Jacqueline Lalouette

  • Les statues des " grands hommes " sont aujourd'hui au coeur de l'actualité, tant en France qu'aux Etats-Unis ou en Angleterre, par le débat qu'elles soulèvent. La vandalisation de plusieurs dizaines d'entre elles interroge, parfois électrise, nombre de Français. C'est bien la mémoire des peuples qui est en cause, et la perception qu'ils se font de leur pays. Pour mieux comprendre la réalité française, où la question de l'esclavage n'est pas celle de la colonisation, Jacqueline Lalouette, qui travaille depuis 20 ans sur le peuple de statues en France, fait le tour de la question dans cette essai court mais incisif.
    L'objet n'est pas de polémiquer sur des concepts creux, mais bien de donner une réponse historique. Sans juger des motivations et intérêts des différents acteurs, l'auteure donne les clés de compréhension de ce débat passionnant, et passionné, en lui-même révélateur des oppositions mémorielles qui traversent la France. En trois parties, où les hommes et les statues qui les incarnent sont au coeur de la narration, Jacqueline Lalouette s'intéresse ainsi à la question de la mémoire de l'esclavage, puis de la colonisation, en l'inscrivant dans une histoire plus longue que les 5 dernières années.

  • L'anticléricalisme désigne l'ensemble des manifestations, actes ou discours, qui s'opposent à l'ingérence du clergé dans les affaires publiques, à l'immixtion du spirituel dans le temporel.
    Comme tous les mots en « -isme », il semble désigner un projet politique cohérent, une attitude idéologique, un système de pensée homogène. Au cours de l'histoire pourtant, il a revêtu des formes multiples et variées, le plus connu étant l'anticléricalisme laïque qui a battu son plein sous la IIIe République et qui donnera naissance à la loi de séparation des Églises et de l'État (1905).
    Caricatures médiévales, critiques protestantes, antijésuitisme, bouffeurs de curés... Il y a bien des manières d'être anticlérical. Mais s'opposer aux clercs, est-ce s'opposer à la religion ? L'anticléricalisme est-il consubstantiel aux sociétés catholiques ? En existe-t-il un pour chaque religion ? Jacqueline Lalouette revient sur un phénomène universel, aux accents souvent bien français, qui en dit long sur la sécularisation des sociétés modernes. Mais jusqu'à quand ?

  • Si, dans notre esprit, 14 Juillet rime avec défilé militaire et bals des pompiers, et 1e Mai avec manifestations et brin de muguet, que savons-nous véritablement des onze jours fériés qui rythment l'année ? Plus précisément, dans quel but ont-ils été institués et de quel sens sont-ils porteurs, y compris de nos jours ? Loin d'être anodine, la question des jours fériés a toujours fait naître de nombreux débats, en témoigne la récente polémique sur le lundi de Pentecôte, de même que les vives réactions que suscite régulièrement toute remise en question d'une de ces fêtes.
    Alors que certains s'interrogent sur la légitimité de maintenir ces journées chômées en temps de crise, d'autres sont favorables à la suppression des fêtes religieuses dans une société largement laïcisée. Et tandis que le nombre des anciens combattants des deux guerres mondiales ne cesse de diminuer, nous sommes invités à repenser notre rapport à la mémoire et à l'histoire, notamment à propos des commémorations du 8 mai et du 11 novembre.
    Jours fériés, mais fêtes également, ils ont été conçus pour ménager un temps de répit dans la vie quotidienne et sont souvent l'occasion de jeux et de divertissements. Plus encore, c'est la notion de vivre ensemble et d'adhésion à la République qui est chaque fois mobilisée. De leur lente élaboration aux pratiques festives actuelles, en passant par des fêtes aujourd'hui révolues, telle la Saint-Napoléon, Jacqueline Lalouette relate deux siècles d'histoire de jours de fêtes, nous donnant à voir la société française sous un autre jour.

  • Dans des milliers de communes françaises, métropolitaines et ultramarines, se dressent des monuments de « grands hommes », statues, bustes, reliefs, érigés en hommage à des hommes et des femmes, des hommes très majoritairement, s'étant illustrés sur les champs de bataille, ayant exercé de hautes fonctions politiques ou laissé une importante oeuvre littéraire, scientifique, artistique. Intégrés au paysage quotidien des Français, ces monuments répondant à des visées idéologiques et politiques ainsi qu'à une certaine esthétique - bien décriée de nos jours - offrent un outil d'analyse des différents régimes politiques qui les ont élevés et traduisent l'évolution de la notion de grand homme : les régimes qui se sont succédé dans la France du XIXe siècle n'ont pas honoré les mêmes grands hommes, la notion de « grand homme » recouvrant d'ailleurs des types de personnages de plus en plus variés, allant du roi au chanteur populaire.

    A partir d'un ensemble de 3 856 statues, l'ouvrage étudie l'évolution chronologique des inaugurations et en suit les phases : croissance ininterrompue jusqu'en 1914, stagnation durant l'entre deux guerres, hécatombe due à la campagne de « mobilisation des métaux non ferreux » lancée par Vichy en 1941, déclin des années 1970-1990 suivi d'une nette reprise dont les effets se font encore sentir.

  • Gambetta ayant lancé sa célèbre formule - " Le cléricalisme ? Voilà l'ennemi ! " -, la Troisième République prend un ensemble de mesures législatives et réglementaires qui touchent de nombreux domaines de la vie publique et confèrent à l'Etat, à ses administrations et à ses services une orientation durable.
    A cet anticléricalisme institutionnel s'ajoutent deux autres formes d'anticléricalisme, dont des journaux comme L'Anti-Clérical, La République anti-cléricale, Les Corbeaux ou La Calotte se font une spécialité ; l'une est dirigée contre les membres du clergé, l'autre - qui confine parfois à l'irréligion - contre la Bible, les dogmes, les croyances et les pratiques de piété. Cet ouvrage aborde ces différents points.
    On y trouvera successivement des études consacrées à des parcours individuels, à divers thèmes de prédilection de l'anticléricalisme, à la science et à quelques " sciences de combat ", qui apparaissent ou se développent durant le XIXe siècle. Une dernière partie propose un lexique anticlérical et libre penseur, jusque-là inédit, et deux études consacrées à des armes particulièrement efficaces, la chanson et la caricature.

  • Jean Jaurès

    Jacqueline Lalouette

    • Perrin
    • 30 April 2014

    Le 31 juillet 1914, le député socialiste du Tarn Jean Jaurès, 55 ans, directeur de l'Humanité, tombait sous les balles de Raoul Villain, 29 ans, au Café du Croissant. Trois jours plus tard, commençait la Grande guerre. Le 29 mars 1919, après presque cinq ans d'incarcération, le meurtrier était acquitté comme ayant agi en état de démence. L'émotion fut presque aussi énorme qu'au moment de l'assassinat. Qui était au juste Villain, lui-même mort de coups de fusil à Ibiza en 1936 ? Et comment la légende jaurésienne se construisit-elle, dès avant le transfert au Panthéon en 1924 ?
    Sur la mort, le procès, l'apothéose d'un des plus illustres de nos grands hommes, dont la mémoire est glorifiée par l'ensemble de la nation, et aussi à l'étranger, J. Lalouette, au prix d'immenses lectures et suivant des pistes parfois inattendues, apporte des informations et des éclairages décisifs et surprenants.

  • Caricaturée, la libre pensée pouvait-elle devenir un objet historique ? Etait-il possible de dégager les réels enjeux politiques de son histoire, longue d'un siècle ? Jacqueline Lalouette, professeur d'Histoire contemporaine à l'Université de Paris XIII, a comblé un vide historiographique en étudiant d'une des composantes, et non la moins active, de cet esprit républicain qui est aujourd'hui un objet d'histoire reconnu.
    Apparues en 1848, les sociétés de libre pensée trouveront leur âge d'or sous la IIIe République et exerceront une grande influence politique. Les libres penseurs, liés à la franc-maçonnerie et aux courants de gauche et d'extrême gauche, partisans du progrès, ont combattu les religions révélées, milité pour la laïcisation de l'espace public, de la conscience et de la vie privée de leurs concitoyens, au point d'inventer de nouveaux rituels et une nouvelle sacralité.
    Les libres penseurs n'ont pas été ces " bouffeurs dé curé " souvent stigmatisés. La laïcité fut pour eux la condition requise pour une véritable " révolution culturelle ", voire sociale. Leur désir utopique de bâtir une nouvelle " cité terrestre " mérite d'être examiné au-delà des outrances et langage qui ont parfois accompagné leur discours.

  • Cette loi sur la séparation des Eglises et de l'Etat met fin à un régime des cultes qui était en vigueur en France depuis plus de 100 ans ; elle met en jeu les questions de la neutralité de l'Etat, de la liberté de conscience et de la liberté des cultes mais aussi les questions de l'athéisme, du catholicisme comme religion d'Etat, d'une morale laïque indépendante de toute religion, des rapports entre le gouvernement français, et les religions minoritaires. Cette loi trouve sa source dans une philosophie spécifique de l'Homme et de la société que l'auteur analyse depuis ses premières expressions durant la
    période révolutionnaire jusqu'à l'acceptation d'une loi de séparation. L'introduction propose même d'examiner les développements les plus récents, à l'occasion de polémiques sur le port du voile notamment.

  • La loi du 9 décembre 1905 prend tout son sens par rapport au régime des cultes antérieur, qui distinguait entre cultes reconnus et non reconnus.
    Les premiers étaient réglés par le concordat conclu avec l'église catholique et par des textes relatifs aux cultes protestants et israélite. les seconds dépendaient du régime des libertés publiques, très rigoureux pendant une grande partie du xixe siècle. les républicains conservèrent tout d'abord le concordat pour contrôler l'église. les suites de l'affaire dreyfus et des problèmes diplomatiques amenèrent la rupture entre paris et le saint-siège, qui fut suivie de la loi de séparation, votée dans un climat anticlérical et transformée par la suite à diverses reprises.
    Le 29 juillet 2005, le journal officiel a publié une " version consolidée " de la loi de séparation des églises et de l'état dans laquelle sont mentionnées toutes les transformations intervenues entre 1907 et 2005. ce livre éclaire une question à nouveau d'actualité, celle de la relation entre l'état et les différents cultes.

  • La Bible express illustrée est la reproduction à l'identique d'un manuscrit inédit, rédigé en 1896 par un auteur, Gabriel. Elle appartient au genre de la Bible parodique, qui fut en vogue dans les milieux anticléricaux de la IIIème République.
    Calligraphié et illustré, le manuscrit de Gabriel offre 16 planches pleine page, de nombreuses aquarelles évoquant des oeuvres célèbres (Rouget de l'Isle chantant la Marseillaise par Isidore Pils)
    et de nombreux dessins rappelant ceux du journal Le Rire ou du célèbre Colomb, père du sapeur Camember et du savant Cosinus.
    Irrévérencieux, le texte de Gabriel est plein de drôlerie avec ses saillies, ses anachronismes (références à Gambetta, au général Boulanger ; plongées dans le monde du music'hall et du french
    cancan) et ses parodies (détournement du songe d'Athalie de Racine). Les différents chapitres se rapportent aux personnages ou aux événements les plus connus de l'Ancien Testament (création du monde, déluge, Jonas dans le ventre de la baleine, Judith et
    Holopherne, etc.). Le Nouveau Testament y occupe une moindre place. L'ensemble de l'ouvrage est précédé d'une introduction de Jacqueline Lalouette et suivi d'un appareil critique permettant au lecteur de saisir toutes les allusions historiques et renvoyant, si
    nécessaire, au texte biblique.

  • Dans un style très vif, le récit le plus précis jamais reconstitué d'un événement qui accéléra prodigieusement le cours de l'histoire et plaça sa victime au Panthéon des grands hommes, où il se trouve toujours. A l'appui d'un centenaire qui sera copieuse

  • Professeur d'histoire contemporaine à Aix-en-Provence puis à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et au Collège de France, Maurice Agulhon (1926-2014) est l'un des historiens majeurs du second XXe siècle. Il a non seulement renouvelé l'histoire de la France contemporaine dans une triple dimension politique, sociale et symbolique et a ouvert de nouvelles pistes aux historiographies d'autres pays, mais il a aussi établi des liens fructueux avec les études littéraires, la science politique et l'ethnologie. Un an après son décès, une journée d'étude, dont ce volume rassemble les contributions, a éclairé la multiplicité de ses apports à l'histoire comme discipline, à la fonction d'historien comme maître, à la vie intellectuelle française comme citoyen engagé dans son époque.

    Ce portrait intellectuel, humain et politique n'entend pas se tourner seulement vers le passé. A l'heure où les grands combats que Maurice Agulhon a menés, pour la liberté et l'inventivité intellectuelles, la République et l'émancipation humaine, sont plus que jamais d'actualité, les contributions montrent comment il a su être un guide et un exemple pour l'avenir de l'histoire, de l'université et de la République, trois engagements indissociables dans sa vie et dans son oeuvre.

    Les auteurs :
    Philippe Boutry, Jean-Claude Caron, Jean-François Chanet, Christophe Charle, José-Luis Diaz, Raymond Huard, Dominique Kalifa, Jacqueline Lalouette, Laurent Le Gall, Pierre Lévêque +, Stéphane Michaud, Gilles Pécout, Michel Pigenet, Antoine Prost, Vincent Robert, Rosemonde Sanson, Martine Segalen, Anne-Marie Sohn, Jean-Noël Tardy et Michel Vovelle.

  • Issu des actes du colloque "Guerre et clergés à l'époque contemporaine" à l'Université de Lille 3 en 2011, l'ouvrage met en lumière de nombreuses archives inédites et présente un renouvellement historiographique du sujet par le croisement de l'histoire religieuse et militaire.

  • Les années 1904-1905 représentent un tournant dans la pensée et l'action de Jean Jaurès. Cet ensemble de textes - encore célèbres ou tombés dans l'oubli - permet d'en éclairer et d'en restituer les enjeux, autour de trois thématiques principales : la laïcité, l'unité socialiste, la politique internationale. La première se rapporte aux questions de laïcité, à la loi de séparation des Églises et de l'État, de mars 1904 à décembre 1905. La deuxième, l'unité socialiste, porte sur la formation du parti socialiste, unifié après le congrès des 23-25 avril 1905, et ses relations avec les autres forces politiques. Enfin, la guerre russojaponaise, la révolution russe de 1905 et la première crise marocaine, mettent en évidence l'articulation entre internationalisme et patriotisme chez Jaurès. Plus que les autres tomes, celui-ci incite à s'interroger sur l'oeuvre politique de Jaurès, ses priorités et ses évolutions.

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