en s'appuyant sur l'analyse de sources juives mises en regard avec des textes issus d'autres traditions religieuses et philosophiques, montre comment les discours juifs sur le corps se sont formés, développés et transformés, depuis la Bible jusqu'au XVIII e siècle. Leur étude donne accès aux valeurs, aux codes culturels, et éclaire tout particulièrement les controverses entre les différents courants religieux qui particularisent le judaïsme.
    En marge des conceptions sur la prééminence de l'âme, cette synthèse inédite des représentations du corps humain nous permet d'accéder à la compréhension des catégories légales, des principes philosophiques, des normes morales et des idées mystiques propres à la religion et à la culture juives.

  • Se basant sur la crise économique mondiale de 2007, qui a débuté aux Etats-Unis, l'auteur nous explique qu'elle ne constitue qu'un début. La crise actuelle est étudiée en comparaison avec celle de 1929, jugée de moindre ampleur. Le programme d'un candidat de la "vraie" gauche pour les élections de 2012 est présenté en conclusion.

  • Le Peuple des livres est la première somme en langue française sur l'histoire des imprimeries juives et du livre en langue yiddish dans la société ashkénaze en Europe, à l'époque prémoderne.
    Cette étude pionnière analyse la mutation culturelle qu'entraîna la dissémination de l'imprimé dans la société ashkénaze. L'ouvrage propose une description des traits caractéristiques des éditions populaires juives (pages de titre, préfaces, colophons, mises en page, typographie, etc.). et analyse le fonctionnement des ateliers d'imprimeurs juifs et chrétiens qui éditaient des livres en yiddish. Il retrace les parcours des principaux protagonistes de l'histoire du livre populaire juif, depuis ceux qui finançaient les livres, les auteurs, les éditeurs, jusqu'aux imprimeurs, correcteurs, libraires et colporteurs.
    Une partie de l'ouvrage est centrée sur l'économie du livre populaire, notamment sur les stratégies commerciales des imprimeurs juifs et les réseaux de distribution entre l'Italie du nord - Venise, Mantoue et Ferrare -, Bâle, l'Allemagne - Francfort -, Amsterdam, l'Europe centrale et orientale - en particulier Prague, Lublin et Cracovie.
    Cette étude porte enfin sur les pratiques de lecture et sur les conséquences culturelles, religieuses et sociales de la diffusion du livre parmi des couches moyennes de la société juive. Elle montre que les livres populaires en yiddish favorisèrent la diffusion des textes fondamentaux de la tradition juive, la conservation de l'identité juive, qu'ils accompagnèrent les grandes mutations de la société juive, en même temps qu'ils préparèrent l'entrée des juifs dans la modernité.

  • Janvier 1999.
    B prend un train de banlieue avec un billet de seconde. Surviennent trois contrôleurs : il est dans un wagon de première. Les choses se gâtent et B est conduit en prison. " Je suis tombé, j'ai dégringolé, me voilà au trou, dans les caves malodorantes de cette société française pourrie. Et surgit en moi une scène de 1952. J'avais vingt ans et je faisais partie du Mouvement Révolutionnaire de la Jeunesse, nous collions un soir des affiches pour la libération de Messali Hadj...
    " Dans son sommeil agité se mêlent les souvenirs de l'occupation - l'étoile jaune, la ligne de démarcation, les trains déjà -, ceux de l'après-guerre... Et sur son banc, sous sa couverture trouée, B en arrive à l'actualité politique du moment. Ce récit, écrit Sophie Wahnich, est comme un radeau, une tentative douce-amère utilisant le passé pour s'évader avec humour d'un présent trop faiblement politique.

  • Le hassidisme reste peu connu et, s'il est évoqué, c'est surtout en relation avec les questionnements actuels sur l'identité juive moderne ou les mutations de la société israélienne. Tantôt il sert de repoussoir, sorte de survivance archaïque d'un monde disparu ou témoignage de la reviviscence du fondamentalisme religieux. Tantôt il est valorisé comme porteur de réponses à la crise du judaïsme contemporain. Toutes ces opinions, la plupart du temps hâtives, occultent la réalité sociale du hassidisme, son histoire et son évolution depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours. Comment est né ce mouvement piétiste et comment s'est-il diffusé dans l'Europe centrale et orientale, au point de devenir une des forces vives de l'ultra-orthodoxie ? Quels sont les fondements mystiques de la société hassidique et sur quel modèle économique fonctionne-t-elle ? Qu'est ce qu'une cour hassidique ? Quel rôle jouent les coutumes religieuses et les pratiques rituelles dans l'histoire sociale des dynasties oe
    L'étude du hassidisme est actuellement un domaine vivant des études juives et de l'histoire des religions. Or, il n'existe, en français, aucune synthèse récente concernant ce mouvement mystique, envisagé non plus seulement dans la perspective de l'histoire des doctrines religieuses, mais analysé dans ses dimensions théo-politiques. La principale originalité de cette étude tient à ce qu'elle ne sépare pas la doctrine et les usages, mais montre l'unité qui existe entre l'expérience mystique, la doctrine spéculative et les pratiques rituelles. Le hassidisme doit être envisagé en tant que totalité, dans laquelle les modes de vie, l'organisation sociale et le système de pensée sont étroitement imbriqués. La méthode utilisée par Jean Baumgarten, à la fois fondée sur l'étude des sources historiques, la littérature hassidique dans ses composantes les plus diverses et la démarche anthropologique, permet d'avoir un aperçu le plus large possible de ce mouvement.

  • Recits hagiographiques juifs

    Jean Baumgarten

    • Cerf
    • 28 November 2001

    Depuis la Bible jusqu'à l'époque contemporaine, la littérature juive comprend un vaste ensemble de récits retraçant la vie exemplaire et les actions miraculeuses de saints, de justes, d'hommes pieux ou de martyrs ; à chaque époque de l'histoire émergent des figures saintes représentatives des multiples aspects de la société.
    Récits hagiographiques juifs retrace l'histoire de ces légendes au sein de la culture ashkénaze et insiste sur les conditions d'émergence, l'évolution, les formes et les contenus des différentes traditions. Apparaît ainsi une multitude de matrices narratives qui seront reprises et transformées au cours des siècles selon les contextes sociaux ou religieux. La mise en lumière de ces récits permet d'élaborer une typologie des figures saintes propres à la tradition juive et de dégager les fonctions de ces recueils : usages religieux, didactiques, moraux ou politiques.
    Sont étudiés ici principalement des exempla (récits édifiants, personnages modèles) concernant les rabbins médiévaux, les louanges de rabbi Isaac Luria, des kabbalistes de Safed, ou d'Israël Baal Shem Tov, fondateur du hassidisme. Ces recueils de légendes auront une influence déterminante sur les récits hagiographiques des époques postérieures, entre autres les contes sur les tsaddikim, les rebbes hassidiques ou les histoires relatant la vie de rabbins, de sages, de savants tel le Gaon de Vilna.
    Récits hagiographiques juifs est la première synthèse en langue française concernant cette tradition.

  • Allergie francaise

    Jean Baumgarten

    Un jeune appelé, Eugène, rejoint le continent et est envoyé en Algérie (en " Bougnoulie "). Et là commencent à se dérouler, sur le fonds raciste de l'époque, une série d'épisodes intéressants : un lieutenant français (un " Mac ") est exécuté par ses hommes qui découvrent brusquement qu'ils possèdent un vrai pouvoir, celui d'aller par les moyens les plus rapides vers la paix malgré le pouvoir militaire, politique, ou celui des colons.

  • Langue vernaculaire des Juifs ashkénazes, le yiddish, composé d'hébreu et d'araméen, de langues romanes, slaves et de moyen haut allemand, a été parlé depuis les bords du Rhin jusqu'au Birobidjan et a accompagné les migrations des Juifs sur trois continents.
    Facteur de transmission de la tradition juive pour les uns, "jargon" ou langue révolutionnaire à la fin du XIXe siècle pour les autres, le yiddish a su devenir le vecteur d'une riche littérature.
    Les locuteurs du yiddish ont été les plus frappés par la Shoah, mais leurs descendants entretiennent la flamme de la langue et l'université découvre en lui un phénomène linguistique unique.
    Jean Baumgarten, directeur de recherche au CNRS, a consacré de nombreuses études à la littérature yiddish ancienne et à la société ashkénaze.

  • La traduction du Livre des Coutumes de Shimon Guenzburg nous fait découvrir un personnage riche en couleurs et qui a fait partie des ces individus qui, contre vents et marées, a permis que survive grâce au livre un judaïsme en proie à l'exil et aux persécutions et une langue: le yiddish. Qu'est-ce qui fait qu'en temps de crise, des individus se consacrent à coucher sur le papier les coutumes d'une communauté qui risque de disparaître? On sait peu de choses de ce Guenzburg, mais son action est d'importance. Comment la raconter? Sous la forme d'un échange imaginaire de lettres entre lui et une jeune fille vénitienne curieuse et facétieuse, Baumgarten et Farazzi ont voulu en écrire une vie imaginée et décrire ce qu'a pu être l'effervescence de l'imprimerie en hébreu à Venise au XVIe siècle.

    Patricia Farazzi est l'auteur de plusieurs livres aux Editions de l'éclat, qu'elle a contribué à fonder. Elle a publié récemment deux ouvrages en forme épistolaire (comme cette vie imaginée de Shimon Guenzburg): Bandes passantes (2019) avec Raphael Valensi; Lettres du chemin de pierre (2020) avec Michel ValensiJean Baumgarten (CNRS) est spécialiste du monde juif ashkénaze et du hassidisme et signe ici un premier texte de fiction qui accompagne son livre Des coutumes qui font vivre.

  • Dans la société juive, les coutumes (Minhagim) jouent un rôle majeur. Elles sont le résultat d'un processus de sédimentation de rituels et de discussions rabbiniques accumulées au fil du temps. Il arrive même, selon le Talmud, que "la coutume efface la loi" dans le registre des pratiques régissant la vie de la communauté, au point de devenir la règle qui fait autorité pour l'individu et pour la collectivité.
    De nombreux Livres de coutumes (Sifrei ha-Minhagim) furent rédigés entre le XIVe et le XVIIe siècle à l'époque où l'imprimerie se développait en Europe. Le livre de Shimon Guenzburg, qui parut à Venise en 1593, a la particularité d'avoir été écrit en langue yiddish et témoigne de ce que fut le monde ashkénaze en cette fm du XVIe siècle. Mais quel est le rôle religieux et social du livre de coutumes ? Qui en sont les auteurs ? Que transmettent-ils de la vie des juifs en butte à la persécution et à l'exode ? Notre édition, composée d'une longue introduction sur l'histoire de cette tradition littéraire, sur cet auteur et son livre en particulier, en propose une traduction annotée qui insiste sur la dimension populaire des créations en yiddish.
    Elle explore, dans les moindres détails, ce que fut la vie juive des communautés ashkénazes, qui durent fuir leur pays d'origine pour trouver refuge en Italie. Tel fut le cas de Shimon Ha-Levi Guenzburg, originaire d'Allemagne, qui contribua à l'essor de l'imprimerie de livres juifs à Venise et dans sa région.

  • Voici un livre qui, sans conteste, deviendra de référence. Écrit par d'éminents spécialistes, il donne à voir et à comprendre l'histoire du judaïsme et du peuple juif. Les origines, les évolutions, les constances ou les ruptures, mais surtout, parce qu'il s'agit de l'histoire d'une nation qui fut longtemps sans Etat, ni territoire géographique, parlant une grande diversité de langues et s'exprimant à travers des traditions très différentes, l'histoire de ses singularités : les cultures, la religion, la production intellectuelle, les institutions sociales, la force de ses symboles et de son imaginaire. Ainsi que l'illustrent les chapitres qui constituent le livre : Le monde de la Torah, les origines du midrash, les quatre coudées de la loi (Halakhah), l'interprétation talmudique, la philosophie dans la tradition, l'histoire de la kabbale, les origines du hassidisme, la liturgie dans la vie juive, les nations au miroir d'Israël, les dissidences, les naissances du judaïsme séfarade et ashkénaze, l'histoire des communautés et des institutions sociales, l'essor des modernités juives, le sionisme face au judaïsme , le judaïsme au présent.

    Il est frappant de constater que, si l'histoire du peuple juif est pour une bonne par-tie celle d'un exil politique, elle est aussi celle d'un exil existentiel : comment réconcilier le ciel et la terre, l'idéal qui s'exprime dans les livres et le réel souvent tragique. Mais égale-ment combien " la conception lacrymale de l'histoire juive " affleure à peine : si le ghetto et les persécutions marquent le quotidien des juifs, la " vraie vie " est bien davantage en-tre les lignes du Talmud, du Midrash ou de la kabbale.

    Le volume, en retour, déconstruit l'idée selon laquelle l'histoire juive serait une non-histoire, une vie hors du temps, suspendue à une attente passive : au contraire, les facettes de la vie de l'esprit juif s'exprime sur le mode d'une authentique progression his-torique et se réinvente constamment.

    Au moment où le peuple juif et l'histoire du judaïsme ont donné lieu à des ouvrages contestables et souvent lacunaires, ce livre, par sa grande érudition, sa hauteur de vue, arrive à point nommé. Rappelons que ce sont d'éminents spécialistes issus des plus presti-gieuses institutions et universités (Columbia, Yale, Jérusalem, Ehess, Cnrs..) qui l'ont conçu et rédigé.

  • Les « traditions populaires juives » constituaient pour les tenants de la science du judaïsme (Wissenschaft des Judentums) un domaine marginal en comparaison des études historiographiques, philosophiques et littéraires juives érudites. Les savants allemands entreprirent néanmoins un vaste travail de collecte, d'analyse et de réflexion théorique autour du folklore juif qui contribua à jeter les bases de la discipline. Du XIXe siècle jusqu'à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, rabbins, folkloristes amateurs, artistes, collectionneurs et érudits nouèrent ainsi, autour d'enquêtes, de questionnaires, d'inventaires, d'éditions critiques et de l'analyse des sources, de nombreux contacts scientifiques à travers l'Europe, de Paris à Berlin, de Vienne à Budapest...
    Cet ouvrage éclaire cette histoire, trop peu étudiée, du folklore juif à travers les études ethnographiques, les collections privées, la création de musées, les oeuvres littéraires dans le cadre de la naissance des « littératures nationales » et des combats identitaires.

  • L'Abrégé de grammaire hébraïque de Baruch Spinoza (le Compendium grammatices linguae hebraeae) parut en 1677 à Amsterdam dans l'édition latine de ses oeuvres posthumes. Il avait été rédigé à la demande de ses amis qui s'intéressaient à l'étude de l'hébreu et connaissaient ses compétences en la matière. L'intention explicite de Spinoza dans cet ouvrage avait été d'expliquer la grammaire hébraïque « selon la méthode géométrique » et d'écrire une grammaire d'une langue vivante plutôt que celle de la langue biblique. De toutes ses oeuvres, celle-ci, inachevée, est la moins connue et étudiée, et fut longtemps considérée comme un texte marginal.
    Les contributions publiées dans le présent ouvrage tendent à resituer le Compendium dans le contexte culturel, linguistique, religieux et intellectuel de l'Europe du xviie siècle. Elles visent à en éclairer les sources, à analyser la méthode élaborée par Spinoza dans sa grammaire, à mettre en rapport ses idées linguistiques avec les principes de sa philosophie, en particulier celles du Traité théologico-politique.
    Ainsi l'Abrégé pourrait-il être reconsidéré comme une création originale et essentielle au sein du corpus spinoziste.

  • Le Conte des sept mendiants de Nahman de Bratslav (1775-1810) fut lu et admiré par, entre autres, Franz Kafka, Martin Buber ou Shmuel Yosef Agnon. Comme le veut la tradition des contes populaires juifs d'Europe orientale, il a été, en 1810, dit en yiddish lors d'un repas du Shabbat par son auteur. Il a ensuite été transcrit en hébreu et en yiddish et a abondamment circulé au point de devenir un des textes classiques de la littérature juive.

    L'originalité de cette édition est de présenter une nouvelle traduction du yiddish, à partir d'une des premières versions du Conte. Les peintures et dessins de Sandra Zemor, qui a su remarquablement transcrire l'univers spirituel de Nahman de Bratslav, lui font écho. Les correspondances entre les thèmes fondamentaux de la tradition juive, de la Kabbale lourianique entre autres et de leurs résonances contemporaines dévoilent ici plus que la légende. Loin d'être uniquement une histoire juive des temps anciens, le récit et son accompagnement pictural doivent être abordés comme une méditation pour le peuple juif de notre temps et pour l'humanité.

  • La Métaphysique de Baumgarten a été le livre de référence de Kant durant les quelque quarante années de son enseignement consacré à ce thème. Cet ouvrage a même inspiré, dans la Logique transcendantale, le plan de composition de la Critique de la raison pure. La Métaphysique de Baumgarten fut aussi le plus célèbre manuel de métaphysique en Allemagne au XVIIIe siècle. On peut y voir en quelque sorte le testament de la Schulmetaphysik, avant sa grande remise en question dans la Critique de la raison pure, et le document emblématique de ce qu'on a appelé la philosophie leibnizo-wolffienne, dont Baumgarten fut peut-être le seul véritable représentant, à tout le moins le représentant le plus illustre.

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