Isabelle Sommier

  • Depuis les années 1990, on assiste à un renouveau de la contestation et de la critique sociale: jeunes syndicats, mouvements de «sans» et associations de solidarité se manifestent désormais régulièrement, et souvent bruyamment, dans l'espace public. Ils empruntent des modes d'actions insolites qui forcent l'attention des autorités, dénoncent de façon virulente le néolibéralisme et affirment qu'«un autre monde est possible» en participant de manière soutenue aux manifestations antiglobalisation.
    Quelles sont ces nouvelles minorités actives qui, en France et ailleurs, se targuent de ranimer un débat politique atone au nom de la société civile et de la démocratieoe Sont-elles en mesure de présenter des alternatives aux pouvoirs politiques et économiques qu'elles condamnentoe Quelles sont les clés de leur activisme, mais aussi ses limites et ses contradictionsoe À quelles conditions est-il possible aujourd'hui de contester l'ordre établi?
    Nouvelle édition revue et augmentée

  • Depuis le sommet de Seattle contre l'OMC en 1999, le mouvement altermondialiste s'est durablement inscrit dans notre actualité.
    La presse internationale donne la parole à ses dirigeants et relaie ses initiatives. Mais que sait-on vraiment de ce courant ? S'agit-il, comme le proclament les acteurs de cette nébuleuse, d'un mouvement nouveau, homogène et transnational car se développant au-delà des frontières nationales ? D'un mouvement unifié par une lutte globale ? Les études publiées dans ce livre interrogent ces évidences.
    Elles sont le résultat d'une coopération entre chercheurs européens et proposent ainsi une histoire comparée des mouvements anti-globalisation. Contre le mythe d'une société civile transnationale, les auteurs montrent que la mondialisation reste profondément ancrée dans des contextes nationaux et qu'il n'existe pas de " génération spontanée " d'un mouvement altermondialiste transnational. Pourtant, en dépit de ses différences, le mouvement engagé contre la mondialisation a su présenter un visage uni et parfois unifié.
    En utilisant avec habileté certaines techniques de communication et en s'appropriant des manifestations institutionnelles internationales, il s'est construit comme un pôle d'opinion incontournable. C'est à la naissance de ce mouvement social que ce livre vous invite.

  • La violence est une forme de contestation d'un ordre politique, économique ou culturel réputé légitime. Ses manifestations, rarement isolées, demandent à être contextualisées historiquement et géographiquement, qu'elles puisent à une même source d'inspiration (anarcho-syndicalisme, marxisme, islamisme radical, etc.) ou qu'elles empruntent des modalités proches (assassinat politique, complot, terreur, etc.).

    Fraction armée rouge, Action directe, Brigades rouges, Weather Underground Organization, Armée rouge japonaise : comment expliquer l'éclosion de groupes choisissant la voie armée au cours des années 1968 en Europe comme aux États-Unis et au Japon ? Quelles références et variables communes permettent alors cette diffusion ?

    Quarante ans après Mai 68, cet ouvrage interroge la résurgence et l'itinéraire de la violence révolutionnaire d'extrême gauche.

  • La Marseillaise et L'Internationale sont-elles deux causes compatibles ? Très tôt Jean Brugié s'est engagé en faveur du drapeau tricolore et de l'idéal révolutionnaire. Il est communiste dans une armée qui n'aura de cesse de repérer et d'écarter les rouges, ces «brebis galeuses» ; il est militaire dans un parti, le PCF, marqué par l'antimilitarisme mais animé à la Libération par la volonté de promouvoir une armée nouvelle.
    C'est pour obéir à la consigne du PCF que Jean Brugié est parti pour les guerres coloniales. Comment et pourquoi a-t-il pu être, dix années durant, soldat dans des «guerres injustes et sales» ? Qu'attendait le PCF de ces militants de l'ombre ?
    Qu'a fait le Parti des informations et films transmis clandestinement par quelques «officiers républicains» qui refusaient la torture et les exactions ?
    Pour la première fois, Jean Brugié a accepté de livrer sa double vie. Isabelle Sommier retrace ainsi le parcours de celui qui, né en 1926, fut maquisard dans la Résistance, officier républicain dans la Légion en Indochine, en Tunisie, en Algérie, mais aussi militant communiste durant les décennies de la guerre froide et collaborateur d'Henri Rol-Tanguy. Il est exclu du PCF en 1977 pour divergence sur la question de l'armement nucléaire.
    Un document unique qui révèle enfin l'histoire interdite des officiers communistes dans les guerres coloniales.

  • Les actes violents commis au nom d'une cause ne sont pas quantifiés, contrairement à ceux de la délinquance dont les statistiques se voient diffusées régulièrement. Pourtant, les images des violences politiques s'invitent chaque jour dans nos salons: attentats, dégradations d'équipements publics, séquestrations, etc.Prenant froidement le parti des chiffres, les auteurs ont constitué une base inédite de quelque 6 000 épisodes de violence politique survenus de 1986 à nos jours, en les catégorisant selon la nature de la cause défendue: idéologique, indépendantiste, religieuse, professionnelle ou sociétale.Leur approche à la fois quantitative et narrative, portant sur une trentaine d'années, fait tomber nombre de présupposés du débat politico-médiatique. Sans masquer la tragédie des attaques terroristes ni les manifestations émeutières des années récentes, elle nuance l'idée d'un regain de violence politique en France, où le nombre d'atteintes aux personnes est aujourd'hui très inférieur à celui des atteintes aux biens. Elle confirme un net recul de la violence indépendantiste, mais révèle aussi toute la palette d'expressions d'une colère grandissante contre la démocratie représentative.

  • Cet ouvrage va profondément modifier notre regard sur les années 68 : nous n'y rencontrons pas de têtes d'affiche, mais les militants ordinaires des syndicats ouvriers, de l'extrême gauche et du mouvement féministe ; il n'est pas centré sur Paris mais sur cinq métropoles régionales : Marseille, Lyon, Nantes, Rennes et Lille ; et il embrasse les années 68, la période 1966-1983, délaissée par les historiens et les sociologues. Cinquante ans après l'événement mai 1968, que sont les militants devenus ? Quatre années de recherches par un collectif d'une trentaine de chercheurs qui viennent substituer au discours convenu sur les soixante-huitards parisiens un portrait de groupe vivant, concret et surprenant.

  • - Troisième ouvrage de la collection "Violences et radicalités militantes en France" qui trouve un écho d'autant plus en cette période électorale (présidentielles et législatives 2017).
    - Directeur de l'ouvrage Nicolas Lebourg : historien spécialiste de l'extrême-droite connu dans le domaine (invité dans plusieurs médias comme Libération, L'humanité, Les Inrocks, RadioFrance...) et anime le blog "Les Temps présents".

  • Cet ouvrage vise ainsi à rendre compte de l'évolution de la sociologie des mouvements sociaux et de l'originalité des travaux français en offrant à la fois un regard critique sur ce champ de recherche et des pistes d'investigation sur ses angles morts comme les logiques de l'engagement individuel ou la place des émotions dans le militantisme.

  • Dans les cursus de droit, comme dans ceux de science politique, l'approche originale de Philippe Braud a bousculé les savoirs acquis et ouvert l'auditoire sur une face longtemps tue de la politique. L'État, les partis, le vote, les phénomènes contestataires, les identités collectives sont toujours abordés bien sûr, mais au prisme de l'étude du symbolique comme levier pour parvenir à une sociologie des émotions cherchant systématiquement à dévoiler les ressorts invisibles, masqués ou ignorés, de l'exercice et de l'appréhension de la chose publique.

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